mardi 8 avril 2008
Fitna, voici ce que contient le film
Le film Fitna, du député d’extrême droite néerlandais, Geert Wilders, a été mis en ligne le 27 mars dernier sur le site YouTube avant d’être retiré par ce dernier mais reprit par le site britannique d’échange de vidéos liveleak.com qui a fini à son tour par le retiré de ses pages suites aux nombreuses contestations et menaces dirigées contre ses dirigeants (d’après ce que ces derniers ont annoncés).
Dans ce film de 17 minutes et d’une violence choquante envers l’islam, le député –membre d’un parti néerlandais anti-musulman- montre des versets du Coran associés aux actes de certains terroristes islamistes prétextant que « c’est le Coran qui ordonne à ses disciples d’accomplir ces actes criminels. »
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Le film commence par les images d’une copie du Coran ouverte et sur laquelle on a reproduit la caricature du Prophète Mohammed avec un turban sous forme de bombe. Puis suit la lecture d’un verset du Coran incitant les fidèles à « terroriser les ennemis d’Allah », une lecture accompagnée par les images des attentats terroristes du 11 septembre 2001 et de Madrid.
Le film montre aussi des violences contre les femmes dans le monde musulman ainsi que les prêches anti-sémites de certains imams.
Wilders exploite aussi une interview des enfants d’une femme kamikaze, qui montre deux enfants prêts à suivre la voie de leur mère.
Enfin, le film se termine par le son d’une page déchirée mais une voix nous informe qu’il ne s’agit pas d’une des pages du Coran car « il ne me revient pas, mais il revient aux musulmans de déchirer les pages qui alimentent la haine ».
Malgré le fait qu’aucun site populaire d’échange de vidéo sur internet n’a repris encore une fois la diffusion de ce film, Fitna existe toujours sur la toile.
© Islamiqua avec : Corriere dela serra, The News York Times et La Libre
dimanche 6 avril 2008
Pour en finir avec la conversion de Allam
Magdi Allam est devenu : Magdi Cristiano Allam. Il s’est converti au christianisme et a été baptisé par le pape en personne à l’occasion de la veillé pascale le 22 mars dernier. L’information de sa conversion a fait le tour du monde et un très grand nombre de médias internationaux lui ont accordé beaucoup de développements et d’espace. 
Que quelqu’un qui se réclamait des réformistes annonce ainsi sa conversion de l’islam au christianisme, cela est en soi important à analyser et à comprendre. Mais que cette conversion se déroule dans les conditions que nous vous avons présentés sur ce blog (médiatisation immense, baptême par le pape en personne et en direct sur les chaînes de télévision, courrier pamphlétaire de la part du journaliste expliquant les raisons de sa conversion …), cela dépasse le cadre de la liberté de chacun à exprimer ses convictions religieuses et cache des objectifs beaucoup plus importants.
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Mais avant d’aborder ces objectifs, j’aimerais expliquer aux 40 % d’entre vous qui considèrent que la conversion de Magdi Allam est « un acte sans aucune importance » et qui me reprochent par la suite le fait de lui accorder autant de développements et d’espace sur les pages de ce blog, que nous avons fait ce choix pour démontrer à tout le monde que tous les musulmans n’ont pas peur des convertis. Que tous les musulmans ne condamnent pas les conversions et que nous n’avons absolument pas peur de parler de ces gens qui quittent l’islam pour une autre religion.
Pendant deux semaines, nous avons abordé par les articles, les images et le très grand nombre de commentaires des lecteurs de ce blog, cette conversion. Et notre seul but était de dire qu’ici on parle de tout et qu’on n’a peur d’aucun converti.
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Cela dit, venons maintenant à nouveau à cette conversion mais cette fois pour analyser ses sens et ses significations. En effet, tout s’éclaircit avec l’article de Magdi Allam dans lequel il a annoncé sa conversion au christianisme (et que Islamiqua à reproduit).
Il le dit sans le vouloir, cette conversion n’est pas seulement un acte de liberté religieuse, un acte de foi, c’est plutôt et surtout un acte de militantisme à la faveur non seulement des conversions mais aussi du rôle que Allam souhaite voir l’Eglise remplir.
Pour Magdi Allam, cette Eglise doit se lancer dans la conversion de tous les musulmans sans aucune crainte ni aucune peur :
« Eh bien aujourd’hui, avec le témoignage de Benoît XVI, on se dit qu’il faut vaincre la peur et n’avoir aucune crainte dans l’affirmation de la vérité de Jésus même envers les musulmans. »
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Voilà un ex-réformiste musulman qui, n’ayant pas trouvé de solutions aux problèmes de l’islamisme, pense qu’on pourrait le résoudre par …l’évangélisation de tous les musulmans !
Venant de sa part, lui le journaliste polémiste très connu par ses propos durs, envers non seulement les islamistes mais aussi l’islam, cela ne nous étonne point. Mais qu’une telle « stratégie » soit validée par le pape en personne, est bien la signification de ces paroles changent complètement de sens.
Sur les pages de ce blog, nous avons accordé auparavant à Magdi Allam beaucoup d’espace en traduisant les plus importants de ses articles et en le classant dans la catégorie des contestataires. Nous l’avons même défendu lorsqu’à l’époque certains avaient mis en doute le fait qu’il était musulman.
Sur les pages de ce blog aussi, nous avons accordé le bénéfice du doute et de la bonne foi au pape Benoît XVI et nous l’avons défendu lorsque la majorité des musulmans ont considéré que ses propos tenu à Ratisbonne dans le fameux discours qu’il avait prononcé étaient injurieux et insultants pour l’ensemble des musulmans.
Nous l’avons fait parce que nous croyons à la liberté de penser.
Magdi Allam a le droit de dire ce qu’il veut. Le pape à aussi le droit de dire ce qu’il pense.
Mais, il semble que Allam ne veut plus se contenter de dire, il veut agir, agir en lançant une évangélisation massive en direction des musulmans parce que « la vérité de Jésus doit être affirmée même envers les musulmans ».
Mais le plus grave encore une fois, c’est le fait qu’il semble que le Pape Benoît XVI est aussi convaincu par cette prise de position de Allam.
Or, il faut le dire clairement au pape ainsi qu’a l’Eglise qu’il dirige : si jamais une telle politique d’évangélisation serait mise en œuvre, est bien nous risquons une immense « guerre des religions » et c’est l’Eglise qui serait entièrement responsable.
dimanche 30 mars 2008
L’article dans lequel Magdi Allam annonce sa conversion au christianisme

Cher directeur,
Ce que je vais t’annoncer concerne mon choix de foi religieuse et de vie personnelle et je ne veux en aucun mode qu ce choix influence le Corriere dela sera auquel j’ai l’honneur d’appartenir depuis 2003 avec le titre de vice président ad personam.(…)
Hier soir, je me suis converti à al religion chrétienne catholique, renonçant à ma précédente foi musulmane. Ainsi, a vu la lumière, grâce à Dieu, le fruit sain et mature d’une longue gestation (…)
Je suis particulièrement reconnaissant à sa sainteté le Pape Benoît XVI qui m’a baptisé dans la Basilique de Saint Pierre au cours de la solennelle célébration de la veillée pascale [le 22 mars dernier]. Et j’ai assumé le nom chrétien le plus simple et explicite : « Cristiano » (Chrétien).
A partir d’hier je m’appelle donc « Magdi Cristiano Allam ». Pour moi, c’est le plus beau jour de ma vie. Acquérir le don de la foi chrétienne dans la reconnaissance de la Résurrection du Christ par les mains du saint père est, pour un croyant, un privilège inimaginable.
A presque 56 ans, c’est un fait historique, exceptionnel et inoubliable qui annonce un changement radical et définitif par rapport au passé.
Le miracle de la résurrection du Christ a éclairé mon âme en la libérant des ténèbres d’une prédiction où la haine et l’intolérance envers « le différent », condamné comme étant un ennemi, priment sur l’amour et le respect du « prochain » qui est toujours une « personne ». Mon esprit s’est libéré de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation. La mort violente qui conduit à l’homicide et au suicide. L’aveugle soumission et la tyrannie, me permettant d’adhérer à l’authentique religion de la Vérité, de la vie et de la Liberté. Pour ma première Paque en tant que chrétien, je n’ai pas seulement découvert Jésus. J’ai découvert pour la première fois le vrai et unique Dieu, qui est le Dieu de la foi et de la raison.
Ma conversion au christianisme est le point d’arriver d’une graduelle et profonde méditation intérieur a laquelle je n’aurai pas pu me soustraire vu que depuis 5 ans je suis contraint de vivre une vie blindée avec la vigilance à la maison et l’escorte par les policiers a chacun de mes mouvements, à cause des menaces et des condamnations à mort qui m’ont été infligés par les extrémistes et les terroristes islamistes, que ce soit ceux résidants en Italie ou ceux actifs à l’extérieur.
J’ai du m’interroger sur l’attitude de ceux qui ont publiquement émis des fatwas me dénonçant moi qui été musulman comme « ennemi de l’islam », « hypocrite parce que c’est un chrétien copte qui fait semblant d’être musulman afin de nuire à l’islam », « menteur et diffamatoire de l’islam », légitimant ainsi ma condamnation à mort.
Je me suis demandé comment est ce possible, que moi, qui me suis battu pour un islam modéré, assumant la responsabilité de m’exposé en première ligne dans la dénonciation de l’extrémisme et du terrorisme islamique, je suis fini par être condamné à mort au nom de l’islam et sur la base d’une légitimation coranique. Ainsi, j’ai du prendre acte, qu’au delà du phénomène de l’extrémisme et du terrorisme islamiste sur le plan mondiale, les racines du mal sont inhérente à un islam qui est physiologiquement violent et historiquement conflictuelle. (…)
Sa sainteté à lancé un message explicite et révolutionnaire à une Eglise qui jusqu’à présent a été trop prudente dans la conversion des musulmans, refusant de faire prosélytisme dans les pays à majorité musulmane et se taisant sur la réalité des convertis dans les pays chrétiens.
Par peur. la peur de ne pas pouvoir veillé sur les convertis face a leur condamnation à mort pour apostasie et la peur des représailles contre les chrétiens résidants dans les pays musulmans.
Et bien aujourd’hui, avec le témoignage de Benoît XVI, on se dit qu’il faut vaincre la peur et n’avoir aucune crainte dans l’affirmation de la vérité de Jésus même envers les musulmans.
De ma part, je dis que c’est l’heure de mettre fin à l’arbitraire et à la violence des musulmans qui ne respectent pas les libertés du choix religieux.
En Italie, il y a des milliers de convertis à l’islam qui vivent sereinement leur nouvelle foi. Mais il y a aussi des milliers de musulmans convertis au christianisme contraint de cacher leur nouvelle foi de peur d’être assassinés par les extrémistes islamistes qui s’introduisent entre nous. (…)
Et bien, j’espère qu’avec le geste historique du Pape et de mon témoignage nous serons convaincus que le moment est venu de sortir des ténèbres et d’affirmer publiquement leur notre volonté d’être pleinement nous même.
Si nous ne serons pas en position, ici en Italie, au cœur du catholicisme, à notre maison, de garantir la pleine liberté religieuse, comment pouvons nous être crédible lorsque nous dénonçons la violence de pareilles libertés dans le reste du monde ? (…)
Magdi Allam / 23 Mars 2008

mercredi 26 mars 2008
Magdi Allam baptisé, l’information fait le tour du monde

Magdi Allam, le célèbre éditorialiste italien d’origine égyptienne, vice président du prestigieux journal italien : « Corriere dela sera ». Spécialiste incontournable depuis quelques années dans la critique de l’islamisme en général et de celui italien en particulier, il avait défendu pendant très longtemps le fait qu’il été de foi musulmane malgré les critiques assez sévères qu’il avait pour toutes les pratiques islamistes au point d’être menacé de mort par des groupes terroristes.
A la surprise générale, Allam a annoncé sa conversion au christianisme et a été baptisé par le Pape Benoît XVI en personne à l’occasion de la veillée pascale le 22 mars dernier.
L’information de la conversion au christianisme de Allam a fait la tour du monde et a été annoncé par un très grand nombre de médias internationaux et ce en raison de la notoriété de cet éditorialiste et du fait qu’il se considérait comme un réformiste de l’islam.
Islamiqua qui a déjà consacré des articles à Magdi Allam ainsi qu’à ses idées, reviendra sur cette information avec d’une part la traduction de la tribune dans laquelle le journaliste a annoncé ça conversion et d’autre part une « lettre ouverte à Magdi Allam ».
En attendant, voici un tour du monde des sites qui ont repris l’information surprise de la conversion de Allam.
H.B




lundi 24 mars 2008
Islamiqua : déjà 2 ans !

Ce 24 mars, Islamiqua fête son deuxième anniversaire. Depuis 2 ans j’ai essayé de faire de ce blog d’abord un lieu d’information sur l’islamisme et (un peu moins) le réformisme et ensuite un lieu de rencontre et de dialogue entre les différents courants et les différents points de vues. Et c’est pour cette raison que j’ai décidé de maintenir une liberté d’expression totale sur les pages du blog. Une liberté à laquelle je tiens beaucoup malgré le fait qu’un grand nombre de commentaires des internautes dépassent toutes les limites objectives et versent dans la subjectivité et les insultes.
Ainsi et durant deux ans, deux commentaires seulement ont été sanctionnés sur un nombre qui avoisine les 1000 commentaires.
Après deux ans d’existence, Islamiqua peut être fier d’être devenu l’un des sites de référence en matière de commentaires et d’analyses du fait islamiste. Durant deux ans, nous avons abordé un très grand nombre de sujets. Ainsi, nous sommes retourné sur l’affaire du voile islamique, sur celle de la relation du premier président de la Tunisie –Bourguiba- avec l’Islam, sur les médias et l’extrémisme, sur la démocratie en islam, sur certaines fatwas des islamistes, sur le danger islamiste au Maghreb, etc.
Pendant ces deux ans d’existence, les pages d’islamiqua ont été visités par plus de 30.000 visiteurs et nous avons eu plus de 60.000 pages vus. Quotidiennement, une centaine d’internautes font confiance à islamiqua pour les informer et pour déposer leurs commentaires. Pour un blog tunisien, cela constitue déjà un résultat honorable. Mais je ne vous cache pas que notre objectif et beaucoup plus important et que nous vison à multiplier le nombre de nos visiteurs et ce afin d’assurer le maximum de diffusion pour les idées que nous proposons sur ce blog.
Et afin de réaliser cet objectif, je vous annonce que j’ai l’ambition de faire de Islamiqua un site incontournable en matière d’information et d’analyse non seulement de l’islamisme mais du fait religieux en général. Et pour cela, Islamiqua ne sera plus le blog que vous aviez l’habitude de visiter et sur lequel il n’y avait que des articles écrits par son administrateur.
A partir d’aujourd’hui, ce blog se transformera en un blog-journal où il y aura hebdomadairement non seulement mes articles mais aussi une sélection d’articles, d’analyses et de commentaires issus des plus prestigieux médias internationaux.
Merci à vous tous pour l’intérêt que vous portez à ce projet réformiste. Merci au 70 % d’entre vous qui accordent la mention très bien à ce blog. Et n’oubliez pas de continuer à nous lire et à nous soutenir.
Hamza Belloumi
Administrateur du blog
jeudi 6 mars 2008
Islamiqua prépare son deuxième anniversaire

Le 24 mars prochain, Ce blog fêtera sa deuxième année d’existence. Au cours de ces deux années Islamiqua a abordé un très grand nombre de sujets et vous a offert (je l’espère) des articles intéressants sur des questions qui sont au cœur des changements que connais la scène arabo-musulmane.
D’ici le 24 mars, je vais prendre un peu de temps de réflexion sur la meilleur manière de perfectionner ce travail, sur comment faire de la troisième année du blog une année importante et crucial dans son développement. J’envisage déjà de nouvelles idées et j’ambitionne d’aborder beaucoup plus de sujets. Mais je vous demande aussi votre avis.
Alors en bas de ce post, vous trouverez un sondage sur la note que vous souhaité accorder à ce blog et sur votre appréciation de ce travail. Mais à part cela, je serai heureux de recevoir vos idées de développement, ce que vous souhaitez lire dans ce blog. Ce qui vous dérange, et puis globalement ; vos suggestions, vos critiques et vos remarques.
En attendant le lancement de la nouvelle formule du blog pour le 24 mars prochain, je vous souhaite de passer d’agréables moments.
Hamza Belloumi
Administrateur du blog
jeudi 21 février 2008
Caricatures du Prophète

Le journal danois Jyllands-Posten qui avait suscité la polémique il y a deux ans en publiant 12 caricatures du Prophète Mohammed, vient de republier, le mercredi 14 février, les fameuses caricatures et ce à titre de soutient et de protestation contre le projet d’attentat déjoué les 11 et 12 février par la police danoise et qui avait visé l’un des caricaturistes du journal auteur de la plus polémique des caricatures : celle qui représentait le Prophète avec un turban sous forme de bombe prête à exploser.
Cette nouvelle publication vient à son tour après la publication par 17 journaux danois le mercredi 13 févier de la caricature incriminée toujours à titre de soutient pour le caricaturiste incriminé.
A l’occasion de ces nouvelles publications, et des menaces de mort qui continuent de peser -deux ans après- sur les caricaturistes, j’ai décidé de revenir sur cette question afin de démontrer les vrais responsables derrière toute cette affaire.
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Des millions de manifestants partout dans le monde, des consulats européens brûlés, des dizaines de personnes mortes, des dizaines de marques boycottées, des ministres limogés et d’autres poursuivis en justice, des personnalités politiques qui s’excusent pour l’atteinte inadmissible aux sentiments des musulmans et des journalistes qui refusent toute censure au nom de la sacro-sainte liberté d’expression.
Vous l’avez devinez, sans doute, il s’agit là de certaines retombés de la publication par le journal danois Jylland-Posten de 12 caricatures du Prophète Mohammed sous le titre : « Les 12 visages de Mohammed ».
Des retombés et une polémique qui ne cesse d’accroître jour après jour depuis trois semaines pour former les éléments d’un chapitre inédit dans l’histoire des pays musulmans.
Depuis l’explosion des manifestations, la question de la publication de ces caricatures a été abordée de mille et une manière :
Pour certains ce n’est qu’une continuation de la problématique modernité et tradition en terre d’Islam, pour d’autres, il s’agit d’une nouvelle affaire illustrant la politique des deux poids, deux mesures entreprise depuis longtemps par l’occident envers tout ce qui concerne les musulmans.
D’autres encore l’analyseront comme une affirmation de la thèse relative au « choc des civilisations ». Sans oublier ceux qui considéreront cette affaire comme l’affirmation de l’inculture, de l’immaturité, du sous-développement et du recul des sociétés musulmanes, et ceux au contraire qui considèreront que l’affaire ne relève que de la croissance d’une islamophobie de plus en plus visible en occident.
Rare seront ceux qui analyseront cette situation comme découlant directement d’une certaine conception de l’Islam que les musulmans eux-mêmes diffusent partout dans le monde.
En effet, personne ne s’est interrogé sur le fait que sur « les 12 visages de Mohammed », il n’y a aucun portrait positif représentant l’Islam et son Prophète :
Pourquoi la majorité des 12 caricaturistes ont choisi de représenter le Prophète comme un fanatique, intolérant, autoritaire et même terroriste ?
Pourquoi il n’y avait personne pour le représenter comme un homme de bien, de paix, d’amour et de tolérance ?
Autrement dit, pourquoi les danois, et avec eux les européens, ont cette conception négative de l’islam ?
Je pense que la réponse à ces questions nécessite tout d’abord une réponse à une question encore plus importante : Qui est responsable de cette image négative de l’Islam et des musulmans ?
Même si je ne nie pas le fait que certains intellectuels, politiciens et journalistes Occidentaux s’amusent à diffuser la haine et l’intolérance à l’encontre de l’Islam et des musulmans, je ne peux nier -non plus- que nous sommes les (1ers ) responsables de cette conception.
Notre responsabilité est évidente et on peut la relever de deux manières :
1 d’abord, je pense que nous sommes responsables des idées
véhiculées par certaines de ces caricatures.
En effet, sur les 12 caricatures du Prophète j’ai été particulièrement frappé par 3 d’entres elles :
- la première représente un homme menaçant, tenant un couteau (ou
une épée) avec, à son arrière plan, deux femmes portant le nikab.
Qui est responsable de cette conception de l’Islam à savoir l’oppression des femmes par les
hommes et l’autoritarisme qu’ils exercent sur le genre féminin de leur famille ?
Ne sont-ils pas les musulmans (ou du moins certains d’entre eux) qui sont directement responsables de cette conception. Ne sont-ils pas les islamistes qui crient jour et nuit que la femme doit être subordonnée à l’homme et suivre ces injonctions ? Ne sont ils pas eux qui se disent être fidèles par leurs comportements à la Sunna du Prophète ?
Pourquoi s’étonner alors de voir un caricaturiste danois croire que le Prophète de l’Islam est à l’image de ces musulmans ?
- La deuxième, représente un homme sur un nuage s’adressant aux
« martyres » en leur affirmant qu’il n’y a plus de hour el ain au
paradis à cause du nombre important -et qui ne cesse de croître-
des chuhada.
Là aussi j’aimerai vous demandez à qui revient la responsabilité de cette conception ?
Ne sont-ils pas les musulmans qui utilisent le mot chahid à tort et à travers pour qualifier toute personne qui trouve la mort ?
Ne sont-ils pas ces mêmes musulmans qui incitent les jeunes à se sacrifier pour diverses causes afin de rejoindre le paradis et avoir pour épouses éternelles les hour el ain ?
- La troisième représentation, la plus blessante, est certainement là
ou figure un homme avec, à sa tête, une bombe, en forme de kéfié
prête à s’exploser : il s’agit d’un amalgame entre le Prophète et le
terrorisme.
Je repose ici la même question :
Qui a fait croire aux occidentaux que le musulman est synonyme de violence, intolérance et semeur de mort ?
Ne sont-ils pas les islamistes qui, par leur attentats perpétrés partout dans le monde, ont fait que certains occidentaux ne conçoivent plus les musulmans que comme des bombes humaines ?
Donc, avant de crier au scandale contre les caricaturistes danois, il faut crier au scandale contre nos fanatiques kamikazes qui ont permis par leurs comportements aux occidentaux d’avoir cette conception erronée de l’Islam.
2 Notre responsabilité ne s’arrête pas à ce stade mais elle le dépasse
avec une implication non moins importante que la première.
En effet, les musulmans condamnent aujourd’hui certains
occidentaux pour avoir diffamer le Prophète et à travers lui l’Islam.
Au-delà du fait que nous sommes les 1ers responsables de cette
diffamation, je pense que nous-mêmes avons diffamés L’Islam et en
particulier le Coran et nos lieux saints.
Comment est ce possible ?
Regarder les différents symboles et « logos » des multiples groupes islamistes et vous ne tarderez pas à trouver la réponse :
* Celui des frères musulmans représente le Coran entouré de deux
epées (!)
* Celui du attawhid wal jihad (le monothéisme et la guerre sainte)
représente le Coran au milieu d'un globe terrestre avec une mitraillette
Kalachnikov qui jaillit du Livre saint (!).
* Celui du « groupe salafiste pour la prédication et le combat » (le GSPC)
représente, à son tour, le Coran au milieu d’un sabre et d’une
mitraillette Kalachnikov (!).
* Ceux de toutes les organisations islamistes palestiniennes représentent
les territoires palestiniens et/ou la mosquée d’Al-Aqsa entourés d’épées
et de Kalachnikovs (!).
Permettez moi de le dire : ces représentations sont aussi une atteinte à l’Islam et une mauvaise représentation de ses valeurs et de ses principes.
Ils ne font que diffuser une idée selon laquelle l’islam est la religion de la violence.
Pourtant personne n’a pensé à critiquer ces symboles et à condamner le blasphème qu’ils portent.
Or, avant de manifester contre les caricatures danoises du Prophète, nous aurions du protester contre l’image de l’Islam tel que diffusée par les symboles de nos propres organisations.
(Ce texte a été écrit en février 2006)

jeudi 14 février 2008
Le voile et la Turquie
C’est désormais officiel, dans quelques jours, date de la promulgation par le Président de la République turque du nouvel amendement constitutionnel, toutes les femmes qui souhaitent porter le hijab à l’intérieur des facultés turques peuvent le faire sans aucun problème.
Cela s’inscrit dans l’ordre normal des choses étant donnée que la Turquie est gouvernée aujourd’hui par un Parlement majoritairement islamiste, un gouvernement entièrement islamiste et un président parfaitement islamiste.
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Les avis sur ce sujet divergent, il y a ceux qui considèrent qu’il ne s’agit là que d’un simple retour à la normale ; le port ou non du voile est l’une des « libertés individuelles » et méconnaître ce droit reviendrait à transgresser les droits de l’homme. Pour d’autre, cela n’est que la confirmation du triomphe de l’islamisme dans le monde musulman en général et en Turquie en particulier.
Pour ma part, je considère, quelque soit le camp qu’on soutient dans cette guerre entre laïque et religieux, qu’on ne peut contester le fait qu’il s’agit là d’une régression dans la situation de la femme en Turquie et ailleurs.
La raison qui me pousse à dire cela est simple : si l’on considère que le port du voile est une obligation religieuse que les musulmanes sont tenus de respecter, nous seront dans l’obligation de dire que la Charia est obligatoire est que nous sommes tous tenus de respecter et d’appliquer ce qu’elle prévoit. On aura ainsi élevé le travail d’un certain nombre de religieux musulmans du rang de l’humain et du discutable au rang du sacré et de l’indiscutable.
Car nous l’avons dit et redit plusieurs fois : ce n’est pas la Coran qui impose le port du hijab mais c’est la Charia. Or la Charia est constituée d’un ensemble d’obligations dites religieuses que les Oulémas musulmans ont inventés en se basant sur leur interprétation personnelle du Coran et de la Sunna du Prophète : c’est dire le caractère subjectif d’un tel texte.
Et le danger de ce corpus de règles découle du fait qu’il est caractérisé par l’existence en son sein d’un très grand nombre de règles inhumaines qu’une certaine interprétation de l’islam dans une certaine période a permis aux religieux d’imaginer.
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La situation est donc la suivante : ce n’est pas le voile qui pose problème en soi mais c’est la légalisation du port du voile et sa reconnaissance comme étant une obligation religieuse qui poserait problème parce qu’une telle reconnaissance reviendrait à reconnaître la force obligatoire de la Charia et par conséquent à intégrer les règles qu’elle contient dans les législations des pays musulmans.
Car c’est là la prochaine étape de ce processus : aujourd’hui, on vous dit que le respect de la liberté personnelle vous oblige à respecter le droit des femmes à porter ou non le voile. Mais demain, on vous dira que le respect de la liberté du culte vous oblige à respecter (si non à appliquer) les règles prévus par la Charia.
Ainsi la boucle sera bouclée ; de la liberté de porter ou non le voile nous passerons à l’obligation du port du voile pour toutes les musulmanes, à une séparation stricte dans l’école, dans les supermarchés, dans les bus, et pourquoi pas dans les rues entre hommes et femmes, à l’application des peines corporelles inhumaines prévus dans la Charia, à l’abandon du processus démocratique qui serait en contradiction avec les textes de la Charia…
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Voila pourquoi nous considérons que le retour du voile est dangereux. Mais le paradoxe vient du fait que celles qui seront les premières victimes de ce retour triomphale du voile sont celles même qui défendent aujourd’hui le port du foulard islamiste. Le voile n’est que le premier pas dans la privation de la femme de ses droits et libertés. C’est une privation consentie qui donnera aux religieux le droit d’appliquer à ces dernières l’ensemble de la littérature islamiste sur l’infériorité des femmes par rapport aux hommes, les devoirs qu’incombent à ces dernières et la manière d’être des femmes idéales. A savoir « ne jamais quitter le domicile de son père que pour celui de son mari et ne jamais quitter le domicile de son mari que pour sa tombe ». Bel programme en perspective !

mardi 12 février 2008
Islamiqua News

La police danoise réussie à déjouer un attentat visant un auteur des caricatures de Mahomet.
Deux ans après la publication des caricatures de Mahomet dans un journal danois, qui avait soulevé une tempête de protestations dans différents pays musulmans, la sécurité de leurs auteurs n'est toujours pas assurée. La police danoise vient en effet de déjouer un projet d'attentat contre l'un des douze dessinateurs du plus grand quotidien danois, Jyllands-Posten, qui avait publié en septembre 2005 les caricatures controversées du prophète.
Trois personnes ont été arrêtées dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 février lors d'une opération menée par le service de renseignement de la police (PET) dans la région d'Aarhus (centre). Selon une source policière, un Danois d'origine marocaine et deux ressortissants tunisiens ont été interpellés. Le PET a "souhaité ne pas prendre des risques inutiles" intervenant "à une phase préliminaire pour faire avorter ces plans d'attentat" selon son directeur, Jakob Scharf, notant que "cette opération doit avant tout être perçue comme une mesure préventive".
Selon le quotidien Jyllands-Posten, le caricaturiste menacé est Kurt Westergaard, auteur de la caricature la plus controversée montrant la tête du prophète avec un turban en forme de bombe avec la mèche allumée. Agé de 73 ans, M. Westergaard et son épouse, Gitte, ont été pendant plus de trois mois sous une intense protection policière après la publication des caricatures, devant changer plusieurs fois de domicile après la découverte de plans d'attentat contre eux.
Avec Le Monde.fr
mercredi 23 janvier 2008
Médias et extrémisme (3): Les nouveaux moyens de prédiction

Certains participants à la table ronde sur « les médias et l’extrémisme » ont abordé les nouveaux moyens qu’utilisent les extrémistes pour diffuser leur idéologie : agences de communication, chaînes de télévisions, et sites web. Une véritable industrie que certains orateurs nous on décrites parfaitement.
Agences de communications
Pour ce qui est des agences de communication, le journaliste Borhane Besaies cite le cas d’ ‘‘Essahab’’, « cette agence de communication chargé de promouvoir l’image de Ben Laden, qui se distingue par son excellente technicité, présente Ben Laden et Al-Zawahiri en train de marcher côte à côte dans un décor naturel et imposant, celui des montagnes de Tora Bora, le message symbolique qui, à travers cette image et la précision de son éclairage, s’infiltre dans la conscience de la masse –privée de tout sens critique-, mais aussi d’un certain nombre d’intellectuels, et que les deux leaders d’Al-Qaïda ressemblent à Moïse et à son frère Aaron. Ben Laden se transforme ainsi en une sorte de saint révolté contre la voracité et la domination du capital. Ce savoir faire des extrémistes rend notre mission et notre combat pour la tolérance, le dialogue entre les cultures, extrêmement difficiles. »
Sites web
Ce savoir faire, sera d’avantage important pour ce qui concerne les sites web auxquels Iqbal Gharbi a consacré son intervention dans laquelle elle a essayé « de contourner, par une analyse de contenu d’une vingtaine de sites destinés aux femmes, l’image de l’identité proposée aux internautes femmes ainsi que la construction de l’altérité exposée dans cet espace numérique. »
Ainsi Iqbal Gharbi nous rappel qu’ « Au début des années 90, l’unique organisation islamique qui possédait son site web était, selon l’expert égyptien de l’islamisme Dhia Rachwan, la Jamaa uislamiya égyptienne. Même la redoutable Al-Qaïda n’a pu revendiquer les attentats de Nairobi et de Dar Assalam que par fax !
Par la suite, les islamistes ont accru leur utilisation de l’internet, pourtant symbole de la technologie occidentale, et même américaine qu’ils récusent et qu’ils condamnent au quotidien ; mais le pragmatisme justifie l’utilisation d’un médium présentant de si nombreux avantages et une technologie éprouvée. »
Mais Mme Gharbi, consacrera son analyse aux sites islamistes destinés aux femmes. Des sites qui selon elle remplissent quatre fonctions principales :
« 1- Enseignement à distance :
Une littérature croissante et largement distribuée en ligne aux membres de cette communauté virtuelle, notamment des sermons, cartes, essais théoriques, théologiques, traductions du Coran, qui servent à l’endoctrinement, au recrutement, à la mobilisation.
Cet enseignement virtuel sert à promouvoir les principes théologiques et idéologiques mais aussi à convertir de vastes étendues du cyberespace en une « université du Djihad ouverte.
2- Diffusion de la propagande salafiste :
L’internet se prête très bien à la diffusion de la propagande : sur le fond, on ne remet pas en cause ce qui est diffusé. Sur la forme, l’Internet est un média adapté car il permet simultanément de toucher une vaste population de millions d’internautes grâce à son développement dans le monde. En outre, paradoxalement, chaque internaute est touché individuellement, sans possibilité de réfléchir. De plus, ce moyen de communication est accessible à domicile, dans les administrations, dans les cybercafés et désormais sur les téléphones mobiles.
3- La mobilisation :
Ce moyen de communication permet aussi, par les relations qu’il met en place, la mobilisation, grâce à la formation qu’il propose, une adaptation des entités salafistes au milieu qui les entoure. Et peut être une coordination de groupes ou d’individus à des fins d’action violente. Les internautes réceptifs, qui semblent très intéressés par la cause d’une organisation ou aptes à servir cette cause, sont contactés d’une manière individuelle grâce aux possibilités croissantes de conversation personnelle en linge.
4- Le cyberterrorisme :
Il correspond aux activités terroristes menées dans le cyber espace. Il désigne entre autre les opérations où l’on emploie des techniques de piratage contre le site web d’une cible dans le but d’en perturber le fonctionnement. Les occupations de sites web laïcs et progressistes, comme le site ‘‘www.rezgar.com’’, régulièrement attaqué virtuellement, les bombardements électroniques automatiques, les entrées illégales dans les ordinateurs, les virus et les vers informatiques dirigés contre une catégorie d’auteurs, les messages à caractère pornographique envoyés à certaines internautes. En mars 2006, la DGSE française a dépisté un groupe de discussion où des jihadistes recrutaient des hackers pour détruire des sites impies. « Si vous ne pouvez pas les égorger, détruisez au moins leurs sites », recommandaient-ils ! »
Et pour finir, Mme Gharbi nous informe que « les sites féminins correspondent parfaitement au profit idéologique des néo-fondamentalistes, notamment dans leurs :
- approche littérale du texte sacré ;
- insistance sur la morale ;
- refus du relativisme et de l’historicité de l’islam ;
- manipulation et falsification de la mémoire collective musulmane (…)
Par ailleurs, ces sites ont une représentation diabolisée de l’Autre. L’Occident est ainsi représenté comme un bloc homogène, qui complote régulièrement contre l’islam et les musulmans. En conséquence, le djihad devient un devoir personnel (fardh ain), car les Occidentaux occupent la Palestine et l’Irak.
L’Autre, dans ces sites, n’est pas uniquement l’Occidental. Il est aussi le musulman chiite, laïc, libéral, etc. »
Chaînes de télévisions
Enfin, la production télévisée qui est le troisième moyen de propagande islamiste et le premier en terme d’influence, a été remarquablement décortiquée par M. Khemaies Khayati (auteur d’un livre sur le discours salafiste dans les chaines arabes) dont l’analyse est d’une importance capitale.
Ainsi, après avoir signalé que son angle de vision de ces programmes était « celui d’un citoyen de la Tunisie moderne, pays méditerranéen, arabe et africain, profondément musulman depuis le 8ème siècle » Khayati nous présente sa lecture du paysage télévisuel arabe :
« Actuellement, le paysage cathodique arabe, dans ses composantes thématiques, généraliste ou musicales, est détenu à 30 % par le capital (étatique ou privé) saoudien, qui dépasse 5 milliards de $US. Aux chaînes saoudiennes s’ajoutent celles appartenant aux Etats du Golf ou du Croissant fertile, notamment irakiennes et principalement chiites comme ‘‘Al-Kawthar (pro-iranienne), ‘‘Al-Zahra’’, etc. (…)
Ce formatage, qui se fait graduellement par ce que nous appellerons « l’intégrisme ordinaire », est une étape dans la propagation des préc

