dimanche 11 octobre 2009
Al Azhar interdit le niqab dans certains cours

L'université d'Al-Azhar, au Caire, a annoncé jeudi 8 octobre avoir interdit le port du niqab, ou voile intégral, dans les cours auxquels n'assistent que les femmes ainsi que dans la résidence universitaire de cette prestigieuse institution islamique sunnite.
La presse égyptienne avait rapporté la semaine dernière que l'imam d'Al-Azhar, cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, avait l'intention d'interdire le port du niqab, qui ne laisse voir que les yeux à travers une mince fente, dans les établissements dépendant d'Al-Azhar.
"Le Conseil suprême d'Al-Azhar a décidé d'interdire aux étudiantes et enseignantes de porter le niqab dans les cours fréquentés par les femmes et qui sont donnés par elles uniquement", indique Al-Azhar dans un communiqué.
Le texte indique que l'interdiction s'applique aussi aux résidences universitaires et lycées affiliés à l'université.
Controverse
Le communiqué laisse à penser que les étudiantes peuvent continuer de porter le niqab dans les cours fréquentés par la gent masculine.
Selon le communiqué, Al-Azhar ne s'oppose pas au niqab mais au fait qu'il "soit gravé dans les mentalités des filles".
Les déclarations la semaine dernière de l'imam Tantaoui sont intervenues après une décision controversée, appliquée depuis le début de l'année universitaire, interdisant l'accès des résidences de l'Université du Caire aux étudiantes portant le niqab.
Le niqab de plus en plus porté
L'université et le ministère de l'Enseignement supérieur démentent avoir pris un décret anti-niqab, mais le fait est que des étudiantes portant le voile intégral ont été arrêtées par des gardes lorsqu'elles ont tenté de gagner leur chambre.
Les Frères musulmans, principale force d'opposition, se sont élevés mercredi contre les propos de l'imam Tantaoui, l'appelant à démissionner.
Une grande majorité des Egyptiennes musulmanes porte le hijab, un foulard cachant les cheveux et le cou, mais le nombre de femmes portant le niqab est en augmentation depuis quelques années.
Les réactions continuent à se multiplier en Egypte mais aussi dans le monde arabo-musulman contre la décision du conseil supérieur d’al Azhar d’interdire le niqab, voile intégral, dans certaines écoles. Islamistes mais aussi beaucoup de musulmans pratiquants s’élèvent contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leur liberté religieuse.
Si la décision provoque autant de réactions, c’est à cause de sa dimension symbolique. Al-Azhar est en effet considéré comme une des plus grandes autorités de l’islam sunnite.
Le grand imam, le cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, est la cible de toutes les attaques. C’est lui qui, Il y a quelques jours, en visite dans un lycée, avait demandé à une lycéenne de retirer son niqab, estimant que ce voile relevait de la tradition et non de la religion. Ses propos ont été jugés « honteux » par un député salafiste koweïtien. Cet acte a provoqué la colère des Frères musulmans qui ont exigé au Parlement la démission du cheikh d’al-Azhar.
Une nouvelle bataille autour du niqab, devenu le symbole de la lutte entre islamistes et musulmans modérés.
© Islamiqua d'après : Jeune Afrique, RFI, Le Monde
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vendredi 30 juin 2006
Voyage en Egypte (3) : Comment les frères musulmans ont t-ils infiltrés le système éducatif égyptien ?
Présent en Egypte depuis 1927, date de la fondation de leur organisation, les frères musulmans auront à leurs débuts une influence minime et des partisans réduits à quelques radicaux islamistes, l’organisation devient depuis une incontournable force d’opposition dont le poids ne cesse de s’accentuer jour après jour (voir Islamiqua du 23 juin 2006) et pourrait même prendre le pouvoir en Egypte si le jeux démocratique est respecté dans les prochaines élections !
Comment cette organisation a pu réussir là ou des dizaines de partis politiques ont échoués ?
Les spécialistes de l’islamisme évoquent plusieurs raisons dont surtout l’échec des politiques étatiques entamées le lendemain des indépendances. Un échec qui va pousser les populations arabes souffrantes de misère, de chômage et d’analphabétisme à recourir au religieux afin de trouver un remède spirituel à leurs maux. D’où la résurgence du sentiment religieux.
Mais ce facteur n’explique pas tout à lui seul et il faudra ajouter d’autres pour que l’image soit claire.
En préparant ce dossier sur l’Egypte j’ai découvert une des caractéristiques des organisations islamistes en générale et des Frères en particulier : un grand nombre des cadres de l’organisation sont des enseignants et des professeurs.
Et en dressant un tableau non trop exhaustif on découvre que les personnalités islamistes les plus influentes en Egypte sont des enseignants :
*Saiid Kootb : Célèbre islamiste radical, un des théoriciens de l’islamisme djihadiste, cadre aux frères musulmans depuis 1952. Il était un professeur de langue arabe et fut candidat au poste de ministre de l’éducation.
Ces écrits fondamentalistes furent enseignés en Egypte jusqu’en 1965.
*Mohamed Hassan Achmawi : L’un des membres des frères musulmans, partisan de l’enseignement religieux dans les écoles civiles. Fut ministre de l’éducation et participa au développement des écoles islamistes des frères.
*Ahmed Assoukari : L’un des fondateurs de l’organisation, fut cadre dans le ministère des Maaref (éducation).
*Mohamed Mehdi Akef : « secrétaire » général des frères depuis 2004, fut un enseignant.
Et la liste et très langue : Mohamed Farid Abd Kalek, Mohamed Ali Bechr, Mohammed Habib, Salah Abou Ismail, Hafedh Salema, Youssef El Badri…
Et il s’agit là des cadres de l’organisation seulement et la tendance se confirme pour « la base ».
Une situation qui va permettre aux frères d’islamiser de plus en plus le système éducatif, de former les esprits de leurs étudiants selon leur vision et de se constituer une base de fidèles.
Cette infiltration donnera plus de résultats avec la construction des écoles et des mosquées financés par l’argent des enseignants égyptiens expatriés dans les pays du golf dans les années 1970… les mêmes enseignants islamistes !
Et depuis personne n’a pu les arrêter.
Et le résultat de tout ce qui précède c’est la situation actuelle en Egypte telle que nous vous l’avons présentés dans ce dossier Voyage en Egypte. Une situation très délicate à laquelle nous aurons l’occasion d’y revenir à plusieurs reprises.
lundi 26 juin 2006
Voyage en Egypte (2) : Ces artistes qui détestent l’art !
Nous sommes en Egypte, et plus exactement au quartier Zamelek, l’un des quartiers les plus chic de la capitale égyptienne.
Il y a plus de 100 ans, ce quartier a vu la naissance de l’école des beaux-arts. Une institution qui va fonctionner normalement jusqu’aux débuts des années 1970 date à laquelle le courant islamiste égyptien décide de lui mener « la guerre ».
Sur fonds de Fatwas interdisant les sculptures, les clichés photographiques et les images de tout ce qui est humain et vivant, l’école égyptienne des beaux-arts se trouvera bientôt inondée d’étudiants religieux intransigeants :
Ce que pratique cette école est haram et complètement interdit par la charia musulmane.
Amoureux de l’art alors qu’ils étaient bacheliers et ayant choisit pour cela une institution capable de les former à ses techniques et procédures, certains des étudiants se sont transformés en de véritable policiers et conseillers pour interdire à celui-ci la sculpture et conseiller à celle là de ne plus prendre de photos d’êtres humains.
Ce que nous raconte, l’hebdomadaire égyptien Rosa El Yossef sur la situation de l’art en Egypte est étonnant par ses détails et très inquiétant par ses résultats.
En visite à l’école des beaux-arts, le magazine nous raconte la situation très délicate de cette institution qui se trouve de plus en plus fustigée et « malmenée » par ces propres étudiants.
Les témoignages sont époustouflants !
* selon quelques étudiants, il y a avait à l’entrée de l’école 5 sculptures importées de France et d’Italie afin de décorer l’école et « d’inspirer les étudiants ». Seulement, à cause de la nudité de ces œuvres et suite aux nombreuses pressions du courant islamiste, la direction de l’école à fini par « obéir » aux injonctions islamistes de déplacer ces « catastrophes » et de les installer dans une zone exclut de la faculté.
* Plusieurs étudiants, qui avaient choisit l’école des beaux-arts, ont décider après avoir été influencer par « les barbus » de choisir une branche d’étude qui ne se trouverait pas contraire à l’islam !
C’est ainsi que la majorité à choisit de joindre la branche architectural qui se trouve à l’école afin d’échapper à la branche : sculpture, ou celle : photographie.
En revanche pour celles est ceux qui avaient « moins de chances » et qui ont choisit ces deux branches « maudites », ils essayent de se rattraper :
Désertification des travaux appliqués (T.A) et substitution des objets vivants par des corps de la nature (arbre, fleur, rivière … remplacent l’homme et de l’animal) dans une facultés ou le nombre des étudiant sculpteurs ne dépasse plus la vingtaine !
vendredi 23 juin 2006
Voyage en Egypte (1) : Les frères musulmans ; islamistes "made in" Egypte
Depuis très longtemps, les islamistes jouent un rôle très important en Egypte. Leurs partisans se content par millions et on dit même qu’ils sont la première force politique du pays.
Suite aux dernières élections législatives ils étaient sur le point d’avoir la majorité absolue au Parlement égyptien s’il n’y avait pas eu, comme ils le disent, interventions et falsifications des résultats de la part du ministère de l’intérieur égyptien qui a ordonné l’arrestation de plusieurs centaines de leurs partisans.
Ils se réunissent depuis 1928 sous la bannière des « Frères musulmans » étant donné que toutes les autres organisations islamistes (dont la Jamaa Islamiaa) sont en perte de vitesse.
Puissante confrérie avec des liens et des partisans dans la majorité des Etats arabes, les frères musulmans prônent la création de républiques islamiques non seulement en Egypte mais aussi dans le reste du monde arabe et en particulier en Jordanie et en Syrie ou ils représentent la plus importante force d’opposition.
En Egypte, les Frères musulmans ont réussit a gagnés cette année 88 sièges sur les 454 que compte le parlement et sont devenu la principale force d’opposition.
Mais il faudrait signaler qu’une « guerre » intense oppose depuis des décennies le pouvoir égyptien à la confrérie islamiste. Une guerre qui a conduit d’une part à l’interdiction de l’organisation (toujours interdite mais tolérée) et d’autre part à l’arrestation de milliers de ses partisans et de ses cadres, sans pour autant venir à bout de la confrérie qui influence toujours de plus en plus de jeunes.
Pour vérifier l’influence des islamistes sur les jeunes en Egypte nous sommes parti en visite à certains campus ou on dit que le courant islamiste est très influent. Le récit étonnant de cette visite vous attend Lundi 26 juin sur Islamiqua.
Soyez au rendez-vous !




