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dimanche 26 octobre 2008

Après le putsch… où va la Mauritanie ? (3) : Les putschistes sous pressions finiront par céder

Je_le_dis_comme_je_le_pense

Enfin, la nouvelle est tombée le 19 octobre : l’Union Européenne demande aux autorités (putschistes) mauritanienne de rétablir « l’ordre constitutionnel » dans un délai ne dépassant pas un mois.

Les discussions de l’équipe représentant la junte militaire (présidée par le premier ministre Mr Ould Mohamed Laghdaf) avec l’Union Européenne n’ont abouties qu’a un durcissement de la position européenne à l’égard des autorités autoproclamées de Nouakchott… et il était temps.

En effet, après le coup d’Etat du 6 août dernier qui a mis fin à la présidence de Sidi Ould Cheihk Abdellahi, la position française -pas assez dure à l’époque- contre le putsch, nous a fait craindre un assouplissement des européens puis une acceptation du « fait accompli » par le général Abdelaziz.

A l’époque, plusieurs voix avaient indiquées que la France ne soutiendrait pas un président devenu de plus en plus proche des ... islamistes.

En effet, certaines décisions du président Sidi avaient effectivement été très mal perçues par les chancelleries occidentales.

Dans ce registre nous pouvons citer :

1- La décision présidentielle de changer le jour du repos hebdomadaire en Mauritanie du Dimanche au… Vendredi (jour de prière pour les musulmans).

2- La construction (et la fréquentation régulière) par le président d’une mosquée au sein même du complexe présidentiel.

3- Les contacts réguliers entre le président et certains hommes politiques de tendances islamistes et l’intégration dans son gouvernement de certains d’entre eux.

L’ensemble de ces éléments, a fait croire à certains que Sidi était désormais en disgrâce auprès des Américains et des européens qui (en ces temps de guerre contre le terrorisme) ne verraient pas d’un mauvais œil un coup d’Etat contre un président… islamiste.

Mauvais calcul… Les Etats-Unis d’Amérique, L’union Africaine et aujourd’hui l’Union Européenne condamnent de la manière la plus claire le coup d’Etat et menacent même de sanctions contre le nouveau régime et ses dirigeants.

▪▪▪

Presque 3 mois après le coup d’Etat, la junte militaire se trouve -plus que jamais- isoler sur le plan international.

Une isolation renforcée par les actions de plus en plus importantes menées à l’intérieur du pays par toute sorte d’organisations et de partis appelant au retour à la légalité et à l’ordre constitutionnel.

▪▪▪

Suite à toutes ces mauvaises nouvelles pour les autorités putschistes, et surtout à la condamnation ferme de l’U.E, et contrairement aux affirmations du premier ministre, on croit savoir que le niveau des négociations ne concerne plus l’acceptation ou non du putsch mais plutôt la meilleur manière de rétablir l’ordre constitutionnel.

L’U.E a refusé les propositions présentées par les militaires, à savoir :

1- L’exclusion définitive du chef de l’Etat déchu.

2- La conduite par la junte militaire du pays pendant une période transitoire.

3- L’organisation rapide d’élections présidentielles

L’U.E a même signalé qu’elle « n'a pas pu noter de propositions satisfaisantes de la partie mauritanienne ».

Ainsi, les putschistes savent déjà qu’ils n’ont aucune chance de rester au pouvoir et tentent désormais de négocier l’organisation rapide d’élections présidentielles (auxquelles ils acceptent de ne pas participer) mais continuent à refuser de voir Sidi à la tête de l’Etat.

Seulement, malgré ce fléchissement, la communauté internationale conduite par l’Union Européenne (présidée par la France) refuse aussi cette solution et demande que le président retourne à son poste et termine son mandat (en 2011).

Les généraux n’ont toujours pas accepté cette « proposition » mais face aux différentes pressions, il semblerait qu’ils n’auront pas beaucoup de choix et que tout ce que la communauté internationale pourrait leur accorder ne saurait être plus qu’une protection contre les éventuelles poursuites judiciaires auxquelles ils feront face une fois que l’ordre constitutionnel sera rétabli et …le président reconduit dans ses fonctions.  

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Posté par Hamza Belloumi à 10:35 - Je le dis comme je le pense - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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samedi 25 octobre 2008

Après le putsch… où va la Mauritanie ? 2 - Que pensez-vous ?

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La jeune démocratie mauritanienne "montée" par le général putschiste

Le président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’aura régné sur la Mauritanie qu’un peu moins de 15 mois. Un putsch conduit par le général Ould Abdelaziz le 6 août 2008 a mis fin à la courte expérience démocratique du pays.

Que pensez-vous des putschistes ?

Etes-vous avec ou contre la prise du pouvoir par les militaires ?

Quel est selon vous l’avenir de la Mauritanie après ce coup d’Etat ?

Je vous invite à répondre à ces questions en laissant vos commentaires et en participant au sondage ci-dessous :

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Posté par Hamza Belloumi à 00:10 - Islam et démocratie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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jeudi 23 octobre 2008

Après le putsch, où va la Mauritanie ? : 1 - La culture démocratique

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Nous avons déjà évoqué sur ce blog la question de la démocratie dans le monde arabo-musulman à plusieurs reprises et nous revenons encore une fois à la charge pour parler de La Mauritanie, pays sur lequel nous avons placé beaucoup d’espoir en espérant qu’il intégrera le club très fermé des régimes arabes démocratiques.

Malheureusement, notre déception a été à la hauteur de nos attentes lorsque 15 mois seulement après avoir laissé le pouvoir aux civils -suite à des élections assez transparentes- l’armée a préféré reprendre  le pouvoir « pour venir à bout des dérives du nouveau régime ».

Malgré tout ce qu’on peut reprocher au régime renversé de Sidi, on ne peut expliquer le renversement d’un pouvoir élu démocratiquement que par le manque d’une certaine culture démocratique dans ce pays (comme dans le reste du monde arabe) et plus précisément à l’intérieure de l’institution militaire.

Et nous serons réconfortés dans cette idée par les raisons évoquées par les militaires pour expliquer leurs actes (renversement du régime, mise en résidence surveillée du président de la république et de certains de ses proches collaborateurs, poursuites judiciaires contre certain membres de sa famille …).

Ainsi, les putschistes évoquent :

1 - L’incompétence du nouveau régime à faire face aux problèmes économiques du pays (pauvreté, augmentation des prix des matières de base, chômage …).

2- Le népotisme (avec la nomination par le président de certains de ses amis et des membres de sa famille dans des postes de responsabilité).

3- Le fait d’avoir refusé la constitution d’une commission d’enquête autour des activités et du financement d’une association dirigée par l’épouse du président de la république.

Peut on renverser un régime démocratiquement élu pour ces raisons ?

La réponse me semble être évidement négative : On n’a pas donné assez de temps au nouveau régime pour se mettre au  boulot ; On n’a pas donné à l’équipe de Sidi le temps qu’il lui faut pour montrer ce dont elle est capable.

En 15 mois, aucune équipe gouvernementale ne peut rétablir un pays classé parmi les plus pauvres de la planète.

Et puis, si le résultat du travail de cette équipe est jugé insuffisant ou décevant, la mission de sanction reviendra au peuple mauritanien qui -lors des prochaines élections- n’hésitera pas à faire savoir à cette équipe qu’il est déçu par son travail.

Autrement dit, les militaires n’ont rien  à faire dans ce processus, l’institution militaire n’a pas la mission d’ « empêcher les dérives internes de la démocratie », sa tache se limite à défendre la démocratie de toute intervention extérieure.

Cela dit, si l’on veut trouver réellement une explication pour ce qui est arrivé en Mauritanie, on ne peut s’empêcher de constater la faiblesse et peut être même l’inexistence d’une véritable culture démocratique.

Malheureusement, on a fait croire aux citoyens mauritaniens que la démocratie leur apportera du pain, du travail et le bonheur extrême ! 

15 mois après, ne voyant rien venir, ces derniers –ou beaucoup d’entre eux-  n’ont pas hésité à soutenir le putsch renonçant par là même à l’un des acquis les plus importants de toute leur histoire : le droit de choisir librement leurs représentants ainsi que leurs président et le droit (et le devoir) d’assumer les conséquences de ces choix.

Posté par Hamza Belloumi à 22:44 - Islam et démocratie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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