jeudi 15 janvier 2009
Gaza sous le feu : Israël ne vise que le Hamas

mercredi 14 janvier 2009
Gaza sous le feu : les palestiniens ont le droit à la vie

mardi 13 janvier 2009
Gaza sous le feu : Israël a le droit de se défendre

vendredi 9 janvier 2009
Gaza sous le feu : Les conséquences de l’impuissance arabe

L’impuissance des pays arabe à avoir une politique étrangère commune aura des conséquences. D’une part, la nature ayant horreur du vide, si les pays arabes ne disposent plus de voix audible sur le plan international et ne peuvent par voie de conséquence prétendre au rang de puissance régionale, d’autres pays de la région essayeront de combler ce vide. Tel est le cas de la Turquie et de l’Iran.
D’autre part, face à l’impuissance des régimes arabes devant les crimes de l’armée israélienne, nous aboutiront obligatoirement à la radicalisation de la « rue » arabe :
- Pour ce qui est de la Turquie :
Depuis quelques années, et plus exactement depuis la guerre américaine contre l’Irak, la Turquie a compris qu’en période de discorde et d’effritement arabe, elle avait peut être un rôle important à jouer. Ses prises de positions sur les « affaires » du Proche Orient se sont multipliées et désormais les déclarations de son ministre des affaires étrangères sont aussi –si non plus- importantes pour les journalistes que les déclarations de n’importe quel ministre arabe. Cette position lui permettra de jouer par la suite le rôle d’intermédiaire dans des négociations indirectes entre la Syrie et Israël. Le bombardement de Gaza viendra confirmer et amplifié ce rôle de puissance régionale de la Turquie. Parmi les rares pays à avoir utilisé un langage un peu musclé à l’encontre d’Israël après le bombardement de Gaza, la Turquie a annulé une visite en Israël prévue pour son président, et son premier ministre a commencé une tournée régionale dans les pays arabes de la région dans le but de… concilier les arabes.
- Pour ce qui est de l’Iran :
Cauchemar des pays arabes « modérés » de la région, l’Iran et l’une des causes principales de la discorde arabe. Le pays de la révolution islamique fait peur pour ses ambitions idéologiques (diffusion du shiisme) et ses ambitions militaires (possession de la bombe Atomique).
L’Iran, dans le but d’échapper aux pressions qu’elle subit pour son programme nucléaire, a souhaité elle aussi intervenir dans les « affaires » du Proche Orient. Désormais, elle soutient le Hezbollah au Liban et le Hamas en Palestine et déclare vouloir en finir avec l’Etat hébreu. Ce qui lui vaut la sympathie de la « rue » arabe exacerbée par l’impuissance des gouvernements de la région.
- Pour ce qui est de la radicalisation des populations arabes :
Dans la guerre entre pays arabes « modérés » et pays arabes « extrémistes », il semble que ces derniers ont gagnés la première bataille, celle de l’opinion publique. En effet, depuis les premières frappes sur Gaza, l’Egypte a été la cible de toutes les critiques. Pour la première fois dans l’histoire du monde arabe, ses ambassades dans plus d’une capitale arabe ont été la cible de milliers de manifestants. Certains observateurs ont même étaient surpris par la colère que la « rue » arabe avait à l’encontre du régime égyptien. Pendant les premiers jours du bombardement israélien, l’Egypte a subi autant d’indignations de la part des populations arabes qu’Israël.
Mais au delà de l’Egypte, ces manifestants visaient l’ensemble des pays arabes « modérés » qui ont fait le choix de ne pas soutenir le Hamas. Effrayés par les images de morts diffusées en permanence par Al Jazerra (mobilisée dès les premiers bombardements), endoctrinées par le Hamas et le Hezbollah qui se déclarent être « les seules défenseurs de la Oumma (la communauté des Croyants)», les populations arabes se radicalisent de plus en plus, considèrent que les attaques israéliennes ne visent pas seulement le Hamas ou les palestiniens mais plus généralement l’islam et les musulmans, et jugeant qu’avec des régimes arabes « modérés » dans leurs relations avec l’Occident, l’Islam était en danger, ils n’hésitent plus à se déclarer pro-Hamas (pour les sunnites) ou pro-Hezbollah (pour les shiites).
Ainsi, la guerre israélienne menée contre la bande de Gaza aurait des conséquences diamétralement opposées à celles espérées par les israéliens et leurs alliés américains : le Hamas ne sera pas détruit, il aura le soutien d’une majorité d’arabes, les discours radicaux seront de retour et toute idée « modérée » ou « réformatrice » sera désormais très mal perçue.
mercredi 7 janvier 2009
Gaza sous le feu : Illustrations de la discorde entre les pays arabes

L’impuissance arabe face aux bombardements israéliens puis à l’incursion de Tsahal dans la bande de Gaza était inévitable et même prévisible.
Cette impuissance qui résulte de la division inter-arabe a été illustrée par plusieurs éléments :
1- Les pays arabes étaient dans l’impuissance d’organiser une réunion d’urgence de leurs ministres des affaires étrangères. Alors que les bombardements commençaient le samedi 27, les ministres des affaires étrangères des pays arabes n’ont pu organiser leur première réunion que le mercredi 31 décembre, soit 5 jours après les bombardements et au lendemain de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union Européenne.
2- La réunion des ministres des affaires étrangères qui devait préparer un sommet d’urgence des chefs d’Etats des pays membres de la Ligue Arabe (prévu initialement pour le vendredi 2 janvier) s’est soldée par un échec retentissant : désormais il n’y aura pas de sommet des chefs d’Etats et la seule décision prise était d’exporter la crise aux Nations Unis.
3- Les ministres des affaires étrangères des pays arabes n’étaient pas d’accord sur le contenu du projet de résolution qu’ils invitaient le Conseil de Sécurité a voté. Le projet, « condamne vigoureusement toutes les attaques militaires et l'usage excessif, disproportionné et aveugle de la force par Israël, puissance occupante, qui a fait de nombreux morts et blessés parmi les civils palestiniens innocents, y compris des femmes et des enfants. » Il demande « un cessez-le-feu immédiat et son plein respect par les deux côtés ».
Il « appelle Israël à respecter scrupuleusement ses obligations aux termes du droit humanitaire international, en particulier de la Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre ». Simplement, il ne fait aucune mention des tirs de roquettes en provenance de Gaza sur les territoires israéliens, qui selon l'Etat hébreu ont déclenché son offensive aérienne contre le Hamas.
Le Conseil de sécurité –conduit par les Etats-Unis- ne votera pas le projet et l’Egypte dira, par le biais de son ministre des affaires étrangères, qu’elle n’était pas d’accord avec cette version présentée par la Libye (le seul membre arabe non permanent du Conseil de Sécurité) par laquelle certains pays arabes ont voulu non pas arrêter le massacre à Gaza mais gagner des points politiques sur Israël.**
Mais, bien avant cette dégradation et l’incapacité des arabes à ce mettre d’accord sur une situation aussi catastrophique que le bombardement de Gaza, plusieurs éléments illustraient depuis quelques temps la stérilité politique arabe sur la scène mondiale.
A titre d’exemple, je citerai les éléments suivants :
1- Avec l’élection de Barack Obama, plusieurs étaient les pays et organisations qui avaient adressés au nouveau président américain non seulement les félicitations mais aussi de véritable documents politiques dans lesquels ces entités exposés leurs points de vue sur certaines questions internationales et conseillaient au nouveau président américain une certaine prise de position. Ainsi, les 27 pays de l’Union Européenne ont fait parvenir à Obama un document dans lequel ils définissaient leurs positions sur un certain nombre de dossiers : la nature des relations euro-américaines, le rôle que souhaite jouer l’U.E dans le conflit israélo-palestinien …
Qu’on est-il du coté arabe ? Rien du tout. Les arabes s’interrogent sur les raisons de la non prise en considération de leurs voix sur le plan international alors même qu’ils ne font rien pour être entendu.
2- Depuis plusieurs semaines, il ne se passe guère un jour sans qu’Israël lance ses menaces contre le Hamas. Pas seulement des menaces d’éliminer le mouvement mais surtout des menaces de bombardement de la bande de Gaza et même d’incursion. Avec tout ce que cela peut causer comme morts et destruction. Quelle était la réaction des pays arabes ? Aucune. Alors que de l’autre coté, le jour où le président iranien Ahmadi Najed s’est permis de menacer Israël, le monde entier s’est indigné de ses déclarations et plusieurs présidents (G. Bush, N. Sarkozy…) n’avaient pas hésités à souligner la dangerosité de ses déclarations.
3- Le 9 décembre dernier, le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Mr Richard Falk avait déclaré que « La politique de l’Etat d’Israël à l’égard des populations palestiniennes s’assimile à un crime contre l’humanité ». De telles déclarations auraient pu être utilisées par les arabes afin de mener une compagne de sensibilisation et de mobilisation internationale face aux agissements de l’Etat hébreu dans les territoires occupés. Une tentative de porter l’affaire devant la Cour pénale internationale aurait même pu être faite. Seulement, ne disposant d’aucune politique de lobbying sur le plan international, les pays arabes ont encore une fois brillés par leur silence.
** Déclaration faite par Mr Abou Al Gaith, le ministre egyptien des affaires étrangères, à la chaîne Al Arabiya au cours de l’émission Bil Arabie (en arabe) le vendredi 2 janvier.
lundi 5 janvier 2009
Gaza sous le feu : Les mystères de l’impuissance arabe

Une chose est sûre : l’impuissance arabe face aux événements qui se succèdent dans la région est simplement ahurissante. Les bombardements que subit Gaza depuis le 27 décembre 2008 et qui viennent d’être accompagnés depuis le 3 janvier par une incursion israélienne terrestre, sont venus mettre à nu des régimes arabes divisés plus que jamais. Il n’est même pas exagéré de dire que ce 27 décembre 2008 est un jour historique pour l’ensemble du monde arabe, historique dans le sens où cette partie du monde ne sera plus la même après les événements de Gaza : divisé entre régime modéré et régime extrémistes, le monde arabe a commencé une métamorphose aux conséquences dévastatrices : une métamorphose qui se fait dans la division. Et cette division aboutie à une impuissance complète.
Avant d’analyser de près quelques illustrations de l’impuissance arabe qui -contrairement à ce que disent certains- n’a pas commencé avec les événements de Gaza ; ces événements n’ont fait que la sortir au grand jour, essayons de voir de près l’historique de cette discorde.
Je commence par un adage arabe très célèbre selon lequel « les arabes se sont mis d’accord pour ne jamais se mettre d’accord », l’existence de ce genre d’expressions populaires témoigne du fait que les pays arabe souffrent (depuis toujours !) d’un problème de concordance des points de vues et d’unanimité dans les prises de décisions.
Seulement, ce qui est nouveau, c’est que d’une part ces divergences deviennent de plus en plus médiatisées. Et d’autre part, les régimes arabes ne tentent même plus de sauver la face avec les mises en scène habituelles (sommets arabes, réunions d’urgence…) qui avaient pour seule mission de faire croire aux populations de ces pays qu’il y avait encore de l’espoir de voir émerger un jour un monde arabe uni.
L’amplification de cette division arabe commencera avec deux événements de taille :
1- L’effritement du trio : Egypte – Arabie Saoudite – Syrie qui représentait les différentes tendances existantes dans le monde arabe et qui avait un certain poids sur le plan international.
Depuis l’assassinat de Rafik Hariri le 14 février 2005, ce trio a commencé sa descente aux enfers et aujourd’hui la Syrie a préféré à cette union une autre qui est celle avec l’Iran (et le Hamas). Alors que l’Arabie Saoudite a montré sa volonté de devenir une puissance régionale (et partant de prendre la place Egyptienne) ce qui n’a pas fait plaisir aux autorités du Caire.
2- La perte progressive –mais quasi-totale- par l’Egypte de sa place de leader (ou de porte drapeau) des pays arabe. « L’Egypte –tenue par son traité de paix avec Israël, affaiblie par sa dépendance à l’égard de l’aide américaine, terrifiée par l’extrémisme des Frères musulmans, accablée par les difficultés internes et obsédée par le problème de la succession d’un président Hosni Moubarak a bout de souffle – semble totalement incapable du moindre geste qui puisse soulager la misère de Gaza à ses portes. »*
Nous pouvons donc faire remonter à l’assassinat de Rafik Hariri, les premiers signes flagrants de cette division arabe. D’autres événements viendront par la suite amplifier d’avantage la discorde.
Au Liban, après la capture de soldats israéliens par le Hezbollah dans le but de les échanger avec l’Etat hébreu contre des prisonniers libanais, Israël mena en juillet 2006 une guerre contre le Liban causant la mort de plus de 1000 personnes et la destruction de la majorité des infrastructures libanaises.
A l’occasion de cette guerre, les pays arabes avaient encore une fois des postions divergentes : Ce qu’on appelle désormais l’axe des pays « modérés » considère que la responsabilité de ce massacre est a attribué aux « milices terroristes » du Hezbollah (shiite) qui ne feraient qu’exécuter les ordres de leurs parrain Iranien qui souhaite devenir une puissance régionale dominante au détriment des pays arabes.
De l’autre coté, pour ce qui est de l’axe des « extrémistes », le Hezbollah n’avait fait que son rôle de résistance et la responsabilité ne peut être attribué à ses milices mais plutôt à « l’ennemi israélien » qui n’a pas besoin de prétexte pour commettre ces crimes.
Une guerre médiatique et politique intense aura lieu entre les deux axes. Désormais, l’union arabe est aux oubliettes.
Enfin, cela se confirmera avec les événements qui auront lieu dans la bande de Gaza en juin 2007. Le 15 juin 2007, suite à une guerre civile inter-palestinienne, les milices du Hamas finiront par prendre le pouvoir dans la bande de Gaza, évinçant totalement l’autorité palestinienne représentée par le Fath du président Mahmoud Abbas.
Encore une fois, les régimes arabes avaient des positions divergentes sur ce qui venait de se passer : les modérés appuyaient « l’autorité légitime et légale » à savoir l’autorité palestinienne, accusant le Hamas de jouer le jeu de l’Iran. Et les « extrémistes » pour qui leurs adversaires étaient au solde des américains et des israéliens, soutenaient le Hamas.
* Jeune Afrique, n° 2501, p.42





