Islamiqua | Blog-journal du réformisme

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vendredi 28 avril 2006

Les contestataires (3) : Ali Dilem, combattre l’islamisme par les caricatures

dilem1  Récompensé en 2000 par le Prix international du dessin de presse, Ali Dilem connaît depuis un succès de plus en plus grand non seulement dans son pays l’Algérie mais aussi en France et dans le reste du monde arabe.

Pourtant les malheurs du caricaturiste ne datent pas de cette récompense mais la précédent de plusieurs années.

En effet, Dilem sera condamné vingt-quatre fois par la justice algérienne et menacé de mort par les islamistes depuis qu’il a commencé à publier ses caricatures dans la presse algérienne en 1988.

Une situation qui l’a obligée à quitter son grand amour l’Algérie pour se réfugier en France pendant trois ans de 1995 à 1998.

Ali Dilem est quelqu’un qui combat l’islamisme par ses dessins, des cartoons qui peuvent être plus significatifs que n’importe quel article ou commentaire.

Voici quelques unes des caricatures de ce contestataire  unique en son genre avec des extraits de sa dernière interview accordée à Afrique Magazine (AM) n : 247. ( source des caricatures: le site TV5.fr)

b_dieu_est_humour1   « … J’aime tourner en dérision tout ce qui est figé et dogmatique. Je me suis toujours attaché à tout désacraliser dans mes dessins. Mais plutôt que de m’attaquer aux croyances, je m’attache à critiquer les pratiques liées à l’exercice des religions. »

b_mahometcrayon2 « Vous sentez-vous solidaire des caricaturistes du journal danois Jyllands-Posten, actuellement menacés ?

Ma solidarité pour les autres caricaturistes est évidente, dans la mesure ou personne ne mérite de mourir pour un coup de crayon… »

b_abughraib                                                            

                                                        « Déplorez-vous la dimension de cette affaire, ainsi que les réactions qu’elle a engendrées dans le monde arabe ?

Evidemment. Nous sommes vraiment au cœur de la caricature avec, d’un coté, des dessins de mauvais goût et, de l’autre, une hystérie collective et meurtrière. Je continue de penser que les débordements ont été encouragés.

b_boycott   Il y aurait donc eu instrumentalisation de cette affaire ? on pense au périple, dans le monde arabe, de l’imam Ahmad Abu Laban, leader de l’Organisation islamique du Danemark, qui mis le feu aux poudres…

Qui se souciait, au fond de l’Afghanistan, d’une caricature parue dans un sombre journal danois de droit ? Dans les pays arabes, aucune manifestation n’est possible sans que le pouvoir, à défaut de l’autoriser, n’en soit l’initiateur. Les gouvernements se sont servis de cette affaire, conscients qu’ils avaient des choses à se faire pardonner au près de leurs opinions publiques, en raison, entre autres, de leur mutisme face à la crise irakienne (…)

b_hamas_serment   Ce qui me choque, ce n’est pas tant le fait que les gens aient manifesté contre ces dessins, mais l’instrumentalisation de la colère populaire. Ces mêmes pouvoirs n’étaient pas aussi chatouilleux, lorsque des enfants irakiens mouraient sous les bombes, ni quand des soldats américains déchiraient et jetaient le Coran dans les toilettes du camp de Guantanamo ! La conséquence, c’est que les islamistes de nos pays ont lancé une OPA sur la colère populaire, c’est le coté contre-productif de la publication de ces dessins.

De plus, les dépositaires de la liberté d’expression en Occident auraient du penser à leurs confrères qui, dans le monde oriental, ont été stigmatisés. Il est évidemment plus aisé d’etre caricaturiste à Stockholm qu’à Alger (…) » 

Posté par Hamza Belloumi à 00:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 24 avril 2006

Les contestataires (2). Boulem Sansal : « Les islamistes prennent peu à peu le contrôle de tous les domaines »

boualem_sansal

« Ancien haut fonctionnaire devenu romancier et aujourd’hui pamphlétaire ».

Voila comment Jeune Afrique présente l’intellectuel algérien Boualem Sensal à qui l’hebdomadaire a accordé dans son 2359ème numéro trois pages afin de s’exprimer sur divers sujets.

L’islamisme, en général, et son visage algérien en particulier occupe (et préoccupe) une place très importante dans l’ouvre de l’auteur et dans sa pensée. Un auteur qui ne s’empêche pas de penser que « Les islamistes prennent peu à peu le contrôle de tous les domaines »

Extraits…

« L’islamisme, c’est comme un gaz. Il occupe tout le volume disponible. Par effet de pression, il chasse tout ce qui est différent de lui. Les islamistes prennent peu à peu le contrôle de tous les domaines : l’économie, le culturel, le social… Depuis le retour de Bouteflika de l’hôpital militaire de Val-de-Graçe, à Paris, ils multiplient les demandes comme s’ils voulaient achever rapidement on sait quelle course. Ces derniers jours, ils paraissent pris de folie et ça leur réussit ! Ils ont réclamé la fermeture des écoles privées qui enseignent en français, et ils l’ont obtenue. Ils ont réclamé la suppression de la star Ac’, et ils l’ont obtenue. Ils ont exigé que la télé et la radio diffusent les appels à la prière, et ils l’ont obtenu. Ça marche d’autan mieux que la société civile qui se réclame de la démocratie reste remarquablement silencieuse. Dès lors, la question qui se pose est la suivante : le président Bouteflika est-il dans l’incapacité de s’y opposer, lui qui s’est tant démené pour donner de lui à l’étranger l’image d’un démocrate fort intransigeant ?

Ou est-il en train de passer discrètement la mains aux islamistes, comme on fait une donation à ses héritiers ?

La télé est devenue une annexe de la mosquée. Je veux dire par là que l’Algérie est déjà une immense mosquée et que le gouvernement se comporte désormais comme un imam en chef.

Le mot  ‘ religion ’ renvoie à la foi, à la spiritualité, aux grandes angoisses de l’humanité, à ses doutes immémoriaux, à ses pathétiques tentatives pour parvenir à quelques certitudes qui lui permettent de tenir le coup. Est-ce le cas en Algérie ? Non, la religion y est dévoyée, elle n’est plus qu’une idéologie de bazar, un poison qui a ruiné notre pays, détruit ses valeurs morales et compromis son avenir. Regardez notre télé, écoutez les prêches des imams, lisez les discours des responsables politiques et vous comprendrez la nature de cette religion qu’on nous force à ingurgiter avec tant d’arrogance. Favoriser l’acculturation, c’est ainsi que les fascismes ont toujours procédé. » 

Paroles très dures de la part de Sansal. Pamphlétaire : oui…ou plutôt non. Je dirais sincères et francs.

Et pour finir notre dossier sur ces contestataires nous nous intéresserons aux cartoons. Oui, la caricature sert aussi à critiquer l’islamisme.

Illustration vendredi prochain avec Ali Dilem.

Posté par Hamza Belloumi à 00:41 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 21 avril 2006

Les contestataires (1) : Wafa Sultan, une (ex) musulmane pas comme les autres !

   Il y a eu le temps des Oulémas et des Fouquahas, le temps des orientalistes, le temps des intellectuels et réformistes et maintenant c’est le temps des… contestataires.

Ce qu’ils contestent : la vision dégradée, inhumaine, barbare et arriérée de l’Islam.

Ils sont musulmans mais refusent l’image que dégage l’Islam aujourd’hui.

Ils sont musulmans mais contestent la version islamiste de l’Islam.

Ils sont musulmans et combattent à leur manière les responsables de l’image dégradée de l’Islam et des musulmans. 

Ils contestent, ils critiquent, ils combattent l’islamisme et ils le font savoir.

Certains combattent uniquement les usages et pratiques « religieuses » alors que d’autres s’attaquent directement à l’Islam, à une certaine vision de l’Islam qu’ils jugent responsable du sous-développement des musulmans.

Dans une série de trois épisodes nous vous présenterons certains de ces contestataires : des hommes et …des femmes qui ne reculent devant rien et qui sont décidés à faire entendre leur voix et leur… vision.

Première partie : portrait de Wafa Sultan, une ex-musulmane pas comme les autres

wafa_sultan_sur_al_jazera

Wafa Sultan, psychologue, mère de deux enfants d’origine syrienne et actuellement vivant aux Etats-Unis était jusqu'à peu inconnue. Et voila qu’après une apparition fulgurante sur la chaîne d’information arabe Al-Jazira, cette femme de 48 ans est devenue aussi célèbre que …Salman Rushdie.

Après la dite apparition dans l’une des émissions célèbre de Al-Jazira, les grands médias américains se sont précipités pour présenter le portrait de celle qui ose dénoncer ce qu’elle considère comme la religion de la violence, de l’intolérance et la mort. A savoir l’Islam.

« Le conflit auquel nous assistons, n’est pas un conflit de religions ou de civilisations, c’est un conflit entre deux opposés, entre deux époques » lance Sultan avant d’enchaîner que « c’est un conflit entre une mentalité qui appartient au Moyen-âge et une autre qui appartient au 21ème siècle. Il oppose la civilisation au retard, ce qui est civilisé à ce qui est primitif, la barbarie à la raison. C’est un conflit entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature. C’est un conflit entre droits de l’homme, d’une part, la violation de ces droits de l’autre. C’est un conflit qui oppose ceux qui traitent les femmes comme des animaux à ceux qui les traitent comme des êtres humains. »

Sultan qui se dit « humaniste » et non plus musulmane va même jusqu'à attaquer les musulmans et leur Prophète : « Ce sont les musulmans qui ont déclenché le conflit des civilisations. Le Prophète de l’islam a déclaré : ‘j’ai reçu l’ordre de combattre ceux qui ne croient pas en Allah et en son message’. En divisant la population entre musulmans et non musulmans, et en appelant à combattre les autres jusqu’à ce qu’ils adoptent leurs croyances, les musulmans ont ouvert le conflit et déclenché la guerre.

Les ouvrages et programmes islamiques regorgent d’appels au takfir et au combat contre les infidèles. »

L’interlocuteur de Wafa Sultan, Ibrahim Al-khouli professeur à l’université islamique Al-Azhar tente de défendre l’islam et les musulmans mais… rien n’y fait. Sultan tire sur tout ce qui bouge en multipliant les exemples de l’arriération et l’ignorance des musulmans : « Nous n’avons pas vu un seul juif se faire exploser dans un restaurant allemand. Nous n’avons pas vu un seul juif détruire une église. Nous n’avons pas vu un seul juif protester en commettant des meurtres. Les musulmans ont transformé en décombres trois statuts de Bouddha. Nous n’avons pas vu un seul bouddhiste réduire en cendres une mosquée, tuer un musulman ou incendier une ambassade. Seuls les musulmans défendent leurs croyances en brûlant des églises, en tuant, en détruisant des ambassades. Cette façon de faire ne donnera aucun fruit. Les musulmans doivent se demander ce qu’ils peuvent faire pour l’humanité avant d’exiger que l’humanité les respecte. »

Certes, ce que dit Wafa Sultan est à plusieurs égards exact mais erroné à certains points. Elle a certainement beaucoup de courage à dire « ses vérités » mais elle n’enrichit pas par ses insultes le débat qui doit avoir lieu en terre d’islam.

Mais si nous avons présenter cette militante c’est pour affirmer notre combat contre les islamistes. Car ce que présente Sultan comme étant l’Islam et ne s’empêche pas d’attaquer n’est que la vision islamiste de l’islam, certes dominantes mais jamais exclusive.

Le reste de notre dossier vous prouvera qu’on peut être militant non contre l’islam mais pour un autre islam. L’Islam anti-islamiste.

Rendez vous lundi prochain…


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lundi 17 avril 2006

Les islamistes par leurs programmes électoraux (3) :Le parti islamique Malaisien… de la victoire à la défaite

   Après avoir aborder le programme électoral de l’ex émir du djihad ainsi que les préoccupations des frères musulmans en Egypte nous allons analyser aujourd’hui la défaite du parti islamique Malaisien lors des dernières élections tenues en Malaisie en avril 2004.

En effet, en se présentant aux élections législatives de 1999 dans la ville de Tirenjamo, le parti avait réalisé une victoire historique obtenant la majorité des siéges.

5 ans plus tard, lors des législatives de 2004, fiers de leurs précédentes réalisations, les dirigeants du parti présenteront les candidatures du parti islamique dans une deuxième ville Malaisienne –Kilentane- espérant la confirmation de la victoire de 1999.

Résultat : échec sur toute la ligne.

Non seulement le parti islamique Malaisien a perdu les élections à Kilentane mais il était sur le point de perdre son fief à savoir Tirenjano !

Comment expliquer ces résultats ?

Une lecture du programme électoral du parti islamique suffit pour décrypter les causes de son effondrement.

En effet, lors des élections de 1999, le parti avait brandi le slogan de l’application de la charia avec tout ce que cela comporte :

Voile islamique, interdiction du vin, fermeture des discothèques, application des houdoude (les peines pénales décides par la charia)…

En 2004, il ne changera rien : Pour les habitants de Kilentane, le parti promettra la même chose …avec le résultat que nous venons de voir. 

Comment analyser cette défaite ?

Tout simplement par l’impossibilité face à laquelle se trouvent les islamistes de réaliser autres choses que leur vision dégradée de la religion !

Au lieu de s’attaquer aux problèmes sociaux, au développement ainsi qu’ à la satisfaction et la résolutions des problèmes des Malaisiens, le parti islamique s’est contenté de leur promettre voile et houdoude.

Les Malaisien n’ont pas hésités à renvoyer ses dirigeants à leur… irréalisme stérile.  


Le Vendredi 21 avril découvrez sur ISLAMIQUA :

  les contestataires en terre d'Islam       

                   (Une série de 3 épisodes sur ceux qui osent affronter les islamistes)

Posté par Hamza Belloumi à 18:42 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 14 avril 2006

Les islamistes par leur programme électoraux (2) :

  logo_freres_musulmans            

  Après avoir aborder le programme électoral de M. Zomor, nous allons nous intéressés au Frères Musulmans en Egypte.

Concernant les frères musulmans, nous allons être plus précis et ce en abordant plutôt que le programme électorale des « frères », la réalité de l’action politique de ce groupuscule en Egypte étant donné que les frères musulmans qui sont formellement interdit sont malgré tout tolères et ont de plus en plus de représentants au sein du pouvoir législatif égyptien.

                     

En effet, dans une tribune publiée le 6 décembre 2005 dans le journalguide_des_freres arabe  Asharq Al-Awsat, M. Majdi Khalil, un auteur égyptien à essaye de faire un bilan de l’action des « frères » au parlement dans sa session 2000-2005.

Voici quelques exemples des projets, enquêtes et demandes… que les frères avaient déposés :

  • le 1 janvier 2001, le député Jamel Hichmat a présenté une demande d’interdiction de trois romans : Kabel wa baad (avant et après), Abnaa el Khata el Roumansi (les enfants du péché romantique) et Ahlem mouharama (rêves interdits). Le résultat fut la suspension de plusieurs fonctionnaires du ministère de la culture.

  • Le 1 janvier 2001 toujours, les frères demandent de lever l’interdiction qui pèse sur le journal « Achab » (le peuple) qui fut arrêté pour extrémisme et soutient au terrorisme.

  • Une demande d’interrogatoire à l’encontre du ministre de la justice et ce pour avoir arrêter M. Rajab Rizq, célèbre homme d’affaire islamiste, qui s’est marié de 21 femmes en même temps.

  • Un projet de loi présentait par Hassun Ibrahim visant d’une part l’interdiction du vin en Egypte et d’autre part une peine de quarante coups de fouet pour toute personne qui transgresserait l’interdiction.

  • Les frères musulmans refusent un projet de loi visant l’organisation des dons d’organes et leur implantation. Des opérations qui sont contraires à

    la Charia

    selon les frères.
    (Asharq Al-Awsat : 2 avril 2002)

  • Les frères musulmans demandent la codification de

    la Charia

    islamique (Asharq Al-Awsat : 17 mai 2002)

  • Les frères musulmans s’indignent au parlement contre l’organisation de « Top models : miss univers » à Charm el Chaikh en Egypte. (Asharq Al-Awsat : 28 février 2002).

  • Les frères musulmans au parlement refusent l’adhésion de l’Egypte à la convention internationale relative aux droits de l’enfant. (Asharq Al-Awsat : 27 mai 2002)

  • Les frères musulmans refusent l’idée de réformer le discours religieux et accusent le gouvernement de vouloir minimiser le rôle de Al Azhar (université islamique égyptienne de renommé internationale) et diminuer l’enseignement de la religion et de la langue arabe.

  • Les frères musulmans réussissent l’amendement de la loi qui excluait le recrutement de policiers et agents de maintien de l’ordre parmi les élevés de Al Azhar. (Asharq Al-Awsat)

  • Hamed Hassun demande au ministre de la santé de produire du Viagra égyptien, au plus vite possible, afin qu’ils puissent « satisfaire leurs obligations religieuses avec leurs femmes » (Asharq Al-Awsat : 5 janvier 2002)

  • Les frères musulmans refusent la loi sur le secteur bancaire considérant que les intérêts sont interdits en Islam et demandant l’avis du Moufti de

    la République.

    (Asharq Al-Awsat : 27 novembre 2002)

  • Mouhamed Mourssi demande à interroger le ministre de la culture sur la décision de ce dernier d’ouvrir une école de danse contemporain en Egypte.

  • Les frères musulmans demandent : 1- l’interdiction de certains vidéos clips. 2- l’interdiction des chansons et concerts de Nanssi Ajram et Rouibi (deux stars égyptiennes). 3- l’interdiction de Barbie, la fameuse poupée américaine accusée « d’enflammer le désir masculin »…

Voila des islamistes qui sont au pouvoir : Ils ne s’intéressent pas aux problèmes quotidiens des égyptiens, ils ne se soucient que de problèmes superficiels et ne veulent ni reformer ni moderniser leur discours.

Mais, malgré ce discours stérile, les frères musulmans ont faillit gagner les dernières élections législatives en Egypte…et ils ne sont plus loin !  

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mercredi 12 avril 2006

Les islamistes… par leurs programmes électoraux (1)

   Le philosophe britannique John Locke avait écrit en 1689 dans sa Lettre sur la tolérance que : « Les papistes ne doivent point jouir des bienfaits de la tolérance parce que lorsqu’ils détiennent le pouvoir, ils s’estiment tenus de le refuser à autrui (…) Tant que les papistes seront papistes, ni l’indulgence ni la sévérité ne pourront faire d’eux des amis de votre gouvernement car ils en sont les ennemis, à la fois par principe et par intérêt. »

Il suffit de changer « papistes » par « islamistes » pour avoir une idée sur le débat qui se trouve depuis bien longtemps au coeur des discussions et réflexions entre les intellectuelles dans le monde arabo-musulman à savoir : la position à adopter face au péril islamiste.

Les uns pensent (comme Locke) qu’on ne peut utiliser avec les islamistes que la force, la répression et l’interdiction.

Les autres considèrent qu’on devrait au contraire laisser les sociétés en jugées elles même et ce en permettant aux divers courants islamistes de s’organiser dans des partis, de se présenter aux élections et pourquoi pas de gouverner. En espérant que cette méthode dévoilera enfin à nos sociétés le vrai visage des islamistes.

Certes, l’utilisation de la force, la répression et le recours exclusif aux moyens sécuritaires ne peuvent venir à bout d’un phénomène aussi développé, aussi puissant et aussi présent que l’islamisme.

Mais, est ce que cela vaudrait dire que la solution ne viendrait que par des élections démocratiques qui seront certainement remportées par les islamistes ?

 

Et puis si tel est le cas comment empêcher les islamistes, une fois au pouvoir, de ne pas suivre l’exemple iranien ou après que Khomeiny fut « choisit » par ces concitoyens pour les gouvernés, il est devenu le maître incontestable de Téhéran, le maître que personne n’ose critiquer ou même évaluer ses décisions. Le maître qui a laissé l’Iran entre les mains des Ayatollahs, l’Iran ou aucune décision d’envergure ne peut être adopter sans la bénédiction des Ayatollahs, ou la population aspire à la démocratie, à la liberté, à la justice… mais ou tout est bien contrôlé, surveillé et… réprimé ?

Nous pensons qu’une solution entre ces deux extrémités existe : une solution qui se base non sur la répression mais sur la confrontation intellectuelle, le développement et la vulgarisation des idées réformistes, la dénonciation des bêtises islamistes…

Et ce parce que nous pensons qu’une bonne diffusion des idées réformistes d’une part et de la pensée islamiste d’autre part sont suffisants pour démasquer les tenants du discours religieux. Un discours qui porte les germes de sa faiblesse.

Dans ce même ordre d’idées nous vous proposons de parcourir certains programmes électoraux de mouvements islamistes :

*Les frères musulmans en Egypte (Vendredi prochain).

*Le parti islamique Malaisien (lundi prochain).

Et pour aujourd’hui voici une lecture du programme électoral élaboré par Aboud El Zomor, islamiste égyptien, ancien dirigeant du groupe Al djihad et assassin de l’ancien président égyptien Anouar Assadatte.

En effet, avec l’approche des élections présidentielles égyptiennes (qui on eu lieu en 2005) M. Zomor avait présenté un programme de 50 points pour gouverner l’Egypte.

Alors qu’il était toujours en prison, un ensemble de sites web islamistes se sont chargés de diffuser le programme électoral de Zomor dont voici les principaux axes :

1-    Réformer la constitution et réactiver la disposition qu’elle contient relative à la   

   Charia.

2-     Abroger toutes les lois contraires à la Charia.

3-      Appeler les femmes à accepter « le principe de la polygamie » afin de résoudre

     les  problèmes des égyptiennes.

4-    Interdire aux institutions égyptiennes d’emprunter de l’argent d’institutions

    étrangères qui appliquent l’intérêt bancaire.

5-     Concevoir un discours islamique moderne qui consacre la vérité de l’Islam.

Avec ces propositions et d’autres aussi incroyables que ridicules, M. Zomor voulait gouverner l’Egypte !

               

Posté par Hamza Belloumi à 19:21 - Bêtises islamistes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 10 avril 2006

Le cri d’une femme !

 

  La situation des femmes dans le monde arabo-musulman est jusqu'à aujourd’hui très critique et ce malgré l’amélioration qu’elle à connu dans certains pays.

Pour vous illustrez l’une des facettes de cette souffrance nous publions ce texte écrit par une jeune femme arabe : un véritable cri de détresse.

H.B

le_cri_d_une_femme1

Je suis une femme libre !

J’aime pas l’absurdité, je ne veux pas être comme tout le monde, je suis les pas de mes ancêtres, je pense avec leurs têtes, je respire le même air qu’eux, mon corps leurs appartient et mon esprit n’a pas d’utilité, puisqu’ils ont déjà tracés le bon chemin, le chemin que la femme doit suivre, le chemin que tout le monde suit pour qu’il ne reste pas seul… j’essaye de suivre, mais je n’arrive pas. Je ne peux pas être un mouton dans un troupeau, ni une servante aux yeux de mon homme … Je ne suis pas une servante… Je suis une femme.

Et c’est dur d’être une femme dans un monde arabo-musulman.

Qu’est ce que je peux encore dire ! Ça me fait du bien d’écrire … Quand je parle je fais peur… Je parle des passions, des amours… de belles choses qui existent dans le monde : les plaisirs, les folies …

Tout cela, c’est interdit ! C’est INTERDIT !!!

Je parle de l’interdit, je parle de mon corps, de ses plaisirs… Je parle de mon corps car il existe, je suis incapable d’étouffer ses cris … Je parle aussi de mon esprit. J’ai des idées… c’est vrai. J’ai des pensées même si je suis une femme… Car la femme est un être Humain…

C’est vrai tu sais ? Je ne suis pas une poupée, ni un instrument de plaisir… j’ai le droit de penser, je me libère petit à petit, des lois que m’impose ma société. Je ne peu pas passer la nuit dehors, ce n’est pas dans les traditions, une fille c’est un trou… Il faut qu’elle se protége, qu’elle garde sa virginité, son honneur… son petit trésor, pour son homme, son… seigneur

On dit qu’il n’y a plus d’esclaves, ni de seigneurs… et bien on avait tort !

Ça existe encore tu sait !!!

Mais c’est facile de changer les noms et les titres, d’atténuer un peu la laideur de la vérité !!!

Qu’est ce qu’il a à foutre de ma virginité ???

Et qu’est ce qu’il a à foutre de mes belles histoires ???

Et pourquoi je dérange quand je vie un peu, quand je danse un peu, quand je bois un peu ???

Je dérange aussi quand je chante un peu, je dérange quand je m’habille comme je veux : mes boucles dérangent, mes colliers et mes écharpes aussi !

Ma manière d’être, mes gestes et mes clopes, ma façon de marcher…

Elle danse ? Regardez là c’est une pute…comme toutes les autres, je pense !

C’est facile à dire cela ! Quand on le dit, on ne le comprend pas. On parle de religion, dis donc …

Quelle religion donne tout les droits aux hommes ???

Le droit d’insulter, de frapper, de cracher sur… les femmes.

Le droit de jeter les femmes comme si elles existaient pour être sous leurs pieds.

Humiliées, Humiliées… et encore plus …trompées !

Pourquoi la femme qui couche avec son amoureux est une grosse pute, alors que pour l’homme c’est toujours une fierté ?

Pourquoi la femme doit toujours contrôler ses gestes alors que l’homme s’assoit les jambes écartées ?

Je veux écarter mes jambes sans qu’Il pense à mon sexe, sans qu’il me prenne pour une souillé.

Je veux pleurer sur l’épaule d’un homme. Je pleur, je parle et il m’écoute. Sans aucun plus, sans aucun intérêt. Qu’il me prenne pour une amie sans qu’il essaye de me manipuler … On n’a pas ça dans notre culture, ça ne peut pas être, c’est pas vrai !!!

Il y’a des normes qu’on doit suivre ; nos traditions sont sacrés, il n’y a pas d’amitié entre un homme et une femme, et ça ne vas jamais changer…

Mais moi je veux changer !

Notre société n’est pas juste, pourquoi pas la changer, la corriger, l’évoluer.

Ça ne fait du mal à personne… un peu à l’autorité de l’homme.

Mais, moi je veux vivre en tant qu’un être tout entier…

car je ne suis pas une moitié !!!

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jeudi 6 avril 2006

web_master_islamiqua               

  Il est certain que tous ceux qui ont eu l’occasion jusqu'à aujourd’hui de visiter ISLAMIQUA on line pensent que le responsable de ce site veut mener une guerre sans merci contre tous ce qui est islamique. Or le propos de ce site est tout à fait autre et ce malgré le fait que vous pouvez être conforter dans votre idée par le caractère un peu pamphlétaire de nos premiers textes.

Et pour ne rien vous cacher, je vous avoue que c’est avec préméditation que j’ai organisé la publication de ces textes et je vous signale que d’autres dans le même genre suivront. Pourquoi ?

Parce qu’en tant que musulman, je pense que je suis responsable, comme tout autre musulman, de l’image de l’Islam, une image que nous sommes là pour défendre.

La défendre contre qui ?

La défendre contre le plus grand danger qui la guette à savoir les islamistes.

La défendre contre une certaine vision de l’Islam.

La défendre contre les dérives de certains Cheikhs et autres Oulémas

Nous poursuivrons les islamistes, nous vous informerons de leurs discours, nous traquerons leurs idéologies, nous dénoncerons leurs dérives, nous défierons leurs visions et nous combattrons leurs agissements.

L’Islam ne leur appartient pas et nous saurons là pour le leur faire savoir et défendre notre vision de l’Islam, défende notre Islam.

Mais, et comme vous pouvez le remarquer à partir de notre credo « défendre le réformisme et combattre l’islamisme » nous nous contenterons pas de dénoncer les islamistes mais nous défendrons l’image de l’Islam qui les dérange, un Islam moderne, un Islam de dialogue, d’amour, de paix, d’évolution et de progrès.                                                                                       Un Islam de raison, de science.

Un Islam du 21ème siècle.

Ce site saura ouvert à tous les modernistes, tous les réformateurs qui s’intéressent à l’Islam et aux musulmans et sera l’un des remparts des combats que mènent aujourd’hui certains intellectuels contre les visions obscurantistes des islamistes.

Nous essayerons pour ce début de vous apportez de nouvelles contributions et articles trois fois par semaine (le lundi, le mercredi et le vendredi). Des contributions qui continueront pour l’instant à dévoiler la face cachée des islamistes et de leurs discours mais que nous développerons par la suite par les idées des intellectuels musulmans en abordant tous les sujets qui concernent la reforme de l’image décadente de l’Islam que dégage certaines visions et autres interprétations.

Nous nous referons dans nos textes à certains grands médias et nous vous exposerons les idées de certains spécialistes de l’Islam parmi lesquels je peu vous citer dès aujourd’hui : Mohammed Talbi, Magdi Allan, Malek Chabel, Mcheri Dhaidi… parmi d’autres qui contribuent régulièrement aux débats qui ont lieu sur certaines questions islamiques.

Hamza Belloumi                                                                                 

Web master d'Islamiqua  

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lundi 3 avril 2006

L’Arabie Saoudite se reforme ?

L’Arabie Saoudite vit actuellement une période très critique et très importante de son histoire et pour son évolution :

Des pressions de plus en plus fortes sont exercées par les alliés du royaume en vue de le pousser sur le chemin des réformes. Pressions qui visent surtout l’amélioration de la situation de la femme dans un pays qui se veut le porte parole de l’Islam.

Suite à ces pressions nous allons avoir l’apparence de deux tendances contradictoires en Arabie Saoudite qui sont entrains de se confirmer et de se faire la guerre :

1- un courant traditionnel conservateur :

*Il s’oppose farouchement à toute tentative de réforme.

*Il est conduit par les religieux et trouve le soutien dans la population.

*Il domine toujours la société saoudienne.   

2- un courant réformateur :

*Il vient de voir le jour

*Il est très médiatisé.

*Il est de plus en plus influent malgré son faible poids et les nombreuses menaces et insultes dont ces membres font l’objet.

*Il ne s’attaque qu’a des questions sur lesquelles il y des divergences entre les religieux eux même et surtout les droits de la femme.

*Il n’ose pas jusqu'à aujourd’hui critiquer certaines conceptions religieuses ou certaines Fatwas des cheikhs saoudiens.

Les deux histoires que nous allons vous révélez aujourd’hui découle directement de l’opposition réelle qui existe aujourd’hui en Arabie Saoudite entre ces deux courant  et confirme la situation très délicate du royaume et les bouleversements qu’il est entrain de connaître. 

Ces deux histoires concernent l’arrestation de deux hommes religieux, mais la comparaison s’arrête à ce stade…

En effet, nous venons d’apprendre que l’imam de l’une des plus célébres mosquée « la mosquée du Prophète » à Médine (Al masjid al nabawi) vient d’être arrêter suite à son prêche hebdomadaire du vendredi dernier au cours duquel le Cheikh Abd Elberi Athoubaiti avait critiqué les multiples tentatives qui cherchent à donner à la femme saoudienne ses droits.

L’imam avait rappelé dans son prêche la fonction et la place de la femme en Islam avant d’attaquer les tenants du discours réformiste.

Cette arrestation, la première en son genre, a été perçu comme un avertissement lancé par les autorités saoudienne à tous ceux qui seraient non favorable encore a l’octroi de certains droits aux femmes comme la conduite des voitures ou le vote.

Prise à elle seule, cette information pouvait être considéré comme révélatrice du changement qui s’opère actuellement au sein de la société saoudienne. Mais une autre information nous interpelle et nous  rappelle que l’évolution nécessite beaucoup, beaucoup... de temps avant de se concrétiser : 

__contredit_l_avis_de_nos_grands_oul_mas___voici_le_crime_de_ce_monsieur__

En effet, le 29 mars dernier nous avons appris la décision prise par un tribunal saoudien d’emprisonner pour deux mois  un autre religieux, le chercheur  Mamdouh Jebrine.

Et c’est la cause de cet emprisonnement qui nous a conduit à raconter son histoire.

En effet, et en vous évitant les détails, ce chercheur a été emprisonné parce qu’il avait contredit par ses recherches les Fatwas de certains grands théologiens et autres Oulémas !

« Contredit l’avis de nos grands Oulémas » voici le crime de ce monsieur !

Un crime qui lui vaut deux mois d’emprisonnement !

Certes l’Arabie Saoudite change mais beaucoup reste à faire…

Nous y reviendrons.

Posté par Hamza Belloumi à 19:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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