mardi 8 septembre 2009
Le fisc estime la fortune d’un évêque, fondateur de « l’Eglise universelle du royaume de Dieu» à plus de… 2 milliards de dollars

Présente dans 172 pays, l’ l’Eglise universelle du royaume de Dieu est une véritable multinationale avec ses 24 chaînes de télévisions, ses 42 stations de radio, ses 2 quotidiens, ses 2 maisons d’édition, son agence de tourisme, son agence immobilière, sa compagnie d’assurances, son entreprise de taxi aérien et ses … 600 véhicules de tous genres. Voici un exemple effrayant d’une escroquerie religieuse pratiquée par une Eglise évangéliste … au nom de Dieu ! ▪▪▪ Un diplôme. Un beau diplôme doré portant la signature du «Seigneur Jésus-Christ ». C’est tout ce qui reste à Edson Luiz de Melo, après treize ans d’appartenance à l’Eglise universelle du royaume de Dieu, la plus puissante église évangélique du Brésil. La citation qui orne le parchemin s’ouvre sur un verset biblique, judicieusement choisi, du Livre de Malachie : «Apportez intégralement la dîme au trésor, pour qu’il y ait de la nourriture chez moi. Et mettez-moi à l’épreuve pour voir si je n’ouvrirai pas en votre faveur les écluses du ciel et ne répandrai pas en votre faveur la bénédiction en surabondance.» Béni, Edson l’a été, surabondamment, par les pasteurs de «l’Universelle ». Mais il n’a jamais vu s’ouvrir pour lui les écluses du ciel. Que de dîmes a-t-il pourtant apportées au trésor de Dieu ! Sans cesse, de plus en plus, et sous toutes les formes : l’essentiel de son salaire – et jusqu’au treizième mois, des chèques antidatés, des Ticket Restaurant, des titres de transport, le produit de la vente d’un terrain. Cette folle prodigalité n’a pas suffi pour que l’Eglise, comme elle l’avait promis, le guérisse de la dépression qui le rongeait de longue date. Aujourd’hui jeune retraité–à 45 ans –, Edson se retrouve, dit-il, «avec [son] angoisse et [sa] tristesse » et «beaucoup de dettes». Il a tout de même un motif de satisfaction: un tribunal de Belo Horizonte, la capitale de l’Etat du Minas Gerais, où il vit avec sa mère, a condamné l’Eglise à le dédommager partiellement. La protection divine abandonnerait elle enfin les pasteurs affairistes de «l’Universelle» qui s’enrichissent depuis longtemps sur le dos de millions de fidèles à l’âme crédule, souvent pauvres et peu éduqués, malades ou vulnérables, qui ont la faiblesse de les prendre pour des faiseurs de miracles ? Car, pour la première fois, les foudres de la justice des hommes viennent de frapper les chefs de ce culte trop prospère. Le 11 août, le parquet de l’Etat de Sao Paulo a inculpé le fondateur et patron de l’Eglise, l’«évêque» Edir Macedo, 64 ans, et neuf autres dirigeants, dont trois «évêques». Ils sont accusés d’association de malfaiteurs et de blanchiment d’argent. Dans le sud du pays, Macedo devra répondre de plusieurs autres crimes: tromperie idéologique, usage de faux documents, recours à des hommes de paille, qu’on appelle joliment au Brésil des «oranges ». Les chefs de «l’Universelle» avaient instauré un mécanisme assez simple. Les dons de ses ouailles étaient envoyés vers les comptes de sociétés fictives basées dans des paradis fiscaux. De là, l’argent revenait, blanchi, au Brésil, sous forme de prêts accordés à des amis d’Edir Macedo. Ce pactole ne quittait pas les mains de l’Eglise tout en échappant au fisc. La Constitution brésilienne, très protectrice de la liberté de religion, exempte les Eglises de tout impôt, à condition que l’argent reçu finance des activités non lucratives: entretien et construction des lieux de culte, dépenses de fonctionnement, propagation des œuvres sociales. «L’Universelle» agit sur une tout autre échelle. Exploitant avec cynisme, et souvent cruauté, la ferveur naïve des fidèles, ses animateurs ont édifié un véritable empire de la foi présent dans 172 pays. Avant de fonder son Eglise, en 1977, puis de s’auto consacrer «évêque», Edir Macedo travaillait à la loterie de l’Etat de Rio. Aujourd’hui, ce statisticien de formation a des allures de banquier: crâne dégarni, lunettes austères et gros boutons de manchette. Entre-temps, son talent de prédicateur, son sens de l’organisation et son génie, douteux mais indéniable, de la finance l’ont aidé à construire sa multinationale du culte. Sur une photo de 1995, on l’aperçoit, visage enjoué, brasser une poignée de dollars, après une cérémonie au Madison Square Garden de New York. Il n’en est plus là. Le fisc estime sa fortune à 2 milliards de dollars. Il possède notamment près de Sao Paulo une immense maison, style chalet alpin – 18 suites sur 4000 m2 – et deux luxueux appartements à Miami. Il détient 90% du capital de la chaîne de télévision Record, bastion des tribuns évangélistes, et sa femme les 10%restants. On n’en finirait pas d’inventorier les biens de son Eglise: 24 chaînes de TV, 42 stations de radio, 2 quotidiens, 2 maisons d’édition, une agence de tourisme, une agence immobilière, une compagnie d’assurances, une entreprise de taxi aérien et plus de 600 véhicules en tous genres. «L’Universelle» dispose de 4748 temples au Brésil, où prient 8 millions de fidèles. Des lieux de culte confortables et modernes, souvent gigantesques, qu’abritent parfois de majestueuses façades néogothiques. Edir Macado rejette les accusations de la justice. Dans un texte distribué à ses ouailles, il les exhorte à «former un front des affligés» pour «prier, jeûner et mériter les promesses de Dieu». Dans l’un des plus grands temples de Sao Paulo, l’autre semaine, l’«évêque»Wagner Negrao appelait les fidèles à riposter au «diable désespéré qui nous persécute et crie parce que nous piétinons sa tête» en exprimant, «avec rage », leur générosité, «au nom de Jésus». A la fin de l’office, ce jour-là, la quête fut particulièrement fructueuse. Source : Le Monde du 3 septembre 2009
dimanche 21 juin 2009
Iran : Bain de sang en perspective ?

Dans la crise qui oppose le pouvoir aux contestataires des résultats des dernières élections présidentielles, ‘‘Les gardiens de la Révolution’’ se sont illustrés par leur violence (tuant plusieurs personnes dès les premières heures de protestations) amplifiant ainsi la colère de milliers d’iraniens qui continuent de descendre dans les rues malgré tous les avertissements du pouvoir.
Les Bassidjis, membre des gardes révolutionnaires sont un groupe d’autodéfense progouvernemental composé par une multitude d’entités dont certaines sont officielles comme l’Ansar Hezbollah et d’autres contrôlées par des religieux iraniens.
Personne ne connaît réellement le nombre exact des effectifs des Bassidjis mais certains le chiffre à plus d’un million.
Violence aveugle. Les pratiques des Bassidjis face aux manifestants sont très contestées par l’opposition : absence d’uniformes (ils sont souvent « en civil »), utilisation de tuyaux, de bars de fer, de matraques et parfois même d’armes à feu dans la répression des protestataires sont des pratiques courantes. Dernier exemple en date de cette violence aveugle des gardiens de la Révolution : le 20 juin et alors que les forces de sécurité régulières ont reculés par moments devant les manifestants leur demandant de rentrer chez eux afin d’éviter un carnage, plusieurs témoins affirmaient que les Bassidjis continuaient à repriser les protestataires à coup de matraques et de gaz lacrymogène.
Témoignant des événements du 20 juin, dans un pays ou la presse est interdite de rendre compte des manifestations anti-gouvernementales, une étudiante de l’Université de Téhéran affirme que « les bassidjis empêchaient les gens d'avancer. (...) De temps en temps, quelqu'un provoquait la foule et du coup les bassidjis se ruaient vers les manifestants en donnant des coups de matraque sans se soucier de savoir si c'était une femme ou un enfant qui les recevait... (...) Nous nous sommes avancées vers la place Vali Asr où les bassidjis nous attendaient en nombre. »
Feu vert. Contrairement à sa condamnation vendredi 19 juin des manifestations, le Guide suprême n’a rien dit sur les méthodes utilisées par les Bassidji face aux milliers de manifestants. Certains considèrent même que cette absence de condamnation est un feu vert donné par l’Ayatollah Khamenei pour réprimer les contestataires.
Mais au-delà du fait d’être considéré comme des forces pro-gouvernementales, certains pensent que la réalité du pouvoir et la pérennité de la république islamique en Iran se trouve entre les mains des gardiens de la révolution qui sont devenus –avec leur organisation- des intouchables.
Ainsi, malgré sa très grande considération pour leur rôle et son immense respect de l’organisation, le président iranien Ahmadinajad a échoué en 2005, à cause du refus des gardiens de la révolution, à intégrer leur organisation dans un organe officiel avec un budget officiel.
Avec le pouvoir qu’ils détiennent, leur nombre impressionnant et leur recours massif et aveugle à la violence, les Bassidjis pourraient provoquer un bain de sang si les manifestants continuent de montrer leur opposition aux résultats des élections présidentielles.
© Islamiqua avec The New York Times et Le Monde
mardi 16 juin 2009
Iran : scènes de révolution dans la plus grande manifestation anti-gouvernementale
Dans la plus grande manifestation anti-gouvernementale depuis la révolution islamique de 1979, aux cris de " Mort au dictateur" plusieurs centaines de milliers de manifestants ont envahis lundi 15 juin les rues de Téhéran afin de contester les résultats de l’élection présidentielle iranienne selon lesquelles le président sortant Ahmadinejad aurait gagné avec plus de 63 % des voix.
Malgré l’interdiction officielle de toute manifestation par le ministère de l’intérieur iranien qui avait signalé qu’il fera porter la responsabilité de tout débordement à Moussavi en personne, ce dernier et ses supporters n’ont pas hésités à descendre, pacifiquement, par dizaines de milliers dans les rues de la capitale Téhéran. Pourtant, le calme ne durera pas longtemps puisque les forces de la milice islamique du Bassidj aurait fait feu contre les manifestants faisant un mort et plusieurs blaisés selon des photographes.
Mir Hossein Moussavi, qui conteste la victoire d'Ahmadinejad, a participé à la manifestation. Juché sur le toit d'une voiture, il a appelé à l’annulation des résultats des dernières élections et s'est dit "prêt à participer de nouveau à une élection présidentielle". L'ancien premier ministre continue d'affirmer que le scrutin était truqué et a déposé un recours devant le Conseil des gardiens de la Constitution dimanche pour obtenir l'annulation des résultats.
La colère des iraniens en images :









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dimanche 8 mars 2009
Arabie Saoudite : début des réformes ?
Le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a annoncé il y a quelques semaines des réformes jugées « historiques » par certains. Premier haut poste pour une femme saoudienne, intégration de toutes les écoles sunnites dans le Conseil des grands oulémas, limogeage de certaines personnalités radicales du régime. Pour Le Monde, ces réformes témoignent de la volonté du roi de faire reculer le conservatisme.
Affaire à suivre...
Le roi Abdallah veut réformer l’éducation
et la justice saoudiennes
Un gouvernement remanié, des institutions religieuses renouvelées, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a repris l’initiative en s’attaquant au conservatisme dans deux secteurs stratégiques : l’éducation et la justice, dotés de nouveaux ministres le 14 février. Après la longue régence provoquée par la maladie de son prédécesseur, son demi-frère Fahd, à partir de 1995, l’accession au trône, en 2005, de ce prince héritier longtemps considéré comme un conservateur avait été marquée par une indéniable volonté de réforme et d’ouverture. La nomination d’une universitaire aguerrie, formée en Arabie saoudite et aux Etats-Unis, Noura Al-Fayez, à un poste de vice-ministre de l’éducation montre que le roi n’a pas renoncé à forcer son royaume, A commencer par ses cadres religieux, à un peu plus d’audace. Certes, la vice-ministre n’aura pour domaine de compétence que l’enseignement féminin (qui emploie l’écrasante majorité des femmes actuellement actives), mais cette promotion n’en est pas moins historique dans un pays où les femmes ne disposent toujours pas du droit de conduire et où la séparation des hommes et des femmes, dans les lieux publics reste la règle. Cette nomination s’ajoute à des signes plus discrets, comme la possibilité pour les femmes de s’affranchir pour les déplacements à l’intérieur du royaume de la présence obligatoire du tuteur (mahram) qui doit les accompagner ordinairement. La vice-ministre aura pour supérieur hiérarchique le prince Fayçal Bin Abdallah Bin Mohammed, mari d’une fille du roi, Adilah (très engagée dans la Question des droits des femmes) et ancien haut responsable des services de renseignement, ce qui témoigne de l’attention portée par le royaume à l’éducation. Il s’agit en effet d’un secteur stratégique en Arabie saoudite pour les femmes qui peuvent espérer gagner une relative liberté en intégrant une économie en mal de personnel qualifié. Il est tout aussi important pour les hommes, généralement mal formés, même si la « saoudisation » de l’emploi reste officiellement une priorité.
Alors que le roi d’Arabie saoudite s’est montré très volontariste dans le domaine du dialogue interreligieux, vis-à-vis des chiites vilipendés par les cheikhs saoudiens les plus radicaux comme à l’égard des catholiques (visite au Vatican en novembre 2007) ou des juifs (conférence de Madrid en juillet 2008), il a décidé que les quatre écoles sunnites (hanafite, malékite, chaféite et hanbalite) seront désormais représentées dans le Conseil des grands oulémas alors que, jusqu’à présent, ce Conseil était le domaine réservé du hanbalisme, école traditionaliste dont se Réclament aujourd’hui les courants radicaux wahhabite et salafiste. Les nominations auxquelles il a procédé en marge du remaniement ministériel de samedi témoignent également de sa volonté d’aller de l’avant dans le domaine judiciaire. C’est ainsi que Ibrahim Al-Gaith chef de la police religieuse (moutawa), très redoutée mais dont la presse saoudienne a dénoncé de plus en plus ouvertement les excès en 2008, a été évincé. Le chef du Conseil supérieur de la magistrature, Saleh Al Louhaidan, a été également limogé. En poste depuis quatre décennies, il était considéré par les militants des droits de l’homme saoudiens comme hostile à toute évolution du système judiciaire.
© Extraits Le Monde daté 20 février 2009
lundi 2 mars 2009
Autriche : 22 % des professeurs de religion musulmane rejettent la démocratie
Le contenu d’une thèse doctorale sur l’enseignement de la religion islamique ébranle l’Autriche. Sur les quelque 400 enseignants de l’islam, 22% rejetteraient la démocratie. Ce n’est certes que le travail d’un étudiant, mais la presse s’enflamme, le personnel politique monte au créneau, on demande la tête du président de la communauté islamique. Après cinq jours de tempête, la ministre de l’enseignement, Claudia Schmied, calme le jeu en passant un pacte avec la communauté : l’enseignement de la religion islamique sera désormais contrôlé par l’Etat autrichien.
L’islam est une des treize religions reconnues depuis l’annexion de la Bosnie par l’Empire austro-hongrois en 1912. A ce titre, elle est enseignée depuis 1982 à environ 40 000 élèves de secondaire de confession musulmane. Les enseignants rétribués par l’Etat sont nommés par la Communauté islamique autrichienne, responsable du programme et de l’élaboration du matériel pédagogique. L’Etat autrichien a-t-il fait preuve d’un trop grand laxisme en accordant à cette religion les mêmes prérogatives qu’à d’autres ? La thèse de cet étudiant à l’institut de pédagogie de l’université de Vienne, Mouhanad Khorchide, lui-même de confession musulmane et enseignant de religion, a mis le feu aux poudres. Sur les 210 enseignants ayant répondu à son questionnaire, 22 % rejetteraient la démocratie, jugée incompatible avec l’islam, 29 % tiendraient pour impossible de s’intégrer dans la société autrichienne sans perdre son identité religieuse, 28 % considéreraient qu’être européen et musulman est une contradiction.
Les données dont la presse autrichienne s’est emparée et repue sont explosives, aptes à fourbir une guerre de religion. Pourtant les résultats de l’étude sont plus contrastés, voire contradictoires : malgré les craintes de perte d’identité, 77 % des interrogés se considèrent comme partie intégrante de la société autrichienne, 86 % ne pensent pas que les musulmans devraient rester entre eux pour conserver leur identité et 73 % seraient partisans du développement d’une identité musulmane européenne, selon le magazine Falter, à l’origine de la diffusion de l’étude. (…)
Pour apaiser le débat, le ministère de l’éducation a passé un pacte avec la communauté islamique, le 2 février. Il institue un contrôle nouveau sur l’enseignement de la religion islamique et met celle-ci au défi de se rénover. Dix jours, plus tard, il est suivi d’effets. Un enseignant accusé d’avoir diffusé un appel au boycottage de magasins juifs a été radié.
La polémique a fait resurgir un débat enterré : celui du remplacement de l’enseignement religieux communautaire par un cours d’éthique pour tous. L’église catholique autrichienne n’y voit aucune urgence.
© Islamiqua d’après Le Monde
vendredi 27 février 2009
Pakistan : Paix contre Charia !
« C’est une vallée flanquée de massifs himalayens boisés qu’on appelait naguère la « Suisse pakistanaise », joyau touristique prisé des skieurs. Mais les stations de ski sont aujourd’hui fermées. C’est une région au riche patrimoine, qui fut un des foyers de l’art gréco-bouddhique gandhara avant l’arrivée de l’islam. Mais les statues de Bouddha sont aujourd’hui défigurées. C’est un district où les filles étaient scolarisées car leurs familles y tenaient. Mais les écoles de filles sont aujourd’hui détruites à l’explosif. »
C’est ainsi que Le Monde présente la vallée de Swat au nord-ouest du Pakistan, où pour mettre fin à la violence, les autorités locales ont signés le 16 février dernier un accord avec les Talibans en vertu duquel ces derniers arrêtent leur attaquent mais obtiennent l’application de la Charia (la loi islamique) et l’interdiction de l’école pour les filles dans toute la région.
3000 hommes seulement ont imposés leur volonté à plus de 12 000 soldats pakistanais que les autorités centrales avaient dépêchés dans la région depuis des mois. La sympathie (et même la complicité) de l’armée pakistanaise avec les talibans est un secret de polichinelle depuis très longtemps, mais ce qui a été fait le 16 février annonce l’ouverture d’une nouvelle ère : désormais les islamistes imposent leur vision. Aujourd’hui une région, demain l’ensemble de l’Etat Pakistanais.
Quel est le problème dans cette situation ?
D’abord cette logique de paix contre Charia qui pourrait faire jurisprudence dans d’autres régions Pakistanaises et même au-delà. Ensuite, le fait d’appliquer la charia en lui même est problématique. Car ce corpus de règles est un ensemble de textes juridiques issus du Coran et de la Sunna tels qu’ils ont été interprétés par les foukahas des premiers siècles de l’Hégire. Des textes anachroniques, contraires aux droits fondamentaux et dont certains sont même en contradiction avec l’esprit du Coran. Les Talibans ont exigés et obtenus l’application exclusive de ces règles dans la vallée du Swat et l’exclusion des lois modernes de l’Etat pakistanais. En plus, l’interdiction expresse de l’école pour les filles et a fortiori l’obligation qui sera faite aux femmes de porter le tchador (voile intégrale) et de ne plus quitter leurs domiciles. Enfin, l’absence de projet politique à appliquer dans la région : le seul et unique but des Talibans c’est l’application de la charia.
Les habitants de la vallée du Swat qui avaient massivement élu en 2008 une coalition de partis laïcs pour diriger le gouvernement local, infligeant par la même occasion une défaite historique aux formations religieuses, semblent être dans l’obligation de vivre sous le fondamentalisme. Exclu par les élections, les religieux ont regagnés le pouvoir par les armes.
© Islamiqua d’après Le Monde
mercredi 28 janvier 2009
Ministère égyptien des affaires religieuses : « Le voile est une tradition, non une obligation »
En 2006, Farouk Houssni, ministre égyptien de la culture fut l’objet d’une grande compagne de dénigrassions à l’intérieur des cercles islamistes lorsqu’il s’est indigné de l’explosion du nombre d’égyptiennes portant le voile intégrale (le niqab).
En cette année 2009, son collègue, Mahmoud Hamdi Zaqzouq, ministre des Waqf (affaires religieuses) s’apprête a faire publier par son ministère un ouvrage dont le titre est révélateur : Al-niquab ada wa laysa ibada (« le niqab est une tradition, non une obligation ») dans lequel il y aura la participation des plus hautes autorités de l’islam en Egypte : le fameux recteur d’Al Azhar, Sayyed Tantaoui, le mufti de la République, Ali Jomaa ainsi que le ministre des affaires religieuses lui même.
Cette prise de position officielle est inédite en Egypte et témoigne du malaise du pouvoir égyptien face à l’influence des chaînes satellitaires des pays du golf et surtout les chaînes religieuses où les imams se succèdent aux prédicateurs souvent avec des visions conservatrices si non extrémistes. Ainsi, le célèbre cheikh Al Qaradaoui, présent régulièrement sur la chaîne d’information la plus regardée du Monde arabe, Al Jazerra, soutient que la remise en cause de l’avis des anciens quant à la nécessité du niqab relève de l’ignorance de la charia, ajoutant qu’ « il ne faut pas dénoncer la femme qui se couvre le visage, de même que celle-ci ne doit dénoncer la femme qui le découvre ».
A signaler enfin, que depuis quelques années, l’Egypte, comme la plupart des pays de l’Afrique du nord, connaît un regain de religiosité extrêmement fort qui a profité aux Frères Musulmans (mouvement interdit mais toléré et qui constitue aujourd’hui la principale force d’opposition au régime de Houssni Moubarak) lors des dernières élections législatives.
© Islamiqua avec Jeune Afrique
dimanche 25 janvier 2009
Afghanistan : de l’acide pour défigurer les filles qui vont à l’école

Le 12 novembre dernier, une attaque à l’acide a visée une école de filles dans le village afghan de Mirwais. 6 hommes, sur trois motos, avaient attaqués 11 étudiantes et 4 enseignants. L’attaque a provoqué des blessures pour 6 étudiantes dont une défiguration pour l’étudiante Shamsia Husseini, 17 ans, qui souffre en plus de ses cicatrices de la perte progressive de la vue et de difficultés à la lecture.
L’école de Mirwais pour les filles a été construite depuis 5 ans par le gouvernement japonais. Et depuis elle connaît un véritable succès. Selon le New York Times, elle est même à l’origine d’une véritable « révolution culturelle ». Avec ses 1300 étudiantes, l’école est considérée comme l’un des symboles de la défaite des talibans en Afghanistan. Lorsqu’il était au pouvoir, le mouvement fondamentaliste avait en effet interdit l’instruction des jeunes filles.
C’est donc le symbole qui a été visé le 12 novembre dernier lorsque les agresseurs ont fait subir à leurs victimes d’atroces blessures.
Après cet accident, les parents ont hésités avant de renvoyer leurs filles à l’école de Mirwais.
Mais suite aux promesses du gouverneur de consacrer à l’établissement plus de policiers, une passerelle à travers une route voisine et un autobus, ainsi que la volonté des afghans d’instruire coute que coute leur enfants, la confiance commence à revenir et plusieurs filles retrouvent le chemin de l’école avec d’avantage de persévérance ; beaucoup d'entre elles marchent environ trois kilomètres depuis leurs maisons de briques de boue en haut dans les collines pour parvenir à l’école.
« Mes parents m'ont dit de continuer à aller à l'école même si je suis tué », a dit Shamsia avant de rajouter « Celui qui m’a fait ca, ne veut pas que des femmes soient instruites. Ils veulent que nous soyons des choses stupides. »
© Islamiqua avec le New York Times
samedi 15 novembre 2008
Menaces pour l’auteur et les éditeurs d’un livre sur Aicha, l’épouse du Prophète
The JEWEL Of MEDINA (le Joyau de Médine), le livre que l’Américaine Sherry Jones a consacré à Aicha, la troisième épouse du Prophète est paru aux Etats-Unis milieu octobre et début novembre au Royaume-Uni. Après que Random House, filiale du géant allemand de la communication Bertelsmann, en a annulé la sortie en août (renonçant aux 100 000 dollars d’à valoir versés), une petite maison indépendante, Beaufort Books, a en effet repris le flambeau, faisant fi des menaces proférées ici ou là par des intégristes.
Des menaces à prendre au sérieux. Gibson Square, l’éditeur britannique de l’ouvrage, a été la cible, le 27 septembre, d’un attentat au cocktail Molotov.
Curieusement l’attaque a eu lieu vingt ans presque jour pour jour après la publication, à Londres, des Versets sataniques, qui valurent à Salman Rushdie une fatwa de l’imam Khomeiny le condamnant à mort. Dans les deux cas, c’est la liberté de création qui est la cible de ceux qui ont une vision étriquée de la religion musulmane.
Le livre, qui raconte l’histoire d’Aicha, mariée dès sa petite enfance au Prophète, avec lequel elle eut ses premières relations sexuelles à moins de 10 ans, s’appuie sur des faits reconnus par la tradition islamique. L’auteur a certes imaginé –de façon pudique- la première nuit d’amour entre les tourtereaux, mais sa biographie romancée semble empreinte du plus grand respect pour ces deux figures de l’islam.
Si l’on ne sait pas encore quel éditeur français se lancera dans l’aventure, le roman devrait paraître en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Russie et au Brésil. Mais aussi au Danemark, où l’association des éditeurs (Trykkeselskabet) ne craint pas un remake de l’affaire des caricatures de Mohammed.
Aucun éditeur arabe n’a annoncé encore son intention de traduire et d’éditer le livre qui sera probablement interdit dans la majorité des pays du monde arabo-musulman.
© Islamiqua avec Jeune Afrique.
mercredi 15 octobre 2008
Crise au Koweït après le gala de Tamer Hossni !

Le parlement koweitien vient de connaître son énième crise avec le gouvernement.
Dans le plus profond de la crise économique mondiale, un gala animé par la vedette arabe Tamer Hossni a causé la convocation par le parlement koweitien de … 3 ministres pour interrogatoires.
L’histoire commence le dimanche 5 octobre dernier lorsqu’une fille âgée de 14 ans (selon certaines sources) est parvenue à détourner la sécurité de l’hôtel Koweït Yard pour accéder à la scène et prendre le chanteur dans ses bras.
Malheureusement pour les organisateurs, le gala était diffusé en direct sur les chaînes de télévisions koweitiennes. Or, au prétexte que ce qui s’est passe est considéré comme un non respect des lois réglementant l’organisation des soirées musicales, les autorités ont pris tout de suite après cet accident la décision d’annuler complètement la soirée !
En effet, selon la loi au Koweït, il existe 14 obligations faites aux organisateurs de ces soirées parmi lesquelles l’interdiction de l’immixtion entre hommes et femmes ; l’interdiction de la danse (même sur sa propre chaise) ; et évidement l’interdiction pour le public de monter sur scène.
Si un organisateur ne respecte pas l’intégralité de ces obligations, les autorités koweitiennes interviennent aussitôt pour mettre fin aux transgressions de la loi.
Mais, malgré cette décision d’annuler la soirée, les parlementaires islamistes n’ont pas hésités à lancer trois convocations en direction de trois ministres différents :
1- Une première convocation pour le ministre du commerce « pour avoir autorisé cette soirée ».
2- Une deuxième convocation pour le ministre de l’information « pour avoir donné l’autorisation de la transmission en direct de la soirée ».
3- Une troisième convocation pour le ministre de l’intérieur « pour l’incapacité observée de ses services à maintenir l’ordre ».
Les graves conséquences de ce qui s’est passé dans la soirée de Tamer Housni nous donnent une idée un peu différente de celle qu’on avait sur la situation dans laquelle se trouve un Etat considéré « en transition démocratique » et même le plus démocratique des Etats du Golf (après le Liban). Or, au Koweit comme ailleurs, le conservatisme des populations ne devrait pas être un prétexte à l’adoption et l’application de lois anachroniques.




