samedi 3 janvier 2009
Maroc : l’islam par les statistiques
Le Maroc est le seul pays arabes pour lequel nous disposons de statistiques sur les pratiques religieuses des marocains.
Trois marocains –Mohamed El Ayadi, historien, Hassan Rachik, anthropologue et Mohamed Tozzy, politologue- nous font découvrir un … autre Maroc.
Ce travail de recherche nous a été présenté par le politologue Mohamed Tozy dans une interview accordée à Hamid Barrada de Jeune Afrique.
Je vous propose ci-dessous les principaux enseignements de cette enquête :
* La prière :
- Les marocains prient massivement. Mais le rapport à la prière est changeant : on prie, on s’arrête, on reprend…
- Pour prier, la mosquée n’est pas le lieu principal des dévotions.
- 15 % des marocains n’ont jamais prié, soit environ 2 millions.
- 16 % seulement des hommes fréquentent les mosquées (2 % pour les femmes).
- Le Maroc compte 41 755 lieux de culte.
- 25 % seulement accomplissent à l’heure dite la prière de l’aube. Seuls 5 % d’entre eux se rendent à la mosquée pour le faire.
- La prière du vendredi ne mobilise régulièrement que la moitié des fidèles, alors que 37 % ne la font jamais.
* Le jeûne du Ramadan :
- 60 % considèrent comme non musulmans ceux qui ne font par le ramadan.
- 82 % sont contrte l’ouverture des cafés et restaurants pendant le ramadan.
* Les sources d’informations sur la religion :
- La télévision est la principale source d’information pour 40 % des marocains.
- 15 % s’informent auprès de leurs parents.
- 12 % s’informent des livres.
- 11 % s’informent des mosquées.
- 2 % s’informent de l’école.
- Pour les ruraux, ils sont plus de 50 % à déclarer que la mosquée est leur 1ère source d’information.
* Les écoles ou rites (madhib) de l’islam :
- 73 % ignorent leur existence.
- Sur les 24 % qui en connaissent l’existence, 16 % sont capables de les citer.
- 60 % ne connaissent pas les quatre Califes qui ont succédé au Prophète.
* Musique, cinéma, mixité et prêts bancaire :
- 3 % estiment que la musique est illicite (haram).
- 1 % considère le cinéma haram.
- Tous les marocains sont favorable à la mixité à l’école mais ils ne sont que 30 % à être favorable pour cette mixité sur les plages.
- 52 % pensent que le prêt bancaire ne pose aucun problème alors que 13 % seulement le considèrent illicite.
Que penser des marocains après ces statistiques. Je laisse la réponse à Mr Mohamed Tozy pour lequel « le Marocain n’agit pas en musulman dans toutes les situations. Il fait scrupuleusement ses cinq prières quotidiennes, il contracte un prêt bancaire, il apprécie le bordeaux, il regarde des films et peut même acceptes que sa fille épouse un chrétien ou un juif pour peu que celui-ci respecte les apparences. »
Vive l’hypocrisie ?!
« Erreur grossière de jugement ! On confond l’incontournable pragmatisme avec une attitude immorale. Ce n’est pas parce qu’on est profondément croyant qu’on doit s’interdire de prendre des libertés avec les règles et les dogmes ».
Parfaitement d’accord avec vous Mr Tozy !
Tous les extraits et citations présents dans cet article sont issus de l’enquête : « Etre musulman au Maghreb » publiée par Jeune Afrique dans son 2498ème numéro.
vendredi 12 décembre 2008
Mohammed VI et la réforme de l’islam marocain (6) Attachement aux traditions et… réformes

Le jeune monarque du Maroc Mohammed VI entreprend, depuis son héritage du pouvoir il y a un peu plus de 8 ans, un certain nombre de réformes qui touchent à plusieurs aspects de la vie des marocains.
Pour ce qui nous concerne, nous avons été interpelés par le chantier de réformes religieuses lancées par le Roi et ce pour deux raisons :
1- Il est rare de voir de nous jour un des chefs d’Etats des pays arabo-musulmans s’engager « personnellement » dans des réformes qui touchent le champ religieux : un sujet tabou dans toutes les sociétés arabe.
Et même si depuis le 11 septembre, plusieurs « retouches » ont été faites ici ou là, il s’agissait dans la plupart des cas de réactions momentanées et circonscrites qui ne pouvaient prétendre à guérir l’islam de ses maux, mais qui visent simplement à résoudre un problème généralement sécuritaire par des mesures non moins policières.
2- Il était intéressant de voir comment le monarque qui se considère « Commandeur des Croyants » pourrait agir « en réformant » l’héritage de ses ancêtres qu’il est chargé de protéger.
▪▪▪
Je vous ai déjà donné lecture des discours de Mohammed VI dans lesquels il annonçait son « projet ».
La mise en place de ce qu’il a promis nous donnera une idée sur la réussite ou non du Roi dans ce chantier. Mais pour ce qui est de la pertinence de ce qu’il a annoncé, je vous laisse juger.
Ce qui m’intéresse par contre, c’est de revenir sur les deux points suivants :
1- Depuis le lancement de ce blog nous ne cessons de dire que l’islam souffre de plusieurs maux et qu’une intervention des plus urgentes doit se faire pour sauver l’islam des islamistes. Or ce qui devrait se faire au Maroc dans ce domaine –malgré qu’il mérite d’être cité- est très peu : le Roi n’a annoncé généralement que des réformes réduites qui plus qu’elles ne visent à reformer les institutions religieuses viseraient surtout à les mettre sous sa tutelle.
2- Partant d’un discours fondamentalement religieux, se considérant comme « Commandeur des Croyants », mettant sur le même pied d’égalité ses devoirs constitutionnels envers son pays et sa Nation et ses devoirs religieux, et se considérant ainsi comme un religieux, Mohammed VI pourra il dans ces conditions réussir dans la réforme du champ religieux ?
Pour ce que nous connaissons de nos religieux contemporains, on pourrait être amené à douter de la possibilité de manier un attachement sans faille aux traditions et une volonté de réforme. Mohammed VI réussira-il à transgresser cette règle ?
Pour le Maroc, nous souhaitons que la réponse soit positive.
dimanche 7 décembre 2008
Mohammed VI et la réforme de l'islam Marocain (5) : Que pensez-vous des mesures annoncées par le Roi du Maroc ?
Avec les deux discours du Roi Mohammed VI que nous vous avons présentés, le Roi du Maroc annonce une série de mesures visant à réformer les institutions religieuses marocaines
► Ces mesures peuvent elles être considérées comme de véritables réformes ?
► Peut-on réformer l’institution religieuse lorsqu’on se considère « commandeur des Croyants » ?
► Au delà du Maroc, faites vous confiance aux dirigeants arabes lorsqu’ils s’attaquent à la réforme du champ religieux ?
Laissez vos réponses à ces questions et/ou participez à notre sondage :
Sondage Islamiqua ▼
jeudi 4 décembre 2008
Mohammed VI et la réforme de l'islam Marocain (4) : L'islam en chantier
Alors que le journal français Le Monde, considère que les réformes du champ religieux marocain initiées par M6 entrent dans une optique de contrôle étatique de la pratique et des institutions religieuses, Jeune Afrique accorde beaucoup plus de crédit a cet énième « chantier » du souverain marocain et rappelle que même s’il se montre prudent, Mohammed VI est aussi « résolument réformiste et entend dépoussiérer l’islam » …
L’islam en chantier
(…) Le vœu du roi Mohammed VI ? L’avènement dans son pays d’un islam à la fois orthodoxe et ancré dans la modernité. Pour le successeur de Hassan II, la réforme de l’islam est un chantier aussi important que Tanger-Med ou l’aménagement des rives du fleuve Bouregreg, à Rabat.
Il a choisi précisément le 27 septembre (vingt-septième jour du ramadan) pour s’adresser, à Tétouan, au Conseil supérieur des oulémas et faire le point sur la « réforme globale du champ religieux » engagée solennellement voilà quatre ans. Cette réforme porte sur les institutions religieuses, le personnel qu’elles emploient et sur ce que M6 appelle la « sécurité spirituelle ».
Mais d’abord un point de doctrine mis en exergue dans le discours fondateur prononcé devant les oulémas le 30 avril 2004, à Casablanca. Sur « les affaires d’ici-bas », explique le roi, la divergence est la norme. Ainsi le veut la démocratie, et Sa Majesté n’en disconvient pas. En revanche, « la question de la religion exige que l’on s’attache à notre référentiel historique unique, à savoir le rite malékite sunnite ». C’est sur lui que la nation marocaine s’est construite et il revient au monarque, Amir el-Mouminine (« Commandeur des croyants ») d’en assurer la sauvegarde.
Tel et « son devoir et sa mission ». Pour que nul n’en doute, Mohammed VI déclare ceci : « Nous considérons que notre attachement à notre unité doctrinale au plan religieux s’apparente à notre engagement constitutionnel pour défendre l’intégrité territoriale et l’unité nationale. »
Une telle profession de foi du Commandeur des croyants est directement liée au 11 septembre et à l’émergence du salafisme djihadiste. En outre, l’affirmation de l’unité doctrinale centrée sur l’école malékite n’est pas étrangère à la montée en puissance de l’Iran et des manifestations de prosélytisme d’origine chiite. Pour faire face, le roi avait annoncé une « stratégie globale » afin de prémunir le royaume contre « l’extrémisme et le terrorisme » et préserver son « identité frappée du sceau de la modération et de la tolérance ».
La première expression de la réforme concerne les mosquées. Une direction a été créée à cet effet au ministère des Affaires islamiqua : elle se préoccupe aussi bien de leur financement (parfois opaque) que des normes architecturales. Les mosquées sauvages des quartiers périphériques de Casablanca fréquentées par les kamikazes des attentats du 16 mai 2003 ont cédé la place à quelque vingt lieux de culte plus sereins. Sur l’ensemble du pays, 104 mosquées ont été érigées en 2007. Le budget y afférent est passé de 182 millions à 302 millions de dirhams. Au total, le royaume compte aujourd’hui 41 755 mosquées.
L’effort du ministère a porté parallèlement sur le personnel. On a recruté en 2007 pas moins de 1253 préposés en culte, qui sont surtout des récitants du Coran, 150 imams et 50 morchidate (assistante religieuse). On s’est encore préoccupé de la condition sociale de ce lumpenprolétariat qu’est le personnel des mosquées, lequel désormais reçoit un salaire et bénéficie de la protection médicale.
A un niveau plus élevé, la réforme royale s’est traduite par la réforme du Conseil des Oulémas, appelé à accueillir les « théologiens connus et reconnus », choisis, précise Amir el-Mouminine, pour leur « capacité d’allier érudition religieuse et ouverture sur la modernité ». Ils quadrillent le territoire et ont pour mission notamment d’être « à l’écoute des jeunes », de manière à les protéger contre les « égarés et les mystificateurs ».
Ici encore, M6 donne libre cours à son féminisme. Dans les conseils, auprès des vénérables oulémas, siègent de respectables alimate, des femmes dont le savoir théologique et la compétence n’ont rien à envier à ceux de leurs collègues masculins.
Qu’en est-il des fatwas, ces avis autorisés à propos de questions religieuses inédites ou controversées ? En cas de besoin, le Conseil supérieur des oulémas soumet un projet au Commandeur des croyants, qui tranche en toute souveraineté.
L’engagement de Mohammed VI, qui ne surprend personne au Maroc, n’est pas toujours compris. Son attitude parait intempestive, excessive, injustifiée. En vérité, le 23e monarque de la dynastie alaouite est dans son rôle. Dans le cas contraire, il faillirait à ses obligations les plus élémentaires. Commandeur des croyants (et non des seuls musulmans puisqu’il est également chargé de la protection de ses sujets juifs) n’est pas un titre symbolique ou superfétatoire. C’est une fonction essentielle, consubstantielle à la monarchie. Traditionnellement, ses attributs s’énoncent ainsi : il est « Commandeur des croyants, protecteur de la religion et de la nation ».
Mohammed VI se réfère sans cesse, surtout lorsqu’il intervient dans le domaine religieux, à son « ancêtre », le prophète Mohammed. De même invoque-t-il régulièrement le « pacte sacré qui le lie aux Marocains », c’est-à-dire la bay’a, l’acte d’allégeance, qui est renouvelé chaque année à l’occasion de la fête du Trône. Or l’ascendance prophétique et la bay’a, sont tout simplement les deux principes qui fondent la légitimité dans la doctrine du pouvoir en islam. (…)
Ce qui importe n’est donc pas tant la place centrale que M6 donne à la religion, mais la manière dont il le fait et pour quels objectifs. S’il se montre prudent, il est aussi résolument réformiste et entend dépoussiérer l’islam. Au-delà du contrôle des mosquées et de l’organisation des Conseils des oulémas à l’échelon local, la réforme qu’il a lancée exige la mobilisation de la masse des oulémas indépendants, ceux qui façonnent l’opinion. Ce qui est loin d’être acquis. Le roi d’ailleurs ne le cache pas. Dans le discours de 2004, il craignait que les Conseils mis en place par le ministère ne soient des « ilots désertés ». Et à Tétouan, il revient à la charge en invitant « nos honorables oulémas à apporter une contribution plus efficiente au processus de réforme ». Le grand dessein de Mohammed VI d’édifier un nouveau Maroc et son volontarisme achoppent visiblement sur les frilosités et les réflexes conservateurs du Maroc éternel.
Source : Jeune Afrique, n° 2491.
lundi 1 décembre 2008
Mohammed VI et la réforme de l'islam Marocain (3) : Le roi veut controler l'islam marocain
La presse internationale a consacré certains développements aux réformes de Mohamed VI. Pour le Monde, à travers ses réformes, M6 tient surtout à garder l’islam marocain sous son contrôle…
Le roi veut contrôler l'islam marocain
Ni le lieu ni le moment n'avaient été choisis par hasard. C'est à Tétouan, ville du nord du Maroc, très traditionnelle et marquée par l'intégrisme, que le roi Mohammed VI a choisi d'annoncer, samedi 27 septembre, une réforme du dispositif religieux dans le royaume (…)
Fort de sa fonction de "Commandeur des croyants" (chef suprême des musulmans), Mohammed VI a décidé la mise à niveau des institutions religieuses et un meilleur encadrement des prédicateurs du royaume.
Désormais, chaque province ou préfecture aura son Conseil local des oulémas, (théologiens relevant du ministère des affaires religieuses à Rabat). Leur rôle sera de répondre aux questions de la population et de contrôler les imams des mosquées, de " guider les gens et combattre les allégations mystificatrices colportées par les tenants de l'extrémisme".
La communauté marocaine à l'étranger - essentiellement en France - sera également concernée. En annonçant cette réforme, le souverain marocain "tente d'étendre sa politique de proximité, dont il se prévaut dans d'autres domaines, au champ religieux", souligne Mohammed Darif, islamologue et enseignant à l'université Hassan II de Mohammedia. Cette restructuration ne date pas d'hier. Amorcée par le roi Hassan II, qui voulait combattre dans les années 1980 les retombées de la révolution islamique iranienne sur le Maroc, elle se poursuit, par étapes, depuis que Mohammed VI est arrivé sur le trône.
En 2004, au lendemain des attentats de Casablanca, les mosquées non autorisées avaient été interdites.
"Il s'agit pour le roi d'être la grande et seule autorité, et d'asseoir le prééminence du rite malékite à travers tout le royaume, pour contrer les autorités religieuses autoproclamées", explique Rachid Benzine, chercheur associé à l'Observatoire du religieux, à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence. La reprise en mains annoncée par le souverain marocain intervient au lendemain du tollé provoqué par une fatwa (avis religieux) émise par un théologien du courant salafiste traditionnel qui autorisait le mariage des fillettes dès l'âge de neuf ans (alors que l'âge minimum légal au Maroc est de 18 ans). Cet homme, Mohammed Maghraoui, a été démenti, le 21 septembre, par le Conseil supérieur des oulémas, et son site Internet a été interdit.
Reste que les autorités marocaines sont assez impuissantes face à Internet et aux chaînes de télévision du Golfe, notamment la chaîne religieuse Iqra. Des prêcheurs, tel Amr Khaled qui prône un islam conservateur, connaissent un succès grandissant. "Ils opèrent comme les téléprédicateurs protestants. De la même façon que les chrétiens, les musulmans s'abreuvent à toutes les sources. Eux aussi font leur marché du religieux. Dans ces conditions, rien n'assure que les réponses apportées (par les pouvoirs politiques) aient des chances d'être entendues", souligne le chercheur Rachid Benzine.
Source : Le Monde | 29-09-2008.
vendredi 28 novembre 2008
Mohammed VI et la réforme de l'islam Marocain (2)
Dans son discours du 27 septembre 2008, prononcé à l’occasion de la session ordinaire du Conseil Supérieur des Oulémas marocains, le Roi Mohammed VI a évoqué le mot réforme plus de 10 fois.
Dans ce discours, M6 s’engage à « rénover les institutions qui ont en charge les affaires religieuses » et annonce à ce propos les grandes lignes de cette réforme…
Discours du 27 septembre 2008 du Roi Mohammed VI
Ci-dessous le texte intégral du discours :
« Louange à Dieu. Prière et Salut sur le Prophète. Sa famille et Ses compagnons. Honorables membres du Conseil supérieur des Oulémas. Mesdames et Messieurs, les oulémas.
Il Nous est agréable de présider l’actuelle session du Conseil supérieur des Oulémas. C’est pour Nous l’occasion de renouveler, en Notre qualité d’Amir Al-Mouminine [Commandeur des croyants], le pacte indéfectible en vertu duquel Nous nous faisons un devoir de veiller à la protection de la religion et de ses adeptes et à la poursuite de la réforme engagée en la matière. A cet égard, Nous entendons rénover les institutions qui ont en charge les affaires religieuses, et assurer de Notre bienveillante sollicitude les personnes qui s’en occupent. Nous tenons également à inscrire cette réforme dans la politique de proximité, qui est à la base de Notre méthode de gestion des affaires de Notre cher peuple.
Notre but ultime est de veiller à ce que nos honorables oulémas apportent une contribution plus efficiente au processus de réforme et de modernisation que Nous conduisons dans tous les domaines. Nous tenons à ce qu’ils s’attachent, en particulier, à apporter leur concours au renforcement de la sécurité spirituelle de la nation, en veillant à la préservation de sa doctrine religieuse qui se réclame d’un islam sunnite tolérant.
Avec l’aide de Dieu, Nous avons engrangé d’importants acquis dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme globale du champ religieux, un processus que Nous avons lancé il y a quatre ans à l’occasion de Notre discours qui posait, en la matière, les jalons fondateurs d’une stratégie nouvelle et multidimensionnelle. [voir ci-dessus le discours du 30 avril 2004].
Il y a lieu de citer en premier ce qui a été réalisé au niveau institutionnel central, en l’occurrence une restructuration et une mise à niveau du Ministère des Habous et des Affaires Islamiques, qui ont permis à ce département de s’acquitter au mieux de la noble mission qui lui est dévolue et des lourdes responsabilités qui lui échoient.
Nous avons également assuré la rénovation et la réorganisation du Conseil supérieur des Oulémas et des Conseils locaux des Oulémas. A cet égard, Nous avons opté pour une démarche ambitieuse hissant le discours religieux à la hauteur des réalités de notre époque et des impératifs de protection de nos jeunes contre la perte des repères et des références et les risques de les voir instrumentalisés par les trublions et les extrémistes de tout poil.
Dans le même ordre d’idées, Nous avons mis en place une instance de recours, seule habilitée à émettre des fatwas [avis jurisprudentiels]. Notre but est de mettre cette prérogative interprétative à l’abri des intrus et autres imposteurs qui se placent en marge du cadre religieux institutionnel, incarné par la Commanderie des Croyants, dont Nous sommes dépositaire.
En matière d’éducation, la dynamique réformatrice a touché l’ensemble des institutions en charge de l’enseignement traditionnel et de l’éducation islamique.
Fidèle à Notre démarche et Notre politique en matière de décentralisation et de déconcentration, Nous avons décidé le redéploiement et la généralisation des Conseils locaux des Oulémas, de sorte que chaque province ou préfecture puisse disposer de son propre Conseil. Cette mesure permettra de répondre à la nécessite, impérieuse à Nos yeux, de prendre en considération les spécificités et les coutumes propres aux habitants de chaque région, et d’apporter des réponses aux questions qui les interpellent en matière religieuse.
Soucieux de voir la politique de proximité s’étendre à Nos fidèles sujets expatriés, Nous avons jugé bon de procéder, dans un premier temps, à la création d’un Conseil des Oulémas pour la communauté marocaine en Europe. Cette initiative Nous paraît de nature à favoriser une certaine ouverture sur les spécificités religieuses et culturelles de cette communauté. Elle devrait aider à prémunir la foi et les valeurs authentiques qui font la singularité de leur identité marocaine, contre les velléités intégristes et extrémistes.
Dans la même volonté de réforme et de modernisation, Nous avons créé la Ligue Mohammadia des Oulémas, en remplacement de leur instance antérieure. Ce faisant, Nous comptons fédérer au sein de cette nouvelle structure toutes les potentialités et les compétences religieuses que recèle notre pays. Notre souhait est que cette entité puisse remplir sa mission dans un esprit de complémentarité et en parfaite synergie avec les composantes de l’édifice religieux rénové, dont Nous avons posé les jalons.
Cependant, cette réforme institutionnelle ne saurait être complète que si l’on s’attelle à redynamiser le rôle des mosquées, tant il est vrai qu’elles constituent le cœur vibrant de la sphère spirituelle. Aussi avons-Nous arrêté une série de mesures reflétant Notre constante et bienveillante sollicitude pour les maisons de Dieu, d’autant plus qu’elles constituent l’un des piliers majeurs sur lesquels repose notre plan d’initiation et de sensibilisation aux principes de la pensée religieuse éclairée.
Notre vœu est de conforter les mosquées dans la vocation qui est la leur, en tant que lieux de culte et espaces d’invocation de Dieu, de guidance, d’orientation spirituelle et d’alphabétisation.
Aussi avons-Nous donné Nos Instructions à Notre ministre des Habous et des Affaires Islamiques pour qu’il mette en chantier un programme global d’encadrement et de mise à niveau des imams de mosquée, en mettant à contribution nos honorables Oulémas, et en veillant au respect des constantes et des choix de la Nation. Il importe, à cet égard, de s’ouvrir sur les questions et les préoccupations des temps modernes, et de prendre en compte les exigences de "fiqh attayssir" [doctrine jurisprudentielle qui préconise les modalités d’application les plus souples et les moins contraignantes pour remplir les obligations religieuses].
Nous avons jugé opportun de consolider le dispositif réglementaire régissant les mosquées, en mettant en place une batterie de mesures incitatives concrètes pour les constructions légales de mosquées. Aussi, et pour réaffirmer Notre volonté de rapprocher celles-ci des fidèles qui y affluent, engageons-Nous le gouvernement à prendre les dispositions qui s’imposent, pour l’exonération de la construction des mosquées de 50 % de la TVA, en application des Hautes Instructions que Nous avons données à cet effet.
La dimension sociale constitue, quant à elle, le troisième pilier de Notre plan de réformes. Ainsi, outre la couverture médicale dont bénéficient les personnes chargées de gérer au quotidien les affaires religieuses, Nous avons décidé de consolider cette couverture qui constitue déjà pour eux un acquis, par la mise en place, en leur faveur, d’un organisme chargé des affaires sociales. Il s’agit en l’occurrence de « la Fondation Mohammed VI des oeuvres sociales pour le personnel religieux », que Nous avons créée pour illustrer l’intérêt tout particulier que Nous attachons à leur cas, ainsi que Notre volonté de mettre à la disposition de cette catégorie de travailleurs studieux, appliqués et dévoués, les moyens nécessaires pour améliorer leur situation.
Mesdames et Messieurs les Oulémas.
Nous sommes fier de voir avec quels engagement et sens du devoir nos valeureux Oulémas se sont investis dans les différentes sphères de l’action religieuse. Toutefois, Nous attendons d’eux des efforts accrus et déterminés. Il leur incombe, surtout, de faire ressortir dans tout son éclat, l’image rayonnante de l’Islam qui appelle à honorer l’Homme et à préserver sa dignité. Il leur appartient, en outre, d’en défendre les valeurs sacrées, et au premier chef, la sainteté de son Prophète, Notre Aïeul - prière et salut sur Lui - et tous les autres Prophètes et Envoyés de Dieu, que Notre sainte religion nous enjoint de croire et de vénérer sans discrimination entre eux.
Il y a, évidemment, dans cette injonction, une réaffirmation du devoir de respect mutuel qui doit exister entre les différentes religions célestes, et entre les cultures et les civilisations. Mais nous n’ignorons pas, pour autant, que le monde aujourd’hui traverse une conjoncture où s’agitent les démons de l’égoïsme et de la violence et s’ébranlent les repères et les références.
C’est dire que dans le cadre de votre mission spirituelle, vous avez essentiellement pour devoir d’œuvrer en permanence pour faire régner la paix et la quiétude. Il vous appartient, en effet, d’exhorter les fidèles à l’émulation dans le labeur positif et constructif, et de les inciter à combattre l’extrémisme, l’ostracisme et le terrorisme, par la dissémination des nobles idéaux que prône l’Islam, et qui sont un rempart pour épargner à notre pays les fléaux exécrables du fanatisme et de l’excès poussé à l’extrême.
C’est dans cet esprit que Nous avons décidé d’inaugurer une nouvelle étape dans le processus de réforme du champ religieux. Nous avons, en effet, opté pour un plan d’action novateur, dénommé "Mithaq Al-Oulamae", et qui constitue un programme exemplaire de mobilisation, de sensibilisation et de conscientisation. Il exige que vous vous attachiez à mener sur le terrain, avec sincérité et dévouement, et tout en restant le plus près possible des fidèles, votre mission de clarification et de guidance religieuses. Les Oulémas ont donc le devoir de s’atteler à assurer la mise à niveau des Imams de mosquée et à se déployer dans la ville et la campagne pour guider les gens et éclairer leurs lanternes et pour combattre et infirmer les allégations mystificatrices colportées par les tenants de l’extrémisme.
Nous appelons donc à la mise en œuvre du plan "Mithaq Al-Oulamae", conformément à un programme bien défini, sous l’impulsion du Conseil Supérieur des Oulémas, et en coordination avec le Ministère des Habous et des Affaires Islamiques. Nous engageons donc le gouvernement à mettre à la disposition de ce département tous les moyens nécessaires pour la mise en œuvre d’un programme reposant sur une mobilisation tous azimuts et un discours religieux éclairé, adapté aux capacités d’assimilation et à la réalité vécue de ses destinataires.
Nous sommes résolument déterminé à aller de l’avant dans la mise à niveau et la rénovation du champ religieux. Nous entendons hisser ce processus au niveau de vos attentes et des ambitions qui animent tous Nos fidèles sujets. Ce réajustement s’impose d’autant plus qu’il s’inscrit au cœur des réformes nationales essentielles que Nous conduisons, et qui consistent, au premier chef, à assurer la sécurité spirituelle de la nation et à préserver l’identité (religieuse) islamique du Maroc. Celle-ci se distingue, en effet, par l’obligation de se conformer aux prescriptions de la Sounna (Tradition Prophétique) et aux impératifs inhérents à l’esprit de collégialité et à la quête du juste milieu et des valeurs de modération et d’ouverture. Il est donc impératif, lorsqu’il s’agit de prêcher la bonne parole et d’appeler à la vénération de Dieu, d’user d’un discours empreint de sagesse et des autres préceptes que prône l’Islam généreux et tolérant.
L’ambition qui nous habite tous est de veiller à ce que le sursaut mobilisateur et édifiant de "Mithaq Al-Oulamae", traduise avec éloquence la singularité du renouveau religieux que connaît le Maroc sous l’impulsion de ses Oulémas, et illustre la pertinence et la sagesse du verset coranique qui dit en substance : "Celui qui sait que la Révélation que ton Seigneur a fait descendre sur toi est la Vérité, serait-il semblable à l’aveugle ? Seuls réfléchissent : ceux qui sont doués d’intelligence, ceux qui observent fidèlement le pacte de Dieu et ne violent pas Son alliance". Véridique est la parole de Dieu.
Wassalamou alaïkoum wa rahmatoullahi wa barakatuh ».
mardi 25 novembre 2008
Mohammed VI et la réforme de l'islam Marocain (1)

Par une série de réformes lancée depuis 2004, Mohammed VI, le Roi du Maroc, s’inscrit comme l’un des rares chefs d’Etats Arabo-musulmans à s’engager –après le 11 septembre- publiquement au « combat pour contrer les courants destructeurs exogènes » qui nuisent à l’image de l’Islam et des musulmans.
En tant que ‘‘Commandeur des Croyants’’, le Roi s’est lancé depuis dans une série de mesures qui vise à réformer radicalement le champ religieux marocain.
Deux des discours de M6 ; celui du 30 avril 2004 et celui du 27 septembre 2008, peuvent être considérés comme le point de départ de sa stratégie réformiste qui « a pour but d’impulser et de renouveler le champ religieux ».
Pour l’importance de ce qui a été dit par Mohammed VI au cours de ces 2 discours, Islamiqua vous les présente intégralement, en deux parties.
Discours du Roi Mohammed VI du 30 avril 2004
Dans ce discours, prononcé par M6 devant un parterre des Oulémas Marocains, le Roi a lancé sa « stratégie intégrée, globale et multidimensionnelle » de la réforme de l’islam marocain. Avec le but de « redresser l’image de l’islam ».
Ci-dessous la version intégrale du discours :
« Louange à Dieu, prière et Salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons
Mesdames et Messieurs,
Depuis que Nous avons assumé les charges d'Amir Al Mouminine [Commandeur des croyants], Nous astreignant au pacte sacré de l'allégeance et aux devoirs qui en découlent d'assurer la protection de la religion et de ses adeptes, Nous avons constamment porté la plus haute attention aux affaires religieuses, veillant à ce que les institutions qui s'en occupent s'acquittent au mieux des missions qui leur sont dévolues et que la situation des personnes qui en ont la charge reçoive toute l'attention voulue. Notre démarche s'inscrit dans le prolongement de la voie que Nos vénérés ancêtres avaient empruntée pour préserver la sécurité spirituelle du Maroc et l'unité du rite Malékite.
S'il est dans l'ordre des choses que la gestion des affaires ici-bas donne lieu à des avis divergents qui traduisent, du reste, un aspect de la démocratie et de la diversité des vues sur les moyens d'assurer l'intérêt général, en revanche, la question de la religion exige que l'on s'attache au référentiel historique unique qui est le nôtre, à savoir le rite Malékite sunnite sur lequel s'est construite l'unanimité de cette nation et dont la protection est un devoir et une mission dont Nous sommes le dépositaire. En effet, Nous considérons que notre attachement à notre unité doctrinale, au plan religieux, s'apparente à notre engagement constitutionnel pour défendre l'intégrité territoriale et l'unité nationale de la patrie. A cet égard, Nous veillons à la poursuite de tout effort jurisprudentiel pertinent qui aide à rester en phase avec les nouvelles exigences de l'époque.
Après les décisions que Nous avions annoncées dans le dernier Discours du Trône, et dans le discours du 29 mai 2003 à Casablanca, et suite aux mesures et dispositions que Nous avons prises pour les concrétiser, Nous entamons aujourd'hui la finalisation et la mise en œuvre d'une stratégie intégrée, globale et multidimensionnelle. Cette stratégie à l'élaboration de laquelle Nous avons veillé et qui repose sur trois fondements, a pour but d'impulser et de renouveler le champ religieux en vue de prémunir le Maroc contre les velléités d'extrémisme et de terrorisme, et de préserver son identité qui porte le sceau de la pondération, la modération et la tolérance.
S'agissant du fondement institutionnel, il repose essentiellement sur la restructuration du Ministère des Habous et des Affaires islamiques. A cet égard, Nous avons promulgué un Dahir [un decret Royal] portant création d'une Direction de l'Enseignement originel, et d'une autre chargée des mosquées. Il est également prévu de procéder à une révision de la législation régissant les lieux de culte, en vue de leur adaptation aux exigences architecturales, de sorte que l'exercice du culte puisse s'y faire dans une atmosphère de sérénité, que l'on en maîtrise les sources de financement et que l'on s'assure de leur transparence, leur légalité et leur pérennité.
Nous avons ordonné la nomination de délégués régionaux du ministère, appelés à assurer, sur le terrain, une gestion moderne des affaires islamiques. S'agissant par ailleurs de l'institution du Waqf, Nous insistons sur la nécessité de réactiver et de veiller à la rationalisation de son fonctionnement, pour qu'elle reste fidèle à ses finalités légales et à sa vocation d'instrument de solidarité sociale, et pour qu'elle poursuive son essor grâce aux apports des bienfaiteurs.
Toutefois, ce pilier institutionnel ne peut atteindre sa plénitude, pensons-Nous, qu'avec l'appui d'un autre fondement, celui d'un encadrement efficace. Aussi, avons-Nous apposé Notre sceau sur les Dahirs de nomination des membres des Conseils des Oulémas dans leur nouvelle composition. Nous avons chargé Notre ministre des Habous et des Affaires islamiques de les installer dans leurs fonctions.
Déployés à travers le territoire national, et constitués de théologiens connus et reconnus pour leur loyauté aux constantes et aux institutions sacrées de la nation et pour leur capacité d'allier érudition religieuse et ouverture sur la modernité, ces Conseils ont une mission de gestion de proximité des affaires religieuses. Nous les exhortons à se mettre à l'écoute des citoyens, surtout les jeunes, et à oeuvrer pour protéger leur foi et leur esprit contre les égarés et les mystificateurs.
Nous tenons, en outre, à voir des femmes versées en sciences religieuses siéger dans ces Conseils, et ce par souci d'équité à leur égard et d'égalité entre l'homme et la femme. Pour empêcher que le champ religieux ne soit investi par des intrus agissant en dehors du cadre institutionnel légal, Nous avons confié au Conseil Supérieur des Oulémas le soin de proposer, à l'occasion d'occurrences à implications religieuses, des fatwa à Notre Majesté en Notre qualité d'Amir Al Mouminine et de Président dudit Conseil.
Il s'agit, en effet, de faire barrage aux expédients et autres prétextes fallacieux et de couper court aux fauteurs de discorde et de zizanie. A cet égard, Nous affirmons que Notre volonté d'élargir et de renouveler les Conseils des Oulémas, n'a d'égal que Notre souci d'empêcher que ces structures ne se réduisent à des îlots désertés par les Oulémas non membres. Bien au contraire, Nous tenons à ce qu'elles soient des espaces de rencontre pour tous les Oulémas éclairés.
Nous tenons à ce que la réforme que Nous engageons englobe la Ligue des Oulémas du Maroc qu'il faudra sortir de sa léthargie et qu'il convient de régénérer pour en faire un organe dynamique agissant en synergie avec les Conseils des Oulémas. Nous promulguerons, à cet effet, un Dahir portant organisation et composition de cette structure appelée à opérer dans un cadre portant Notre Prénom Chérifien, à savoir "La Ligue Mohammadia des Oulémas du Maroc". Elle sera composée des vénérables Oulémas que Nous entourons de Notre haute sollicitude et de Notre affection.
Pour autant, Nous savons que la mission d'encadrement assignée à ces structures risque de demeurer purement formelle en l'absence d'un troisième fondement, qui en constitue, du reste, la clé de voûte, à savoir : une éducation islamique saine et une formation scientifique moderne. Aussi, et faisant suite aux efforts précurseurs menés en la matière par Notre Vénéré Père, Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu sanctifie Son âme, Nous donnons Nos instructions à Notre Gouvernement pour qu'il prenne, après mûre réflexion et en toute connaissance de cause, les mesures qui s'imposent pour assurer la rationalisation, la modernisation et l'unification de l'éducation islamique, et pour dispenser une formation solide dans les sciences islamiques, toutes disciplines confondues, et ce dans le cadre d'une Ecole nationale unifiée.
Nous avons, dans cette perspective, veillé à la mise à niveau des écoles de l'enseignement originel, à la sauvegarde du système d'apprentissage coranique et à la protection de ces établissements contre toute exploitation ou déviation portant atteinte à l'identité marocaine. Nous avons prévu, en outre, des passerelles et des programmes de formation permettant l'intégration des effectifs issus de ces écoles dans le système éducatif national qui, au lieu de former des esprits obtus et sclérosés, favoriseront, au contraire, l'ouverture sur les autres cultures.
A partir de tout ce qui précède, ce à quoi Nous Nous employons actuellement, ce n'est pas uniquement de doter notre pays d'une stratégie harmonieuse et intégrée, susceptible de l'aider à affronter les défis propres au champ religieux et de les relever sous l'impulsion de la Commanderie des croyants - institution qui fédère la nation et la conduit vers le progrès et la prospérité - mais également de contribuer, de façon rationnelle et ciblée, à redresser l'image de l'Islam, sciemment pervertie et mise à mal par des campagnes enragées, en réaction à l'extrémisme de scélérats désaxés et au terrorisme aveugle perpétré par des agresseurs et qui n'a ni patrie ni religion.
Il s'agit de l'Islam vrai et authentique, tel que nous l'a rapporté le sceau des Prophètes, Sidna Mohammed, prière et salut sur Lui. Cet Islam, les Marocains l'ont fait leur, parce qu'il est en accord avec le bon sens et leurs dispositions naturelles ainsi qu'avec leur identité unifiée par l'obéissance à Dieu, au Prophète et au Commandeur des Croyants, Amir Al Mouminine, auquel ils ont confié, par leur allégeance, le soin de prendre en main leurs affaires. Aussi les a-t-il protégés contre toutes les hérésies et tous les maux causés par les sectaires et les clanistes qui se sont placés en dehors de la Sounna et du consensus de la communauté.
Vous trouverez le Premier Serviteur du Royaume à la pointe du combat pour contrecarrer les courants destructeurs exogènes ayant fait irruption dans notre société qui demeure fermement attachée à l'Islam, dans tout ce qu'il a de pur et de modéré, attachement où se retrouvent tous les Marocains, y compris Nos fidèles sujets résidant à l'étranger.
Nous saluons comme un signe de bon augure que le lancement de ces réformes globales coïncide avec la fête du Mawlid, avec toute la symbolique attachée à la naissance de Notre aïeul le Prophète, paix et salut sur Lui, et au Message dont Il était porteur.
Ce Message, annonciateur de l'éclosion d'une civilisation islamique tolérante, a grandement contribué au renforcement et à l'ancrage des idéaux humains, arrachant l'homme aux ténèbres de l'obscurantisme, prônant la solidarité en l'assimilant à une œuvre de piété et mettant en garde contre le péché et l'agression.
Puisse Dieu redresser Nos actes et les vôtres, et nous ranger parmi ceux qui "écoutent les paroles [de Dieu], et suivent ce qu'elles ont de plus beau". Véridique est la parole de Dieu.
Wassalamou alaikoum warahmatoullah wabarakatouh ».
Vendredi 28 novembre, découvrez sur Islamiqua le deuxième discours fondateur de la réforme de l’islam marocain de Mohammed VI.




