vendredi 16 novembre 2007
Naissance et déclin du mouvement islamiste tunisien (1)
Aux portes du pouvoir il y a exactement 20 ans, le mouvement islamiste tunisien est aujourd’hui complètement laminé. A l’intérieur du pays les thèses du mouvement n’ont plus aucune influence sur les tunisiens. Même le regain de religiosité observé en Tunisie depuis les ans 2000 n’a pu être amputé à un mouvement que beaucoup de tunisiens considèrent désormais obsolète.
En un mot comme en mille, aujourd’hui, en Tunisie, Ennahda est complètement inexistant.
Vingt ans après cette grande défaite islamiste, Islamiqua revient exclusivement et pour la première fois en Tunisie sur cette défaite, sur les ambitions du mouvement intégriste en 1987 et sur l’état des lieux actuel.
Voici la première partie de ce dossier...

Les débuts
L’apport de Bourguiba dans l’émergence du courant islamiste tunisien est aujourd’hui une réalité historique. Involontairement, en effet, le premier président de la Tunisie indépendante favorisera l’émergence d’un courant islamiste à travers deux séries d’événements :
D’abord, ce fut l’ « excès » de modernisme bourguibien qui favorisa l’émergence d’un courant islamiste tunisien qui prétendra défendre l’islam contre les agissements d’un président considéré comme laïc et parfois même apostat. (Voir le dossier Islamiqua « Bourguiba et l’islam »)
Ensuite ce fut Bourguiba lui même qui reconnaîtra l’existence de ce courant et qui l’encouragera -dans une certaine mesure- en autorisant en 1970 la création de l’Association de Sauvegarde du Coran (ASC) afin de contrer l’influence des idées de l’extrême gauche dans les universités tunisiennes.
l’Association de Sauvegarde du Coran n’était en réalité qu’un masque derrière lequel se cachait un mouvement islamiste intégriste dont l’ambition était plus importante que les buts que peut viser une association a savoir la prise du pouvoir. Or pour réaliser un tel objectif, une association ne suffit pas, il faut absolument créer un parti politique.
C’est ce qui sera fait sur deux étapes : d’abord dans la clandestinité en 1972 lors d’une réunion d’une quarantaine de militants islamistes dans une ferme de Mornag (20 Km au sud de Tunis), nous assisterons au congrès constitutif de la Jamma al-Islamiya.
Ensuite, profitant de la relative ouverture politique observée dans le pays en 1979, la Jamma al-Islamiya décide de se transformer en un parti dénommé le Mouvement de la tendance islamique (MTI) qui verra le jour officiellement en 1981.
Mais entre temps, c'est-à-dire entre la création de l’Association de Sauvegarde du Coran et la naissance du Mouvement de la tendance islamique, les militants islamistes ne resteront pas bras croisés. Au contraire, ils essayeront très tôt de mettre la main sur les médias du pays (principalement les journaux) afin de diffuser leur idéologie et de préparer l’opinion à leurs revendications.
C’est ainsi par exemple qu’ils parviendront à contrôler certains journaux comme Al- Moujtamaa et Al-Habib et qu’ils créeront leur propre maison d’édition : Dar al-Raya spécialisée dans la diffusion des idées des Frères musulmans.
Cette situation va leur permettre d’une part d’aborder ouvertement la question de l’instauration d’un Etat islamique en Tunisie et de lancer un débat à ce sujet. Et d’autre part de ‘‘ré-islamiser’’ le plus grand nombre possible de tunisiens qui en regagneront les mosquées (où les islamistes règnent en maître) et ne trouveront plus du mal à admettre les thèses islamistes.
La boucle est bouclée et il ne reste plus aux islamistes que de faire voire aux autorités ce dont ils sont capable…
Confrontation
Fort du soutien de plus en plus large dont ils bénéficient, les islamistes commencent par enflammés les mosquées par des prêches anti-régime, agités les universités où leur sympathisants sont de plus en plus nombreux et finissent par descendre dans les rues à l’occasion des élections de 1979.
Etonné par l’importance du mouvement, Bourguiba exige que les principaux dirigeants du MTI soient poursuivis et emprisonnés. Chose qui se concrétisera avec des peines de 10 ans de prison prononcées en 1981 contre les leaders du mouvement à savoir Rached Ghannouchi, Abdellfattah Mourou et Salah Karkar.
Une grave erreur de la part du premier ministre de l’époque Mohamed Mzali sera derrière la libération de ces hommes et la relance du mouvement.
En effet, affaibli par les fameuses ‘‘émeutes du pain’’ qui auront lieu en Tunisie du 29 décembre 1983 au 3 janvier 1984, le premier ministre qui imaginait à l’époque pouvoir succéder à Bourguiba, tentera de rétablir le calme et de regagner la confiance de ces concitoyens en se rapprochant des islamistes. C’est ainsi qu’en 1984 les leaders emprisonnés trois ans plus tôt sont relâchés.
Aussitôt, ces derniers replongent dans la clandestinité et conviennent de changer leur mode opératoire. Ainsi, au cours du 3ème congrès du mouvement organiser (clandestinement) peu après cette libération, le mouvement décide de se doter de deux organes : un organe politique de façade et un organe militaire qui aura pour tache d’organiser la prise du pouvoir.
Et graçe au soutien financier de quelques hommes d’affaires et surtout de l’Iran de la révolution, le MTI parviendra d’une part à se doter d’un stock d’armes et d’autre part à infiltrer l’armée et la police !
Nous sommes en 1986 et tout semble être prêt pour le coup d’Etat des islamistes. Certaines des chancelleries occidentales n’hésitent même plus à prédire que la Tunisie serait le premier pays islamiste du Maghreb.
C’est dans cet état des lieux que Mzali est limogé.
Considéré comme un coup de tonnerre par les islamistes qui perdent ainsi leur principal protecteur au sein du régime, le limogeage incite ces derniers à accentuer l’effort afin de mettre en place les dernières touches sur leur plan du coup d’Etat et lancent une vague impressionnante de manifestations, de vandalisme et d’agressions contre les agents de l’ordre.
Effrayé par l’hypothèse de leur prise du pouvoir, les autorités lancent une contre- vague d’arrestations dans les rangs des islamistes :
Le 10 juillet 1986, quatre leaders du mouvement sont jugés et condamnés à mort. Trois seulement seront exécutés, le quatrième -Ali Laaridh, porte parole du MTI- échappera à la peine capitale en s’enfuyant.
Le 9 mars 1987, Rached Ghannouchi, l’émir du mouvement est arrêté alors que Karkar (responsable de l’aile militaire) est relâché faute de preuve.
Mais la liquidation et/ou l’arrestation des leaders du mouvement n’a pas anéantie les capacités de nuisance des militants islamistes. C’est ainsi que, la veille de la célébration de l’anniversaire de Bourguiba (le 3 août), quatre bombes explosent simultanément dans des hôtels de Sousse et de Monastir (ville natale du président).
Une date symbolique. Un lieu symbolique. Un secteur symbolique… Désormais il n’y a plus de doute, les islamistes veulent mettre l’Etat à genoux en liquidant sa principale source de devises (le tourisme) et veulent en finir avec le règne de Bourguiba.
Ce dernier a bien compris le message. Il appel la Cour de sûreté de l’Etat à siéger et il exige « des têtes » contrairement à l’avis de son ministre de l’intérieur Ben Ali qui lui avait conseillé de ne pas donner des martyres aux islamistes.
La première décision de la Cour ne satisfait pas Bourguiba, alors elle siège à nouveau afin de rendre un verdict plus conforme à ses souhaits…
Entre temps, Karkar est chargé de mettre en exécution le plan de putsch mis en place un an auparavant. Un plan qui comportait l’organisation de manifestations violentes, des attentats contre les touristes et les membres du gouvernement, l’assaut du Palais présidentiel de Carthage et la prise des casernes et des bâtiments de la radio-télévision Tunisienne.
Selon Sadok Chaabane, Ministre à plusieurs reprises et actuellement président de « l'Institut Tunisien des Etudes Stratégiques », le lancement de ce coup d’Etat a été fixé pour le 8 novembre 1987...
jeudi 1 novembre 2007
Démocratie pour tous ? (3) : L’islam politique, ennemi de la démocratie

Pour pouvoir répondre à la question de la compatibilité de l’islam et de la démocratie nous devons donc faire la différence entre les différents islams que nous connaissons : l’islam religion, l’islam relation personnelle entre l’individu et son Créateur d’une part et l’islam politique, l’islam comme idéologie d’autre part.
Mais pour faire cette distinction, il est impératif que notre démarche soit exclusivement scientifique. Car toute autre démarche pourrait instaurer la peur. Un sentiment effroyable, capable de paralyser toute société dans laquelle il s’installe. Je le dis donc clairement : faire la distinction entre islam spirituel et islam politique et tirer la sonnette d’alarme par rapport à la propagation de ce dernier, n’a rien à voir avec la politisation du phénomène islamiste et son utilisation abusive par les politiques du monde entier pour instaurer la peur dans leur sociétés.
Car cette peur peut nous coûter très cher en terme de démocratisation comme le résume parfaitement le journaliste turque Hasan Cemal dans un éditorial intitulé « L’épouvantail du fondamentalisme » dans lequel il décrit une situation connue par la majorité des pays musulmans.
En effet, selon Cemal, « en tentant d’effrayer la population, certains font en sorte que la primauté de la démocratie et de la justice tarde encore à devenir une réalité dans ce pays. Cette peur n’est distillée que dans le but de préserver les privilèges antidémocratiques de certains, qui peuvent ainsi garder le monopole de la tutelle qu’ils exercent encore sur l’ensemble de la société. (…) Mais au rayon des épouvantails politiques à utiliser le cas échéant, il en est un qui fait toujours fureur : le fondamentalisme musulman. Au nom du principe que trop de démocratie et d’Etat de droit ouvrirait la voie à l’intégrisme, un Etat de droit démocratique n’a pu se développer chez nous. Pendant des années, l’honorable presse turque s’est servie de tous les symboles payants pour effrayer l’opinion : la barbe, le tchador, le chapelet et maintenant … le voile. »[1]
Je suis parfaitement d’accord avec cette analyse sauf que j’aurais une précision à faire à savoir qu’on ne doit pas oublier le danger qui peut venir des partisans d’un islam politique. Non, il ne faut pas faire d’eux un épouvantail. Il ne faut pas vivre dans la peur. Il ne faut pas bloquer les réformes démocratiques… mais il ne faut pas non plus fermer les yeux sur leurs activités. Car l’idéologie qui les anime est extrêmement dangereuse à partir du moment ou pour eux l’islam dépasse le cadre strictement personnel de la croyance pour présenter des réponses à tous et devenir un système politique global.
En effet, « Il existe une interprétation de l’islam non seulement comme explication de la conscience individuelle mais comme un système politique global, une réponse à tous les problèmes de la vie et, plus encore qu’une réponse, une incitation à l’action. Cette philosophie de l’islam politique trouve son origine chez les penseurs qui sont tous apparus dans les cent dernières années : Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, Sayyed Qutb et Maududi, fondateur du Jammaat-e-Islami, un mouvement très actif au Pakistan, au Bangladesh et au Royaume-Uni. Selon eux, nous devons tous reconnaître la souveraineté d’Allah non seulement dans le cœur des croyants mais sur la terre entière. »[2]
Or, le danger de la pensée de ces hommes vient du fait que pour eux, comme c’est le cas de Sayyed Qutb, l’islam n’est pas une religion privée, partielle, individuelle. « L’islam est un ordre intégré complet, dit Qutb, un axe fixe autour duquel tourne la vie dans un ordre précis. » Et partant, tous les aspects de notre vie, aussi bien privés que publiques, individuels que collectifs, doivent être commandés par l’autorité divine. « Cela s’applique au mariage, à la nourriture, à l’habillement, aux contrats, à toute activité et travail, à toute les relations sociales et commerciales, à tous les us et coutumes. »
Inutile donc de parler à quelqu’un qui vous oppose l’islam politique, d’une quelconque séparation entre le profane et le sacré, le religieux et le laïc et encore moins la mosquée et l’Etat.
C’est ce genre de séparation, selon Qutb et ses disciples, qui a engendré la crise des civilisations des temps modernes. « Le grand malaise contemporain –êtres humains déboussolés au cœur de la prospérité apparente, guerres mondiales, dépravation des mœurs- provient pour lui d’une seule erreur fatale : avoir séparé Dieu du monde. C’est à cela qu’il faut mettre un terme. »[3]
Et c’est justement de là que provient tout le danger de l’islam politique.
Pour les tenants de ce discours, la parole ne suffit pas. Il faut agir, il faut rétablir l’autorité de Dieu sur terre.
Et la méthode de ce rétablissement sera exposée par Qutb : « Ce que les musulmans doivent combattre, en eux même comme au-dehors, se nomme la jahiliyya [l’ignorance]… La jahiliyya est devenue, aujourd’hui, totale et mondiale. L’alliance avec Dieu est rompue. Les hommes croient pouvoir décider à sa place, ce qui est la pire des offenses…
L’islam a perdu le rôle offensif et le leadership qui, selon Qutb, doivent être les siens. Il s’agit de les restaurer par la lutte. La guerre la plus acharnée doit être menée contre les pires ennemis, les faux musulmans, les musulmans de nom, de nom seulement. Sous couvert d’islam, ils accroissent en fait la jahiliyya en séparant les hommes de Dieu par la laïcité de l’Etat ».
Qutb préconise, après l’élimination de la nouvelle jahiliyya, l’instauration de la hakimiyya, qui peut se traduire par le règne de l’autorité de Dieu :
« Seul ce règne absolu pourra garantir la liberté, puisque aucun humain ne sera plus soumis à aucun autre. Le règne de Dieu mettra un terme à toute dictature humaine. C’est donc seulement avec l’instauration universelle de la Shari’a, l’ensemble des preceptes pratiques du Coran, que prendra fin l’errance de l’humanité. On coupera donc partout la main des voleurs, toutes les femmes cacheront leurs corps et toutes seront lapidées à mort en cas d’adultère. »
Mais cette guerre à laquelle sont invités les disciples de Qutb ne concerne pas les faux musulmans seulement mais également les chrétiens et les juifs.
« Depuis les premiers jours de l’islam, écrit Qutb, le monde musulman a toujours du affronter des problèmes issus de complots juifs », ou encore « En vérité, ce sont des juifs qui soutiennent la plupart des théories maléfiques visant à détruire toutes les valeurs et tout ce qui est sacré pour l’humanité. »
Enfin, « toute ‘‘liberté de non croyance en Dieu’’ est refusée. Toute coexistence religieuse est inconcevable, sauf tactique-temporaire. L’islam doit s’assurer le leadership total sur l’humanité. ‘‘Son objectif est la terre entière’’, souligne Qutb. A terme, il s’agit d’instaurer un Etat islamique mondial, un règne planétaire de la Sahri’a. »[4]
C’est cette vision de l’islam qui ne peut être compatible avec la démocratie. C’est cette conception qu’il s’agit d’expliquer d’abord et de combattre ensuite. C’est l’islam politique qui est l’ennemi de la démocratie. Et notre peur de cet islam politisé ne doit pas nous faire renoncer à continuer à avancer. Ce n’est qu’ainsi que nous le battrons et que nous instaurerons des démocraties dans le monde musulman.
[1] Courrier International, n° 883, p. 47
[2] Courrier International, n° 883, p. 46
[3] « Le maître à penser de l’islamisme radical », Le Point, n° 1669, p. 70
[4] Ibid, pp. 72-73
dimanche 21 octobre 2007
Démocratie pour tous ? (2) : La démocratie est-elle concevable dans le monde musulman ?

Une telle question peut sembler ridicule pour certains.
Cette question reviendrait en fait à poser une autre question encore plus claire : l’islam et la démocratie sont-ils incompatibles ?
Or le fait même de poser de telles questions ne me semble pas très innocent car pourquoi n’avons-nous pas poser les mêmes questions pour les autres religions ? Et pourquoi nous nous sommes pas interrogés seulement sur la compatibilité de la religion avec la démocratie d’une manière plus générale ?
L’islam est-il aussi original que ça ? Est il une religion qui pose problème avec la démocratie ? Et si oui est-il la seule religion qui pose problème avec la démocratie ?
Et enfin, quelqu’un pourrait nous dire :
Pourquoi l’islam ne serait-il pas compatible avec la démocratie ?
Tout cela est recevable, sauf que poser une telle question aussi subjective qu’elle soit peut nous donner des éléments de réponse à toutes les autres questions si l’on considère que l’islam est l’un de plusieurs phénomènes religieux que nous connaissons. (Par phénomène religieux, je vise toutes les religions, les confréries, les sectes, etc.)
Commençant alors par dire que tout phénomène religieux peut déboucher sur un système (de gouvernement ou de pensée) anti-démocratique.
Les ingrédients sont bien connus : il suffit de ne pas reconnaître une place primordiale dans les institutions de l’Etat à la volonté du Peuple, de ne pas reconnaître une égalité entre tous les citoyens, de prétendre détenir La vérité et dire la volonté de Dieu… pour que vous soyez dans un système foncièrement anti-démocratique.
Or pourquoi tout phénomène religieux peut déboucher sur ce système ?
Simplement parce que tout phénomène religieux peut accorder une place aussi importante, aussi capitale et aussi dominante au divin tel qu’il finit par s’imposer par tout et pour tous. Or une société où le divin, où le religieux règle tout et interfère par tout ne peut être une société démocratique partant du principe que dans de telles sociétés la voix du Peuple n’existe pas et même si elle existe son poids est extrêmement négligeable devant la volonté divine.
Cela dit, si le phénomène religieux face auquel on se trouve débauche sur le tout divin et l’exclusion implicite du peuple, cela veut dire que c’est un phénomène qui n’est pas compatible avec la démocratie.
La question ne concerne donc pas seulement l’islam et sa réponse sera valable pour l’ensemble des phénomènes religieux.
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Donc, pour savoir si l’islam est oui ou non compatible avec la démocratie, nous devons s’interroger sur la place qu’il accorde au divin et sur celle qu’il réserve aux citoyens.
Et pour avoir une idée sur cette place, je ne vais pas procéder par le traditionnel jeu de cache-cache auquel s’adonnent d’éminentes personnalités musulmanes qui lorsqu’elles se trouvent face à un auditoire non musulman crient haut et fort, sourates à l’appui, que l’islam est parfaitement compatible avec la démocratie. Alors que lorsqu’elles se trouvent face à un auditoire musulman, elles s’empressent, sourates à l’appui, de montrer qu’en islam rien n’est laissé au Peuple et que tout est issu de la volonté divine.
Je vais me limiter à la définition même de l’islam sans recourir aux sourates dont l’utilisation subjective et sélective par certains a fini par les rendre capable de défendre la chose et son contraire.
Que veut dire en fait le mot islam ?
Tout va dépendre là aussi de la définition que nous allons donner à l’islam :
Pour une majorité de musulmans, l’islam est d’abord une foi, ensuite un ensemble d’obligations et d’interdits. Si l’on considère l’islam de la sorte nous considérerons par voie de conséquence l’ensemble des obligations et des interdits qu’il édicte comme immuables et qu’aucune volonté ne peut les enfreindre. L’islam serait dans ce cas assimilé à la Charia qui est justement constituée par un ensemble de règles juridiques que les jurisconsultes ont élaborés par référence au Coran et à la Sunna du Prophète.
Continuant dans cette même logique, nous finirons par dire que la Charia gouverne les musulmans. Que ces derniers ne sont pas en mesure de la contester parce qu’elle est La volonté divine alors même qu’elle est composée de beaucoup de règles décidés par les jurisconsultes. Or affirmer cela reviendrait à dire que les jurisconsultes disent la volonté divine. Autrement dit qu’ils sont les dépositaires de cette volonté et donc les représentants de Dieu sur terre.
Chose qui est incontestablement refusée en islam à partir du moment où, s’il y a quelque chose qui distingue concrètement cette religion d’autres croyances c’est incontestablement le fait qu’entre Dieu et ses créatures il n’y a ni intermédiaires ni dépositaires.
C’est pour cette raison que je pense que l’islam ne peut être considéré comme un ensemble d’obligations et d’interdits même s’il y a aujourd’hui une majorité de musulmans qui le pensent ainsi.
Pour ma part, voilà la définition ou plutôt l’idée que je me fais de l’islam et à laquelle j’y crois :
En effet, je considère l’islam en tant que relation entre l’être et son créateur qui guide à travers le Coran ses créatures qui veulent bien le suivre sur le bon chemin afin qu’elles puissent gagner le Paradis. A mon sens, le Coran n’est pas un ensemble d’obligations et d’interdits, ce n’est pas un code juridique, ni encore moins « La constitution du musulman » comme le prêche certains. Mais c’est plutôt un livre d’orientation, un livre qui nous donne les clefs pour intérioriser un mode de fonctionnement et de comportement qui nous sera utile pour vivre ici bas et accéder par la suite au Paradis.
En deux mots je dirais que l’islam est d’abord un mode de pensée, une culture, un comportement et pas seulement une observation scrupuleuse mais sans âme d’un certain nombre de rites et d’obligations qu’on fini par faire à force d’habitude et non en signe de croyance.
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Si vous avez la même idée que moi de l’islam ou une idée assez proche, et bien vous ne verrez certainement aucune contradiction entre votre foi basée sur votre relation personnelle avec Dieu et les principes de la démocratie représentative ni entre l’islam et le principe de la séparation entre le champ public et la vie privée.
Par contre, si de l’islam vous avez une vision politique, et bien votre position serait foncièrement opposée et l’islam pour vous ne serrez jamais compatible avec la démocratie.
C’est ce que nous verrons jeudi 1 novembre prochain dans le deuxième volet de ce dossier.
jeudi 18 octobre 2007
Démocratie pour tous ? (1)

La chaîne de télévision franco-allemande, Arte, vient de proposer en partenariat avec d’autres chaînes (dont Al Arabiya pour le monde arabe) et ce durant toute une semaine, une série passionnante de films documentaires sur la démocratie.
Sous le titre « démocratie pour tous ? » nous avons eu droit du 8 au 16 octobre dernier à 10 documentaires sur l’état de la démocratie dans (presque) toutes les zones géographiques du monde représentées par les USA, le Pakistan, la Russie, la Chine, le Libéria, l’Inde, l’Egypte, le Japon, la Bolivie et le Danemark.
La morale de l’histoire : La démocratie n’est pas donnée à tous, c’est une conquête toujours fragile.
Parmi les 10 films proposés, 2 ont concernés directement la démocratie dans le Monde arabe. Le premier diffusé le vendredi 12 octobre été réservé à l’Egypte et nous a fait découvrir le combat d’une association laïque du nom de Shayfincom (nous vous voyons !) qui s’est spécialisée dans la surveillance des élections en Egypte et qui agit principalement à travers son site internet : Shayfeen.com.
Le deuxième, diffusé le mardi 16 octobre sous le titre « Sacrées caricatures », est revenu sur l’affaire des caricatures du prophète Mohammed afin de répondre à cette question : la liberté d’expression a-t-elle des limites ? Et si oui la religion fait elle partie de ces limites ?
Courrier International, le partenaire d’Arte dans cette aventure a proposé de son coté un numéro spécial (n° 883, du 4 au 10 octobre) extrêmement intéressant et (presque) exclusivement consacré à la démocratie.
Et la aussi, le monde arabo-musulman a eu une part importante des articles publiés : un dossier sur le Pakistan, un débat sur la ‘‘concevabilité’’ de la démocratie dans le monde musulman, et des articles sur l’Egypte, la Syrie, le Maroc et la diaspora Arabe.
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La question m’a paru très intéressante d’autant plus qu’ici à Islamiqua nous l’avons déjà abordée pour signaler d’un coté -chiffres à l’appui- que la démocratie est très appréciée en terre d’islam et d’autre part pour protester contre un clicher qui existe toujours et qui fait que beaucoup d’occidentaux (et même de musulmans) croient qu’aucun des 60 pays musulmans ne connaît la démocratie.
Nous avons alors démontrés que plusieurs Etats musulmans sont déjà des démocraties à part entière (Malaisie, Indonésie…) alors que plusieurs autres sont en transition démocratique. Sans contester que beaucoup de travail reste à faire.
(Le reste de l’analyse vous pouvez le consulter directement à cette adresse.)
Mais malgré cela, nous nous sommes jamais poser la question de la compatibilité de la religion en général et de l’islam en particulier avec la démocratie. Et c’est pour cette raison que j’ai décidé de consacrer un dossier à ce sujet.
Ce dossier de trois volets, dont vous êtes entrain de lire l’introduction, s’intéressera d’abord à la question de la compatibilité de l’islam avec la démocratie (sur deux volet) et ensuite à la question de la religion dans la démocratie d’une manière générale (et plus particulièrement en Europe).
Mais avons de publier le premier article de cette série, intitulée « la démocratie est-elle concevable dans le monde musulman ? », je vous invite à me poster les remarques et les commentaires que cette problématique vous inspire.
Et rendez vous le dimanche 21 octobre pour le premier volet de notre dossier.
jeudi 11 octobre 2007
La talibanisation des écoles algériennes
Décidemment, l’Algérie est entrain de connaître des événements qu’on a cru enterrés une bonne fois pour toute.
Après les nombreux attentats terroristes qui ont commencés par viser plusieurs postes de polices puis le Palais du gouvernement et enfin celui qui visait le président Boutaflika directement ! Nous venons d’apprendre que les écoles algériennes connaissent des scènes d’une ‘‘talibanisation’’ poussée.
En plus du voile et des barbes qui sont banalisés au point de ne plus susciter les critiques des défenseurs de la laïcité à l’intérieur des écoles algériennes, un évènement gravissime vient de se produire et qui ne tardera pas à relancer le débat de la place que doit jouer la religion à l’intérieur des écoles publiques.
En effet, les élèves d’un collège de la capitale Alger viennent « d’obliger » leur professeur de français à porter le voile.
Interrogés sur les raisons de leur acte, les élèves ont répondu que le visionnage des pieds de leur professeur était illicite (haram) surtout au mois de Ramadan. Et par conséquent, et afin de ne pas les exciter, cette dernière devait mettre le voile !
Conscient de la gravité de tels actes, le ministre algérien de l’éducation a précisé que les autorités ne resteront pas « bras croisés » devant la radicalisation de l’école algérienne.
Le ministre a dévoilé même le lancement d’un partenariat avec le ministère de l’intérieur dans le but d’éradiquer ce phénomène : le ministère de l’éducation informera celui de l’intérieur sur les écoles qui présentent un risque de radicalisation ou dans lesquelles existent des membres jugés radicaux et le ministère de l’intérieur surveillera ces établissements, arrêtera les radicaux et pourra même aller jusqu'à expulsé de l’école définitivement tout membre jugé « intolérant » !
S’il nous est permis de critiquer de telles solutions qui ne peuvent qu’endurcir davantage les radicaux et leurs sympathisants, nous ne pouvons ne pas consatater la difficulté devant laquelle se trouve les autorités algériennes : d’une part une radicalisation de plus en plus visible des écoliers algériens représentée par Nabil Belkasem, qui s’est fait explosé le 8 septembre dernier dans un poste de gardes frontières tuant 32 militaires, et d’autre part, des pratiques de contre terrorisme qui sont condamnable surtout s’il sont utilisés contre des enfants ou des adolescents, comme c’est le cas pour les écoliers algériens.
La solution pourrait peut être venir de la laïcisation de l’école et des programmes enseignés. L’école ne doit jamais devenir le terreau de n’importe quelle idéologie et de n’importe quelle religion. L’école doit garantir aux écoliers l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et surtout développer leur sens critique.
Quant au reste, ils sont capable d’aller le chercher s’ils le désir.

samedi 6 octobre 2007
Fatwas politique
Le phénomène des fatwas se développe jour après jour et les cheikhs ne cessent « d’explorer » des sujets sur lesquels les religieux n’avaient pas leur mot à dire auparavant et où ils excellent aujourd’hui : c’est le cas du domaine politique où même s’il y avait auparavant des avis de jurisconsultes musulmans à caractère politique, ils n’étaient pas aussi imprégnés de politique que les fatwas des savants de nos jour.
Pour vous illustrer ce que je viens de dire, j’ai choisi de vous entretenir à propos de trois fatwas émise par ce que l’on considère -en tant que musulmans- être les plus hautes autorités compétentes dans ce domaine : il s’agit d’une fatwas émise par le mufti de l’Arabie Saoudite et de deux autres émises par Al Azhar, l’une des plus grandes institution sunnites dans ce domaine.
Interdiction du Djihad
Dans une fatwa rendue public par l’agence de presse saoudienne le 1 octobre dernier, le mufti de l’Arabie Saoudite et président du conseil des savants saoudiens et de l’administration des recherches et des fatwas, le cheikh Abd Al Aziz Al Cheikh (photo) s’est emporté contre les islamistes saoudiens qui quittent leur pays sous prétexte du djihad considérant que leurs actes nuisent à l’islam et qu’il réalisent de « sales opérations » suite à leur manipulation.
Critiquant le manque de connaissances religieuses de la part de ses concitoyens, le mufti a considéré que ceci était la cause de leur « manipulation par des organisations étrangères qui les utilisent au nom du djihad… au point que nos jeunes sont devenus une marchandise qui s’achète et se vend par des orientaux et des occidentaux. »
Cette critique du cheikh est considérée comme la plus violente jamais adresser aux adeptes du djihad en Arabie Saoudite par une autorité aussi importante que le mufti du royaume.
Une position qui aurait pu être intéressante si elle n’était pas d’une part politique et d’autre part obéissant à la fameuse « règle » des deux poids deux mesures.
En effet, comme l’indique Abd Bari Otwane, le rédacteur en chef du journal Al Quds Al Arabi, « il faudrait peut être rappeler au cheikh que lui et plusieurs membres du conseil des grands savants avaient émis des fatwas qui soutenaient le djihad en Afghanistan pour le libérer des forces communistes impies, et qu’ils ont ordonnés aux imams des mosquées au long et au large du royaume d’inciter les jeunes à aller combattre à coté des moudjahiddines… et plus encore, les mosquées étaient devenus de véritable centre d’impôt où on ramassait les dons… il faudrait peut être rappeler aussi que les fatwas incitant au djihad en Bosnie, en Tchétchénie, au sud des Philippines et a Thaïlande ne se sont jamais arrêter et nous n’avons jamais entendu qu’un érudit saoudien ait émis une fatwas qui condamnait ces opérations ou qui a dit que le djihad dans ces pays était une ‘‘sale opération’’. » avant de conclure « s’il y a des gens qui profitent de la jeunesse saoudienne et qui la transforme en un outil aux mains d’organisations étrangères qui l’utilise au nom du djihad, ce sont sans doute quelques uns des plus haut savants qui mettent leur fatwas au profit des régimes au pouvoir et pour la satisfaction d’objectifs qui ne sont ni arabe ni islamique dans la plupart des cas. Car lorsque le djihad est dirigé contre l’Union Soviétique en Afghanistan et au Tchétchène et les Serbes en Bosnie et au Kosovo il est considéré comme un acte légitime, comme une obligation récompensée par la Paradis. Mais lorsque ce djihad est dirigé contre les Etats-Unis d’Amérique et leurs forces en Irak ça devient « sale » et suspicieux et dans l’intérêt d’organisations étrangères… ».
Nous aurions souhaité qu’au lieu de prendre ce genre de fatwas à deux poids deux mesures, le mufti de l’Arabie Saoudite soit à la hauteur de ses responsabilités envers tous ceux des musulmans qui croient encore dans ses fatwas et prenne une position de principe interdisant tout type de violence adressée contre les civils et ceux quelques soit les prétextes et les excuses.
Au lieu de cela, nous n’avons qu’une fatwas politique de plus émise conformément aux ordres du prince Naïef Ibn Abdelaziz, ministre de l’intérieur, qui avait exhorté au début de l’année ses cheikhs à adopter des positions plus sévères contre le ralliement des jeunes saoudiens aux combattants irakiens.
Interdiction d’aborder l’état de santé du président de la République
Passant maintenant aux fatwas émises par Cheikh Al Azhar, autrement dit, la plus haute autorité musulmane en Egypte. Dernièrement, cette institution a émis deux fatwas polémiques qui furent très critiqués à l’intérieur même de l’Egypte.
En effet, avant le dernier référendum auquel les égyptiens ont étés invités à participer, et craignant un fort taux d’abstention, les autorités égyptiennes ont donnés l’ordre aux responsables d’Al Azhar d’émettre une fatwa qui condamne l’abstention !
Et c’est vraiment ce qui c’est passé avec une fatwa qui condamnait la non participation au référendum considérant que cela relève « du refus de témoignage » puni par Dieu !
Malgré tous ces efforts, le taux de participation des égyptiens à ce référendum n’a pas dépassé les 30 % selon les autorités (moins de 10 % selon l’opposition).
Autre fatwa non moins polémique et politique émise par la même institution, celle qui condamne des journalistes pour s’être interrogé sur l’état de santé du Président Moubarak !
Cette fatwas émise après l’arrestation de ces journalistes condamne ces derniers pour diffusion de fausses informations conduisant à la « Fitna » (la scission).
lundi 17 septembre 2007
Naissance de la première radio religieuse en Tunisie

Avec l’avènement du mois de Ramadan, un homme d’affaire tunisien a lancé le 13 septembre, premier jour du Ramadan, « Radio Zitouna pour le saint Coran », première radio religieuse en Tunisie.
Le lancement d’une telle station en Tunisie est considéré comme un événement pour
deux raison : d’abord il s’agit d’une station privée propriété de l’homme d’affaire tunisien Mohammed Sakher Matri (photo) et ensuite il s’agit de la première radio dans son genre et la troisième radio privé tunisienne après les deux radios musicales Mosaique FM et Jawhra FM.
La Radio dont la programmation est accès principalement sur la récitation du Coran diffuse ses programmes 24/24 et vise à « diffuser les valeurs de l’amour et de la fraternité entre les humains ».
Zitouna FM dont le siège se trouve à Carthage est dirigée par une imminente personnalité tunisienne à savoir le Professeur Kamel Omran l’imam de la Mosquée de Sidi Daoud à la Marsa et Membre du Haut Conseil Islamique Tunisien.
D’après la grille des programmes de la chaîne, nous relevons que plus que 80% de cette programmation est réservé à la récitation du Coran, le reste est divisé entre la diffusion en direct des prières du vendredi, les cinq prières quotidiennes ainsi que des programmes visant l’enseignement du Coran (Tartil). Nous relevons aussi l’existence d’une émission quotidienne en langue française.
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Nous avons été agréablement surpris par contre par la non existence d’émissions consacrées aux fatwas (malgré le fait que le site web de la radio propose aux internautes de répondre à leurs interrogations par un e-mail personnel) et par le fait que 100% de la programmation soit l’œuvre de religieux et imams tunisiens.
L’accréditation de la Radio par les autorités tunisiennes viserait donc deux objectifs : d’abord contrer tous ceux qui attaquent la Tunisie pour sa laïcisation accélérée et son non intérêt à l’islam et ensuite diffuser une image de l’islam différente de celle que diffuse les médias orientaux.
Zitouna FM fera donc certainement plaisir a beaucoup de tunisiens mais peut être pas au « camp laïc » qui pourrait la considérer comme un signe supplémentaire de la réislamisation dans le monde arabe en général et en Tunisie en particulier.
samedi 15 septembre 2007
Résultats des élections marocaines

Il y a quelques mois, nous avons parlés sur ce blog des sondages qui donnaient les islamistes du Parti de la Justice et du Développement (PJD) au Maroc gagnants dans les élections législatives du 7 septembre 2007.
Des élections que les autorités marocaines avaient jurées de faire en toute transparence et légalité.
Seulement, le PJD -qui au départ avait démentit les résultats annoncés par ces sondages (afin
de ne pas provoquer les autorités marocaines) et qui faisaient de lui la première force politique du pays- tablera quelques semaines plus tard sur la réalisation de quelques 70 sièges au Parlement qui compte 325 sièges et devenir ainsi première force politique du Maroc.
Suite à ces sondages, les autorités marocaines par la voix de leur ministre de l’intérieur avaient assuraient que ces élections ne seraient pas remportées par les islamistes mais en même temps qu’elles se dérouleraient en toute transparence et sans intervention du Palais Royal!
En effet, les autorités marocaines comptaient sur un autre moyen pour mettre un terme aux ambitions des islamistes. Ainsi, ils ont adoptés au printemps dernier un nouveau découpage des circonscriptions qui visait justement la prévention d’une poussée islamiste et favorisait l’émiettement politique.
Résultats : malgré le fait que le PJD a recueillit le plus grand nombre de suffrages sur l’ensemble du territoire marocain, il n’est pas parvenu à obtenir plus que 46 sièges se plaçant ainsi derrière le Parti Istiqlal qui est devenu première force politique au Maroc avec ses 52 sièges au Parlement.

Mais, les dirigeants du PJD se gardent bien de dénoncer le système électorale et attribuent plutôt leur défaite à la corruption qui par le biais de l’achat des voix des marocains par les hommes d’affaires candidats aux élections a fait que plusieurs voix furent détournées au profit des « candidats milliardaires » (photos).
Seulement et malgré tout ce qui a été écrit sur ce sujet et qui fait état de la « défaite » inattendu du PJD, je pense que ce parti islamiste n’est pas du tout perdant. Il est peut être même gagnant dans ces élections : il a la majorité des suffrages, il est la deuxième force politique du pays et si le Palais royal et les hommes d’affaires d’une part et les autres partis islamistes d’autre part n’avaient pas causés l’émiettement de voix des électeurs, il aurait sans doute été aujourd’hui le parti qui gouverne le Maroc.
Dans l’état actuel des choses, sa défaite ne peut donc être considéré que comme une victoire ajournée !
