dimanche 1 novembre 2009
Les maisons d’éditions tunisiennes boycottent-elles Mohamed Talbi ?

Mohammed Talbi a annoncé depuis quelques années son intention de publier « son testament » sur la rénovation de la pensée musulmane dans trois livres successifs : le premier a été publié en 2007 par Cérès éditions sous le titre : « Pour que mon cœur s’apaise » (auquel Islamiqua a consacré plusieurs articles), et fut très critiqué pour les sévères attaques qu’il contenait envers les chrétiens d’une part et ceux que l’auteur appelle les dé-islamisés d’autre part.
Dans la deuxième partie de ce testament intitulée « l’islam n’est pas voile il est culte » (sur lequel nous reviendrons bientôt), l’auteur a reprit les mêmes thématiques (chrétiens, dé-islamisés) en y ajoutant la critique de la vision des salafistes islamistes. Ce sont les éditions Cartaginoiseries qui se sont chargées de la publication du livre au début 2009.
Ainsi, de Cérès éditions à Cartaginoiserie, l’auteur perd déjà la force de frappe, la renommée et l’omniprésence de Cérès au profit d’une maison d’édition jeune, peu connue et surtout très peu présente dans les librairies tunisiennes et étrangères.
La publication de la troisième partie de la rénovation de la pensée musulmane qui porte le long titre de : « Notre mission coranique est d’humaniser le monde. Gaza : Barbarie biblique ou de l’extermination Sacrée et humanisme coranique » voit l’auteur procéder à la publication du livre sur son propre compte !
Existe-il un boycott de la part des maisons d’éditions tunisiennes envers les derniers ouvrages de Talbi où –il est vrai- le coté académique de l’historien et du libre penseur laisse peu à peu la place aux visions subjectives d’un « penseur et écrivain musulman » comme Talbi tient à se présenter sur la couverture de son dernier ouvrage ?
Comment peut-on si non expliquer qu’une personnalité comme Mr Talbi prend l’initiative et la charge (ou se trouve dans l’obligation) de la publication de la troisième partie de son testament ?
Les maisons d’éditions tunisiennes avaient elles des exigences refusées par l’auteur ? Ou bien son initiative fut unilatérale ?
Ces questions méritent certainement un éclaircissement de la part des maisons d’éditions tunisiennes et surtout de l’éditeur (historique) de l’auteur à savoir Cérès éditions afin de nous éclairer sur les raisons qui font que Mr Tabli se voit obliger de publier sur son propre compte son dernier ouvrage.
Une chose est néanmoins sur, nous pouvons ne pas partager les points de vue et les prises de positions de Talbi dans ses derniers livres, mais de là à opérer un boycott sur ce qu’il écrit et à l’obliger à prendre la charge de la publication et la distribution de ses écrits, c’est un pas qu’aucune maison d’édition ne devrait franchir !
samedi 30 mai 2009
Abdelamjid Charfi, Nietzsche du monde musulman !
Abdelmajid Charfi (sa personne comme sa pensée) aura droit de la part de Talbi à tout un chapitre –le moins que l’on puisse dire- pamphlétaire, intitulé « Abdelmajid Charfi et la théorisation systématique de la dé-islamisation voilée », où l’auteur tentera d’une part de déconstruire (ou détruire) l’ensemble des idées du penseur tunisien et d’autre part de le faire sortir de la communauté des croyants.
Ainsi, le chapitre commence par une réfutation de l’auteur de voir le qualificatif de « penseur musulman » accordé à Abdelmajid Charfi, suivra une critique des positions de Charfi sur le Coran et le Prophète et une riposte rigoureuse aux théories du penseur sur les pratiques et obligations religieuses en islam.
Charfi, Nietzsche de l’islam
Ma plus grande surprise à la lecture de l’ouvrage du professeur Talbi fut la découverte du nombre de jugements subjectifs que l’auteur réserve à Abdelmajid Charfi « qu’on ne peut considérer comme penseur musulman… car il n’est pas du tout penseur musulman au sens Coranique du terme…Il sait très bien [A. Charfi] qu’il ne fait pas partie de ceux décrits par Allah comme croyants et musulmans » (p. 43-44)
[ " ... لا مناص لنا من أن نعتبره [ع.م.الشرفي] منظر الفكر الإنسلاخسلامي، لا مفكرا مسلما، كما يقدم نفسه وهما أو توهيما، ويقدمه المغربي رشيد بن زين ... فهو إطلاقا ليس مفكرا مسلما بالمفهوم القرآني للعبارة ... فهو يعلم جيدا أنه لا يدخل ضمن من يصفهم الله بالإيمان والإسلام..."(ص 43- 44 ) ]
Tout au long du chapitre qui lui est réservé, (A) Charfi est traité de tout : dé-islamisé, non-croyant, apostat, et même… ennemi de la religion.
Voici comment Talbi le qualifie dans certains passages de son livre :
●« Celui qui ne prie pas et dénigre la prière et qu’on ne voit pas dans nos rangs sur ‘‘le droit chemin’’ [expression coranique] n’est point des nôtres… Il est libre et respecté dans tout ce qu’il dit, mais il n’a pas à apprendre aux pratiquants leur religion et il ferait mieux au moins de ne pas revendiquer le titre de penseur musulman même s’il occupe la chaire de la pensée islamique [à l’université de Tunis I]. » (p.45)
[ " أما الذي لا يصلي وينكر الصلاة، ولا نشاهده في صفوفنا على "الصراط المستقيم"، ليس منا ولسنا منه ... فهو حر محترم في كل أقواله وأفعاله، غير أنه ليس له أن يعلّم المصلين دينهم، والأفضل على الأقل ألا يدعي أنه مفكّر مسلم، وإن شغل كرسي الفكر الإسلامي. " (ص 45) ]
● « Aucune place n’est réservée dans le livre de (A). Charfi [‘‘L’islam entre le message et l’histoire’’] à l’au-delà : l’islam auquel il appelle est un islam sans au-delà. L’au-delà est absent de son livre … et cela suffit pour faire sortir l’auteur du cercle islamique. » (p.70)
[ " ولا حديث في كتاب ع.م.الشرفي عن الآخرة : الإسلام الدي ينظر إليه، إسلام بدون آخرة. الآخرة غائبة في كتابه، لا لها ولا عليها، وهذا يكفي ليخرجه من الدائرة الإسلامية " (ص 70) ]
● « Nietzsche (1844-1900) a tué le dieu du christianisme est a grand ouvert la porte au détachement de sa pratique. De même (A) Charfi a visé l’assassinat théorique du dieu de l’islam. Il a voulu être en toute conscience le Nietzsche de l’islam… » (p.84)
[ " لقد قتل نيتش (1844-1900) إله المسيحية وفتح واسعا باب الإنسلاخ عنها فتحا منهجيا. وكذلك ع.م.الشرفي استهدف قتل إله الإسلام قتلا تنظيريا حسبه حاسما ومنهجيا, فهو عن قصد أراد أن يكون Nietzsche الإسلام، وما أحسبه إلا أنه بهدا التشبيه مبتهج وفخور، ليصالح، بنفس الأسلوب، من يسميه مسلما تدليسا، مع العصر والحداثة جدريا لا تنميقا، عن طريق التنظير المنهجي للإنسلاخ من الإسلام، وبهذا الإنسلاخ يندمج الإنسلاخسلامي مع أبناء جنسه، في كنف الحرية الذاتية، والمسؤولية الفردية، والتضامن الخلاق بدون تقيد بأيّ دين مهما كان نوعه. " (ص 84) ]
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Après ce dénigrement systématique de Charfi, M. Talbi inflige le même jugement à tous ceux qui « se retrouvent » dans le musulman décrit par Charfi. Ainsi, « ceux qui s’y retrouvent dans le livre ‘‘L’islam entre le Message et l’histoire’’ ne font pas partie des croyants… » (p.93)
[ " إن اللذين يجدون أنفسهم في كتاب "الإسلام بين الرسالة والتاريخ" ليسوا من المؤمنين : فهم لا يؤمنون بيوم الدين، ولا ينتظرونه ولا يخشونه، ولا يؤمنون بملك يوم الدين ولايترقبون لقاءه، وحسابه وجزاءه وعقابه، ولا يولّون وجوههم الى الذي إياه نعبد وإياه نستعين. " (ص 93) ]
Avec Talbi, tout le monde a pour son grade : de Abdelmajid Charfi jusqu’au pauvre musulman lecteur des ouvrages de ce dernier et qui s’y serait retrouvé dans les explications et les arguments du professeur !
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Après tout cela, on est tous tenté de savoir la raison qui se cache derrière toute cette haine ?
Je pèse bien mes mots, ce qui se dégage des innombrables insultes à M. (A) Charfi n’est autre que haine. Et même si je suis très heureux de constater que M. Charfi n’a pas choisi d’intenter un procès en diffamation contre M. Talbi, cela n’empêche de dire que ce que ce dernier a écrit dépasse largement le cadre de l’analyse scientifique et de la confrontation des arguments.
Que reproche au juste M. Talbi à son collègue tunisien ?
Les reproches qui lui sont faites tournent autour de trois axes : ses points de vue sur le Coran et le Prophète, ses ‘‘amitiés’’ avec les orientalistes et son accord avec leurs prises de positions, ainsi que ses positions sur les obligations (pratiques) religieuses comme la prière ou le jeûne.
Talbi nous révèle que « ce qui l’oblige » à écrire ce livre n’est autre que le devoir de « démasquer » les dé-islamisés et à leur tête (A) Charfi qui ne fait que suivre les conclusions de ses maitres orientalistes, pour lequel l’islam n’est pas unique mais multiple, pour lequel le Coran est une simple compilation de principes et de valeurs remplie d’histoires mythiques écrites au temps des compagnons du prophète (et influencées par ces derniers) et qu’il faudrait en fin de compte abandonner parce que l’homme qui est arrivé à l’âge adulte avec ‘‘le sceau de la prophétie’’ n’a plus besoin de préceptes écrits il y a plus de 1400 ans pour le guider dans sa vie et ses actions, pour lequel le Prophète n’est autre qu’une personne influencée par la sorcellerie et les histoires mythiques de son époque et qui est venue annoncer à l’humanité son entrée définitive et irrévocable dans l’âge adulte où elle n’a plus besoin de guide ou de règles célestes et partant l’homme n’est plus dans l’obligation d’observer les pratiques religieuses qui n’auraient plus de sens aujourd’hui.
C’est ainsi que Mohammed Talbi présente l’ensemble des thèses défendues par Abdelmajid Charfi. De manière caricaturale et déformée souvent, de façon juste et équilibrée quelques fois, Talbi –par les insultes et les injures auxquelles il a recourt- n’arrive pas à nous convaincre de l’exactitude des reproches qu’il fait à son homologue tunisien. Il parvient juste à nous faire regretter les dérives qu’un savant comme lui peut commettre malgré toute son érudition.
A suivre ...
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* Traduction personnelle de l’arabe au français.
** C’est nous qui soulignions.
Sur ce même sujet lire aussi sur Islamiqua :
- La définition du musulman et du dé-islamisé selon Mohammed Talbi
- Lecture dans le « testament » de Mohammed Talbi
- Talbi, libre penseur de l’islam
- « Il faut choisir entre la charia et l’islam » (1)
- « Il faut choisir entre la charia et l’islam » (2)
lundi 18 mai 2009
La définition du musulman et du dé-islamisé selon Mohammed Talbi
Sous le titre « Le dogme des dé-islamisés : l’islam est la maladie des cœurs, son abondant est leurs médecine et le chemin de la modernité » Mohammed Talbi présente et définit son ennemi sur le plan interne (à l’intérieur de l’islam). Il s’agit du dé-islamisé ainsi que sa doctrine (la dé-islamisation) qui voudrait fonder la modernité sur le détachement de l’islam. A cet ennemi l’auteur reproche plusieurs tares dont la plus importante est celle de ne pas prier, et fait découler deux graves conséquences à ce non respect de la pratique religieuse :
1- Il exclut les non pratiquants de la communauté des musulmans.
2- Il refuse de prendre en considération les idées que ces « dés-islamisés non pratiquants » peuvent formuler. (p. 33)
[ " إن كل من يرفض أن يوجه وجهه نحو القبلة ليس من أمتنا، وليس له أن يملي علينا كيف نضطلع بالحداثة، وكيف نمارسها ونتعامل معها " (ص 33) ]
Cette prise de position peu commune d’un universitaire comme Mohammed Talbi est extrêmement critiquable à partir du moment où l’auteur avoue sans aucune réserve que ce qui détermine l’importance qu’il accorde aux paroles de certains auteurs, penseurs, intellectuels… n’est ni leur objectivité, ni la véracité historique de leurs propos , ni leur force d’argumentation… mais c’est d’abord leur croyance et surtout leur observation de la pratique religieuse ! Ainsi Talbi fait de la pratique religieuse (et en particulier la prière) la première des conditions pour l’acceptation de toute observation sur l’islam.
Avec cette condition et les conséquences que l’auteur fait découler de son observation (ou non observation) nous voyons très clairement que Mohammed Talbi s’oppose farouchement à ce que les auteurs appellent « le musulman culturel » (généralement non pratiquant) qui ne serait aux yeux de notre auteur qu’un non musulman car pour lui tout musulman est par définition pratiquant.
Talbi reproche à ces dé-islamisés le fait de vouloir transformé l’islam en une « identité historique ».
[ " الإنسلاخسلاميون يقلبون الإسلام من دين حر الى هوية تاريخية مفروضة، وهم صنفان: صريح ومقنع. كلا الصنفين لا يعتبران الإسلام دينا (...) كلا الصنفين يعتبران القرآن عملا بشريا، يجب أن ترفع عنه القداسة (...) كلا الصنفين يعتبران الإسلام هوية تاريخية, يعتبرانه إرثا تاريخيا، لا اختيار لهم فيه (...) كلا الصنفين لا يلتزمان الفرائض؛ ولا يتجنبان المحرمات. " (ص 35 ) ]
Mais tout de même, Talbi fait la différence entre 2 types de musulmans culturels, l’un peut être (non accepté mais au moins) respecté pour ses convictions à partir du moment où il est libre de pratiquer sa religion ou pas, mais l’autre n’a même pas le droit au respect à partir du moment où il a usé de son droit à la différence pour diffuser la doctrine dé-islamisée : ainsi l’auteur opère une distinction entre le dé-islamisé militant (qu’il faut combattre) et le dé-obéissant passif -mais toujours croyant- qui éprouve des remords causés par sa observation des pratiques religieuses et qui peut par conséquence se repentir et revenir à Dieu .
[ " العصاة يحتفظون بضمير تأنيبي. أولائك يقسم بهم الله، لأن الإيمان لم يغادر قلوبهم، بل بقي حيا بها، يبقى حظهم متوفرا، كاملا يوم القيامة. يقول الله في شأنهم في سورة القيامة : " لأقسم بيوم القيامة ؛ ولأقسم بالنفس اللوّامة ". العصاة نفوسهم لوامة، يرجون التوبة والرجوع الى الله، وباب التوبة مفتوح، والله تواب غفور رؤوف رحيم حليم. العصاة من الأمة، والشفاعة إنما جعلت إليهم وتشملهم.
الإنسلاخسلاميون نفوسهم ليست لوامة. فهم يرفضون الفرائض وتجنب المحرمات، رفضا مقصودا واعيا، بحكم انسلاخهم عن الإسلام انسلاخ رفض كل اعتقاد مهما كان نوعه. فهم نفاتيون، ينفون الإيمان أصلا وتفصيلا، وكدلك كل أنواع الإعتقادات. فهم لايختلفون عن غيرهم من النفاتيين غير المعتقدين، الا بإرثهم الإسلامي التاريخي، اللاصق بجلدتهم التصاقا خارجا عن ارادتهم، لا يستطيعون التملص منه." (ص 35- 36 ) ]
C’est donc le dé-islamisé militant qui sera l’objet de la croisade de Talbi, qui considère même que sa guerre est un devoir imposé à tout musulman. (p. 37)
Et c’est d’ailleurs pour combattre cet ennemi que Talbi a décidé d’écrire ce livre étant donné que ce dé-islamisé userait des mensonges en essayant de convaincre les gens de sa thèse (selon laquelle l’islam ne serait autre qu’une identité culturelle démunie de toute obligation) et par voie de conséquence de les conduire à l’abime. Ainsi nous relevons Le (premier) reproche que l’auteur fait au dé-islamisé : c’est le fait d’exprimer ses convictions et d’essayer de convaincre les gens de la véracité de ses prises de positions.
Voilà donc comment en l’espace de quelques pages Talbi définit le but principal de son livre : à savoir combattre ceux qui se définissent comme musulmans non pratiquants et qui -en même temps- essayent de rallier le plus grand nombre des musulmans (pratiquants) à leur cause.
Parmi ces dé-islamisés « qui ne méritent pas notre respect » (p. 37), l’auteur cite Salman Rushdie et « ses semblables » qui -sous prétexte de liberté de pensé et de culte- ont porté atteintes à l’islam et irrespect aux musulmans.
Ces dé-islamisés ne peuvent prétendre à être musulmans car ils ne correspondent pas à la définition donnée par Dieu au musulman dans le Coran : « Voici le livre par excellence, sans nul doute, direction pour ceux qui craignent Dieu, qui croient au monde invisible, s’acquittent de la prière et qui dépensent en aumônes une partie des biens que nous leur accordons, qui croient en la Révélation qui t’est faite, comme en celles qui l’on précédée, et sont convaincu de la vie future, Ceux la sont dans la voie de Dieu : eux seuls seront les bienheureux. » (La Vache, 2 : 1-5)
Et l’auteur de nous dire que celui sur lequel ne s’applique pas cette définition divine ne peut être considéré comme un musulman et d’affirmer que ce jugement est celui de Dieu et non le sien (!) avant de se contredire quelques lignes plus loin lorsqu’il soutiendra que nul n’a le droit de faire entrer ou sortir les gens de l’islam et par conséquent, nul n’a le droit de juger leurs ‘‘islamité’’ ou leurs apostasie. (p .39)
[ " آلم. دلك الكتاب لا ريب فيه هدى للمتقين. الدين يؤمنون بالغيب، ويقيمون الصلاة، ومما رزقناهم ينفقون. والدين يؤمنون بما أنزل إليك، وما أنزل من قبلك، وبالآخرة هم يوقنون. أولائك على هدى من ربهم، وأولائك هم المفلحون" (البقرة، 2 : 1 – 5)
إن من لآ ينطبق عليه قول الله هدا، ليس بمسلم، مهما تقنع ودلس، والقول قول الله، لا قولنا، فلا مراء فيه ولا جدال (...) ليس طبعا الحق لأي إنسان أن يٌدخل في الإسلام أو أن يٌخرج منه ؛ ليس له الحق في الحكم بإسلام هدا وتكفير داك. فالله بمفرده له الحق في أن يقول من المسلم. وحيث أن هدا الحق حق الله ، فنحن قد أوردنا قوله، وقوله الفصل لآ معقب عليه." (ص 38 – 39) ]
Mohammed Talbi veut donc nous faire croire que le fait de qualifier certains de dé-islamisés et de non musulmans, n’est point un jugement personnel de sa part mais plutôt un jugement divin qui ne souffre aucune contestation, et ce parce que ces derniers ne correspondraient pas à la définition du musulman donnée par Allah.
Talbi ne serait il pas entrain de nous dire qu’il serait le porte parole de la volonté divine et que –par voie de conséquence- ses jugements ne peuvent être contestés ?
Je n’ose pas affirmer tout de suite cette hypothèse car une telle affirmation vaudrait dire que Mr Talbi a définitivement laissé tomber son statut de libre penseur, d’historien et d’islamologue pour épouser celui de religieux rigoriste pour ne pas dire… autoritaire. Car comment peut on qualifié quelqu’un qui prétend détenir la vérité selon la volonté divine ?
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Ainsi, le Talbi qui se dégage des premières pages de ce livre est tout à fait méconnaissable : Lui, l’historien qui ne juge que par les éléments tangibles et qui connaît ce dont les hommes ont fait à la réalité historique, le voila qu’il refuse d’entendre les arguments non seulement des non musulmans mais aussi des musulmans qu’il qualifie de dé-islamisé, et ce pour l’unique raison de la probable non observation par ces derniers des pratiques religieuses (et en premier lieu de la prière), faisant ainsi de l’accomplissement de la prière l’une des conditions scientifiques de la validité des paroles de toute personne !
Lui, le libre penseur, qui connaît ce dont les réformistes et autres contestataires dans l’espace arabo-musulman souffrent, le voilà qu’il déclare ceux qui veulent se présentés comme des musulmans d’identité ou de culture comme des dé-islamisés, des non musulmans qui ne mériteraient aucun respect. L’auteur sait-il seulement (et je suis persuadé qu’il le sait) ce que de telles propos peuvent engendrer à l’encontre de ces « dé-islamisés » ?
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Une fois ses ennemis définis, voilà que Talbi est prêt à lancer sa croisade contre les tenants de « la doctrine dé-islamisée », et il n’épargnera surtout pas Abdelmajid Charfi, qu’il considère chef de file de ce mouvement, et qui aura droit à tout un chapitre (d’une soixantaine de pages) pamphlétaire.
A suivre…
A lire aussi sur Islamiqua :
- Lecture dans le « testament » de Mohammed Talbi
- Talbi, libre penseur de l’islam
- « Il faut choisir entre la charia et l’islam » (1)
- « Il faut choisir entre la charia et l’islam » (2)
lundi 11 mai 2009
Talbi le croyant, Talbi l’intolérant

Si j’avais à présenter l’avant dernier ouvrage du professeur Mohamed Talbi, je dirais qu’il s’agit d’un livre de riposte. Ce que l’auteur lui même considère comme la première partie d’une trilogie-testamentaire (dont la deuxième partie vient juste d’être publiée) est un livre écrit non par l’historien ni encore par le libre penseur Mohammed Talbi comme on avait l’habitude de le qualifier (voir ici), mais plutôt par Talbi le religieux pour ne pas dire l’homme de religion. En effet, tout au long des 294 pages de « Pour que mon cœur s’apaise. Première partie : la question de la foi »* (liyatmaina Kalbi. Kadiat al imen), on découvre un autre Talbi : un homme profondément croyant et qui peut être –par certaines de ses prises de positions- intolérant.
Un homme profondément croyant
Malgré l’avertissement qu’il nous livre dès la première ligne de son ouvrage : « Je ne vise pas à travers ce livre la défense du Coran, le Coran se défend tout seul et il n’a nul besoin de nous pour le faire », on ne peut -après lecture de l’ouvrage- que contester la véracité de cette affirmation : Non seulement le livre est une défense acharnée du Coran (et de l’islam en général) mais il est un réquisitoire contre tous ceux qui peuvent avoir des idées contraires à celles de Mr Talbi (des plus tolérants aux plus fanatiques).
Le livre est donc une riposte, d’une part, à certains musulmans qui critiquent une certaine vision de l’islam, et d’autre part, aux chrétiens qui profiteraient des faiblesses actuelles des musulmans pour attaquer leur religion. Et les propos de Talbi –pour les uns comme pour les autres- seront d’une dureté surprenante dans un ouvrage où il nous explique par ailleurs comment et pourquoi –contrairement à plusieurs autres intellectuels qui ont suivi son chemin, fait des études semblables aux siennes- lui est resté profondément croyant alors qu’eux, sous couvert de critiques et de modernité, ont fini par abandonner l’islam.
Un homme qui peut être intolérant
Dans cette première partie de son testament, Mohamed Talbi aura deux cibles principales : le professeur Abdelmajid Charfi et le Christianisme.
Le premier aura droit à plus de 60 pages de critiques et d’insultes et le second à plus de 90 pages de relecture historique.
L’auteur nous informera que sa démarche est basée sur le respect de l’autre, que son but n’est pas de convaincre cet autre mais de s’auto-convaincre. Mais pour mériter le respect, Talbi exige que cet autre respecte lui aussi un certain nombre de principes et en premier lieu, il doit jouer franc jeu. Ainsi, pour mériter le respect, Talbi exige que ses adversaires enlèvent leurs masques et indiquent clairement leurs idées et leurs engagements. Or considérant que ses deux ennemis (Abdelmajid Charfi et le Christianisme) ne respectent pas les règles du jeu et usent des masques dans leurs attaques contre l’islam, Mohammed Talbi ne les respectera point et sera très dur à leur encontre. D’où la transformation (surprenante) de notre grand essayiste en un intolérant vis-à-vis de ceux qu’ils considèrent comme menteurs et imposteurs.
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J’ai été surpris en lisant ce livre par le nombre d’injures qu’il contient et je dirais même par la haine que son auteur dégage à l’encontre de ceux qui ne sont pas d’accord avec lui et en particulier Abdelmajid Charfi.
Mais, malgré cela, j’ai -encore une fois- appris beaucoup de choses en lisant cette première partie du Testament de Talbi écrite remarquablement en arabe.
Faut-il admirer alors ce que Mr Talbi a écrit dans cet ouvrage ou plutôt lui en vouloir pour les nombreux dérapages qui ont faussés la beauté du texte ?
Il m’est très difficile de juger une institution comme Mohammed Talbi sur la base d’un seul livre alors même que l’œuvre de l’homme est grandiose. Mais à travers la lecture que je vous propose, j’espère que vous aurez quelques éléments de réponses.
A suivre …

A lire aussi sur Mohammed Talbi :
- Talbi, libre penseur de l’islam
- « Il faut choisir entre la charia et l’islam » (1)
- « Il faut choisir entre la charia et l’islam » (2)






