Islamiqua | Blog-journal du réformisme

Blog-journal du réformisme

jeudi 22 novembre 2007

Naissance et déclin du mouvement islamiste tunisien (2)

histoire_du_mouvement_islamiste_tunisien__2_

C’est peut être en ayant connaissance du projet du coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987 que le premier ministre de l’époque, Zine El Abidine Ben Ali, décide de déposer constitutionnellement le 7 novembre 1987 le président Bourguiba et de lui succéder à la tête de l’Etat.

Le nouveau président se donnera comme tache prioritaire, la liquidation du mouvement islamiste par des actions simultanées et sur plusieurs niveaux.

Non seulement le niveau sécuritaire, qui n’a pas réussi à lui seule sous Bourguiba à liquider le mouvement, mais aussi sur les niveaux du symbolique et du politique.

Ainsi et en ce qui concerne le niveau symbolique, Ben Ali va se réapproprié la réislamisation de la société tunisienne :

- Il relancera l’appel à la prière des mosquées et surtout de la Radio-Télévision nationale.

- Il lancera des plans de construction et de restauration de nombreuses mosquées et Zaouias.

- Il assistera personnellement aux célébrations des fêtes musulmanes dans la grande mosquée de la Zitouna.

- Il rétablira le calendrier lunaire  pour la détermination du début et de la fin du mois de Ramadan.

- Il restaurera la faculté de la Zitouna et renforcera l’enseignement religieux au niveau supérieur.

- Il relancera le contact entre les imams et le Palais de Carthage en invitant ces derniers aux cérémonies organisées lors des fêtes religieuses au palais de la présidence de la république…

L’ensemble de ces actions visé en réalité à attaquer les islamistes sur leur propre terrain : voilà, semble dire le pouvoir, l’autorité que vous êtes entrain de combattre accorde beaucoup d’intérêt à l’islam contrairement à vos prétentions.

 

Sur le plan symbolique nous pouvons donc dire que le pouvoir a réussi à prendre le devant de la scène et a délégitimé les islamistes.

Sauf que cela ne suffisait pas car il fallait une action encore plus importante qui laminerait complètement le mouvement. Une telle action ne peut être qu’une action politique.

●●●

Ainsi, Ben Ali invite les islamistes au dialogue et obtient une première réussite : le 7 novembre 1988, l’un des leaders du mouvement Noureddine Bhiri, signe au nom du MTI, Le Pacte National, un document signé par les principales forces politiques et organisations du pays et qui confirme les grandes lois de la République et surtout le Code du statut personnel.

Grande nouveauté,  il stipule que les mosquées doivent être sous le contrôle exclusif de l’Etat et qu’elles ne doivent pas se transformer en des lieux de confrontation politique.

Ben Ali répond par l’apaisement mais exclu catégoriquement la reconnaissance de ce mouvement tant qu’il se réclame de l’islam. Selon le président de la république,  l’islam est la religion de la majorité des tunisiens et aucun parti politique n’a le droit de se l’approprier.

Face à ce refus de reconnaissance, le mouvement tentera une dernière diversion : divisé en fraction modérée et autre radicale après la signature du Pacte national, la fraction modérée conduira un changement du nom du mouvement qui sera rebaptisé Hezb Ennahda (le Parti  de la Renaissance). Portant, sa demande de légalisation est rejetée encore une fois.

En effet, le parti ne change pas d’idéologie, il change de nom : le produit est le même mais avec un nouvel emballage. 

Mais malgré cela, les islamistes se présentent aux élections de 1989 sur des listes indépendantes. Avec un taux d’abstention de 40 %, ils n’arrivent à atteindre que 8 % des suffrages (15 % selon leurs estimations). Dans tous les cas de figure, le résultat est considéré comme un échec cuisant pour les thèses islamistes surtout que leurs candidats ont eu droit à des passages à la radio et à la télévision.

Rached Ghannouchi s’exil volontairement le 28 mai de la même année et Ben Ali -après avoir investi le champs symbolique et gagné sa première bataille politique- lance un vaste champs de réformes culturelles et éducatives :

Ainsi, il nomme le 11 avril 1989, Mohamed Charfi au poste de ministre de l’Eduction nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le but est claire : il s’agit d’éliminer tout ce que les islamistes ont réussis à introduire dans les manuels des écoliers et des lycéens tunisiens.

●●●

Mohammed Charfi sera l’homme de la situation à partir du moment ou nul n’ignore son opposition farouche au projet de société des islamistes.

Ainsi, Charfi commencera par retirer de la circulation des manuels scolaires inspirés des idées islamistes. Il remet en place une ancienne circulaire interdisant le port du voile par les élèves et les professeurs et lance la rénovation progressive de l’ensemble des programmes scolaires.

Les réformes de Charfi ne tarderont pas à réveiller les islamistes qui profitent de l’occasion pour rappeler aux tunisiens le projet de société qu’ils envisagent  d’établir en Tunisie.

La majorité des tunisiens acquise aux idées du réformisme depuis les années Bourguiba refuse les schémas désignés par les islamistes et se rallie au pouvoir afin de mettre fin au projet apocalyptique des extrémistes.

Deuxième victoire pour Ben Ali : discrédités, les islamistes commencent à perdre la face devant la société tunisienne et l’ensemble des forces politiques se rallient au pouvoir autour d’un seul slogan « Pas de liberté aux ennemi de la liberté ».

Réconforté par ce ralliement, le pouvoir interrompt le dialogue avec les militants islamistes surtout après la découverte d’un certain nombre de plans visant à organiser des actes de terrorisme contre les intérêts de l’Etat et ses représentations. Suite à quoi, le pouvoir arrête en novembre 1990, un groupe d’activistes soupçonnés du vol de plus de 30 Kg d’explosifs dans une carrière de Tunis. Quelques jours plus tard, un deuxième groupe opérant sous les ordres de Habib Lassoued –ex membre d’Ennahda- est arrêté à son tour avant son passage à l’acte.

●●●

Suite à ces démantèlements défensifs des « cellules dormantes » du mouvement, le pouvoir change de stratégie et passe à une action offensive : Fin décembre 1990 il opère une vague d’arrestation qui touche plusieurs membres et dirigeants du mouvement.

Là –fin 1990 et début 1991- le mouvement qui continu de proclamer depuis l’étranger son intention de s’emparer du pouvoir, va commettre deux erreurs stratégiques qui lui seront fatales :

1- Afin de coller aux sentiments des Tunisiens qui soutenaient le régime de Saddam Hussein contre les américains et les forces alliées, les dirigeants d’Ennahda se prononceront publiquement en faveur de Saddam Hussein et donc contre le Koweït et l’Arabie Saoudite, deux pays qui sont considérés parmi leurs plus importants soutien à l’étranger. Ainsi, le mouvement perd un soutien politique et surtout financier énorme.

2- Le 17 février 1991 à 4 heures du matin, le feu se déclare dans les locaux du Comité de coordination du RCD à Bab-Souika. Un groupe d’islamistes vient en effet d’envahir les locaux du RCD en plein Tunis. Ils ligotent les deux gardiens du bâtiment et mettent le feu.

Résultats : le bâtiment est complètement ravagé et les deux gardiens gravement brûlés. L’un d’eux, Ammar Saltani, mourra une quinzaine de jours plus tard suite à ses blessures.

Ce fut un traumatisme pour l’ensemble des tunisiens qui n’arrivaient pas à comprendre comme des gens qui se déclarent de l’Islam peuvent-ils être aussi barbares et aussi cruels en causant la mort d’un simple et innocent gardien ?

Quant au pouvoir, défié dans les locaux de son propre parti, au centre de la capitale tunisienne et dans la circonscription même du ministre de l’intérieur de l’époque, il comprend toute la portée symbolique de cet acte que les islamistes ont voulu lui faire parvenir.                  

Ainsi, avec ces deux séries d’événements : le soutien à l’Irak d’une part et l’assassinat du gardien des locaux du Comité du RCD de Tunis-Ville d’autre part, le mouvement islamiste perdra le peu de poids qu’il lui restait aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. Mais… il ne cédera pas et se repliera sur son dernier bastion : la faculté tunisienne.

Seulement, et suite aux événements de Bab-Souika le pouvoir décidera d’aller jusqu’au au bout et de clore définitivement le dossier de ce mouvement islamiste.

Ainsi, et en s’appuyant sur les affrontements violents qui ont eu lieu dans les universités tunisiennes entre forces de l’ordre d’une part et étudiants sympathisants des islamistes d’autre part durant l’hiver 1991, le pouvoir décidera de suspendre l’UGTE, une organisation estudiantine islamiste, et de réglementer l’affichage et les réunions à l’intérieur des universités.

Les islamistes répliquent encore une fois par la force et déclenchent des affrontements avec la police à Tunis, Sousse et Kairouan.

Bilan officiel : deux morts et quatorze blessés.

Le 22 mai 1991, Abdallah Kallel, ministre de l’intérieur dévoile l’existence d’ « un complot diabolique en cinq phases destiné à assurer la prise du pouvoir par les islamistes ».

Ces derniers seraient parvenus à infiltrer l’armée, la garde nationale et la police desquels 34 membres seront condamnés par la justice pour leur participation à ce « complot » et en mars 1992, 279 dirigeants et militants d’Ennahda seront jugés par deux tribunaux militaires.

Ces arrestations et ces jugements mettront une fin définitive à l’action des islamistes à l’intérieur du pays.

●●●

Délesté par les tunisiens. Poursuivi par le pouvoir et la justice. Le reste des leaders islamistes du mouvement et à leur tête Rached Ghannouchi  essayent depuis –et jusqu’à nos jours- de se poser comme des défenseurs des droits de l’homme !

Ayant réussit à tromper des démocraties occidentales qui n’avaient à ce moment là aucune connaissance du danger que représente ses islamistes, ces derniers –malgré leur discours édulcoré- n’ont pas beaucoup changés et continuent à promouvoir des idées violentes et intolérantes.

Mais ceci est une autre histoire…

_____________________________________________   

Source principale de ce dossier : « Comment les islamistes ont été vaincus », Ridha Kéfi, Jeune Afrique, n° 2000-2001, Mai 1999, pp. 34 – 44.

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Posté par Hamza Belloumi à 16:46 - L'islamisme au Maghreb - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 16 novembre 2007

Naissance et déclin du mouvement islamiste tunisien (1)

Belloumi_HamzaAux portes du pouvoir il y a exactement 20 ans, le mouvement islamiste tunisien est aujourd’hui complètement laminé. A l’intérieur du pays les thèses du mouvement n’ont plus aucune influence sur les tunisiens. Même le regain de religiosité observé en Tunisie depuis les ans 2000 n’a pu être amputé à un mouvement que beaucoup de tunisiens considèrent désormais obsolète.

En un mot comme en mille, aujourd’hui, en Tunisie, Ennahda est complètement inexistant. 

Vingt ans après cette grande défaite islamiste, Islamiqua revient exclusivement et pour la première fois en Tunisie sur cette défaite, sur les ambitions du mouvement intégriste en 1987  et sur l’état des lieux actuel.

Voici la première partie de ce dossier...

histoire_du_mouvement_islamiste_tunisien

Les débuts

BourguibaL’apport de Bourguiba dans l’émergence du courant islamiste tunisien est aujourd’hui une réalité historique. Involontairement, en effet, le premier président de la Tunisie indépendante favorisera l’émergence d’un courant islamiste à travers deux séries d’événements :

D’abord, ce fut l’ « excès » de modernisme bourguibien qui favorisa l’émergence d’un courant islamiste tunisien qui prétendra défendre l’islam contre les agissements d’un président considéré comme laïc et parfois même apostat. (Voir le dossier Islamiqua « Bourguiba et l’islam »)

Ensuite ce fut Bourguiba lui même qui reconnaîtra l’existence de ce courant et qui l’encouragera -dans une certaine mesure-  en autorisant en 1970 la création de l’Association de Sauvegarde du Coran (ASC) afin de contrer l’influence des idées de l’extrême gauche dans les universités tunisiennes.

l’Association de Sauvegarde du Coran n’était en réalité qu’un masque derrière lequel se cachait un mouvement islamiste intégriste dont l’ambition était plus importante que les buts que peut viser une association a savoir la prise du pouvoir. Or pour réaliser un tel objectif, une association ne suffit pas, il faut absolument créer un parti politique.

C’est ce qui sera fait sur deux étapes : d’abord dans la clandestinité en 1972 lors d’une réunion d’une quarantaine de militants islamistes dans une ferme de Mornag (20 Km au sud de Tunis), nous assisterons au congrès constitutif de la Jamma al-Islamiya.

Ensuite, profitant de la relative ouverture politique observée dans le pays en 1979, la Jamma al-Islamiya décide de se transformer en un parti dénommé le Mouvement de la tendance islamique (MTI) qui verra le jour officiellement en 1981.

Mais entre temps, c'est-à-dire entre la création de l’Association de Sauvegarde du Coran et la naissance du Mouvement de la tendance islamique, les militants islamistes ne resteront pas bras croisés. Au contraire, ils essayeront très tôt de mettre la main sur les médias du pays (principalement les journaux) afin de diffuser leur idéologie et de préparer l’opinion à leurs revendications.

C’est ainsi par exemple qu’ils parviendront à contrôler certains journaux comme Al- Moujtamaa et Al-Habib  et qu’ils créeront leur propre maison d’édition : Dar al-Raya spécialisée dans la diffusion des idées des Frères musulmans.

Cette situation va leur permettre d’une part d’aborder ouvertement la question de l’instauration d’un Etat islamique en Tunisie et de lancer un débat à ce sujet. Et d’autre part de ‘‘ré-islamiser’’ le plus grand nombre possible de tunisiens qui en regagneront les mosquées (où les islamistes règnent en maître) et ne trouveront plus du mal à admettre les thèses islamistes.

La boucle est bouclée et il ne reste plus aux islamistes que de faire voire aux autorités ce dont ils sont capable…

Confrontation

Fort du soutien de plus en plus large dont ils bénéficient, les islamistes commencent par enflammés les mosquées par des prêches anti-régime, agités les universités où leur sympathisants sont de plus en plus nombreux et finissent par descendre dans les rues à l’occasion des élections de 1979.

Etonné par l’importance du mouvement, Bourguiba exige que les principaux dirigeants du MTI soient poursuivis et emprisonnés. Chose qui se concrétisera avec des peines de 10 ans de prison prononcées en 1981 contre les leaders du mouvement à savoir Rached Ghannouchi, Abdellfattah Mourou et Salah Karkar.

Une grave erreur de la part du premier ministre de l’époque Mohamed Mzali sera derrière la libération de ces hommes et la relance du mouvement.

En effet, affaibli par les fameuses ‘‘émeutes du pain’’ qui auront lieu en Tunisie du 29 décembre 1983 au 3 janvier 1984, le premier ministre qui imaginait à l’époque pouvoir succéder à Bourguiba, tentera de rétablir le calme et de regagner la confiance de ces concitoyens en se rapprochant des islamistes. C’est ainsi qu’en 1984 les leaders emprisonnés trois ans plus tôt sont relâchés.

Aussitôt, ces derniers replongent dans la clandestinité et conviennent de changer leur mode opératoire. Ainsi, au cours du 3ème congrès du mouvement organiser (clandestinement) peu après cette libération, le mouvement décide de se doter de deux organes : un organe politique de façade et un organe militaire qui aura pour tache d’organiser la prise du pouvoir.

Et graçe au soutien financier de quelques hommes d’affaires et surtout de l’Iran de la révolution, le MTI parviendra d’une part à se doter d’un stock d’armes et d’autre part à infiltrer l’armée et la police !       

Nous sommes en 1986 et tout semble être prêt pour le coup d’Etat des islamistes. Certaines des chancelleries occidentales n’hésitent même plus à prédire que la Tunisie serait le premier pays islamiste du Maghreb.

C’est dans cet état des lieux que Mzali est limogé.

Considéré comme un coup de tonnerre par les islamistes qui perdent ainsi leur principal protecteur au sein du régime, le limogeage incite ces derniers à accentuer l’effort afin de mettre en place les dernières touches sur leur plan du coup d’Etat et lancent une vague impressionnante de manifestations, de vandalisme et d’agressions contre les agents de l’ordre.

Effrayé par l’hypothèse de leur prise du pouvoir, les autorités lancent une contre- vague d’arrestations dans les rangs des islamistes :

Le 10 juillet 1986, quatre leaders du mouvement sont jugés et condamnés à mort. Trois seulement seront exécutés, le quatrième -Ali Laaridh, porte parole du MTI- échappera à la peine capitale en s’enfuyant.   

Le 9 mars 1987, Rached Ghannouchi, l’émir du mouvement est arrêté alors que Karkar (responsable de l’aile militaire) est relâché faute de preuve.

Mais la liquidation et/ou l’arrestation des leaders du mouvement n’a pas anéantie les capacités de nuisance des militants islamistes. C’est ainsi que, la veille de la célébration de l’anniversaire de Bourguiba (le 3 août), quatre bombes explosent simultanément dans des hôtels de Sousse et de Monastir (ville natale du président).

Une date symbolique. Un lieu symbolique. Un secteur symbolique… Désormais il n’y a plus de doute, les islamistes veulent mettre l’Etat à genoux en liquidant sa principale source de devises (le tourisme) et veulent en finir avec le règne de Bourguiba.

Ce dernier a bien compris le message. Il appel la Cour de sûreté de l’Etat à siéger et il exige « des têtes » contrairement à l’avis de son ministre de l’intérieur Ben Ali qui lui avait conseillé de ne pas donner des martyres aux islamistes.

La première décision de la Cour ne satisfait pas Bourguiba, alors elle siège à nouveau afin de rendre un verdict plus conforme à ses souhaits…

Entre temps, Karkar est chargé de mettre en exécution le plan de putsch mis en place un an auparavant. Un plan qui comportait l’organisation de manifestations violentes, des attentats contre les touristes et les membres du gouvernement, l’assaut du Palais présidentiel de Carthage et la prise des casernes et des bâtiments de la radio-télévision Tunisienne.

Selon Sadok Chaabane, Ministre à plusieurs reprises et actuellement président de « l'Institut Tunisien des Etudes Stratégiques », le lancement de ce coup d’Etat a été fixé pour le 8 novembre 1987...

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Posté par Hamza Belloumi à 00:17 - L'islamisme au Maghreb - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 11 octobre 2007

La talibanisation des écoles algériennes

intervention_de_secours_le_11_avril_a_Alger_apres_les_opperations_terroristesDécidemment, l’Algérie est entrain de connaître des événements qu’on a cru enterrés une bonne fois pour toute.

Après les nombreux attentats terroristes qui ont commencés par viser plusieurs postes de polices puis le Palais du gouvernement et enfin celui qui visait le président Boutaflika directement ! Nous venons d’apprendre que les écoles algériennes connaissent des scènes d’une ‘‘talibanisation’’ poussée.

En plus du voile et des barbes qui sont banalisés au point de ne plus susciter les critiques des défenseurs de la laïcité à l’intérieur des écoles algériennes, un évènement gravissime vient de se produire et qui ne tardera pas à relancer le débat de la place que doit jouer la religion à l’intérieur des écoles publiques.

En effet, les élèves d’un collège de la capitale Alger viennent « d’obliger » leur professeur de français à porter le voile.

Interrogés sur les raisons de leur acte, les élèves ont répondu que le visionnage des pieds de leur professeur était illicite (haram) surtout au mois de Ramadan. Et par conséquent, et afin de ne pas les exciter, cette dernière devait mettre le voile !

Conscient de la gravité de tels actes, le ministre algérien de l’éducation a précisé que les autorités ne resteront pas « bras croisés » devant la radicalisation de l’école algérienne.

Le ministre a dévoilé même le lancement d’un partenariat avec le ministère de l’intérieur dans le but d’éradiquer ce phénomène : le ministère de l’éducation informera celui de l’intérieur sur les écoles qui présentent un risque de radicalisation ou dans lesquelles existent des membres jugés radicaux et le ministère de l’intérieur surveillera ces établissements, arrêtera les radicaux et pourra même aller jusqu'à expulsé de l’école définitivement tout membre jugé « intolérant » !

S’il nous est permis de critiquer de telles solutions qui ne peuvent qu’endurcir davantage les radicaux et leurs sympathisants, nous ne pouvons ne pas consatater la difficulté devant laquelle se trouve les autorités algériennes : d’une part une radicalisation de plus en plus visible des écoliers algériens représentée par Nabil Belkasem, qui s’est fait explosé le 8 septembre dernier dans un poste de gardes frontières tuant 32 militaires, et d’autre part, des pratiques de contre terrorisme qui sont condamnable surtout s’il sont utilisés contre des enfants ou des adolescents, comme c’est le cas pour les écoliers algériens.

La solution pourrait peut être venir de la laïcisation de l’école et des programmes enseignés. L’école ne doit jamais devenir le terreau de n’importe quelle idéologie et de n’importe quelle religion. L’école doit garantir aux écoliers l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et surtout développer leur sens critique.

Quant au reste, ils sont capable d’aller le chercher s’ils le désir.

Islamiqua_vous_conseil

Posté par Hamza Belloumi à 15:48 - L'islamisme au Maghreb - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 15 septembre 2007

Résultats des élections marocaines

Election_au_maroc

Il y a quelques mois, nous avons parlés sur ce blog des sondages qui donnaient les islamistes du Parti de la Justice et du Développement (PJD) au Maroc gagnants dans les élections législatives du 7 septembre 2007.

Des élections que les autorités marocaines avaient jurées de faire en toute transparence et légalité.

Seulement, le PJD -qui au départ avait démentit les résultats annoncés par ces sondages (afinMillitantes_PJD de ne pas provoquer les autorités marocaines) et qui faisaient de lui la première force politique du pays- tablera quelques semaines plus tard sur la réalisation de quelques 70 sièges au Parlement qui compte 325 sièges et devenir ainsi première force politique du Maroc.

Suite à ces sondages, les autorités marocaines par la voix de leur ministre de l’intérieur avaient assuraient que ces élections ne seraient pas remportées par les islamistes mais en même temps qu’elles se dérouleraient en toute transparence et sans intervention du Palais Royal!

En effet, les autorités marocaines comptaient sur un autre moyen pour mettre un terme aux ambitions des islamistes. Ainsi, ils ont adoptés au printemps dernier un nouveau découpage des circonscriptions qui visait justement la prévention d’une poussée islamiste et favorisait l’émiettement politique.

Résultats : malgré le fait que le PJD a recueillit le plus grand nombre de suffrages sur l’ensemble du territoire marocain, il n’est pas parvenu à obtenir plus que 46 sièges se plaçant ainsi derrière le Parti Istiqlal qui est devenu première force politique au Maroc avec ses 52 sièges au  Parlement.

Corruption_au_elections_marocaines

Mais, les dirigeants du PJD se gardent bien de dénoncer le système électorale et attribuent plutôt leur défaite à la corruption qui par le biais de l’achat des voix des marocains par les hommes d’affaires candidats aux élections a fait que plusieurs voix furent détournées au profit des « candidats milliardaires » (photos).

Seulement et malgré tout ce qui a été écrit sur ce sujet et qui fait état de la « défaite » inattendu du PJD, je pense que ce parti islamiste n’est pas du tout perdant. Il est peut être même gagnant dans ces élections : il a la majorité des suffrages, il est la deuxième force politique du pays et si le Palais royal et les hommes d’affaires d’une part et les autres partis islamistes d’autre part n’avaient pas causés l’émiettement de voix des électeurs, il aurait sans doute été aujourd’hui le parti qui gouverne le Maroc.

Dans l’état actuel des choses, sa défaite ne peut donc être considéré que comme une victoire ajournée !

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Posté par Hamza Belloumi à 12:52 - L'islamisme au Maghreb - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 20 juin 2007

de l'islamisme au terrorisme

dans_la_tete_des_kamikazes

Pour expliquer ce qui pousse de jeunes gens à se donner la mort, il y a ceux qui estiment que cela revient au fanatisme religieux et à l’endoctrinement de ces jeunes par des groupes et des organisations terroristes, alors que d’autres estiment que la cause réside principalement dans la misère, l’ignorance et la désespérance dont souffre ces hommes (et femmes).

Les deux ont sans doute raison, mais aucune des deux causes à elle seule n’en serait expliquée ce phénomène. Je dirais même que les deux causes à la fois ne seraient expliqués à elles seules ce phénomène qui est très complexe et dans lequel entre en jeux plus d’un facteur.

Les exemples que je citerai vont nous montrer clairement le difficulté de la détermination de la cause principale de l’existence des kamikazes mais ils pourront aussi nous montrer que le facteur religieux n’est pas aussi déterminant pour les candidats aux suicides qui l’utilise comme une simple couverture.

Les causes réelles

Commençant d’abord par une étude réalisée par l’universitaire israélien Ami Pedahzur et qui a révélée que sur les cent quatre-vingts auteurs d’attentats suicides étudiés, plus de la moitié des auteurs étaient passés à l’acte après la perte d’un proche, ami, parent ou fiancé(e).

Nous voyons donc que dans cet exemple, le facteur religieux ne joue point. Le kamikaze est dirigé par le seul désir de vengeance.

Prenons maintenant l’exemple de Youssef Khoudri, un adolescent de 17 ans qui a essayé le 11 mars dernier de se faire exploser avec son complice à l’intérieur d’un cybercafé après que leur plan fut découvert. Heureusement, ce garçon n’a pas pu activer la ceinture d’explosif qu’il portait et après une courte fuite la police marocaine a réussie à l’interpeller.

Et bien, selon son oncle, « il lui arriver de sniffer de la colle, mais il n’a jamais été associé à des malfaiteurs et encore moins à des terroristes. »

La aussi, on voit bien comment cet adolescent fut quelques mois avant de se convertir au terrorisme islamiste : un délinquant.

Là intervient « les spécialistes » pour nous dire que la cause revient non pas à l’endoctrinement (ou pas seulement) mais à la misère dans laquelle vit ce jeune homme. La misère est la cause de tous les maux, éradiquer là et tout rentrera dans l’ordre, semble dire ces spécialistes.

Mais que dire alors de notre troisième exemple qui lui ne connaît pas la misère :

Il s’agit du tunisien Rabee Bacha, numéro deux du groupe salafiste-djihadiste neutralisé le 3 janvier dernier près de Tunis et qui appartenait à une famille tunisienne moyenne.

Selon Jeune Afrique, âgé de 22 ans « Rabee Bacha était un beau garçon, qui sortait avec des filles, buvait et dansait. A 18 ans, raconte un de ses anciens copains d’école, sa petite amie a ramené de la maison une grosse somme d’argent. Sur-le-champ, ils sont partis faire la fête pendant deux semaines.

Après le baccalauréat, sa vie bascule. On ne le voyait plus que très rarement ici, raconte un voisin. On nous disait qu’il faisait des études d’agriculture à Sidi Bouzid. Quand nous l’avons revu, il y a trois ans, c’est à peine si nous avons reconnu le bon vivant d’antan. Il était devenu pieux, renfermé sur lui même. »

Là aussi, nous voyons que l’élément religieux ne figure que comme un prétexte et que même celui social (misère, pauvreté, chômage…) n’est pas plus pertinent.

Comment et pourquoi alors on devient terroristes ?

L’enroulement

Certes, l’ensemble de ces éléments : vengeance, misère, endoctrinement…  peuvent conduire au fanatisme et au terrorisme, mais il y a un autre maillons essentiel et sans lequel nous ne verrons jamais autant d’attentats : il s’agit de l’embrigadement de ces jeunes.

Là vient le rôle de la mosquée, car, malheureusement, le plus souvent tout commence dans les mosquées. Un jeune, qui veut réparer les péchés commis envers Dieux (le cas de Youssef et de Rabee), se dirige à la mosquée et pratique assidûment sa prière. Là il est repéré par un fanatique dont le travail consiste à rallier les jeunes à la cause qu’il défend : le djihad en Palestine, en Irak, en Tchétchénie…

Il commence alors par aborder certains sujets avec les jeunes qu’il a repérés. S’il constate que ces derniers sont favorables à ses thèses, il passe à l’étape suivante mais s’il voit que son interlocuteur est hostile ou simplement hésitant, le contacte s’arrête à cette étape.

L’étape suivante consiste à inviter le jeune à suivre plus assidûment sa religion, à lire la « vrai » littérature islamique et à écouter les prêches et autres leçons de cheikhs fanatiques.

Là aussi, si le jeune suit ces recommandations, on passera avec lui à l’étape suivante, si non, il sera jugé trop faible pour continuer « la mission ».

L’étape suivante consiste à aborder carrément avec l’endoctriné la nécessité du Djihad. Maintenant il est radicalisé, il a lu et entendu ce qu’il lui faut pour accepter le djihad.

Reste quand même un problème : comment expliquer à ces jeunes que se faire exploser n’est pas du tout le suicide interdit par le Coran ?

Il semblerait que la faible culture religieuse de ces endoctrinés permet à leurs maîtres de leur faire croire qu’il ne s’agit là que de la nouvelle forme du djihad, celle qui va leur permettre d’entrer au paradis sans passer par le Jugement et de vivre éternellement  avec les hour el Ayen.

Si le candidat accepte cette interprétation, cela vaut dire qu’il est désormais prêt à partir pour le djihad et que le processus d’endoctrinement a réussit.

Dernière étape : le candidat est envoyé dans un camps d’entraînement qu’il ne quittera qu’une fois sa mission déterminée.

Le danger est qu’il semble qu’aujourd’hui, les groupes terroristes ont énormément de candidats, ce qui leur permet de ne choisir que les plus éduquer et qui ont généralement des études ou des diplômes universitaires.

Comme quoi même les opérations terroristes réclament des gens compétents !

Et la religion dans tout ça ?

Quel est alors le rôle de la religion dans ce processus ?

Toutes les parties n’utilisent la religion que comme un prétexte :

Le maître l’utilise pour faire admettre par ses disciples la licité des attentats suicides.

            

Quant au kamikaze, il utilise la religion pour atteindre deux buts :

1- se laver des péchés qu’il a commis … par le sang des innocents !

2- faire croire à sa famille, sa société et au monde qu’il a agit au nom de l’islam afin d’avoir la sympathie d’autres potentiels terroristes (ce qui les encouragera à franchir le pas) et d’être sacré Moudjahid ! 

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Posté par Hamza Belloumi à 16:49 - L'islamisme au Maghreb - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 13 juin 2007

L'islamisme au Maghreb

                                                                                                                    le_Maghreb_retient_son_souffle

« On avait perdu l’habitude de cette saisissante sensation qui vous serre l’estomac durant le trajet entre le siège de la rédaction et le lieu de l’explosion. On avait oublié ce pressant sentiment de colère et de peine à la vue des blessés qu’on embarque encore. Les scènes de carnage qui ont jalonné les années noires défilent à nouveau dans nos têtes. »

Ainsi s’exprimait le journaliste algérien Moustapha Hammou suite au double attentat qui a frappé Alger le 11 avril dernier.

L’Algérie a peur. Peur de revire les « années noires ». Peur de voir le pays sombrer dans le sang. Peur de découvrir que les quelques 150.000 morts (au moins) de ces années là n’auraient pas suffit pour que les islamistes se résignent une bonne fois pour toute au non recours à la violence.

Mais ce n’est pas l’Algérie seulement qui a peur. C’est l’ensemble des pays du Maghreb qui retiennent leurs souffles !

●●●

Voila une organisation, le GSPC, qui fut il n’y a pas longtemps, présentée par « les spécialistes » comme étant « au bord de la faillite » avec un effectif très réduit et des moyens limités. Une organisation qui aurait abandonnée ses attaques pour se concentrer sur sa défense, affaiblie par la guerre inlassable que lui livre l’armée algérienne, la politique de réconciliation nationale, et l’épuisement du réservoir des djihadistes ou elle pêchait ses futurs militants.

Et voila, tout d’un coup, on ne parle plus que de l’ex-GSPC. Devenue Al Qaida au pays du Maghreb, l’organisation ne cesse plus d’organiser et/ou de revendiquer des actes terroristes non seulement à l’intérieur des pays maghrébins mais aussi en Europe ou elle a des cellules dormantes dans plus d’un Etat (Espagne, Italie, France…).

Il aurait suffit de cette métamorphose pour que l’ex-GSPC retrouve (plus que) ses forces habituelles, plus de moyens, plus de visibilité et plus de sympathisants. De quelques centaines, ses membres seraient aujourd’hui des milliers (dans les cinq pays maghrébins, au Sahel et en Europe) avec des camps d’entraînement un peu partout : sur le territoire maghrébin, au Mali, au Niger et au Tchad.

D’une organisation nationale, l’ex-GSPC est devenu une organisation transnationale et désormais, Al Qaida aux pays du Maghreb regroupe tous les salafistes-djihadistes du Maghreb Arabe : des algériens, des marocains, des tunisiens, des mauritaniens et des libyens.

Résultats : bombes humaines de plus en plus fréquentes et cibles réparties sur l’ensemble des pays du Maghreb.

Et voila que la guerre est déclenchée…

●●●

Commençant par un Etat qui connaît une véritable guerre sur son territoire. Vous l’auriez deviné sans doute, il s’agit de l’Algérie qui a connu pendant tout le mois d’avril « la plus importante des opérations anti-terroristes jamais engagée ». Avec plus de cinq mille hommes : parachutistes, policiers, gendarmes et commandos ont investis les environs du village de Merdj Ouamane, dans la région de Oued Amizou, près de Béjaia, dans l’est du pays.

A cet endroit, pendant des mois, au nez et à la barbe des services de sécurités, l’ex-GSPC a construit l’une des ses principales bases à partir de laquelle Adbelmalek Droukdel alias Abou Moussab Abdelwadoud aurait organisé avec ses lieutenants les derniers attentats qu’a connu Alger.

Des attentats qui auraient été financés par certains hommes d’affaires de la ville !

En effet, selon le témoignage -rapporté par Jeune Afrique- d’un officier algérien qui a requit l’anonymat, « avant de nous attaquer au noyau dur du groupe, nous avons entrepris de neutraliser les membres du premier cercle. Parmi eux figuraient des gérants de bars ayant pignon sur rue à Bejaia. Et même, tenez-vous bien, des hommes connus pour boire comme des trous et fréquenter les putes. Nous soupçonnions depuis longtemps certains patrons de bistrot et même des chefs d’entreprise de verser un impôt ‘‘révolutionnaire’’ en échange d’une ‘‘protection’’. Ceux qui refusent sont kidnappés et libérés contre forte rançon. »

Ainsi donc, le vin, la drogue et la prostitution servent à financer les opérations d’un groupe qui se veut « vertueux » et qui veut nettoyer le Maghreb des… vins, drogues et autres prostitutions !

La réussite de l’armée algérienne dans cette dernière opérations ne doit pas cependant nous faire oublier l’une des principales questions que le gouvernement algérien doit se poser : quel est l’avenir de la politique de réconciliation nationale ? Peut-on continuer à pardonner des terroristes qui n’ont d’autres aspirations que de tuer le plus d’innocents possible ?

Comme l’écrit Moustapha Hammou, « La procédure de réconciliation nationale, qui a surtout profiter à des terroristes déjà neutralisés, condamnés, en instance d’être jugés, a ragaillardi les rangs des adeptes de la violence djihadiste. Le regain d’activisme est perceptible : les prises d’otages avec rançon se multiplient ; des véhicules chargées d’armes ont été interceptés, des réservoirs de soutien démantelés et les attentats se font de plus en plus fréquents. Mais le pouvoir ne semble pas avoir trouvé la stratégie qui réconcilie la nécessaire lutte anti-terroriste et l’hypothétique attrait des mesures de conciliations sur les groupes armés. » et de continuer « Le 10 avril encore, [le premier ministre] Ahmed Ouyahia disait que ‘‘chaque terroriste qui se rend, c’est une vie humaine préservée.’’ Il ajoutait que ‘‘c’était le devoir de la nation de tendre la main à ceux qui se sont égarés’’. Mais piéger un véhicule d’explosifs, former un kamikaze et organiser un attentat contre le palais du gouvernement nécessite plus de stratégie que d’égarement. Si, comme victimes potentielles, nous nous retrouvons, dix ans après, au même point, c’est que quelque part, c’est nous qui nous sommes politiquement égarés. »

Cela dit, que faut-il retenir ?

Pour l’Algérie, je retiens deux leçons :

1- S’il fallait encore une preuve de l’incroyable bassesse des terroristes, en voilà une nouvelle : non seulement ces terroristes s’autorisent à tuer sans vergogne des innocents mais ils financent ces mêmes opérations par de l’argent sale qu’ils récupèrent auprès des délinquants, mafieux et autres criminels.

2- La politique de « réconciliation nationale » devrait être révisée et pourquoi pas modifier en une politique de « rééducation nationale ». Plutôt que d’être pardonner, les (ex)terroristes devraient passés par des centres qui leur apprennent ce qu’est le vivre ensemble, ce qu’est la sacralité d’une vie humaine, ce qu’est l’amour de l’autre et de son patrie et ce qu’est la vie en société.

●●●

Le Maroc lui, n’a pas une guerre sur son territoire mais il a des fabriques de terroristes qui sont les bidonvilles. Et le premier d’entre eux est le tristement célèbre Sidi Moumen. Et pour cause, les islamistes qui sont morts le 10 avril à Casablanca venaient de ce quartier. Ceux qui ont fait sauter un cybercafé le 11 mars aussi et enfin (du moins pour l’instant) les auteurs de l’attentat de 2003 venaient de ce bidonville. Bien sur, les médias occidentaux ainsi que ceux marocains ne cessent de s’insurger contre la situation des habitants ce ces bidonvilles.

Ce fut le cas du Journal Hebdomadaire qui déplorait ainsi la situation des habitants de ce quartier : « Comment expliquer ce désagrément et cette indifférence ? L’apathie d’un Etat qui a pourtant une lourde responsabilité dans le ‘‘laxisme’’ qui a conduit aux événements du 16 mai, du 11 mars [et du 10 avril] ? Est-il impossible de résorber cet habitat insalubre générateur de clandestinité et de terrorisme ? ».

   

C’est une indignation que je partage mais qui n’excuserait en aucun cas la barbarie dont use les terroristes pour faire passer leur message.

Et pour preuve, la Tunisie ou le gouvernement vient d’ordonner la réalisation d’une étude sur l’influence des zones habités, des constructions et de la nature des quartiers sur le comportement (ou la radicalisation) des jeunes n’a plus sur son territoire ses fabriques de kamikazes (et autres bidonvilles) et pourtant elle n’est pas épargnée par le développement de l’islamisme et du fanatisme.

Un exemple révélateur fut celui des affrontements qu’a connu le pays au début de l’année entre les forces de l’ordre et un groupe terroriste relié au GSPC près de Tunis.

Un autre exemple vient récemment d’être rendu public : il s’agit du démantèlement -fin mai- d’un autre groupe terroriste  connu sous le nom de « La cellule du Sud ». Selon les enquêteurs, les membres de cette cellule faisaient des expériences dans une montagne tunisienne au but de fabriquer une bombe.

Composée d’une quinzaine de membres, essentiellement des jeunes étudiants en sciences physiques et techniques, « la cellule » avait entrepris ses essais en 2006 mais avait échoué à atteindre son but qui consistait dans la fabrication d’une bombe hydrogène ! 

Que faut-il donc retenir de ces développements ?

Pour le Maroc et la Tunisie, je retiens aussi deux leçons :

1- Il est incontestable que les bidonvilles sont de véritables fabriques de Kamikazes et qu’ils mériteraient par conséquence une action urgente de la part des autorités (marocaine).

2- Mais il est erroné d’attribuer la responsabilité du terrorisme aux seuls bidonvilles. Le cas tunisien est l’a pour l’attester. Plutôt donc que de focaliser notre intérêt sur la nécessité de l’élimination des bidonvilles, nous devons inciter les Etats du Maghreb à éradiquer toutes les formes d’extrémismes là ou elles se trouvent. Non seulement dans les bidonvilles, mais aussi dans les villes, les écoles, les médias…    

●●●

Mais avant tout, il faudrait peut-être une analyse de la tête de ces terroristes. De ce qui les poussent à commettre leurs actes abominable.

Une analyse à laquelle je vous invite dans le prochain post.

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Top Tunisie Blogs