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jeudi 17 janvier 2008

Médias et extrémisme (2) : Al-Jazira, une chaîne de fanatiques ?

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Au cours de la Table ronde organisée par Défi Médias en collaboration avec le MEPI sur les médias et l’extrémisme, un grand nombre de participants ont vu dans la chaîne d’information arabe Al-jazira ce qui semble être l’incarnation même de l’extrémisme.

Ainsi, Mme Saloua Charfi (Maître de conférence et chroniqueuse au site ‘‘Al-Awan’’) s’est posée la question s’il été « déontologiquement et professionnellement correcte pour un médias d’offrir régulièrement l’antenne à une personne comme Ben Laden qui ne fait qu’appeler à l’assassinat pour crime de différence religieuse, comme l’a fait à maintes reprises la chaîne d’information quatarie Al-Jazira ? » avant de poursuivre qu’on est « en droit de se demander si ce que présente ‘‘Al-Jazira’’ entre dans le cadre de l’information et de l’opinion ou bien dans celui du délit et si ce médias est un moyen d’information ou le complice de ceux qui appellent au crime ? »

Et Mme Charfi semble avoir opté pour ‘‘la criminalité’’ d’Al-Jazira lorsqu’elle nous dit plus loin qu « Al-Jazira ne soutient pas exclusivement Ben Laden mais d’autres personnages qui lui ressemblent.

Le 14 août 2006, au lendemain du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, et alors que les Libanais ramassaient encore leurs morts, la chaîne Al-Jazira n’a pas trouvé mieux que d’attiser les tentions entre les communautés et entre le gouvernement et l’opposition en choisissant, au cours d’une émission micro trottoir, de donner exclusivement la parole aux alliés du Hezbollah et à leur poser des questions dirigées. Ces questions tendaient à leur faire dire que le gouvernement était à la solde de l’ennemi et qu’il fallait par conséquent qu’il démissionne de gré ou de force (…) Et encore, récemment, M. Yasser Abdrabbou, le secrétaire général du comité exécutif de l’OLP, a dénoncé avec vigueur l’impartialité d’Al-Jazira dans sa couverture du conflit armée opposant le Hamas au Fatah au détriment de celui-ci. (Al-Hayet du 18 juin 2007). »

Ces accusations seront plus amplifier par M. Belkacem Mostefaoui (Maitre de conférence et chroniqueur au quotidien algérien ‘‘Al Watan’’) en évoquant la couverture de la chaîne de la tragédie algérienne.

Ainsi, pour lui « Al-Jazira continue dans cette façon soi-disant objective de traiter la tragédie algérienne et qui débouche sur la promotion de l’islamisme politique. Ainsi, à chaque fois qu’il y a un acte terroriste en Algérie, y compris celui d’avril contre le Palais du Gouvernement, Al-Jazira trouve le moyen de relayer le discours des terroristes. Cette chaîne, on le sait, est très perfide. Pour elle, hors du Qatar, tout est critiquable, mais rien au Qatar ne doit être critiqué. Par exemple, Al-Jazira ne critique pas la présence au Qatar même d’une base de l’armée américaine d’où étaient partis les avions pour bombarder l’Irak. Mais continue de couvrir les actes de barbarie qui ont lieu dans notre pays d’une façon pernicieuse et parfois même propagandiste. »

Tout cela découle, selon M. Hamadi Redissi, de la stratégie de l’off Shore. « On affirme que les activistes qui agissent dans nos pays sont des terroristes, alors que ceux qui agissent à l’étranger, en Afghanistan ou ailleurs, ne le sont peut être pas totalement. Grâce à cette pratique de l’off shore on critique la terreur qui existe dans tel pays et on élude celle qui existe dans tel autre. »

Une stratégie qui fait qu’ « ‘‘Al Arabia’’ nous est destinés nous autres Tunisiens, Algériens ou Libanais, mais pas aux citoyens de l’Arabie Saoudite qui subventionne cette chaîne. De même ‘‘Al-Jazira’’ est dirigée vers nous et non vers les Qataris. Ces chaînes de télévisions ont tendance à développer la culture off shore, ce qui se passe chez nous est toujours très bien, c’est ce qui ce passe ailleurs qui est mauvais. »

Un seul orateur, M. Larbi Chouikha (Maitre de conférence et chroniqueur) osera défendre la chaîne –ou plus exactement sa manière de couvrir l’information- en expliquant qu’il n’est pas du tout offusqué « que la chaîne ‘‘Al-Jazira’’ diffuse des enregistrements sonores de Ben Laden, tout comme [il n’est] point choqué que des médias américains ou autres fassent les échos des thèses développées par des néo-conservateurs américains, souvent hostiles aux Arabes et à l’islam. » avant de conclure que « la couverture des évènements et la diffusion des débats d’idées et des opinions les plus contradictoires, s’inscrivent toutes dans ce principe du droit à l’information qui ne doit être assujetti à aucune restriction d’ordre politique. »

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les_3_premieres_chaines_d_information_arabeCe fut donc un débat extrêmement intéressant qui reflète un sentiment d’hostilité qui commence à se développer chez un grand nombre d’intellectuels arabes face au traitement de l’information par Al-Jazira.

Des intellectuels qui considèrent cette chaîne populiste, soutenant les idées extrémistes et incapable de critiquer la politique de l’Etat qui la finance, en l’occurrence, le Qatar.

Seulement, ces intellectuels semblent oublier qu’Al-Jazira est faite à l’image de ses téléspectateurs, qu’ ‘‘on a la télévision qu’on mérite’’, et que le succès de la chaîne auprès des populations arabes démontre bien que ses quelques 45 millions de téléspectateurs partagent ses idées et font d’Al-Jazira la première chaîne d’information arabe. 

      

Mais Al-Jazira est aussi une chaîne toujours imitée mais jamais égalée. N’oubliez pas que c’est grâce à cette chaîne que nous avons connu une véritable révolution dans le domaine de l’audio-visuel arabe en général et de l’information en particulier.

Ce n’est que lorsque cette chaîne a commencé à gêner que nous avons connu l’émergence d’autres chaînes concurrentes. C’était le cas d’Al-Hourra, la chaîne d’information à financement américain. Ou aussi et surtout de Al Arabia, la chaîne d’information financée par l’Arabie Saoudite. Et plus récemment encore France 24 (en arabe), la voix de la France.

Si Al Jazira est sans doute la voix de son maître (le Qatar) que dire alors d’Al Hourra (Etats-Unis) ou d’Al Arabia (Arabie Saoudite) ?

La première et malgré le fait qu’elle dément continuellement la propagation des idées de l’administration américaine ne peut toujours pas contredire ou s’éloigner de la politique extérieur des Etats-Unis. Alors que la deuxième et malgré son professionnalisme incontesté, elle se dirige de plus en plus vers une propagande déclarée et visible de la monarchie saoudite.

Al-Jazira, malgré ses excès et ses dérapages, n’a jamais constitué un porte drapeau aveugle du Qatar. Elle ne le critique certainement pas mais elle ne fait pas non plus son éloge. Ainsi, elle ne couvre pas les déclarations ou les déplacements de son émir comme s’il s’agissait d’événements exceptionnels.

Cela dit, je ne dit pas que la chaîne est exempte de reproches. Ses positions pro islamistes sont connues par tout le monde. Son antiaméricanisme aussi. Et personnellement je ne la regarde que rarement et à l’occasion de certains programmes seulement.

Mais de la à considérer que la chaîne est une alliée de Ben Laden et des groupes terroristes, c’est un pas que nous franchirons pas sans l’existence d’indices plus convainquent.   

    

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lundi 14 janvier 2008

Médias et extrémisme (1) : Quel est le rôle des médias face à l’extrémisme ?

media_et_extremismeLes médias et l’extrémisme.

Quelle est la relation qui pourrait exister entre ces deux entités ? 

Les médias peuvent en l’occurrence diffuser ou soutenir un discours extrémiste. Nous l’avons vu avec la chaîne de télévision évangéliste Al Hayet. Mais les exemples sont nombreux pour être cité.

Si on dit alors que certains médias peuvent diffuser un discours extrémiste. Peut on alors dire que le rôle des autres médias est de contrer et de combattre ce discours ?

Autrement dit et plus généralement, face à l’extrémisme, les médias ont ils un rôle à jouer ? Doivent-ils être les portes drapeau des uns contre les autres ?  Ou bien ils doivent se limiter à un simple devoir d’information afin que les gens puissent faire une opinion fondée sur des données objectives et neutres diffusées par les mass- médias ?

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C’est à ces questions ainsi qu’à plusieurs autres qu’une table ronde organisée à Tunis en Juillet 2007 par Défi Médias (société éditrice de l’hebdomadaire tunisien l’Expression et propriété de Raouf Cheikhrouhou, le patron du groupe de presse Dar Assabah, le plus influent des groupes de presse indépendants en Tunisie avec son titre phare Le Temps) en collaboration avec le MEPI (Middle East Partnership Initiative, initiative de partenariat avec le Moyen-Orient) a essayé de trouver réponse.

La rencontre a réuni plusieurs personnalités tunisiennes connus pour leurs positions réformistes et leurs critiques du projet islamiste. A titre d’exemple nous pouvons citer Rafaa Ben Achour (Professeur de Droit Public), Borhane Bsaies (Journaliste chroniqueur au quotidien Assabah et présentateur à la chaîne d’information en langue arabe ANB), Ikbal Gharbi (Professeur d’Anthropologie religieuse à l’institut supérieur de Théologie, Université Al-Zeitouna et chroniqueuse à l’hebdomadaire l’Expression ainsi qu’au site Metransparent), Khémaies Khayati (Journaliste et auteur de l’ouvrage en arabe sur ‘‘le discours fondamentaliste dans les chaînes satellitaires arabes’’) et Hamadi Redissi (Professeur à la Faculté de droit de Tunis et auteur des ouvrages ‘‘L’exception islamique’’ et plus récemment ‘‘Le pacte de Nadjd, ou comment l’Islam sectaire est devenu l’islam’’).

Au regard de la liste des participants, il est claire que de la question Médias et extrémisme, l’angle qui sera étudié est celui de la relation qui existe entre certains médias et l’extrémisme islamiste d’une part ainsi que le rôle que les médias doivent jouer pour limiter la propagation des propos et l’influence des fanatiques et des extrémistes.

Les comptes rendus de cette table ronde (qui ont été publiés par le journal Le Temps sous forme de supplément gratuit) nous semblent d’une importance capitale d’où ce dossier que nous leur consacrons et qui s’étalera sur trois parties :

Première Partie : Quel est le rôle des médias face à l’extrémisme ?

Deuxième Partie : Al-Jazira, une chaîne de fanatiques ?

Troisième Partie : Les nouveaux moyens de prédiction             

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C’était la principale question de cette table ronde qui a été ouverte et modéré par Ridha Kéfi qui nous a rappelé qu’en « début du XXIe siècle, marqué par une recrudescence des actes de violence politique, la lutte contre l’extrémisme et son corollaire, le terrorisme, risque donc d’être le fer de lance des décennies à venir et les médias d’en être l’un des relais. » des medias qui « se trouvent, ainsi, face à une contradiction entre le devoir de servir le public, de l’informer par des images, des discours et par le souci  d’authenticité, et les impératifs de sécurité auxquels les journalistes sont mal adaptés (…) Comment, en d’autre termes, faire rimer liberté de penser et d’informer d’un coté, et respect de l’autre et sécurité ? Doit-on accepter les lois qui incriminent la diffusion de messages appelant à la  haine et à la violence ? Ou celles-ci constituent-elles un danger pour la liberté d’expression ? » voilà les questions que se pose Ridha Kéfi avant de nous donner son point de vue en considérant que « les actes terroristes –c'est-à-dire les actes violents qui cherchent, en terrorisant des populations civiles, à obtenir un bébéfice politique- requièrent, de la part des médias, un traitement dépassionné, objectif, pondéré et responsable. »

Mais malgré cette réponse, Kéfi nous fait écho d’un point de vue qui lui est différent et qui a été défendu par Claude Moisy, ancien président de l’AFP et membre de Reporter sans frontières qui considère que « Ce n’est pas le rôle des médias de faire échec au terrorisme. Les médias sont de toute façon manipulés par les forces économiques, les chanteurs millionnaires et les terroristes ! Nous ne travaillons pas pour la paix dans le monde, ou contre le racisme, même si ce sont des causes nobles. Notre rôle est simplement d’informer. »

Un point de vue qui est partagé aussi par Akram Khouzam, ancien correspondant d’Al Jazira à Moscou qui considèrent que « le rôle des médias n’est pas de lutter contre le terrorisme, mais de transmettre l’information et d’assurer la couverture des événements en toute objectivité. »

Pourtant, malgré ces exemples qu’il cite lui même, Ridha Kéfi semble ne pas être d’accord avec ces points de vue car « cette approche qui se veut restrictivement professionnelle, ne susciterait aucune objection si extrémistes et terroristes ne tentaient pas, comme ils le font souvent, de mettre en œuvre une véritable stratégie médiatique visant à faire des médias leur caisse de résonance et si les médias n’étaient pas confrontés quasi-quotidiennement à des messages émanant de groupes de personnes appelant à la violence. »

Cependant, et en raison de sa qualité de médiateur de la table ronde, Kéfi ne tranchera pas définitivement et posera plus de questions que de réponses. Des questions qui malgré une apparence d’objectivité nous informe déjà sur la position de leur auteur pour qui la question centrale à laquelle la table ronde est censée apportée une réponse est « comment les médias peuvent-ils contribuer à lutter contre l’extrémisme et le terrorisme ? »

Larbi Chouikha (Maitre de Conférence à l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information et chroniqueur au mensuel ‘‘Attariq Al-Jadid’’) s’inscrira en faux contre la position de Ridha Kéfi en considérant que « la liberté d’expression et d’opinion, qui sous-tend le droit d’accès à l’information, d’émettre, de recevoir, de diffuser par quelque moyen que ce soit et sans aucune entrave, est un principe consacré par des dispositions juridiques internationales. Ce principe qui fonde toutes nos libertés –collectives et individuelles- ne doit surtout pas être régenté par une autorité extérieure au monde de la presse et des journalistes, en l’occurrence, les gouvernements qui sont d’abord des entités politiques (…) En conséquence, la couverture des événements d’actualité, y compris ceux qui se rapportent aux actes terroristes et aux débats contradictoires qu’ils suscitent, doit être complète, totale, sans complaisance, et ce, au nom des principes qui régissent le droit à l’information pleine et entière. » Pourtant à cette liberté et à ce devoir des journalistes, M Chouikha pose deux contraintes : « La première, c’est qu’en couvrant ces faits tels que les enregistrements sonores qui proviennent de ces milieux ou des déclarations, des reportages, etc., ils doivent impérativement respecter les lois en vigueur qui condamnent toutes l’appel à la violence, au meurtre, à la discrimination raciale et religieuse (…)

La seconde contrainte revet un caractère d’éthique. Elle porte sur la déontologie élaborée par les journalistes eux mêmes et qui régit toute la profession : vérification des sources, rigueur dans l’exposé des faits, recherche de sources contradictoire, etc. »

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Une position et des conditions avec lesquelles nous nous trouvons en parfait accord, car si on admet que les rubriques Opinions et Idées des journaux sont faites pour présenter certains points de vue, nous devons aussi avoir de l’information à l’état brut qui nous permet de se situer avec le minimum d’influence possible.

Par contre si les médias commencent à choisir à notre place ce que nous pouvons lire ou voir et ce que nous ne pouvons pas, et si en plus, des gouvernements se mettent à interdire telle ou telle information sous prétexte de soutien ou de diffusion du discours extrémiste alors du droit à l’information nous n’auront plus qu’un droit à une information choisie.

Une situation qui ne peut être tolérée en démocratie car elle annonce tout simplement et inéluctablement le fléchissement de cette dernière et le retour triomphal des pratiques dictatoriales. 

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samedi 12 janvier 2008

Nouveau phénomène : les enfants prédicateurs

enfants_predicateursLe rédacteur en chef de l’hebdomadaire tunisien l’Expression, Ridha Kefi, a évoqué récemment dans sa rubrique Autrement dit (l’Expression, n°6, Novembre 2007) un phénomène qu’il a observé dans certains pays musulmans asiatiques et qui risque fort bien d’envahir prochainement certaines chaînes de télévisions arabes avides de nouveautés surtout lorsqu’elle associent télé-réalité et religion.

La question légitime dans ce genre de situations qu’on pourrait se poser serait de savoir comment est ce possible ? Comment est ce que les émissions de télé-réalités qui sont unanimement condamnées par les cheikhs de l’islam peuvent ils devenir du jour au lendemain non seulement tolérées mais aussi et surtout regardées et appréciées par l’ensembles des religieux ?

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Une chaîne de télévision privée indonésienne vient de trouver la réponse à ces questions avec un programme intitulé Pildacil (qu’on pourrait traduire par « Concours des petits prédicateurs ») qui vise, comme son nom l’indique, à designer le meilleur petit prédicateur du pays.

Laissez moi vous rappelez d’abord le fait qu’il ne s’agit pas ici des habituelles récitations du Coran (faites par les magnifiques voies de très jeunes musulmans) auxquelles nous sommes habitués depuis des années et pour lesquelles il existe même des concours annuel organisés dans la plupart des pays musulmans. 

Il s’agit plutôt d’un nouveau phénomène de prédiction qui, contrairement à la psalmodie du Coran, peut poser problème.

En effet, « le problème c’est qu’aujourd’hui, on ne se contente pas de former les enfants aux techniques de la psalmodie du Coran. On en fait aussi des… prédicateurs. Voire des téléprédicateurs capables de faire vibrer les foules de croyants. »

Mais en quoi cette « prêcheurs académie » poserait problème ?

Voyons d’abord le déroulement du programme sur la chaîne indonésienne ainsi que le point de vue de Ridha Kefi et puis nous reviendrons pour répondre à la question.

« Au cours de l’émission, des enfants prêcheurs des deux sexes, âgés de 6 à 9 ans, s’affrontent dans une joute verbale, le gagnant remportant deux billets d’avion, non pas pour le Disneyland local, mais pour… un pèlerinage à la Mecque. Le Conseil des oulémas indonésiens, organisation influente et conservatrice, avait jugé en 2005 que ‘‘Pildacil’’ était le meilleur programme télévisé pour le jeunesse. Le contraire nous aurait étonnés. (…)

Certains estiment, à juste titre, que les jeunes candidats feraient mieux de jouer que de réciter (qui plus est en arabe, langue étrangère en Indonésie) des versets coraniques appris par cœur, dans un show télévisé à l’américaine. D’autres considèrent ces enfants « victimes » d’un monde où la religion s’empare de tout. La proclamation des résultats par le jury est en tout cas bien comprise par les compétiteurs alignés dans le studio de télévision. La fillette a le droit d’aller en finale, tout comme un garçonnet qui se précipite à terre, le front touchant le sol, pour remercier Dieu. Les trois petits prédicateurs qui ont perdu éclatent en sanglots. Comme dans la Star Academy et autres émissions de téléréalité ou de jeux.

Le phénomène des enfants prédicateurs peut prêter à rire, certes, tant que cette forme d’islamisation rampante (dans le sens de « salafisation ») ne serve pas de vivier aux mouvements fondamentalistes, dont on connaît la capacité d’embrigadement, surtout parmi les plus jeunes, population d’autant plus vulnérables qu’elle est très influençable. »   

A ce que vous venez de lire j’ajoute en tant que réponse à la question « en quoi cette « prêcheurs académie » poserait problème ? » le fait que ce genre de programmes empêcheraient les enfants de jouir de leur innocence, de pouvoir jouer ou rigoler sans se poser trop  de questions quant à la conformité de leurs actes avec la charia ?

Si un tel programme venait à être diffusé dans l’une des quelques 300 chaînes de télévisions arabes existantes, plusieurs familles essayeront de faire participer leurs enfants à ce programme alors que plusieurs autres obligeront leurs progénitures à se conformer aux prêches des jeunes prédicateurs. Pour avoir en fin de compte, une société pénétrée par les idées islamistes et… adieu à l’innocence de l’enfance !    

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Posté par Hamza Belloumi à 09:53 - Bêtises islamistes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 10 janvier 2008

Une fatwa contre le patron d’Orascom Telecom

Naguib_Sawiriw_PDG_d_Orascom_TelecomLe milliardaire et homme d’affaire égyptien Naguib Sawiris, l’un des 100 hommes les plus riche du monde et PDG d’Orascom Telecom, société phare de téléphonie mobile  présente dans plusieurs pays arabes et africains et même en Europe (avec le rachat dernièrement de l’italien Wind et du grecque Tim Hellaset).

Connu dans le Maghreb arabe comme l’actionnaire majoritaire de la société de téléphonie mobile Tunisianna (en Tunisie) et le patron d’Orascom télécom Algérie (en Algérie). Cet homme vient d’être ciblé par une fatwa suite à des propos qu’il a tenu sur le voile et qui ont dérangés les islamistes égyptiens.

En effet, interrogé par certains journalistes sur son avis à propos du voile, M. Sawiris avait répondu : « Je n’ai rien contre le voile parce que cela serait contre la liberté individuelle, mais en marchant dans la rue, je me sens comme en Iran… comme si j’étais un étranger. »

Ces déclarations qui ne sont ni injurieuses ni grotesques, ont suffit pour qu’un imminent islamiste égyptien lance une fatwa appelant au boycotte des sociétés de ce « chrétien copte » qui -selon les dits du cheikh- s’est exprimé sur un mode « léger, sarcastique et offensant sur le voile islamique ».

Deux considérations méritent d’être signalé dans cette histoire :

1- Le cheikh Badri qui a émis cette fatwa, n’est pas un inconnu, loin de là. Puisqu’il avait déjà lancé des fatwas contre certains réformistes pour « atteinte à l’islam ». Ce fut le cas du poète Helmy Salem et surtout de Nasr Hamed Abou-Zeid qui avait été condamné en 1995 par un tribunal égyptien -suite à une plainte du cheikh Badri- à se séparer de sa femme pour « apostasie ».

Jugement qui avait obligé le couple à s’exiler au Pays-Bas pour échapper à son exécution !

2- Malgré les bêtises répétées du cheikh Badri qui semble s’être autoproclamé gardien de l’islam alors qu’il n’en a même pas la légitimité de lancer des fatwas (comme l’a rappelé le penseur égyptien Gamel al-Banna), ce dernier et jusqu’à aujourd’hui membre du Conseil suprême islamique en Egypte. Une fonction officielle qui permettrait aux autorités égyptiennes de rappeler leur fonctionnaire à l’ordre. Chose qui n’a jamais été faite et qui permet au cheikh Badri de continuer ses compagnes acharnées contre tout ceux qui critiquent la poussée islamiste en Egypte.

Dans l’absence d’une décision administrative prise contre le cheikh Basri qui pourrait par sa fatwa faire perdre à l’Égypte des million de dollars en s’attaquant à Naguib Sawirs. La meilleure réponse appropriée de la part de ceux qui sont victimes de sa machine à fatwas pourrait parvenir de poursuites judiciaires diligenter contre lui auprès des tribunaux Egyptien. 

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mardi 8 janvier 2008

Al Hayet, La honte du Vatican

l_emission_sur_Al_Hayet_Rachid_a_droite_et_Elyes_a_gaucheNous reparlons aujourd’hui de la chaîne de télévision chrétienne Al Hayet qui diffuse ses programmes en langue arabe en direction du Moyen Orient et du Maghreb Arabe. Le premier post que nous avons consacré à la chaîne -qui parlé de sa propagande anti-musulmane à travers ses fictions- vous a fait beaucoup réagir.

Mais si nous abordons encore une fois le même problème –avec de nouveaux exemples-  à savoir « la haine » que vaut cette chaîne pour l’islam -et je mesure bien mes mots- c’est en effet parce que nous avons remarqué que d’une part aucune action n’a été faite dans le but de rationaliser ou d’édulcorer les propos foncièrement islamophobes diffusés sur Al Hayet.

Et parce que d’autre part il semble que la chaîne -et avec elle l’ensemble des évangélistes- profite de ce que connaissent les musulmans actuellement comme problèmes : suspicion, accusation d’intolérance, de fanatisme et de terrorisme… pour enfoncer le clos. Il est vrai par ailleurs qu’Al Hayet est aidée dans ce qu’elle fait par l’actualité brûlante du monde arabo-musulman qui ne cesse de subir les bêtises des islamistes. Mais cela ne pourrait pas tout expliqué.

Car la chaîne, qui rappelant le est fiancée par le Vatican, ne trouve aucun problème à évoquer certains faits pendant … plusieurs années !

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En effet, le 1 janvier 2008, au cours d’une émission intitulée « la chute des masques », le présentateur , « le frère Rachid » -d’origine marocaine- avait invité « le frère Elyes » pour débattre des… caricatures sur le Prophète Mohammed !

Voilà une histoire sui s’est déroulée depuis plus de deux ans et que la chaîne continue d’utiliser sans vergogne dans le but de faire parvenir un message (je dirais même de laver les cerveaux) : « les musulmans sont barbares, vous avez vu ce qu’ils ont fait après les caricatures de Mohammed ». En fait, les propos de Rachid et d’Elyes –comme nous allons les voir- ne sont pas du tout éloignés de cela :

Pour les deux « frères », les musulmans ne sont pas de vrais croyants. Pourquoi ?

Parce qu’ils aiment Mohammed plus qu’Allah. La preuve ? Rachid le marocain raconte comment lorsqu’il est au Maroc, il entend toujours les jeunes insulter Dieu lorsqu’ils sont furieux contre quelqu’un ou quelque chose, alors qu’ils se gardent bien d’insulter Mohammed (!) 

Suite à cette réflexion, Rachid change de sujet pour aborder les relations entre les religions et afin de démontrer que les musulmans ne respectent personne.

Alors, il commence par nous passer un enregistrement audio du cheikh Quaradaoui entrain de prier Dieu pour qu’il punisse « les juifs et les croisés » avant de nous annoncer que les musulmans ne connaissent pas le respect des autres religions, ils ne connaissent pas la tolérance. Et « lorsqu’un musulman dit qu’on doit respecter les religions, il ne vise que l’islam » c’est pour cette raison, que les musulmans devraient être « les derniers dans ce monde à pouvoir parler d’insultes ou d’injures ».

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Et voilà maintenant le moment le plus important de toute l’émission et pendant lequel on essayera « de faire passer la pilule ». en effet, en guise de clôture, Rachid nous rappel que « les caricatures du Prophète ne sont qu’une petite insulte à son égard contrairement à Jésus qui a été pendu pour me sauver et te sauver. Nous te demandons de lire des livres sur Jésus et de lui confier ta vie. La croix est la seule voie de sauvetage. » Alléluia !     

      

A partir de ce blog nous avons demandé auparavant aux autorités compétentes de sanctionner Al Hayet si jamais elle ne change pas de stratégie comme s’était le cas avec la chaîne du Hezbollah libanais Al Manar qui elle avait été interdite de diffusion en Europe à cause de sa diffusion d’un feuilleton antisémite.

Si non, et dans l’absence de toute sanction, Al Hayet serait la honte du Vatican car ses programmes n’ont rien a enviés aux déclarations et aux réflexions des plus extrémistes des islamistes. 

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dimanche 6 janvier 2008

54 % des arabes sont favorables aux attentats terroristes en Algérie !

aljazzeraQuelques heures seulement après les attentats meurtriers d’Alger le 11 décembre 2007, la chaîne de télévision Al Jazira avait demandée à ses téléspectateurs de répondre via internet à la question suivante : « Etes vous favorable à la poursuite des attentas suicides en Algérie ? » résultat : 54% des internautes ont répondu par oui !

Choquée par la réponse des téléspectateurs et surtout inquiète de la compagne qui avait été lancée contre elle par les médias algériens qui l’avait condamnée en raison de ce sondage d’apologie du terrorisme, Al Jazira s’est empressée –pour la première fois de son histoire- de retirer le sondage de son site internet sans plus d’explications.

Mais au-delà de la bourde d’Al Jazira, qui avait certes dès le départ mal posée la question, le plus inquiétant dans cette histoire c’est le résultat du sondage lui-même auquel ont participé pas moins de 5000 personnes.

Comment peut on expliquer que la majorité des participants se sont prononcés pour les attentats terroristes ?

S’agit-il réellement d’un taux qui a été réalisé grâce « à la forte mobilisation d’une minorité extrémiste et, en corollaire, un manque d’engagement de l’opinion publique dans son ensemble, souvent d’ailleurs qualifiée, dans le monde arabe, de majorité silencieuse » comme croit le savoir le rédacteur en chef de l’hebdomadaire tunisien l’Expression Ridah Kefi. Ou bien ce résultat traduit une donnée très importante et fort inquiétante et que d’ailleurs tout le monde se presse de détourner et de cacher et qui est le degré de fanatisme qui existe à l’intérieur de chacun d’entre nous.

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Soyons honnête et disons le clairement : si 54 % des internautes se sont prononcés pour les attentats suicides en terre musulmane et contre des musulmans, c’est qu’il y a un grave problème. Et au lieu d’essayer de trouver les justifications ou les excuses d’un tel résultat, nous devons commencer par le condamné avant d’essayer de lui trouver un remède.

Car contrairement à ce que pense beaucoup de gens, je crois que ce résultat n’est pas le fruit d’une mobilisation islamiste et n’est même pas le fruit des islamistes seulement mais aussi d’internautes qui ne sont pas forcement des extrémistes.

Le fanatisme existe chez une large tranche des musulmans et ceci vient principalement non pas de l’islam mais d’une certaine culture et d’une certaine interprétation de l’islam. Rappelez vous les scènes de joie que Beyrouth et Gaza avaient connu suite aux attentats du 11 septembre 2001. Ces scènes là n’étaient pas composées que d’islamistes.

Rappelez vous aussi le fait que malgré les attentats terroristes quasi quotidien que l’Irak connaît depuis des années contre les civils irakiens, aucune protestation et aucune manifestation n’a été lancée dans n’importe quelle république arabe pour dénoncer le massacre des innocents.

Et je ne parle même pas d’Oussema Ben Laden qui est toujours considéré par beaucoup comme un héro et un modèle et qu’un des plus important journaux arabes (Al Quds Al Arabi) continu d’appeler "Cheikh Oussema" et refuse de qualifier de terroriste.

Posez la question à votre entourage pour savoir si l’on considère Ben Laden terroriste ou pas et vous aurez un résultat similaire à celui du sondage d’Al Jazira sur les attentats d’Alger.

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Je pense que ce sont ces vérités là qu’on a l’obligation et le devoir de dire. Ce n’est que de cette manière que nous parviendrons à déclencher la sonnette d’alarme. Dire qu’il existe de la sympathie dans nos populations pour le djihadisme aveugle est sans doute le premier pas douloureux mais nécessaire pour trouver un remède à un phénomène que si l’on continu à ignorer ou à cacher finira un jour par triomphe. 

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jeudi 3 janvier 2008

Arrêt sur image : les islamistes et les derrières !

Nous avons choisi de démarrer cette nouvelle année 2008 par un peu d’humour.

Je vous propose de bien regarder la photo ci-dessous.

les_islamistes_et_les_derrieres

Pouvez vous me dire vers où regardent les 3 barbus qui sont sur la photo ?

Et bien vous l’avez bien deviné, ils regardent le derrière de la jeune femme en rose !

En plus, il ne s’agit pas de simples barbus.

Alors, s’avez-vous de qui s’agit-il ?

Oui, non… je ne vous fait pas patienté autre mesure : il s’agit pas moins de certains militants de l’ex-Front islamique du salut (FIS), le parti islamiste algérien, qui étaient dans l’attente à l’Aéroport d’Alger du retour d’exil de l’un de leurs dirigeants.

Vu ses protagonistes, cette photo mérite bien notre « arrêt sur image ».

Sur ce je vous souhaite à tous une très bonne année 2008 !

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pour_un_islam_meilleur

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jeudi 27 décembre 2007

Arrêt sur article : Lorsque le hijab devient dangereux pour la santé !

le_hijab_est_dangereux_pour_la_sante_de_la_femmeNous avons développés sur ce blog depuis quelque temps notre point de vue sur le hijab (le voile) à savoir que c’est un habit que nous considérons comme non obligatoire, ou plus exactement non imposé par le Coran mais par les fouquahas qui ont réussi à développer une littérature immense à son sujet qui a  fait que dans la tête de la majorité des musulmans le voile est devenu obligatoire.

Mais dans cette lutte pour la reconnaissance du caractère non obligatoire du hijab en islam, nous avons toujours préconisé de suivre le chemin de la raison et de répondre aux religieux par la preuve et en se basant sur le Texte sacré.

Seulement, il semble malheureusement que quelques uns qui développent une phobie contre le voile veulent utiliser des méthodes obsolètes et à la limite ridicules afin de défendre leur point de vue. Or tout n'est pas permis !

Tel est le cas de ce journal tunisien qui croyant bien faire a publié un article intitulé : « Une étude scientifique le prouve : le hijab est dangereux pour la femme ». Et notre journal d’expliquer que selon une étude effectuée par une doctoresse vivant au Danemark (aucune indication sur le nom de cette personne ni la source de l’étude) « le corps de la femme voilée absorbe de grande quantités de CO2 ce qui provoque l’apparition de certaines maladies. » !

Le journal ne s’arrête pas à ce stade mais il continu en interrogeant un docteur tunisien qui confirme les résultats de sa collègue en ajoutant que d’une part la poussière qui s’attache au hijab peut par l’effet de la respiration causer des dommages aux poumons de la femme voilée. Et d’autre part que le manque d’exposition du corps des femmes voilées au soleil peut causer une carence en calcium. !!

… et je vous laisse le plaisir de commenter ces dernières révélations scientifiques Oh combien intéressantes et qui semblent être d’une importance capitale pour l’ensemble de l’humanité !

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Posté par Hamza Belloumi à 11:27 - Humour - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 3 décembre 2007

Arrêtons ces imbécillités !

l_affaire_de_l_enseignante_britannique

Nous venons de l’apprendre, le président soudanais Omar Al-Bachir vient de gracier l’institutrice britannique Gillian Gibbons, 54 ans, emprisonnée au Soudan et qui a été condamnée par la justice soudanaise à 15 jours de détention et à l’expulsion du territoire Soudanais pour « atteinte à l’islam » après avoir autorisé ses élèves de 6 et 7ans à donner à un ours en peluche le prénom de Mohammed qui se trouve être celui du Prophète de l’islam.

L’affaire a fait couler beaucoup d’encre au Soudan et ailleurs mais c’était dans le sens de la condamnation de l’enseignante. Et le plus étonnant, reste le fait que rares sont ceux qui se sont indignés du déroulement des évènements et de la condamnation stupide de l’enseignante.

l_instutitrice_Gillian_GibbonsEn effet, une analyse objective des éléments de l’enquête qui sont dans notre possession fait ressortir qu’il s’agissait au départ d’un exercice d’expression écrite qui consiste dans l’écriture ‘‘des aventures de la peluche pendant toute une semaine’’. Pour cela, il a fallu donner un nom à cette peluche. Alors, l’enseignante a optée pour un processus démocratique dans la désignation de ce prénom. Elle a laissé ses élèves choisir le prénom de la peluche, et c’est la majorité de ces élèves qui a choisi le prénom de Mohammed, qui se trouve certes être celui du Prophète mais qui est aussi le prénom masculin le plus utiliser et le plus populaire dans tout le monde arabe.

Premier constat donc : contrairement à ce que beaucoup de médias ont voulus nous faire croire, ce n’est pas l’enseignante qui a choisi le prénom mais ce sont les élèves. Et s’il existe des gens (et il sont nombreux) qui pensent qu’elle n’aurait pas dû malgré tout attribuer ce prénom à la peluche, et bien ces gens là ne comprennent rien au processus démocratique que l’enseignante essaye d’inculquer à ses élèves : elle essaye de leur apprendre que c’est la majorité qui décide. Et ce n’est pas parce qu’elle est leur enseignante que sa décision doit obligatoirement primer.

Mais cela reste -semble-il- incompréhensible pour une majorité d’arabes qui désormais s’indignent de tout et de rien.

Je pense qu’au-delà du cas de cette malheureuse enseignante, cela reflète un malaise arabe qui ne fait que se confirmer. Et je dis bien malheureuse enseignante parce qu’on l’a jugé publiquement, politiquement et enfin judiciairement sans lui accorder ni bénéfice du doute ni présomption d’innocence :

Son école l’a renvoyé, l’opinion publique soudanaise et arabe l’a condamné -avant même tout jugement- et la justice soudanaise n’a fait qu’entériner un jugement qui a été déjà décidé !

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Il semble désormais que nous sommes condamnés à vivre avec ce sentiment général de complot permanent. Nous voyons dans tout ce que peut faire un non musulman une insulte à l’islam. Nous pensons que le monde n’a plus rien à faire qu’à insulter l’islam et les musulmans.  Nous sommes devenus des malades, des Don Quichotte et nous voyons partout des ennemis qui veulent nous détruire !

Si non, comment est ce possible que des gens sensés puissent descendre aussi bas et puissent être aussi simplistes ?

Non seulement nous condamnons quelqu’un pour un crime qu’il n’a pas commis, mais surtout nous nous condamnons nous même et nous faisons découvrir au monde jusqu’au l’imbécillité de certains d’entre nous peut conduire.

Parce que si jamais on suit l’analyse de ceux qui ont condamnés l’enseignante, et si jamais on admet une quelconque responsabilité de cette dernière, pourquoi est ce qu’on ne pourrait pas attribué -en toute bonne foi- à une peluche le prénom de Mohammed ?

Cette attribution, ne sera considérée comme outrageante que si jamais l’enseignante visait par delà ce prénom l’insulte du Prophète. Chose qui n’a jamais été démontré par personne.

Si non, si le fait d’accorder le prénom du Prophète -sans mauvaise foi- devient un crime, et bien nous devons condamner tous ceux qui ont accordés ce prénom aux futurs fous, aux futurs criminels, aux futurs soulards et à toute personne qui a dérivé du ‘‘droit chemin’’. Nous devons ensuite instruire un tribunal chargé de juger tous ces gens et pourquoi pas décider en passant d’interdire l’utilisation du prénom du Prophète parce que celui qui le porte pourrait un jour commettre un acte qui apportera déshonneur au prénom qu’il porte ! 

Vous voyez jusqu’au de tels raisonnements peuvent nous conduire.

Alors SVP arrêtons ces imbécillités. Soyons honnête. Soyons à la hauteur de cette religion. Soyons à la hauteur de ce Prophète qu’on prétend pourtant vouloir défendre alors même que nos actes sont les pires cauchemars que l’islam est entrain de connaître.

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Posté par Hamza Belloumi à 15:03 - Bêtises islamistes - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 22 novembre 2007

Naissance et déclin du mouvement islamiste tunisien (2)

histoire_du_mouvement_islamiste_tunisien__2_

C’est peut être en ayant connaissance du projet du coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987 que le premier ministre de l’époque, Zine El Abidine Ben Ali, décide de déposer constitutionnellement le 7 novembre 1987 le président Bourguiba et de lui succéder à la tête de l’Etat.

Le nouveau président se donnera comme tache prioritaire, la liquidation du mouvement islamiste par des actions simultanées et sur plusieurs niveaux.

Non seulement le niveau sécuritaire, qui n’a pas réussi à lui seule sous Bourguiba à liquider le mouvement, mais aussi sur les niveaux du symbolique et du politique.

Ainsi et en ce qui concerne le niveau symbolique, Ben Ali va se réapproprié la réislamisation de la société tunisienne :

- Il relancera l’appel à la prière des mosquées et surtout de la Radio-Télévision nationale.

- Il lancera des plans de construction et de restauration de nombreuses mosquées et Zaouias.

- Il assistera personnellement aux célébrations des fêtes musulmanes dans la grande mosquée de la Zitouna.

- Il rétablira le calendrier lunaire  pour la détermination du début et de la fin du mois de Ramadan.

- Il restaurera la faculté de la Zitouna et renforcera l’enseignement religieux au niveau supérieur.

- Il relancera le contact entre les imams et le Palais de Carthage en invitant ces derniers aux cérémonies organisées lors des fêtes religieuses au palais de la présidence de la république…

L’ensemble de ces actions visé en réalité à attaquer les islamistes sur leur propre terrain : voilà, semble dire le pouvoir, l’autorité que vous êtes entrain de combattre accorde beaucoup d’intérêt à l’islam contrairement à vos prétentions.

 

Sur le plan symbolique nous pouvons donc dire que le pouvoir a réussi à prendre le devant de la scène et a délégitimé les islamistes.

Sauf que cela ne suffisait pas car il fallait une action encore plus importante qui laminerait complètement le mouvement. Une telle action ne peut être qu’une action politique.

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Ainsi, Ben Ali invite les islamistes au dialogue et obtient une première réussite : le 7 novembre 1988, l’un des leaders du mouvement Noureddine Bhiri, signe au nom du MTI, Le Pacte National, un document signé par les principales forces politiques et organisations du pays et qui confirme les grandes lois de la République et surtout le Code du statut personnel.

Grande nouveauté,  il stipule que les mosquées doivent être sous le contrôle exclusif de l’Etat et qu’elles ne doivent pas se transformer en des lieux de confrontation politique.

Ben Ali répond par l’apaisement mais exclu catégoriquement la reconnaissance de ce mouvement tant qu’il se réclame de l’islam. Selon le président de la république,  l’islam est la religion de la majorité des tunisiens et aucun parti politique n’a le droit de se l’approprier.

Face à ce refus de reconnaissance, le mouvement tentera une dernière diversion : divisé en fraction modérée et autre radicale après la signature du Pacte national, la fraction modérée conduira un changement du nom du mouvement qui sera rebaptisé Hezb Ennahda (le Parti  de la Renaissance). Portant, sa demande de légalisation est rejetée encore une fois.

En effet, le parti ne change pas d’idéologie, il change de nom : le produit est le même mais avec un nouvel emballage. 

Mais malgré cela, les islamistes se présentent aux élections de 1989 sur des listes indépendantes. Avec un taux d’abstention de 40 %, ils n’arrivent à atteindre que 8 % des suffrages (15 % selon leurs estimations). Dans tous les cas de figure, le résultat est considéré comme un échec cuisant pour les thèses islamistes surtout que leurs candidats ont eu droit à des passages à la radio et à la télévision.

Rached Ghannouchi s’exil volontairement le 28 mai de la même année et Ben Ali -après avoir investi le champs symbolique et gagné sa première bataille politique- lance un vaste champs de réformes culturelles et éducatives :

Ainsi, il nomme le 11 avril 1989, Mohamed Charfi au poste de ministre de l’Eduction nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le but est claire : il s’agit d’éliminer tout ce que les islamistes ont réussis à introduire dans les manuels des écoliers et des lycéens tunisiens.

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Mohammed Charfi sera l’homme de la situation à partir du moment ou nul n’ignore son opposition farouche au projet de société des islamistes.

Ainsi, Charfi commencera par retirer de la circulation des manuels scolaires inspirés des idées islamistes. Il remet en place une ancienne circulaire interdisant le port du voile par les élèves et les professeurs et lance la rénovation progressive de l’ensemble des programmes scolaires.

Les réformes de Charfi ne tarderont pas à réveiller les islamistes qui profitent de l’occasion pour rappeler aux tunisiens le projet de société qu’ils envisagent  d’établir en Tunisie.

La majorité des tunisiens acquise aux idées du réformisme depuis les années Bourguiba refuse les schémas désignés par les islamistes et se rallie au pouvoir afin de mettre fin au projet apocalyptique des extrémistes.

Deuxième victoire pour Ben Ali : discrédités, les islamistes commencent à perdre la face devant la société tunisienne et l’ensemble des forces politiques se rallient au pouvoir autour d’un seul slogan « Pas de liberté aux ennemi de la liberté ».

Réconforté par ce ralliement, le pouvoir interrompt le dialogue avec les militants islamistes surtout après la découverte d’un certain nombre de plans visant à organiser des actes de terrorisme contre les intérêts de l’Etat et ses représentations. Suite à quoi, le pouvoir arrête en novembre 1990, un groupe d’activistes soupçonnés du vol de plus de 30 Kg d’explosifs dans une carrière de Tunis. Quelques jours plus tard, un deuxième groupe opérant sous les ordres de Habib Lassoued –ex membre d’Ennahda- est arrêté à son tour avant son passage à l’acte.

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Suite à ces démantèlements défensifs des « cellules dormantes » du mouvement, le pouvoir change de stratégie et passe à une action offensive : Fin décembre 1990 il opère une vague d’arrestation qui touche plusieurs membres et dirigeants du mouvement.

Là –fin 1990 et début 1991- le mouvement qui continu de proclamer depuis l’étranger son intention de s’emparer du pouvoir, va commettre deux erreurs stratégiques qui lui seront fatales :

1- Afin de coller aux sentiments des Tunisiens qui soutenaient le régime de Saddam Hussein contre les américains et les forces alliées, les dirigeants d’Ennahda se prononceront publiquement en faveur de Saddam Hussein et donc contre le Koweït et l’Arabie Saoudite, deux pays qui sont considérés parmi leurs plus importants soutien à l’étranger. Ainsi, le mouvement perd un soutien politique et surtout financier énorme.

2- Le 17 février 1991 à 4 heures du matin, le feu se déclare dans les locaux du Comité de coordination du RCD à Bab-Souika. Un groupe d’islamistes vient en effet d’envahir les locaux du RCD en plein Tunis. Ils ligotent les deux gardiens du bâtiment et mettent le feu.

Résultats : le bâtiment est complètement ravagé et les deux gardiens gravement brûlés. L’un d’eux, Ammar Saltani, mourra une quinzaine de jours plus tard suite à ses blessures.

Ce fut un traumatisme pour l’ensemble des tunisiens qui n’arrivaient pas à comprendre comme des gens qui se déclarent de l’Islam peuvent-ils être aussi barbares et aussi cruels en causant la mort d’un simple et innocent gardien ?

Quant au pouvoir, défié dans les locaux de son propre parti, au centre de la capitale tunisienne et dans la circonscription même du ministre de l’intérieur de l’époque, il comprend toute la portée symbolique de cet acte que les islamistes ont voulu lui faire parvenir.                  

Ainsi, avec ces deux séries d’événements : le soutien à l’Irak d’une part et l’assassinat du gardien des locaux du Comité du RCD de Tunis-Ville d’autre part, le mouvement islamiste perdra le peu de poids qu’il lui restait aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. Mais… il ne cédera pas et se repliera sur son dernier bastion : la faculté tunisienne.

Seulement, et suite aux événements de Bab-Souika le pouvoir décidera d’aller jusqu’au au bout et de clore définitivement le dossier de ce mouvement islamiste.

Ainsi, et en s’appuyant sur les affrontements violents qui ont eu lieu dans les universités tunisiennes entre forces de l’ordre d’une part et étudiants sympathisants des islamistes d’autre part durant l’hiver 1991, le pouvoir décidera de suspendre l’UGTE, une organisation estudiantine islamiste, et de réglementer l’affichage et les réunions à l’intérieur des universités.

Les islamistes répliquent encore une fois par la force et déclenchent des affrontements avec la police à Tunis, Sousse et Kairouan.

Bilan officiel : deux morts et quatorze blessés.

Le 22 mai 1991, Abdallah Kallel, ministre de l’intérieur dévoile l’existence d’ « un complot diabolique en cinq phases destiné à assurer la prise du pouvoir par les islamistes ».

Ces derniers seraient parvenus à infiltrer l’armée, la garde nationale et la police desquels 34 membres seront condamnés par la justice pour leur participation à ce « complot » et e