Une campagne sans précédent attestant d’une dérive dangereuse de l’utilisation d’internet en Tunisie. De quoi s’agit-il ? de la récente  guerre livrée sur Facebook par un groupe d’extrémistes tunisiens contre certaines personnes jugées athées, trop libérales, homosexuelles ou même laïques. En première ligne de mire : personnalités tunisiennes, intellectuels et blogueurs critiquent vis-à-vis du discours religieux en général et de celui extrémiste en particulier. L’objectif est simple : éliminer tout ce beau monde du réseau social le plus célèbre en Tunisie !

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Comment facebook est devenu une arme aux mains d’illuminés tunisiens ?

Que signifie l’existence de tels groupes en Tunisie ?

Eléments de réponse avec Saloua Charfi de Réalités et Nizar Bahloul de Business News.

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La semaine dernière, le réseau tunisien sur facebook avait l’air d’un pays dévasté par un attentat terroriste particulièrement meurtrier. Pour certains c’était le 11 Septembre du Net. 

Et de fait des cyber-terroristes ont frappé fort en faisant disparaître 200 profils de “mécréants”.

Ceux qui étaient menacés se sont virtuellement barricadés, qui en désactivant momentanément son compte, qui en limitant ses interventions aux amis seulement, réduisant dramatiquement de ce fait le champ de communication.
Obama venait juste de décider de se débarrasser du cauchemar nucléaire qui n’est plus efficace contre les armées irrégulières et les armes chimiques, et des “moudjahidin du Net” viennent de confirmer la justesse de son acte en lançant ce qu’ils appellent le “Djihad sur Internet”.

« Yes we can »

Leur djihad consiste à décapiter la pensée en utilisant une arme chimique virtuelle qu’ils ont baptisée “insecticide”, muselant ainsi ceux qui ne sont pas de leur avis. 

Un de leurs slogans est emprunté à Obama (« yes we can »), mais aussi à une célèbre expression d’Hitler qu’ils appliquent à leurs adversaires : « Nous aurions pu tuer tous les athées mais nous avons laissé quelques chiens en vie pour que les gens sachent pourquoi nous les avons exterminés ».
Ils se présentent en outre comme les héritiers des siècles des Lumières.
Les deux groupes dénommés “ insecticide Facebookéen”, (moubid hachari en arabe) et “Chaise électrique”, ne comptent pas beaucoup de fans, moins de 800, mais ils sont efficaces : les profils jugés ennemis sont désactivés à une incroyable vitesse. Les deux groupes se réjouissent de leurs attentats qu’ils revendiquent et les exhibent fièrement sur leur page comme des trophées de chasse, en promettant de poursuivre leur nettoyage macabre.

Un terrorisme pan-arabe

Les internautes ont ainsi vécu la semaine passée la mise à mort de plusieurs personnages virtuels connus par leur intense activité et surtout par leur dénonciation du discours misogyne de certains cheikhs et chaînes de télévision arabes des plus conservateurs. 

Des profils, des blogs et des sites se sont envolés comme par enchantement sous le regard incrédule de leurs fans et parfois de leurs propres propriétaires dont certains, disposant de deux profils, ont pu même assister en direct à leur propre mise à mort.

C’est ce qui est arrivé par exemple à notre confrère Khémais Khayati par deux fois en l’espace de deux jours. 

Massir, une jeune femme cadre supérieur, très active et très connue sur le Net, a vu aussi son compte désactivé une première fois. Elle ouvre un autre compte l’après-midi même. Ce deuxième compte est encore une fois désactivé en à peine quelques heures ! Cette dame était en pleine campagne de bénévolat au profit de l’Association Tunisienne des Sourds Muets et grâce à ses 1.600 amis sur la Toile elle a réussi à mobiliser un nombre important de sympathisants, car le système d’information sur facebook permet une progression géométrique en quelques minutes. Elle a même réussi à obtenir des dons et à mobiliser des sponsors. 

Notons que cette guerre contre la liberté d’expression a un caractère pan-arabe, car au même moment des groupes égyptiens ont donné l’alerte. Ainsi la page égyptienne consacrée à la défense des droits des femmes a été désactivée. Les administrateurs créent aussitôt une autre et les sympathisants se hâtent pour se réinscrire. Une bloggeuse tunisienne connue nous apprend avoir déjà été visée par des extrémistes égyptiens. Ceux-ci lui avaient déjà piraté ses comptes en juillet 2008. Aujourd’hui, elle revit l’expérience avec une nouvelle vague “d’obscurantistes tunisiens”. 

‘Des esprits lumineux’ 

Comment se décrivent ces censeurs ? Et comment se présente leur discours ? Ces brigades virtuelles de la mort annoncent “la bonne nouvelle” à ceux qui viennent prendre un bol d’air sur Internet. Désormais, et selon leur propre expression : “Les laïques, les athées, les homosexuels, les féministes qui sont l’autre face de l’islamophobie, ceux qui ont mis la photo de Bourguiba pour commémorer les dix ans de son décès et qui sont donc des francophones laïques, ceux qui se déclarent d’origine amazigh donc anti-arabes, ceux qui encouragent les relations sexuelles en dehors du cadre du mariage et ceux qui appellent à la normalisation avec Israël, doivent disparaître de la surface virtuelle». 
Ils ont ajouté à leur liste le groupe des Juifs tunisiens, les personnes qui n’affichent aucune tendance religieuse qu’ils appellent “ les hypocrites ”, une référence religieuse, et enfin ceux qui, sans avoir toutes ces “tares”, osent dénoncer leur pratique.

Les auteurs des attentats prétendent ni plus ni moins « agir au nom de Dieu et de la patrie ». Il s’agit bien entendu de l’Islam tel que compris et interprété par “la chaise électrique” et autres “insecticides”. Des dénominations qui donnent froid dans le dos et qui rappellent les fours crématoires et les chambres à gaz nazis. La connotation nazie de leur discours ne s’arrête pas là. Ils prétendent attaquer «les profils de ceux qui portent préjudice à une Tunisie musulmane arabe et hétérosexuelle ». Un internaute ironise en rétorquant : «Aujourd’hui, comme dans l’Allemagne d’’Hitler où il fallait être un bon Aryen, dans la Tunisie de ces illuminés, il faut être un bon Tunisien arabo-musulman». 
Et
de fait, ils affirment, sûrs d’eux-mêmes : « Nous ne sommes pas intolérants mais nous défendons la patrie. Vous attaquez les valeurs d’identité du pays qui font l’unanimité des Tunisiens et vous pleurnichez sur la liberté d’expression. Une liberté contraire à la loi et à la Constitution. » 
Ils se présentent en outre comme des esprits fins issus directement des siècles des Lumières: « Parler d’une guerre entre obscurantisme et modernisme est loin de la réalité », précisent-ils à l’adresse de leurs détracteurs.

« Nous ne sommes pas obscurantistes puisque nous sommes des savants très intelligents (sic) ». La preuve de leur assertion est que : « Le créateur de la page est un ingénieur en informatique maîtrisant tous les tenants et aboutissants de facebook. » Ils ajoutent que : « Ces jeunes Tunisiens sont plus nombreux que vous, plus forts et surtout plus intelligents. En maitrisant parfaitement l’outil informatique, ils sont parvenus à vous mettre hors circuit». Assimilant ainsi leurs lumières à la célèbre devise “science sans conscience n’est que ruine de l’âme”. 

 Discours d’une rare violence

Sur la page qui donne des informations personnelles sur les internautes “nuisibles”, le discours est d’une rare violence : “chiens” “prostitués” “insecte”, “animal” “koffars” (mécréants), “traîtres”, “bâtards”, “vous allez rôtir en enfer”, “Pas de discussion avec les bandits et ceux qui insultent notre religion”, “tapez fort sans pitié”… 

Ce qui est inquiétant c’est qu’ils possèdent des informations personnelles sur certaines personnes. Combien de temps cela prendra-t-il avant que ça ne se transforme en agression physique ? 

Comment ça fonctionne ?

Ils prétendent que « Ça demande tout de même de la ruse et un certain savoir-faire» et que : « On doit être fier de ces jeunes Tunisiens » 
Malgré leurs fanfaronnades, la chose ne nécessite pas l’intervention d’un génie.
Cela ressemble plutôt à un jeu d’enfants, et c’est là où le bât blesse. Pour désactiver un profil sur facebook, il suffit qu’un groupe assez consistant en nombre dénonce un profil en l’accusant de racisme, de prosélytisme ou d’incitation à la haine, pour que celui-ci soit suspendu. Et cela, sans vérification aucune. Ces illuminés, qui annoncent sans ciller qu’ils sont investis d’une mission divine, profitent donc tout simplement d’une faille dans le système de facebook.

Pour les blogs et les sites, le protocole est différent, ils piratent les comptes dont le mot de passe n’est pas très robuste. Ce n’est pas non plus sorcier. On trouve aujourd’hui des enfants parmi les cybercriminels.

Une Cour pénale virtuelle

Ils font dans la dentelle… enfin presque. Le processus de radiation est plutôt sinistre. On commence par la dénonciation de ceux qu’ils estiment être différents d’eux. Une “liste noire”, selon leur expression, est ouverte. Chacun peut y dénoncer toute personne qui d’après lui “porte préjudice à la nation et à la foi”. Une fois leur tableau de chasse garni, un procès est lancé. Il se déroule au sein d’une Cour virtuelle créée à cet effet. Sur la page de cette Cour vous pouvez d’abord choisir le procès à suivre. Les procès sont dûment numérotés. On commence par lire le procès-verbal et constater les preuves en cliquant pour voir des articles, analyses, commentaires et photos “accablant l’accusé”. Enfin vous pouvez prononcer votre jugement en cliquant sur un bouton qui ne sert qu’à confirmer la culpabilité. Il n’existe évidement pas de moyen de défense ou de recours pour les accusés. Une fois le processus de jugement achevé, on passe à l’exécution, en faisant tout simplement disparaître le profil ou le blog du criminel d’opinion. 

La mise à mort est expliquée, schéma à l’appui, aux amateurs de la censure sous le titre : “Comment dénoncer ces criminels”. On indique pour ce faire deux pages pleines de profils à éliminer, et on précise qu’il suffit juste d’écrire à la direction de facebook et de les signaler comme étant de faux profils. Puis le profil, sitôt désactivé, est exhibé en trophée. Les victimes ont une étrange sensation d’exécution virtuelle !

Du fil à retordre

Ces attentats ont donné du fil à retordre aux victimes, mais ils ont eu au moins le mérite de créer une solidarité entre des personnes qui paraissaient différentes et se chamaillaient sans cesse. Des conseils et recettes d’apprentis sorciers fusent : «Utilisez un mot de passe à rallonge, sans sens dans aucune langue, avec des chiffres, des lettres, des majuscules, des minuscules... » 

« Pour ceux qui ont perdu leur compte il faut envoyer un message aux administrateurs de facebook avec un lien vers cette page. C’est comme ça que j’ai récupéré le mien, mais il faut être agressif et menaçant (pas grossier) sinon ils ne vous prennent pas au sérieux et vous demandent de justifier votre identité. Ceci dit, ils mettent un peu de temps à répondre »

Guerre civile virtuelle

La réaction des internautes tunisiens a été rapide. Bochra Belhaj Hmida, dont le profil est menacé puisqu’elle est féministe, a lancé une campagne de dénonciation.

Certains se contentent d’exprimer leur chagrin ou leur révolte : « Que c’est triste...! Nous sommes tous en liberté provisoire.. » 

« C’est choquant révoltant ! Quelle est cette Tunisie qu’on aura dans quelques années ? C’est effrayant » D’autres estiment que c’est leur faute parce qu’ils sont trop tolérants, trop permissifs, trop respectueux...”

On dénonce ce “terrorisme intellectuel” avec les mots de Albert Einstein: «Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. » 
Une internaute annonce qu’elle a «envoyé un long mail à différents médias français et tunisiens pour expliquer cette affaire, j’en ai envoyé quarante en tout et encore ce matin à un ami journaliste qui vit en Italie, j’espère que ça aidera » D’autres, plus pratiques, appellent à croiser le fer : « ils ont les moyens parce qu’ils sont organisés et nous au lieu de bouger on ne fait que constater les dégâts et contester virtuellement ! AGISSONS ! MOBILISONS-NOUS en créant un contre-réseau! Il faut riposter avec la même arme! Demandez à tout le monde de signaler cette page ».

C’est ainsi qu’un insecticide contre les “ikhwanjia” a vu le jour. Il a réussi puisque “ les ennemis ” ont été obligés de créer “ insecticide 2 ” pour remplacer la défunte bombe sale. Une guerre civile virtuelle se dessine donc à l’horizon. La cyber délinquance est ainsi mise au service de “ l’Islam ”. Encore un mot péjoratif associé à l’Islam qui ne manquera pas d’entacher son image déjà ternie par ceux-là mêmes qui prétendent le défendre.
Au-delà du massacre, le geste est en lui-même hautement symbolique et fort clair. « Il n’y a de pensée que la nôtre », tel est traditionnellement le principe fondamental des racistes, dictateurs, misogynes et autres oppresseurs. 
Enfin, ceux qui ont parié sur la Toile comme moyen d’expression et de débat plus commode que d’autres espaces, viennent de découvrir qu’Internet ne constitue pas la panacée contre le mal de la pensée unique. La Toile n’étant finalement que le reflet de la réalité, chaque peuple a ainsi la Toile qui le représente.

 

Source : Réalités, n° 1269 du 22 au 28/04/2010 pp. 26-29

 

Nizar_Bahloul

Ils s’appellent Extravaganza, Massir, Bin El Wedyène ou Arabasta. Sur le net, on aime leur blog. Sur le réseau social Facebook, on adore leurs "posts". On ne connaît pas les personnes qui se cachent derrière des pseudos, mais peu importe la personne, tant qu’on apprécie ses écrits et qu’on partage ses idées. 

De ces écrits, de ces idées, on retiendra qu’ils appartiennent à des Tunisiens ordinaires qui partagent et « militent » pour des valeurs universelles : liberté, respect, civisme, égalité, justice…

Depuis quelques jours, ces blogueurs-facebookers subissent un harcèlement permanent de la part de quelques facebookers anonymes qui militent pour des valeurs qui leur sont communes : islamisme, conservatisme, antisionisme, antijudaïsme, anti-athéisme, anti-laïcisme, antilibéralisme, anti-occidentalisme… 

Comment des facebookers tunisiens attaquent-ils d’autres facebookers tunisiens ?

 Le comment est dû à une particularité dans le système de fonctionnement du réseau social. Dès qu’un important nombre de personnes dénonce une page, un groupe ou une personne, les robots ou les administrateurs de Facebook retirent la page ou le groupe dénoncés. La décision est justifiée puisqu’il s’agit de lutter contre la nudité et la pornographie, les faux profils, les discours racistes incitant à la haine, la cyber intimidation, les menaces etc. 
Les robots agissent en fonction du nombre de dénonciations reçues et c’est la loi du nombre qui prime.

Ce qu’on peut appeler faille a été détecté par ces facebookers anonymes qui ont réussi à signaler en masse tout Tunisien dont le profil ou les "posts" affichent des idées laïques, athées, agnostiques, trop libérales etc. Grâce à une extraordinaire capacité de rassemblement, ces facebookers ont réussi leur mission puisqu’ils étaient en surnombre pour signaler, abusivement, des abus. 
La manœuvre a été, par la suite, élargie aux facebookers tunisiens qui affichent leur homosexualité, des photos un peu trop dénudées etc. Et ces anonymes fonctionnent en masse puisque des groupes ont été crées pour dénoncer ces Tunisiens (qualifiés de traitres) athées, laïcs, juifs etc. Leurs slogans : des insecticides et une chaise électrique pour « lutter » contre les « mécréants ».

 Pas moins de 120 profils (au moins) ont été désactivés par Facebook, la semaine dernière, parmi lesquels figurent les profils d’un journaliste, d’une animatrice télé et celui d’une bloggeuse culinaire qui a mis en ligne une recette basée sur la viande de porc. 

C’est la débandade totale ! Les uns crient « scandale », les autres crient « victoire ». Les uns crient à la liberté de parole, les autres crient à la parole de Dieu. Les uns disent que la liberté d’expression est garantie par toutes les lois et tous les traités, les autres répliquent qu’il ne saurait y avoir d’expression critiquant la parole divine et de loi contraire à la loi de Dieu. Et que dit la Loi de Dieu ? Que les athées, laïcs et autres « vermines » doivent être exterminés ! 

Nous y sommes ! Merci Facebook ! Grâce à toi, voilà qu’on découvre au grand jour des Tunisiens capables de menacer d’autres Tunisiens d’extermination ! Le terme renvoie directement à Adolf Hitler. Ça ne vous rappelle rien ? Passons ! 

Si on les laisse faire, et si nous dépassons Facebook, la Tunisie pourrait ressembler au Liban des années 1980, de l’Algérie des années 1990 ou de l’Irak des années 2000. Alarmiste ? Nullement ! Quand il s’agit de défendre ses idées (ou celles qu’il croit être celles de Dieu), un obscurantiste est aveugle et n’a point de respect pour la liberté d’opinion des autres. 
A ces obscurantistes, Facebook a offert une tribune. Ils en rêvaient depuis des années. Qu’en ont-ils fait de cette tribune ? Des groupes appelant à la haine entre les citoyens d’un seul peuple.

Sous prétexte de défendre une Tunisie puritaine et musulmane (bien qu’elle n’ait jamais été et ne sera jamais 100% musulmane), quelques individus sont arrivés à menacer leurs concitoyens d’extermination. Ils sont carrément passés à l’acte en essayant et réussissant à faire taire ces voix aux valeurs contraires aux leurs. Le risque de voir les actes virtuels devenir réels n’est pas minime. 
Loin de Facebook, dans la vraie vie, les uns et les autres vivent à visage découvert, sans pseudo et sans possible anonymat. Dans cette vraie vie, en Tunisie, il est interdit de porter le niqab dans la rue et le voile dans les administrations. Dans cette vraie vie, en Tunisie, le naturisme est interdit sur les plages et les tenues décentes sont exigées dans les administrations. 
Dans cette vraie vie, en Tunisie, il n’est pas possible de crécher toute la journée dans la mosquée, ni de siroter sa bière sur la terrasse d’un café. 
Un consensus est imposé pour que la société puisse vivre en paix, en toute quiétude. Sans que les uns ne choquent les autres par leur nudité ou leur niqab. Sans que les uns ne choquent les autres par leur islamisme obscurantiste ou leur athéisme éblouissant. 

Certes, ce consensus prive les uns et les autres de leurs petites libertés. Mais ce consensus garantit à tous les Tunisiens (quelles que soient leur religion et leurs croyances) une vie paisible de citoyens.

 Mais sur Facebook, il n’y a pas de consensus, c’est la loi de la majorité qui prime. Et voilà la conséquence : quelques individus qui, se trouvant en surnombre, ont réussi à ôter la liberté de pensée à leurs concitoyens minoritaires. 
De là à dire que la liberté devient dangereuse dès lors qu’elle est entre les mains de personnes aux idées obscurantistes, il n’y a qu’un pas. 
De là à espérer que l’appareil « officiel » de la censure passe par là pour faire taire, de force, les obscurantistes, il n’y a qu’un pas. 

De là à conclure qu’il vaudrait mieux, pour ces gens-là, une dictature éclairée, plutôt qu’une démocratie modérée, il n’y a qu’un pas. Triste constat ! 

Source : Business News.com.tn