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samedi 17 mars 2007

Ayaan Hirsi Ali

l_infidele

« Infidèle », c’est le titre qu’a choisie Ayaan Hirsi Ali pour son livre qui vient de sortir aux Etats-Unis d’Amérique ou elle vit depuis septembre 2006 date à laquelle elle a été invitée à rejoindre l’un des plus importants institut conservateur américain : The Américain Enterprise.

Aane_Hersi_AliAyaan se définie dans son livre comme une femme qui « milite pour les droits des femmes, la réforme de l’islam et la sécurité de l’Occident. »

Seulement, l’islam elle l’a abjuré depuis les attentats du 11 septembre (d’où le titre de son livre) et ce qu’elle dit à son propos est d’une violence impressionnante.

Mais si je vous parle aujourd’hui de Ayaan Hirsi Ali se n’est pas parce que je partage ses idées mais tout simplement parce que c’est une contestatrice qui -malgré qu’elle ne dit pas beaucoup de vérité- a beaucoup de succès en Occident en général et en amérique en particulier (son livre est classé sixième aux E.U).

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Ayaan Hirsi Ali, 38 ans, somalienne d’origine, elle a résidé en Arabie Saoudite, en Ethiopie, au Kenya avant de s’établir aux Pays Bas ou elle sera promue membre du parlement après son combat contre… l’immigration.

Dans son livre, Hirsi parle d’une enfance très difficile dans une société traditionaliste et pauvre. Mais d’après une interview qu’elle vient d’accorder au magazine américain Newsweek, et contrairement a ce que disent ses détracteurs, son apostasie n’aurait pas de rapport avec sa pénible jeunesse. Elle n’abjura l’Islam qu’après les attentats du 11 septembre : « j’ai commencé [alors] a étudié l’agenda de Ben Laden et a en faire la comparaison avec ce qui est écrit au Coran, et j’ai vérifier qu’elle s’y trouvée. »

C’est peu être ce qui a motivé sa collaboration avec le réalisatuer Théo Van Gogh pour la réalisation d’un court métrage de 10 minutes intitulé Soumission qui critiqua la situation de la femme musulmane.

Ce film sera à l’origine de l’assassinat du réalisateur par un jeune marocain de 26 ans en 2004.

 

Depuis, Hirsi bénéficie d’une protection policière rapprochée, suite aux nombreuses fatwas et menaces de morts qu’elle a reçue.   

Mais, ne lui dite surtout pas que ce n’est pas comme ça qu’on réforme l’islam !

Parce qu’elle vous répondra que ce n’est pas a elle de reformer cette religion. Elle ne fait que dire les ‘‘vérités’’ et elle laisse aux autres le soin d’apporter les  réformes !

Les vérités de Hirsi ?

Voici quelques exemples :

« Le vrai Islam conduit à la rigidité »

« Ceux qui ont portés ce sentiment [de haine] pour l’amérique et l’Occident, ne représentent pas un groupe de fou extrémistes. J’ai appris que l’écrasante majorité des musulmans considère que ses attaques sont une légitime vengeance contre les ennemis apostats de l’islam. »

« Chaque musulman religieux, qui souhaite pratiquer le vrai islam est un sympathisant des Frères Musulmans. »

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Il est claire que ce ton polémique de Hirsi Ali ne servira point le réformisme dans le monde musulman, mais peut être que nous avons besoin de ce genre de discours pour se réveiller une bonne foi pour toute et ouvrir les yeux sur notre situation, certes pas aussi cauchemardesque que celle que décrie Hirsi mais non moins préoccupante.

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Ce ton de Hirsi Ali a fait récemment l’objet d’une polémique qui a opposé sur les pages du Monde deux auteurs : Pascal Bruckner et Ian Burma.

Je vous rapporte quelques extraits de leurs articles parce que l’opposition de leur point de vue reflète parfaitement l’opposition qui existe entre pro et anti- Ayaan Hirsi aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du monde musulman.

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Dans une tribune intitulée « En finir avec le multiculturalisme » (Le Monde du 20.02.2007), Pascal Bruckner attaque le livre d’Ian Burma (On a tué Théo Van Gogh) et se lance dans la défense de Hirsi :

« La différence entre elle et Mohammed Bouyeri, le meurtrier de theo Van Gogh, c’est qu’elle n’a jamais préconisé le meurtre pour faire triompher ses idées. Les seules armes dont elle use sont la persuasion, la réfutation, le discours. (…)

Isolée, promise à l’égorgement par les radicaux, contrainte de vivre entourée de gardes du corps, Ayaan Hirsi Ali doit en plus subir, comme Robert Redeker, ce professeur de philosophie français menacé de mort par des sites islamistes, les sarcasmes des grands esprits et des donneurs de leçon. Les défenseurs de la liberté seraient donc des fascistes, tandis que les fanatiques sont dépeints comme des victimes ! (…)

Ayaan Hirsi Ali, il est vrai, déjoue les stéréotypes du politiquement correct en cours : Somalienne, elle proclame la supériorité de l’Europe sur cette région de l’Afrique ; femme, elle échappe au destin d’épouse et de mère ; musulmane, elle dénonce ouvertement l’arriération du Coran. Autant de clichés bafoués qui font d’elle une insoumise et non une de ces insurgées en toc comme nos sociétés en produisent à la pelle. (…) »

L’intéressé, l’essayiste Ian Buruma répliquera à cette attaque dans l’édition du 28 février 2007 du Monde dans un article intitulé « Combattre l’intégrisme, mais sana alarmisme »:

« S‘il a eu l'amabilité de lire mon livre, On a tué Théo Van Gogh, (Flammarion, 2006), je ne comprends pas comment Pascal Bruckner, dans sa tribune publiée dans Le Monde du 20 février, en a tiré la conclusion que celui-ci constituait une attaque contre Ayaan Hirsi Ali. Les deux dernières phrases d'On a tué Théo Van Gogh sont : "Et Ayaan Hirsi Ali a dû quitter la scène (les Pays-Bas). Mon pays paraît plus petit sans elle."

Je suis d'accord avec Ayaan Hirsi Ali pour affirmer que la démocratie libérale doit être défendue contre la violence extrémiste, et que l'on doit protéger les femmes contre toute maltraitance. Les seules différences entre elle et moi portent sur les priorités. Etant passée de l'islamisme dévot à l'athéisme, elle a tendance à voir dans la religion en général, et l'islam en particulier, la racine de tous les maux, notamment celui des violences faites aux femmes. Elle réduit à une seule menace monolithique la diversité des traditions culturelles, des coutumes tribales et des antécédents historiques, même à l'intérieur du monde musulman. L'islam tel qu'il est pratiqué à Java n'est pas le même que celui observé dans un village marocain, au Soudan ou à Rotterdam.

Etre tolérant ne signifie nullement être aveugle aux différences. (…)

Ayaan Hirsi Ali a parfaitement le droit de traiter le prophète Mahomet de "pervers", tout comme M. Bruckner a le droit de traiter les musulmans de "brutes" (dans la version intégrale du texte de Pascal Bruckner, consultable sur le site : signandsight.com). Mais si le projet est de réformer l'islam, alors de telles dénonciations ne sont peut-être pas le meilleur moyen d'y parvenir. Isoler les djihadistes et combattre leurs dogmes dangereux est chose trop importante pour céder aux polémiques grossières. (…) »

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Posté par Hamza Belloumi à 22:24 - Les contestataires - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 2 octobre 2006

Magdi Allam : Anti-musulman ou anti-islamiste ?

Magdi_AllamMagdi Allam, éditorialiste et vice président du prestigieux journal italien Corriere della serra passe en Italie pour être un éminent spécialiste de l’islam et de l’islamisme. Depuis quelques années, il dirige une tribune quasi-quotidienne dans les colonnes de Il Corriere dans laquelle il s’intéresse « aux thèmes les plus débattus en Italie et qui regarde le monde plurale et globalisé : immigration, islam, dialogue entre les civilisations, identité nationale, droits de l’Homme ». Mais, depuis des mois, il consacre ses articles exclusivement à l’Islam et à l’islamisme.

J’ai découvert Magdi Allam après le 11 septembre 2001 sur les plateaux de Rai 1, la chaîne publique italienne dans laquelle on a sollicité ces analyses dans plusieurs émissions dont le plus célèbre programme politique : Porta a Porta.

Et ce n’est que récemment (grâce à internet) que j’ai découvert ces écrits dans Il Corriere della Serra.

Depuis, j’ai essayé de suivre ce qu’il écrit et d’entendre ce qu’il dit afin d’avoir une idée précise sur sa personne et surtout sa pensé.

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L’auteur, d’origine Egyptienne, se déclare musulman mais ses détracteurs jurent qu’il est un copte Egyptien. Les analyses qu’il a fait sur les musulmans et l’islamisme lui ont valu la reconnaissance des médias internationaux ainsi que plusieurs prix et distinctions honorifiques.

Il écrira plusieurs livres a succès mais deviendras très vite la cible d’attaques et de fatwas incitants à sa mort.

Il est vrai que ses propos sur l’islam peuvent choquer. Mais il est vrai aussi que ses analyses sont d’une pertinence telle qu’on ne peut les balayer d’un revers de main. Si quelques-uns le présentent comme un anti-musulman, il me semble plutôt qu’il soit anti-islamiste.

Partant de ce constat, j’ai décidé d’introduire certains des articles de Magdi Allam dans Islamiqua. J’essayerai de traduire les plus intéressants et les plus pertinents de ses écrits. Je partage avec lui certaines de ses conclusions et je conteste d’autres. Mais ce n’est jamais une raison pour bannir des idées remarquablement exposées par leur auteur. 

Je critiquerai, sur le fond, certaines de ses prises de positions, et je vous invite à faire de même, mais je ne m’aventurerai pas dans les insultes et les critiques de façade. On n’est pas là pour déclarer le degré de religiosité de telle ou telle personne, on est là pour analyser les idées qui trouvent un fondement logique et réel qu’elles émanent d’un musulman, d’un chrétien, d’un juif, d’un laïque, d’un athées ou de toute autre personne.

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Voici le point de vue de Magdi Allam sur les déclarations du pape Benoît XVI à propos de l’islam.

La vérité de l'histoire 

Les musulmans contre le Pape : "il nous a offensés, nous demandons des excuses"

Magdi_AllamElle est désolante et préoccupante, l'image des musulmans qui ont donné de la vie à un front international unitaire pour attaquer le Pape et exiger des excuses publiques. De Ben Laden aux Frères Musulmans, du Pakistan à la Turquie, de Al Jazeera à  Al Arabiya,  a re-émergé cette alliance transversale et universelle déjà émergée à occasion de l'événement des caricatures sur Mohamed. Et qui atteste, en mode claire, que la racine du mal est une aveugle idéologie de la haine opérante entre les musulmans qui violent la foi et terrifient les esprits. Pourquoi jamais des musulmans, surtout les soi-disant modérés, ne se sont pas soulevaient avec tel et tant de violence contre les vrais et éternels profanateurs de islam : les terroristes islamiques qui massacrent les mêmes musulmans au nom du même Dieu, les extrémistes islamiques qui légitiment la destruction d’Israël et inculque la foi dans le soi-disant "martyre" islamique, pendant que maintenant ils se sentent obliger de promouvoir une sorte de "guerre sainte" islamique contre le chef de l'Église catholique qui légitimement exprime ses évaluations sur l'islam, avec respect mais aussi de conscience en la diversité qui naturellement existe entre les deux religions ?

Les considérations faite par le  Pape, en citant l'empereur byzantin Manuel II Paléologue, sur la diffusion de l'islam par l'épée, soit de la part de Mohamed à l'intérieur de la Péninsule Arabique soit de la part de ses successeurs dans le reste du monde (avec certaines exceptions), sont un fait historique incontestable. Même le Coran l'atteste ainsi que la réalité du passage de l’islam dans l'ensemble de l'empire byzantin à l’est et au sud de la Méditerranée, puis, l’expansion au nord de l’Europe et à l’est de  l’Asie.

Nier la réalité historique est simplement une folie et sa ne peut engendrer que folie. Je me rappelle qu'un plus des important islamologues contemporains, l'égyptien Mohammad Said El Eshmawi, m’a dit dans la moitié des années Quatre-vingt-dix qu'il ne partageait pas tout à fait la conquête militaire - réalisée par les tribus arabes - des Pays chrétiens de la Méditerranée et qu'il aurait préféré qui l'islam soit répandu pacifiquement ainsi comme se produisit dans le sud asiatique. Et bien, le Pape est menacé pour avoir dit ce que chaque musulman honnête et raisonnable devrait accepter : la réalité historique.

La leçon à tirer est que l'Occident et la chrétienté doivent cesser de se considérer la cause de tout ce qui se passe, pour le mieux et pour le pire, au sein l'islam et dans le reste du monde. L'idéologie de la haine est une réalité ancestrale qui existe au sein l'islam depuis ses exordes, pour son refus à reconnaître et à respecter la pluralité des communautés religieuses et ce en raison de la subjectivité du rapport entre le fidèle et Dieu et l'absence d'un unique référent spirituel qui incarne l'absoluité des dogmes de la foi. Et elle est une réalité qui, à partir de la défaite des armées arabes dans la guerre de 1967, a enregistré un incessant cabrage parallèlement à la croissance du pouvoir des extrémistes islamiques de l'Iran à l'Indonésie. Jusqu'à aboutir dans la dérive du terrorisme islamique globalisé, qui a transformé l'Occident même en "fabrique de kamikaze".

Celle-ci est la tragique réalité de l'idéologie de la haine qui réussit à coaguler le consentement entre tous les musulmans imprégnés d’antiaméricanisme, d’anti-occidentalisme et de la hostilité préjudicielle au droit d'Israël à l'existence. Les prétextes qui peuvent déchaîner leur fureur changent, de l'occupation israélienne à la guerre américaine, des caricatures sur Mohamed aux déclarations du Pape. Mais le problème est à l’intérieur de cet islam transformé par les extrémistes d'une foi en Dieu en une idéologie qui tend à imposer un pouvoir théocratique et totalitaire sur tous ceux qui ne sont pas à leur image et ressemblance. Et il m'effraye de constater que même les soi-disant musulmans modérés ont renoncés au sens de la raison et ils se sont alignés à la "guerre sainte" dont ils seront les principales victimes.

Magdi Allam 

15 septembre 2006 

Posté par Hamza Belloumi à 06:38 - Les contestataires - Commentaires [712] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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