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vendredi 20 novembre 2009

Révolution au Maroc (2) : L’émancipation féminine s’accompagne d’une libération sexuelle

 

les_marocains_et_la_virginite

La culpabilité [provoquée par la perte de la virginité] est entretenue par une inquiétude sous-jacente, celle de ne pas trouver le mari suffisamment ouvert d’esprit pour épouser une non-vierge. Il est vrai que beaucoup d’hommes, mêmes parmi ceux qui se disent « modernes », préfèrent convoler avec une pucelle. En réalité, le regard que portent les Marocains sur les filles déflorées comporte un curieux paradoxe.

virginite_maroc_4Selon l’impératif de virginité, beaucoup affichent une incontestable ouverture d’esprit. De plus en plus d’hommes admettent qu’il est injuste de demander aux filles de rester vierges, alors que la réciproque ne s’applique pas à eux. Mais ceux-là sont encore loin de constituer la majorité.

Faute de statistiques précises, l’âge des premiers rapports est difficile à estimer, et se situerait dans une fourchette de 18 à 25 ans pour les garçons. En outre, près de 40 % d’entre eux ont perdu leur pucelage auprès d’une professionnelle, la prostitution étant l’un des modes privilégié d’initiation à la sexualité. Pour les jeunes gens issus de milieux favorisés, les choses sont simples puisque, possédant voiture et argent tout en étant grands consommateurs de loisirs, ils peuvent multiplier les expériences. Mais la grande majorité des Marocains vit dans la frustration. Pouvant difficilement aller au-delà du flirt, leur vie sexuelle se limite le plus souvent aux plaisirs solitaires ou à la sexualité virtuelle par internet.

 

Pour les filles, c’est encore plus compliqué… La famille, évidemment, reste le premiervirginite_maroc_6 frein à une sexualité féminine préconjugale épanouie. Rares sont celles qui osent vivre seules, même si elles sont financièrement autonomes. La pression de la famille et du « qu’en-dira-t-on » demeure forte, tous milieux sociaux confondus et quel que soit l’âge de la jeune femme. Reste qu’il est indéniable que les comportements sont en train d’évoluer en profondeur, car la nouvelle génération subit la modernité de plein fouet : l’évolution des mœurs fait que celles qui attendent le mariage pour passer à l’acte sont de moins en moins nombreuses. D’un point de vue sociologique, les raisons sont simples : montée du célibat et recul de l’âge du mariage (28 ans en moyenne pour les femmes, 31 ans pour les hommes), mixité inévitable à l’université, au travail, ou dans les lieux publics. 

Dès lors pour les jeunes femmes des classes moyennes urbaines, la virginité n’est plus seulement une tradition « dépassée », elle est désormais perçue comme difficilement compatible avec la nouvelle réalité sociale. Non pas que les filles « couchent » plus facilement, parce qu’elles ont pris conscience de leur droit à une vie sexuelle aussi libre que celle des hommes, mais l’impératif traditionnel de virginité (préserver sa « pureté » pour le futur mari) est d’autant moins justifié qu’elles n’ont plus besoin d’un époux pour s’affranchir de leurs parents et devenir autonomes. Elles se sont émancipées, travaillent, gagnent leur vie, dans ces conditions, rien ne presse pour se marier.

 

virginite_maroc_5L’émancipation féminine s’accompagne d’une libération sexuelle (encore relative) qui encourage les Marocaines à oser exprimer leurs désirs et à revendiquer le droit au plaisir. Pour Selma, la perte de virginité à été un choix totalement assumé, motivé par l’envie de vivre pleinement sa sexualité. « On se fréquentait depuis plusieurs années. Notre relation était sérieuse. La chose s’est faite naturellement », explique-t-elle. Meryem, l’amie d’enfance de Selma, aborde pour sa part la sexualité avec beaucoup moins de sérénité : âgée de 30 ans, elle est célibataire et encore vierge. « Je fais un blocage vis-à-vis de l’acte sexuel, et j’en souffre car je n’arrive pas à le dépasser. Mes copines me prennent pour une extraterrestre ! », précise-t-elle.

Un changement d’attitude qui soulève la perplexité chez les hommes. Certains s’en trouvent même totalement déboussolés. « Ma copine m’a plaqué parce que, soi-disant, j’étais égoïste au lit et ne recherchais que mon propre plaisir », avoue avec dépit Nasser, la trentaine. Dans les lieux branchés de Casablanca, Marrakech ou Tanger, la gent masculine ne s’étonne plus d’être ouvertement abordée par des jeunes filles très délurées. Amine, un casablancais de 36 ans, a lui aussi essuyé quelques affronts : « Un soir, une fille m’a dragué en discothèque puis invité à boire un verre chez elle. Aussitôt après avoir pris son pied, elle m’a carrément mis à la porte sans ménagement. Etre libérée, c’est bien, mais là, elle l’était un peu trop ! » Des filles « qui couchent », il en a vu, mais aucune n’avait assumé sa sexualité avec si peu d’inhibition.

 

Affirmer pour autant que les jeunes filles d’aujourd’hui sont sexuellement beaucoupparticipez_au_d_bat plus libres serait bien sur une généralisation abusive. Le phénomène touche une catégorie bien spécifique : ce sont des jeunes femmes qui vivent en milieu urbain, qui sont actives et relativement aisées. Soit une infime minorité des quelques 15 millions de femmes que compte le Royaume, et dont la mentalité autant que le mode de vie se situe aux antipodes du Maroc profond.

 

 

Source de l’article : New African, n° 15, juillet-août 2009.

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Lire aussi sur Islamiqua :

Révolution au Maroc : vers la fin de la virginité (1)

Virginité ou mensonge ?   

Evénement : Tollé général en France après l’annulation du mariage de deux musulmans pour non virginité de la mariée (2)   

Evénement : Tollé général en France après l’annulation du mariage de deux musulmans pour non virginité de la mariée (1)


 

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dimanche 15 novembre 2009

Révolution au Maroc : vers la fin de la virginité (1)

 

les_marocains_et_al_virginit_« 67 % des Marocains disent avoir eu des relations sexuelles avant le mariage ». Ce chiffre révélé par une enquête de l’Economiste il y a quelques mois a fait l’effet d’une bombe au Maroc et permet a certains d’affirmer que le Royaume Chérifien se dirige à grands pas vers… la fin de la virginité.

Islamiqua ouvre à nouveau le dossier des rapports sexuels avant le mariage avec un état des lieux sur la question au Maroc.

 

Le Mythe de virginité

 

« Ca veut dire quoi, la virginité ? Si ça signifie n’avoir jamais couché avec un homme, alors aucune Marocaine n’est vierge », s’insurge Sophia, 27 ans, cadre supérieur à Rabat. Car on peut avoir une vie sexuelle des plus débridées sans perdre pour autant sa virginité. En effet, derrière ce paradoxe apparent, se dissimulent des pratiques permettant de préserver l’hymen. Nombreuses sont les jeunes Marocaines qui offrent à leur corps tous les plaisirs… Tout est envisageable, pourvu que le sacro-saint hymen soit préservé.

« Le corps peut-être vierge, mais l’âme, elle, est irréversiblement déflorée ! »,virginite_maroc_1affirme Hind, 25 ans, sur un forum de discussion Internet. Selon elle, « une fille qui n’est plus vierge et qui assume cet état de fait vaut bien mieux qu’une fille qui a déjà eu des rapports sexuels tout en prétendant être chaste ». Certes, mais il faut un sacré courage pour parvenir à s’extraire des carcans culturels et religieux, dépasser les conservatismes et s’affranchir de l’hypocrisie qui règne au sein de la société marocaine, toutes générations et tous milieux confondus.

La jeunesse marocaine est soumise à des influences contradictoires –occidentales et orientales- et nage donc en pleine confusion identitaire. Si les mœurs sont devenues moins rigides, le poids des traditions est néanmoins bien vivace et la sexualité reste à bien des égards un sujet tabou. On constate un hiatus entre les comportements de transgression d’un interdit et un discours qui demeure conservateur.  

Selon une enquête de l’Economiste, 62 % des jeunes Marocaines considèrent « compliqué » d’avoir un flirt, jugeant que les principaux obstacles sont la famille (43 %) et le voisinage (23 %). Compliqué, mais pas impossible. Le faire, donc, mais discrètement. Selon la même enquête, 67 % des Marocains disent avoir eu des relations sexuelles avant le mariage, alors qu’une proportion voisine de filles affirme… le contraire ! Ces chiffres sont révélateurs du malaise qui règne au sein de la société.

 

virginite_au_Maroc_3Une écrasante majorité de Marocains, les deux sexes confondus, estime que la virginité jusqu’au mariage est une règle à respecter. Chez les musulmans, comme chez les chrétiens et les juifs, les rapports sexuels hors mariage sont traditionnellement proscrits, mais l’attachement à la chasteté est beaucoup plus fort en Islam que dans les autres religions monothéistes.

Cet attachement est conforté par l’idée que la membrane intacte est un gage de piété et que, une fois au paradis, les hommes musulmans, seront récompensés selon une tradition qui leur promet à chacun 99 pucelles dont l’hymen se reconstitue après chaque rapport. Ar ailleurs, penser que leur femme n’a jamais été possédée par un autre flatte tout simplement l’orgueil mâle. Portant, les hommes ne sont pas les seuls à blâmer. Car les femmes, qui ont parfaitement intériorisé le modèle traditionnel, sont les premières à entretenir le mythe de la virginité. Même celles qui ont enfreint cette règle, feignent en général de la respecter.

Contraintes de dissimuler leur passé sexuel à leur partenaire, elles trouvent des artifices pour faire croire que l’hymen est resté intact : de la goutte de sang prélevé sur un doigt, jusqu’au foie d’un oiseau dissimulé dans une petite bourse, en passant par l’hyménoplastie ou les certificats de virginité complaisamment délivrés par des médecins, l’éventail des subterfuges est vaste.

D’une génération à l’autre, les mères commencent à transmettre à leurs filles la liste des devoirs et des interdits dès la puberté. Conditionnées très jeunes par le discours maternel, enjointes à tout prix de garder intact leur hymen jusqu’au jour du mariage, l’impératif de virginité s’impose comme allant de soi.

participez_au_d_batEn revanche, jamais une mère n’exigera une telle chose de son fils. Constat d’évidence : il existe une inégalité de traitement entre garçons et filles car, bien que la virginité jusqu’au mariage est théoriquement obligatoire pour les deux sexes, elle ne s’impose en réalité qu’au sexe dit « faible » dans les pays arabo-musulmans. Dans l’inconscient collectif, la femme déflorée est considérée comme une dévergondée, tandis que l’homme, lui, est valorisé à l’aune de son activité sexuelle. Par contre, celui qui n’a pas d’expérience dans ce domaine voit peser sur lui le soupçon d’homosexualité ou d’impuissance. Certaines jeunes femmes  assument meur vie sexuelle sans complexe, tandis que d’autres se débattent avec leur culpabilité. Celles qui franchissent le pas gardent généralement un souvenir marquant de « la première fois ».  C’est le cas de Rita, publicitaire de 27 ans. « J’ai été traumatisée. Je n’arrivais pas à dépasser mon angoisse par rapport à l’éducation que j’ai reçue ».

 

A suivre …

Source de l’article : New African, n° 15, juillet-août 2009.

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Lire aussi sur Islamiqua :

Virginité ou mensonge ?   

Evénement : Tollé général en France après l’annulation du mariage de deux musulmans pour non virginité de la mariée (2)   

Evénement : Tollé général en France après l’annulation du mariage de deux musulmans pour non virginité de la mariée (1)


 

 

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vendredi 13 novembre 2009

Décisions historiques de la Cour constitutionnelle koweitienne

Je_le_dis_comme_je_le_pense_2Le Koweït a fêté avant hier le 47ème anniversaire de sa Constitution adoptée le 11 novembre 1962. La commémoration de cet anniversaire requiert cette année une importance capitale vue les débats (de plus en plus alimentés) et les prises de positions (de plus en plus fermes) « pour » ou « contre » la constitution surtout suite aux dernières décisions de la Cour constitutionnelle koweitienne.

En effet, la scène juridique au Koweït vient de connaître des développements d’une importance capitale qui auront des répercussions au-delà des frontières de ce petit émirat.  

La relation entre Constitution et Coran, loi et Charia, ordre humain et ordre divin… a été au cœur d’un débat juridique qui a donné lieu aux décisions suivantes de la cour constitutionnelle :

femmes_au_Koweit 

1ère décision : l’inconstitutionnalité de certaines dispositions de la loi relative à la nationalité.  La loi koweitienne sur la nationalité stipule que la femme ne peut avoir un passeport sans l’autorisation de son mari.  Non seulement la cour a déclaré l’inconstitutionnalité d’une telle exigence mais en plus elle a expliqué que cette autorisation n’est autre qu’ « une négligence de la volonté de la femme et une agression à son humanité ».

 

2ème décision : l’inconstitutionnalité de certaines dispositions de la loi électorale. La décision relative à la loi électorale est plus importante, avec un raisonnement juridique plus développé.

En effet, la loi électoral conditionne le vote et/ou la candidature des femmes (aux élections) à leur respect (et même leur observation) des règles imposées par la charia islamique. Sur la base de cette loi, plusieurs islamistes avaient exigés le port du voile par toutes les femmes membres du gouvernement ou du parlement. Or, au cours de son examen de la loi, la cour va déclarer son inconstitutionnalité et n’hésitera pas à évoquer la contradiction entre les principes de la charia et la constitution (donnant la primauté à cette dernière) : « la loi ne peux contredire les textes de la constitution koweitienne qui représentent des principes généraux tels que les libertés individuelles et la liberté de culte ».

Ainsi, pour la cour constitutionnelle koweitienne, aucune loi -même inspirée de la charia- ne peut méconnaitre des droits garantis par la Constitution.

 

Le Koweït serait-il entrain de mener une révolution juridique contre la charia ?

Affaire à suivre…

 

Participez aux différents débats sur islamiqua en laissant vos commentaires…

 

dimanche 1 novembre 2009

Les maisons d’éditions tunisiennes boycottent-elles Mohamed Talbi ?

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Mohammed Talbi a annoncé depuis quelques années son intention de publier « son testament » sur la rénovation de la pensée musulmane  dans trois livres successifs : le premier a été publié en 2007 par Cérès éditions sous le titre : « Pour que mon cœur s’apaise » (auquel Islamiqua a consacré plusieurs articles), et fut très critiqué pour les sévères attaques qu’il contenait envers les chrétiens d’une part et ceux que l’auteur appelle les dé-islamisés  d’autre part. 

 

de_ceres_a_cartaginoiserieDans la deuxième partie de ce testament intitulée « l’islam n’est pas voile il est culte » (sur lequel nous reviendrons bientôt), l’auteur a reprit les mêmes thématiques (chrétiens, dé-islamisés) en y ajoutant la critique de la vision des salafistes islamistes. Ce sont les éditions Cartaginoiseries qui se sont chargées de la publication du livre au début 2009.

Ainsi, de Cérès éditions à Cartaginoiserie, l’auteur perd déjà la force de frappe, la renommée et l’omniprésence de Cérès au profit d’une maison d’édition jeune, peu connue et surtout très peu présente dans les librairies tunisiennes et étrangères.

La publication de la troisième partie de la rénovation de la pensée musulmane qui porte le long titre de : « Notre mission coranique est d’humaniser le monde. Gaza : Barbarie biblique ou de l’extermination Sacrée et humanisme coranique » voit l’auteur procéder à la publication du livre sur son propre compte !

 

Existe-il un boycott de la part des maisons d’éditions tunisiennes envers les derniers ouvrages de Talbi où –il est vrai- le coté académique de l’historien et du libre penseur laisse peu à peu la place aux visions subjectives d’un « penseur et écrivain musulman » comme Talbi tient à se présenter sur la couverture de son dernier ouvrage ? 

Comment peut-on si non expliquer qu’une personnalité comme Mr Talbi prend l’initiative et la charge (ou se trouve dans l’obligation) de la publication de la troisième partie de son testament ?

Les maisons d’éditions tunisiennes avaient elles des exigences  refusées par l’auteur ? Ou bien son initiative fut unilatérale ?

 

Ces questions méritent certainement un éclaircissement de la part des maisons d’éditions tunisiennes et surtout de l’éditeur (historique) de l’auteur à savoir Cérès éditions afin de nous éclairer sur les raisons qui font que Mr Tabli se voit obliger de publier sur son propre compte son dernier ouvrage.


Une chose est néanmoins sur, nous pouvons ne pas partager les points de vue et les prises de positions de Talbi dans ses derniers livres, mais de là à opérer un boycott sur ce qu’il écrit et à l’obliger à prendre la charge de la publication et la distribution de ses écrits, c’est un pas qu’aucune maison d’édition ne devrait franchir !

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lundi 19 octobre 2009

Les tunisiens prêts à donner plus de droits aux femmes

 

edito_islamiquaD’après un sondage Islamiqua effectué entre septembre et octobre 2009, les tunisiens seraient disposés à accorder beaucoup plus de droits aux femmes. En effet, pour ce sondage, nous avons reposés la question qui a été posée au Marocains il y a quelques semaines pour un sondage Le Monde Telquel.

D’après les chiffres publiés par Le Monde, 16 % des marocains considèrent que la Moudawana (code de la famille) « doit évoluer pour donner encore plus de droits aux femmes » alors qu’ils sont … 76 % à souhaiter que le Code du statut personnel tunisien accorde plus de droits aux femmes.

Avis aux candidats aux prochaines élections présidentielle et législative en Tunisie.

Ci-dessous les résultats complets des deux sondages qui ne donnent évidemment qu’une idée sur les tendances existantes dans les deux pays du Maghreb.

Sondage_Tunisie_Maroc

 

 

 

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dimanche 11 octobre 2009

Al Azhar interdit le niqab dans certains cours

 

niqab

 

L'université d'Al-Azhar, au Caire, a annoncé jeudi 8 octobre avoir interdit le port du niqab, ou voile intégral, dans les cours auxquels n'assistent que les femmes ainsi que dans la résidence universitaire de cette prestigieuse institution islamique sunnite. 

 

La presse égyptienne avait rapporté la semaine dernière que l'imam d'Al-Azhar, cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, avait l'intention d'interdire le port du niqab, qui ne laisse voir que les yeux à travers une mince fente, dans les établissements dépendant d'Al-Azhar.

"Le Conseil suprême d'Al-Azhar a décidé d'interdire aux étudiantes et enseignantes de porter le niqab dans les cours fréquentés par les femmes et qui sont donnés par elles uniquement", indique Al-Azhar dans un communiqué.

Le texte indique que l'interdiction s'applique aussi aux résidences universitaires et lycées affiliés à l'université.

 

Controverse 

Le communiqué laisse à penser que les étudiantes peuvent continuer de porter le niqab dans les cours fréquentés par la gent masculine.

Selon le communiqué, Al-Azhar ne s'oppose pas au niqab mais au fait qu'il "soit gravé dans les mentalités des filles".

Les déclarations la semaine dernière de l'imam Tantaoui sont intervenues après une décision controversée, appliquée depuis le début de l'année universitaire, interdisant l'accès des résidences de l'Université du Caire aux étudiantes portant le niqab.

 

Le niqab de plus en plus porté 

L'université et le ministère de l'Enseignement supérieur démentent avoir pris un décret anti-niqab, mais le fait est que des étudiantes portant le voile intégral ont été arrêtées par des gardes lorsqu'elles ont tenté de gagner leur chambre.

Les Frères musulmans, principale force d'opposition, se sont élevés mercredi contre les propos de l'imam Tantaoui, l'appelant à démissionner.

Une grande majorité des Egyptiennes musulmanes porte le hijab, un foulard cachant les cheveux et le cou, mais le nombre de femmes portant le niqab est en augmentation depuis quelques années.

 

Les réactions continuent à se multiplier en Egypte mais aussi dans le monde arabo-musulman contre la décision du conseil supérieur d’al Azhar d’interdire le niqab, voile intégral, dans certaines écoles. Islamistes mais aussi beaucoup de musulmans pratiquants s’élèvent contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leur liberté religieuse.

 

Si la décision provoque autant de réactions, c’est à cause de sa dimension symbolique. Al-Azhar est en effet considéré comme une des plus grandes autorités de l’islam sunnite.

Le grand imam, le cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, est la cible de toutes les attaques. C’est lui qui, Il y a quelques jours, en visite dans un lycée,  avait demandé à une lycéenne de retirer son niqab, estimant que ce voile relevait de la tradition et non de la religion. Ses propos ont été jugés « honteux » par un député salafiste koweïtien.  Cet acte a provoqué la colère des Frères musulmans qui ont exigé au Parlement la démission du cheikh d’al-Azhar.

Une nouvelle bataille autour du niqab, devenu le symbole de la lutte entre islamistes et musulmans modérés.

 

© Islamiqua d'après : Jeune Afrique, RFI, Le Monde

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Lire aussi sur ce sujet :


Burqa : l’habit de la discorde

Aucune justification religieuse à la burqa

Le port du niqab doit être interdit

Burqa : médiatisation démesurée

Hijab, séduction et coquetterie féminine en terre d’islam

Gaza sous le règne du Hamas

 

 

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lundi 5 octobre 2009

Islamophobie(s) en France

edito_islamiquaAlain Gresh est parmi les rares journalistes français à oser naviguer contre le courant. Ainsi, lorsqu’on ne fait -dans les medias français- qu’une critique subjective et superficielle des comportements du Hamas à Gaza, lui, il n’oublie pas qu’on parle avant tout d’un peuple opprimé, d’une population sous l’occupation et d’une Nation qui à tous les droits de mener sa lutte pour la libération.

 

Gresh est aussi parmi les rares intellectuels français à oser parler de l’islamophobie. Contrairement à ceux qui essayent de nous faire croire que l’islamophobie n’est que le fruit de l’imagination de ses inventeurs, lui -preuves à l’appui- démontre que non seulement elle existe, mais qu’en plus elle se décline en « islamophobie savante » et « islamophobie politique ». La seconde est la moins dangereuse puisqu’elle est opportuniste (dans la mesure où elle provient des politiciens qui surfent sur les tendances qui leur rapportent le plus de voix.)

C’est la première –à savoir, l’islamophobie savante- qui cause problème.

Pourquoi ?

Lisez ci-dessous l’article de Alain Gresh 

 

Islamophobie savante, islamophobie politique 

 

Nous vivons les temps de l’islamophobie. Chaque jour apporte sa pierre à l’édification d’une machine de guerre d’autant plus efficace qu’elle ne relève d’aucun complot et qu’elle enrôle sous sa bannière des responsables de gauche et de droite, des intellectuels de gauche et de droite, des « savants » de gauche et de droite. Burqa, affaire Vincent Geisser – que j’ai eu tort de ne pas évoquer avant sur ce blog –, femmes afghanes, pratique du ramadan, etc, tout est bon, non pour critiquer l’islam (« Peut-on critiquer l’islam ? »), mais pour stigmatiser les musulmans et, surtout, créer une atmosphère de troisième guerre mondiale.

 

C’est en mars 2006 que Charlie-Hebdo publie « Le manifeste des douze : ensemble contre le nouveau totalitarisme », L’Express, 2 mars 2006, où l’on retrouve les incontournables Bernard-Henri Lévy, Caroline Fourest, Philippe Val, Antoine Sfeir :

 

« Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme. Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité pour tous. »Nous restons dans cette atmosphère malsaine.

 

La publication par Le Seuil du livre « Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne, » de Sylvain Gouguenheim avait suscité, au début 2008, une puissante polémique. (« Un historien au service de l’islamophobie » 7 mai 2008). Sous la direction de Max Lejbowicz,L’islam médiéval en terres chrétiennes (Presses universitaires Septentrion, Villeneuve d’Ascq, 2009), sous-titré « Science et idéologie », avait constitué une première riposte des « savants ». Le livre publié chez Fayard sous la direction de Philippe Büttgen, Alain de Libera, Marwan Rashed et Irène Rosier-Catach, Les Grecs, les Arabes et nous. Enquête sur l’islamophobie savante, est une nouvelle charge contre les impostures.

 

Les coordinateurs écrivent dans leur préface :

 

« Aristote au Mont-Saint-Michel développe une vision du monde qui s’insère très précisément dans la philosophie de l’histoire sarkozyste à la rencontre de trois axes majeurs : (1) exaltation de la France toute chrétienne, celui du “long manteau de l’Eglise” jeté sur nos campagnes ; (2) revendication assumée de l’“oeuvre positive” de la colonisation – puisque la science est, par essence, européenne ; (3) volonté de “liquider” définitivement Mai 68. Et l’on se trouve confronté à ce paradoxe, typique de notre temps, où l’auteur le plus en phase avec la doxa des idéologues officiels – on songe à celui qui, aux premiers jours de la Restauration (26 juillet 2007), composa l’inoubliable discours de Dakar – est décrit comme un parangon d’indépendance et de courage par diverses crécelles médiatiques. (...)

 

Les Arabes sont des Arabes, dit l’islamophobie savante, de peur qu’eux aussi ne soient grecs, comme nous le soutiendrons. Cela ne se dit qu’à la troisième personne : “eux les Arabes”, ceux qu’on désigne de loin, des banlieues aux universités, sur tout le trajet de l’islamophobie savante. Qui aujourd’hui peut dire : “Nous les Arabes” sans s’attirer les pires soupçons ? Raison de plus, aujourd’hui, pour que nous le fassions. Les Grecs, les Arabes. Et nous ? Nous les Grecs, bien sûr. Nous les Arabes pas moins. Mais nous les Latins, aussi bien que nous les juifs, nous tous les absents de la nouvelle Restauration, nous tous les autres, nous qui n’entrons pas dans les “synthèses”, “hélléno-chrétiennes” ou celles qu’on voudra, nous les composites. » 

 

N’allez surtout pas dire aux membres de la mission d’information sur la burqa que nous sommes composites. Ils en tomberaient de leur fauteuil, eux comme les invités soigneusement triés. Prenez le temps de lire les témoignages et les réactions des députés, ils reflètent, malheureusement, l’état d’une opinion désinformée. Le 9 septembre, la mission a auditionné Mme Sihem Habchi, présidente de l’association Ni putes ni soumises et Mme Élisabeth Badinter, philosophe.

 

Rappelons que l’association Ni putes ni soumises est largement financée par les pouvoirs publics et les pouvoirs locaux, toutes tendances confondues. Et elle reçoit des aides d’autant plus importantes qu’elle ne dispose d’aucune base militante et qu’elle est absente de ces banlieues dont elle prétend vouloir défendre les jeunes filles. Sa présence dans les médias lui donne une légitimité que son audience sur le terrain ne lui permet guère.

 

Qu’explique sa présidente ? que « l’inconscience politique a, au bout du bout, permis les pires des exactions contre les femmes. J’ai encore devant les yeux le portrait de Sohane, brûlée vive dans un local à poubelles pour avoir dit non. Je me rappelle de Samira Bellil, qui a été victime de nombreux viols collectifs et nous a quittés il y a cinq ans. Me reviennent également en mémoire Erim, Malika et tant d’autres qui ont été victimes de mariages forcés, Diaryatou Bah qui a été victime d’excision qui l’a contrainte à faire trois fausses couches, Myriam qui, pour avoir simplement effleuré le bras d’un garçon a décidé d’en finir avec l’oppression familiale et s’est défenestrée en juin dernier. Si certaines ne sont plus parmi nous, d’autres restent debout pour faire en sorte que leurs sœurs ne soient pas mortes pour rien ». Ainsi, la violence contre les femmes qui, en France tue une demi-douzaine de personnes par mois, serait le fait des seuls musulmans ? Pourquoi ne dit-elle rien sur la violence faite, aussi, aux femmes françaises « de souche » ? Pourquoi ne dénonce-t-elle pas l’attitude des médias : quand un homme français de souche tue sa compagne, il s’agit d’un crime passionnel, quand il s’agit d’un musulman, il s’agit d’une violence religieuse ou ethnique, on ne sait pas très bien.

 

En fait, ce que son discours sous-entend, ou même affirme clairement, comme celui de Mme Badinter c’est que nous pouvons parler des souffrances des femmes et même nous réclamer du féminisme – terme qui fut longtemps proscrit, mal vu, y compris à gauche (et le reste quand il s’agit de dénoncer les féministes américaines) – à condition de parler des femmes musulmanes. Dénoncer leur sort nous permet de dire que « nous » ne sommes pas comme « eux », nous ne sommes pas des arabes ou des musulmans, nous sommes les descendants de la civilisation grecque.

 

Il y a un moment fortement comique dans cette déposition, quand Mme Habchi affirme, sans rire, que « le chemin le plus court pour l’Asemblée nationale n’est ni le voile ni la burqa ». Cette dame sait-elle que, dans cette assemblée, il n’y a pas 15% de femmes députées ? Le fait qu’elles ne portent pas de foulard ne semble pas leur ouvrir les portes du pouvoir. (Rappelons que, jusque dans les années 1960, il y a eu des députés prêtres qui venaient en tenue au parlement ; le dernier, à ma connaissance, fut le chanoine Kir, maire de Dijon ; la République était pourtant laïque, mais, il est vrai, qu’elle n’était pas menacée par l’islam).

 

Je ne reviendrai pas longuement sur les déclarations de Mme Badinter, mais un principe sous-tend son intervention : « ils », les musulmans, doivent se conformer aux lois du pays dans lequel ils s’installent. Le seul problème c’est qu’ils ne s’installent pas, « ils » sont là, ils sont français et "ils" vont rester et faire la France. A moins qu’on ne veuille les déchoir de la nationalité, comme le pouvoir de Vichy l’a fait avec les juifs. Tout le monde s’est réjouit que l’on ait refusé la nationalité française à une femme musulmane qui portait la burqa. Fallait-il, dans les années 1930, refuser la nationalité à des juifs loubavitch qui ne s’habillaient pas comme tout le monde et avaient de drôle de papillotes ?

 

Source : Le blog d’Alain Gresh

 

Sondage_CSP

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samedi 3 octobre 2009

Que pensez-vous du Code du Statut Personnel (CSP) tunisien ?

libertes

 

Pionnière dans le domaine des droits des femmes dans le monde arabe, la Tunisie a depuis 1956 (date de promulgation du CSP) révolutionné le Statut personnel de la femme musulmane.

 

Seulement, en dehors du plan juridique, peut de chose ont été faites sur les autres plans, et surtout sur celui de la promotion des « acquis » du CSP tunisien. Une situation qui a conduit à un début de contestation -de la part de certains- des dispositions du CSP.

 

A défaut d’avoir des statistiques officielles, Islamiqua souhaite savoir ce que vous pensez du Code du Statut Personnel Tunisien :

 

Est-il toujours ce code « révolutionnaire » qu’il fut il y a 50 ans ?

 

A-t-il besoin d’être renforcé vers d’avantage de droits pour la femme, l’enfant et la famille ?

 

Ou bien vous pensez que les tunisiennes ont acquis suffisamment (voir même trop) de droits ?

 

N’hésitez pas à participer à notre sondage ci-dessous et à laisser vos commentaires. 

 

 

 

 

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jeudi 1 octobre 2009

Ivan à Islamiqua : «Voulez-vous reformer la société sur des bases rationnelles ou bien avec une optique démocratie chrétienne ?»

Nous continuons le débat lancé par nos lecteurs sur la position du blog à propos du réformisme en Islam. Dans le commentaire que nous publions aujourd’hui, Ivan pose la question la démarche du blog en matière de réformisme.

Ci-dessous l’intégralité de son commentaire…

« Lorsqu’il tente de réformer une religion, le croyant devrait se baser sur les éléments même de sa religion. »

En Europe, l’on en est arrivé soit à évacuer complètement la religion du débat, soit à la cantonner à une sorte de morale imprécise d’inspiration chrétienne, au travers du courant politique de la démocratie chrétienne. Pour les plus sincères d’entre eux (et dans le jeu politique de luttes pour le pouvoir, ils sont rares), la morale se situe comme un plan intermédiaire, une charnière entre la foi et la politique. Cependant en Europe la suspicion change de camps : ce sont les religieux qui -s’ils interviennent- sont conspués et soupçonnés des plus noires intentions.

Tariq Ramadan a pour sa part une attitude claire, cohérente et globale, à travers laquelle il considère que la source de sa démarche politique, qui se veut démocratique et sociale, doit se trouver dans la foi à travers une lecture renouvelée des textes sacrés. C’est un choix, discutable certes, mais franc et clair. Les conséquences de cette attitude on été vivement critiquées, et je relève parmi les études critiques intéressantes (dont j’évacue les outrancières, style « croisade laïcarde » et autres islamophobes) celle de Sadri Khiari, « La pensée politique de Tariq Ramadan, Ramadan critiqué sur ce qu’il dit vraiment »

Une autre approche, qui me paraît décidément incontournable, est celle du Professeur AL-JABRI « La raison politique en Islam ». Cette étude politique et historique très fouillée montre que l’Islam s’il a vécu diverses expériences politiques contradictoires (de la politique du fait établi à la contestation de celui-ci), n’a jamais statué sur le régime de l’Etat. Il ouvre ainsi la porte à un renouveau de la pensé politique qui puisse se baser à la fois sur la critique rationnelle et sur la religion. Je m’étonne de n’avoir vu aucun écho de cet ouvrage sur Islamiqua (Il est vrai qu’il n’est pas tunisien).

Une autre démarche enfin est de sortir complètement du discours religieux, bâtir une réforme sans plus aucune référence à l'islam (à la Turque par exemple), sans présumer aucunement de la foi ou de l'absence de foi de ceux qui s'avancent dans cette voie. Elle me paraît hautement improbable dans les conditions historiques actuelles.

Quid d’Islamiqua ? A voir la virulence de l’attaque portée contre le Blog, je me suis mis à le relire, afin de voir si je n’avais pas été distrait.

Revenons donc aux textes du blog et à leur sens. Je relève dans le projet déclaré: « Islamiqua est venue pour essayer de faire la part des choses ; Dire qu’il est injuste d’assimiler l’islam au terrorisme. Et c’est plus exactement à I…I (certaines lectures de l’islam n’ont rien à voir ni avec la paix ni avec l’amour) que ce blog s’attaque en premier lieu : Oui l’islam –par certaines de ses interprétations, de ses lectures et de ses oulémas- peut renvoyer à la violence et au terrorisme. Et nous serons les premiers à dénoncer cette situation. »


Ensuite : « Car malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, la pensée de ses réformistes n’est ni extrêmement diffusée ni extrêmement défendu parce que mal ou peu comprise. »


Je constate que la suite du Blog suit bien son programme (la première partie surtout) ? Cependant il est vrai, comme dit Bader, que les critiques des égarements islamistes ne reprennent jamais les causes économiques, politiques et sociales de cette crise. Je ne nie pas la nécessité d’une critique idéologique de la religion, mais il faudrait la relativiser par le contexte et la replacer dans un contexte global. De plus, la critique de Bader me paraît également justifiée en ce sens que lorsque l’on tente de réformer une religion, quelle qu’elle soit, il me semble que le croyant devrait se baser, pour ce faire, sur les éléments même de sa religion.

Par exemple, si l’on veut aboutir à une vision démocratique, la justifier par une autre lecture du Coran que celle qu’en font ceux qui veulent contraindre les citoyens dans une multitude de règles coercitives. Je viens de citer l’analyse du Pr. Al-JARBI, qui va dans ce sens.
Et il est vrai qu’Islamiqua est à mille lieues de cette attitude.
Est-ce par principe ? Voulez-vous juste reformer la société sur des bases rationnelles, ou idéologiques (de type « droit de l’homme ») ce qui est une opinion défendable, ou encore voulez-vous réformer la société avec une optique du genre « démocratie chrétienne » ou démocratie musulmane ? Et sans qui j’y mette, pour ma part, aucune suspicion, je ne vois effectivement pas grand-chose de très clair à cet égard.

Commentaire adressé par Ivan à Islamiqua

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A lire aussi sur ce sujet :

Bader à Islamiqua : « votre projet n'est pas de rectifier l'Islam…mais de produire un autre Islam » 

Posté par Hamza Belloumi à 09:30 - Ils ont la parole - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mardi 29 septembre 2009

Tariq Ramadan ou… comment cataloguer pour mieux juger ?

Je_le_dis_comme_je_le_pense_2

Je viens de vivre l’amère expérience d’un débat stérile (parce que non fructueux) avec quelques unes des personnes qui ont visionnés l’intervention de Tariq Ramadan chez Ruquier samedi 26 septembre sur France 2.

Tariq Ramadan (pour ceux qui ne le connaissent pas) est un islamologue suisse d’origine égyptienne... Il est souvent présenté dans les médias (surtout français) comme un homme intelligent et rusé, à double discours, adepte des frères musulmans…  Un cliché qu’on a fini par admettre en considérant Ramadan définitivement comme un manipulateur, un démagogue et un « salafiste de charme ».

Chaque fois où on lui donne l’occasion de s’exprimer à la télé (et c’est très rare) l’homme se trouve toujours dans l’obligation de se justifier et de répondre à ce « qu’on pense » qu’il a dit. Ainsi, lorsqu’il déclare que –faute d’une société arabo-islamique prête à renoncer à ce qu’elle considère sacré et en attendant de déconstruire et reconstruire le discours religieux sur les châtiments corporels- il faut un moratoire sur leur application, tout le monde crie au scandale : « Ramadan n’est pas pour l’interdiction des lapidations, il ne propose qu’un moratoire, c’est un double discours ».

J’ai voulu alors profiter de l’occasion de son passage chez Ruquier pour faire le point sur les idées développées par ce « dangereux islamiste ».

Qu’en est-il ?

Je découvre un religieux, qui ne part dans ses analyses que des textes sacrés (qu’il dit prendre très au sérieux) mais qui arrive à des conclusions intéressantes… pour un religieux. Il nous dit qu’il est (à terme) contre les châtiments corporels, contre le mariage forcé, contre l’application de la Chariaa telle qu’elle est…

Certes, il a des positions qu’on ne partage pas, comme une reconnaissance (implicite) du caractère obligatoire du voile en islam…

Malgré cela, je pense que pour un religieux, ce qu’il fait – un travail de déconstruction / reconstruction de l’intérieur de l’islam- est très intéressant et qu’il mérite notre considération.

▪▪▪

Pour avoir dit cela, on m’a qualifié -au cours de cette discussion- « d’islamiste », « d’agressif », « d’adeptes des frères musulmans » …

Evidement, je n’accorde à ces jugements passionnels et passionnés que très peu d’intérêt comme je fais d’ailleurs pour les jugements « d’apostasie » et « d’hérésie ».

Tariq Ramadan n’est certainement pas un saint mais de la à lui faire un procès d’intention (« oui, il a dit ça mais… ») …c’est un pas que je ne franchirai pas.

Maintenant, au delà de Ramadan, si j’en parle aujourd’hui c’est pour dénoncer l’idée que ces personnes ont de « la vie en commun ». Quelle société ils nous proposent ? Une société où les uns exclus les autres ? Une société ou vous êtes « avec ou contre moi » (comme l’a dit un tristement célèbre président) ? Une société où on doit impérativement être catalogué ? …

J’avais signalé dans un précédent post la dangerosité de « l’autre extrémisme », celui de ceux qui ne pensent qu’à condamner, dénoncer, attaquer… le discours religieux, tout discours religieux.

Or, il faut se rendre à l’évidence : nous vivons dans des sociétés imbibées de religion. Même si nous pensons que la religion ne devrait pas dépasser la sphère de la vie privée, il y a des gens qui ne le pensent pas et qui souhaitent (et même militent) pour la voir régir toute notre vie.

Pour arriver à des solutions il faut dialoguer avec ces gens là (du moins ceux d’entre eux qui acceptent l’échange). Il faut les écouter puis exposer ses points de vue et enfin essayer de les convaincre. L’exclusion n’a jamais été une solution.

Si on a le courage de dire cela, on peut être catalogué par les extrémistes de toute part et être condamné par les uns comme par les autres. Ce n’est point le plus important… mais c’est dangereux. Car si ײles élitesײ des deux tendances (les religieux et les non religieux pour faire simple) n’apprennent à leurs disciples que la haine de l’autre et l’art de l’exclure, alors on ne peut s’attendre qu’au pire et… adieu la vie en commun.

 

Islamiqua_sur_Facebook

Posté par Hamza Belloumi à 09:02 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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