Islamiqua | Blog-journal du réformisme

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dimanche 12 juillet 2009

Iran : Le débat est ouvert (3)

Téhéran en crise, ou le retour aux sources de

la révolution de 1979

Par :  Slavoj Zizek*

Quand un régime autoritaire approche de sa crise finale, sa dissolution suit en général deux étapes. Slavoj_ZizkAvant son effondrement, une mystérieuse rupture se produit : les gens réalisent tout d'un coup que la partie est terminée, et ils cessent d'avoir peur. Non seulement le régime perd sa légitimité, mais l'exercice du pouvoir est perçu comme une réaction de panique impuissante.

Nous connaissons tous la scène classique des dessins animés dans laquelle le chat se trouve au-dessus d'un précipice mais continue de marcher sans tenir compte de l'absence de sol sous ses pattes ; il commence à tomber lorsqu'il baisse les yeux et aperçoit le gouffre. Lorsqu'il perd son autorité, le régime est comme un chat suspendu au-dessus du précipice.

Dans Le Shah (éd. 10-18, 1994), une description classique de la révolution de Khomeyni, Ryszard Kapuscinski situait le moment précis de cette rupture : un manifestant qui se trouvait à un carrefour de Téhéran refusa de bouger lorsqu'un policier lui ordonna de partir, et le policier embarrassé s'en alla ; en quelques heures, tout Téhéran avait entendu parler de cet incident et, bien que les combats de rue se soient poursuivis pendant des semaines, tout le monde savait d'une certaine façon que la partie était terminée. Assistons-nous à quelque chose de similaire ?

Les interprétations de ce qui se passe aujourd'hui en Iran sont multiples. Pour certains, c'est le point d'orgue du "mouvement réformiste" pro-occidental dans le droit-fil des révolutions "orange" en Ukraine, en Géorgie, c'est-à-dire une réaction laïque à la révolution de Khomeyni. Ils soutiennent les protestations car ils les considèrent comme le premier pas vers un nouvel Iran démocratique libéral et laïque, libéré du fondamentalisme musulman.

Pour les sceptiques, au contraire, Ahmadinejad a remporté les élections : il est la voix de la majorité, alors que Moussavi est soutenu par les classes moyennes et leur jeunesse dorée. En bref : abandonnons les illusions et reconnaissons que l'Iran a, en la personne d'Ahmadinejad, le président qu'il mérite. Il y a ensuite ceux qui ne voient en Moussavi qu'un membre de l'autorité cléricale, ne présentant que des différences de pure forme avec Ahmadinejad, décidé lui aussi à poursuivre le programme nucléaire et opposé à la reconnaissance d'Israël ; il a par ailleurs joui du soutien de Khomeyni lorsqu'il était premier ministre durant la guerre contre l'Irak.

Finalement, les plus tristes de tous sont les sympathisants de gauche d'Ahmadinejad : ce qui est en jeu pour eux est l'indépendance iranienne. Ahmadinejad a gagné parce qu'il a défendu l'indépendance du pays, dénoncé la corruption au sein de l'élite et utilisé les richesses provenant du pétrole pour augmenter les revenus de la majorité défavorisée. Il s'agit là, nous dit-on, du véritable Ahmadinejad, derrière l'image véhiculée par les médias occidentaux d'un fanatique négationniste. Ce qui se déroule en Iran ne serait donc qu'une répétition du renversement de Mossadegh en 1953 : un coup d'Etat financé par l'Occident contre le président légitime.

Bien que divergentes, toutes ces versions interprètent les protestations iraniennes selon l'axe de l'opposition entre extrémistes islamistes et réformistes libéraux pro-occidentaux, ce pourquoi il leur est si difficile de déterminer la position de Moussavi : est-il un réformateur soutenu par l'Occident qui veut renforcer la liberté individuelle et l'économie de marché, ou bien un membre de l'autorité cléricale dont la victoire ultime n'aurait aucune répercussion sérieuse sur la nature du régime ? De telles oscillations prouvent qu'ils passent tous à côté de la vraie nature des protestations.

La couleur verte adoptée par les partisans de Moussavi, les cris "Allah akbar" qui retentissent depuis les toits de Téhéran le soir montrent qu'ils voient leur activité comme la répétition de la révolution de Khomeyni, en 1979, comme un retour à ses sources, l'effacement de la corruption ultérieure de la révolution. Ce retour aux sources n'est pas seulement programmatique ; il se rapporte davantage au mode d'activité des foules : l'unité incontestable du peuple, la solidarité générale, l'auto-organisation ingénieuse, l'improvisation de moyens pour exprimer la protestation, le mélange singulier de spontanéité et de discipline, comme la marche menaçante de milliers de personnes dans le silence. Nous avons affaire à un soulèvement populaire authentique des partisans déçus de la révolution.

Nous devons tirer de cet aperçu plusieurs conséquences déterminantes. Premièrement, Ahmadinejad n'est pas le héros des islamistes défavorisés, mais un vrai populiste islamo-fasciste corrompu, une sorte de Berlusconi iranien dont le mélange de rodomontades clownesques et de politique de coercition impitoyable cause un malaise jusqu'au sein de la majorité des ayatollahs. Sa distribution démagogique de miettes aux pauvres ne devrait pas nous induire en erreur : derrière lui se trouvent non seulement les organes de la répression policière et un appareil de communication très occidentalisé, mais aussi une nouvelle classe riche et puissante, fruit de la corruption du régime - les Gardiens de la révolution en Iran ne sont pas une milice populaire, mais une entreprise géante, le plus puissant centre de la richesse du pays.

Deuxièmement, nous devrions établir une claire différence entre les deux principaux candidats opposés à Ahmadinejad, Mehdi Karroubi et Moussavi. Karroubi est un réformiste qui propose en substance une version iranienne de la politique communautariste, en promettant d'octroyer des faveurs à tous les groupes particuliers. Moussavi incarne quelque chose de différent : son nom représente la véritable réanimation du rêve populaire qui soutenait la révolution de Khomeyni, même si ce rêve était une utopie.

Cela signifie que nous ne saurions réduire la révolution de 1979 à une prise de pouvoir des extrémistes islamistes : elle représentait bien plus que cela. Il est temps aujourd'hui de rappeler l'incroyable effervescence de la première année qui suivit la révolution, avec l'explosion époustouflante de créativité politique et sociale, les expériences organisationnelles et les débats parmi les étudiants et la population. Le fait même que cette explosion ait fait l'objet d'une répression démontre que la révolution de Khomeyni était un événement politique authentique, une ouverture momentanée qui libéra les forces inédites de la transformation sociale, un moment où "tout semblait possible".

Suivit alors une fermeture progressive à travers la prise du pouvoir politique par les autorités islamistes. Pour le dire en termes freudiens, le mouvement de protestation auquel nous assistons est le "retour du refoulé" de la révolution de Khomeyni. Enfin et surtout, cela signifie que l'islam renferme un véritable potentiel libérateur : pour trouver un "bon islam", nul besoin de remonter au Xe siècle ; nous l'avons ici, sous nos yeux.

L'avenir est incertain. Très probablement, les détenteurs du pouvoir endigueront l'explosion populaire, et le chat, au lieu de tomber dans le précipice, regagnera la terre ferme. Le régime, loin d'être le même qu'avant, sera juste un gouvernement autoritaire et corrompu parmi d'autres. Quelle que soit l'issue, il est important de garder à l'esprit que nous assistons à un grand événement émancipateur qui excède le cadre de la lutte entre les libéraux pro-occidentaux et les intégristes anti-occidentaux. Si notre pragmatisme cynique devait nous faire perdre la capacité de reconnaître cette dimension émancipatrice, alors nous, Occidentaux, serions en train d'entrer dans une ère post-démocratique, nous préparant à accueillir nos propres Ahmadinejad. Les Italiens connaissent déjà son nom : Berlusconi. D'autres attendent leur tour.

*Slavoj Zizek est philosophe

Source : Le Monde

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Le dossier Islamiqua sur l’Iran

jeudi 9 juillet 2009

Iran : Le débat est ouvert (2)

La République islamique ne se laissera pas dicter sa loi par une petite bande de vandales

Par : Mahdi Mohammadi

Mir Hossein Moussavi a perdu avec une différence de 12 millions de voix une élection dont il affirmait le_quotidien_Kayhanpourtant avec beaucoup d’aplomb, vingt-quatre heures avant la tenue du scrutin, qu’il était le grand gagnant. Après la proclamation des résultats, face à une majorité de journalistes étrangers, il a immédiatement déclaré que ces élections étaient truquées et qu’il était donc le véritable président de la République iranienne, appelant dans la foulée ses partisans à descendre dans la rue. Comment une personne qui disposait de 40 000 observateurs postés dans tous les bureaux de vote peut-elle prétendre qu’une fraude portant sur des millions de voix a pu avoir lieu, sans produire ensuite le moindre document pour étayer cette thèse ?! Dans un communiqué, M. Moussavi expliquait ainsi que ces élections n’étaient pas valables, parce que M. Ahmadinejad réalisait depuis quatre ans des visites en province, où il rendait justice aux citoyens des classes les plus défavorisées en effectuant des distributions, et qu’en plus il avait osé critiquer des parvenus lors des débats télévisés préélectoraux !

Il y a quelques jours, M. Moussavi a été invité par le Conseil des gardiens de la Constitution [instance qui valide le scrutin] à venir présenter ses arguments et à fournir des éléments de preuve, mais il ne l’a pas fait et a préféré demander à ses partisans de descendre dans la rue. Comment expliquer une telle attitude ? Il déclare qu’il ne fait pas confiance au Conseil des gardiens. Mais alors, s’il n’a pas confiance dans cette institution ni dans le ministère de l’Intérieur, pourquoi donc a-t-il présenté sa candidature à cette élection ? Que doit-on penser d’une personne qui n’a aucun argument tangible mais qui pour autant s’obstine à porter des accusations inadmissibles à l’encontre du régime et continue à exciter les casseurs ? M. Moussavi n’a même pas accepté la proposition du Conseil des gardiens de procéder à un recomptage de 10 % des urnes choisies au hasard. Ce qui se passe ces jours-ci àTéhéran est un mouvement parfaitement orchestré qui n’a rien d’une mobilisation populaire et spontanée, contrairement à ce qu’affirment M. Moussavi et les médias étrangers, qui parlent d’une seule et même voix.

Qualifier ce mouvement de “populaire” est d’ailleurs une insulte pour la population, dont la seule revendication aujourd’hui est qu’on s’en prenne aux casseurs et que la sécurité revienne dans les rues de la ville. Les quelques dizaines de milliers de manifestants qui sont sortis dans la rue lundi 15 juin, croyant que M. Moussavi allait leur fournir des preuves de ses accusations, ont vite compris que ce dernier n’avait rien à dire et que ce rassemblement était juste une bonne occasion de défoulement pour les casseurs au fil du temps. Dès ce moment là, ce mouvement a commencé à s’effriter. Le jeudi 18 juin, il n’y avait déjà plus àTéhéran que quelques milliers de personnes autour de M. Moussavi. Samedi 20 juin, enfin, cette mobilisation se limitait à quelques centaines de vandales, dont la plupart sont aujourd’hui arrêtés. C’est ainsi qu’une grande partie des gens qui ont voté pour M. Moussavi ont, contrairement à ce dernier, pris leurs distances avec ces vandales et s’inquiètent ouvertement de l’attitude d’un personnage qui, avant les élections, en appelait au respect d’une loi qu’il ne reconnaît plus aujourd’hui.

M. Moussavi, qui ne cesse de faire allusion à l’imam Khomeyni et à la révolution dans ses communiqués, devrait nous expliquer pourquoi nos ennemis l’apprécient tellement. Que dirait l’imam s’il était là aujourd’hui et qu’il voyait le peu de cas que M. Moussavi fait du respect de la loi ? Les provocations orchestrées par M. Moussavi ne sont-elle pas exactement ce que veut l’ennemi ? Les violences ne se sont-elles pas produites à la suite de ses rassemblements ? Tous les communiqués appelant au calme que M. Moussavi a pu diffuser ne diminuent en rien sa responsabilité dans ces débordements. S’il ne veut pas que son cas s’aggrave, il a intérêt à retrouver le plus vite possible la voie de la raison, car la République islamique ne se laissera pas dicter sa loi par une petite bande de vandales.

Source : Courrier International d'après Kayhan.

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Le dossier Islamiqua sur l’Iran

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lundi 6 juillet 2009

Iran : Le débat est ouvert (1)

editorial_islamiquaNombreux sont les commentaires et analyses sur la situation en Iran depuis les évènements que connaît la République islamique suite à la proclamation des résultats des élections présidentielles du 12 juin. Nous avons choisi de vous présenter une petite sélection de ce qui a été écrit. Et afin de vous permettre de vous faire votre propre opinion sur ce qui se passe en Iran et les répercussions que cela peut avoir (à moyen et à court terme) sur la Révolution islamique d’une part et la région entière d’autre part, nous avons choisi de vous donner aussi une idée sur ce que les conservateurs et les supporters du régime iranien pensent. Ainsi, sous le titre « La République islamique ne se laissera pas dicter sa loi par une petite bande de vandales », nous vous présenterons le point de vue du quotidien iranien ultra conservateur Kayhan pour lequel les manifestants et leur chef Moussavi ne sont autres qu’ « une bandes de vandales » qui menacent les institutions de la République islamique. (2ème partie du dossier) 

Moins enflammé et plus objectif sera le point de vue du philosophe Slovaj Zizek qui pense qu’ « il est important de garder à l'esprit que nous assistons à un grand événement émancipateur qui excède le cadre de la lutte entre les libéraux pro-occidentaux et les intégristes anti-occidentaux. » (3ème partie du dossier) 

Mais pour commencer ce dossier, je vous suggère la lecture de l’article de l’écrivaine iranienne Fariba Hachtroudi. L’auteure revient sur les conditions des intellectuels-opposants au régime et montre qu’en Iran, tout le monde n’est pas partisan de la République islamique. (1ère partie du dossier) 

Bonne lecture

H.B

Quand les dignitaires du clergé s'inquiètent au nom de l'islam 

Par : Farida Hachtroudi*

"Vous ne regrettez pas d'avoir présenté une théocratie qui pratique les lois de la charia dont la Farida_Hachtroudilapidation ?" Je pose cette question à un haut fonctionnaire démissionnaire du ministère des affaires étrangères de la République islamique qui a quitté sa retraite provinciale pour "voler à mon secours", selon ses dires !

Nous sommes à Téhéran à la fin du mois d'avril. C'est le troisième voyage légal que j'effectue dans mon pays natal, après trente ans d'exil. La troisième fois donc que je prends le risque de rentrer au pays sans garantie de pouvoir ressortir. Et la première fois que, aussitôt passé la douane, un lebass chakhssi(agent de renseignement en civil) du bureau de la présidence a confisqué mon passeport.

Lors de mon premier voyage, en décembre 2006, j'avais eu droit aux interrogatoires, assez courtois, émaillés de tactiques d'intimidation et d'opérations de charme censés me faire comprendre qu'un "témoignage objectif"(entendre par là un livre en faveur de la République islamique !) faciliterait mes séjours ultérieurs au pays..."

En 2008, sort mon témoignage sur l'état des lieux et le paysage plutôt sombre qui constituent le quotidien des Iraniens. Paupérisation et fléaux sociaux (chômage, prostitution, suicide, drogue, etc.). Je dénonce - comme auparavant - la société du mépris qu'imposent les dirigeants à leur peuple. Je réitère mes prises de positions irréversibles en faveur de la laïcité, de l'abrogation de toutes les lois de la charia, seul moyen de pouvoir accéder au statut égalitaire entre l'homme et la femme, du respect des droits de l'homme - qui pour moi ne sauraient être plus islamiques que chrétiens ou juifs ; je salue la jeunesse devenue les acteurs majeurs du dynamisme fabuleux de la société civile, je persiste et signe en affirmant que le régime des mollahs a beau se targuer de son succès géopolitique régional et international, il ne pourrait survivre au mécontentement populaire grandissant et au ras le bol de la jeunesse.

Je reconnais enfin que la fraction du régime dite des "réformateurs modérés" est consciente du danger que font courir à leur République les jusqu'au-boutistes de Mahmoud Ahmadinejad. Donc, quoi de plus naturel qu'aux yeux du "barbu" de l'aéroport, je reste "cette ennemie de Dieu"non repentie, avec un passif d'ex-militante du Conseil national de la résistance dirigé par les "terroristes" des Moudjahidins du peuple. "Quant à moi, j'essaie de faire entendre à ceux qui veulent vous donner la leçon de votre vie que ce n'est peut-être pas une bonne idée et surtout pas le bon moment !" me dit le haut fonctionnaire, et d'ajouter "retenir ou emprisonner une écrivaine franco-iranienne, alors qu'ils ne savent déjà plus que faire de la journaliste irano-américaine à la veille de l'élection présidentielle, serait contre-productif". Il dénonce avec un étonnant franc-parler l'esprit et l'idéologie arachnéenne des réseaux liés à Ahmadinejad, qui risque de mener le pays au bord du chaos et conclut qu'il s'active jour et nuit pour la campagne de Mir Hossein Moussavi.

D'autres supporteurs du candidat, très introduit dans les cénacles de la ville sainte de Qom me parlent des convictions messianiques d'Ahmadinejad, lequel, selon eux, aspire à une confrontation ouverte avec l'Occident tant il est convaincu que, grâce à l'aide providentiel du Douzième Imam (le retour du messie), l'islam sortirait vainqueur de toute guerre éventuelle contre l'hérésie. Ne diabolisent-ils pas tous Ahmadinejad ? Non, me dit un de ces grands ayatollahs que je rencontre peu après.

L'homme, qui avait un poste de première importance au début de la révolution auprès de l'ayatollah Khomeyni, connaît mon passé, mes écrits et mon problème de passeport confisqué ! Il m'explique : "La toile de fond de la guerre actuelle est faite du conflit entre les partisans d'une République islamique et ceux d'un gouvernement islamique."

Traduction : dans un gouvernement islamique, la seule source de légitimité est la charia et le seul décisionnaire est le "Guide" (en l'occurrence Ali Khamenei). Dans une République islamique, c'est la volonté populaire par le biais des institutions républicaines qui devrait primer. Ces institutions sont par ailleurs tenues de respecter la Constitution qui n'est pas discriminatoire envers les autres religions ou ethnies du pays. Les hauts dignitaires du clergé critiquent de plus en plus ouvertement le règne du jurisconsulte (ou l'autorité d'un seul homme - le "Guide" suprême) au-dessus des institutions. C'est au nom de l'islam et pour la sauvegarde de celui-ci que nombre d'entre eux s'inquiètent.

Au chapitre de la liberté d'expression, je lui demande si un écrivain publie un roman dans lequel le Douzième Imam serait une femme, cette oeuvre imaginaire pourrait-elle être considérée comme une insulte au Douzième Saint chiite et, si oui, quelle serait la peine de l'infortuné ? Si l'ayatollah n'est pas d'accord avec moi sur l'appellation de roman, pour désigner une oeuvre s'inspirant de la réalité il m'assure que, pour lui, à un écrit, fût-il supposé blasphématoire, l'on se doit de répondre et de débattre au moyen d'un autre écrit. Et qu'il est, lui, opposé à la proclamation d'une fatwa de mort à l'encontre des gens de plumes. "D'après le Coran, seule l'insulte au Prophète mériterait le châtiment suprême à condition que l'on en puisse prouver le caractère blasphématoire... Mais, selon les lois édictées par ces messieurs - entendre par là ses propres congénères dans le saint des saints du pouvoir - la peine de mort est étendue aux cas d'injures prononcés contre les Douze Imam. Et pourquoi serait-ce une injure que de stipuler qu'une femme puisse être le messie attendu ? N'injurie-t-on pas la moitié de l'humanité dans ce cas ?" L'ayatollah me répond que pour le Coran, homme et femme sont égaux devant Dieu !

Pour qui votera-t-il le 12 juin ? Pour Moussavi ! Est-ce pour reprendre sa carrière politique avortée avec les conservateurs ? "Non madame, c'est pour contribuer à faire sortir le pays de l'impasse !"

Cet avis est partagé par les artistes, poètes, écrivains, scientifiques et intellectuels, dont nombreux anciens étudiants et proches de mon père, mobilisés pour le vote du 12 juin : "Avec Moussavi, il y a un espoir. Les dirigeants ne peuvent plus être à la traîne d'un peuple jeune, fier de sa culture et qui se réclament de l'iranité autant sinon plus que de l'islam."

Le vieux professeur R., 70 ans, croyant et pratiquant, ancien élève de mon père, est aussi un haut responsable d'une université scientifique du pays. Quand j'évoque les chances que certains accordent à Ahmadinejad, il rétorque "raison de plus pour mobiliser les étudiants, comme il mobilise ses miliciens fanatiques". Et de réciter avec émotion le testament moral de feu le professeur Hachtroudi, prononcé à l'université de Téhéran deux ans avant la révolution. "Je félicite la vaillante jeunesse, porte-drapeau du savoir en Iran, au service duquel nous fûmes (...). Si les conventions le permettaient, je souhaiterais que ma dépouille soit enterrée dans l'enceinte de l'université pour être à jamais le réceptacle de la terre soulevée par la marche de la jeunesse."

Aujourd'hui, on massacre, une fois de plus, cette jeunesse qui n'aspire qu'à la dignité et on emprisonne ceux qui osent la défendre. J'appelle, humblement, le corps enseignant français et les Prix Nobel de physique à soutenir leurs collègues en Iran qui, au risque de leur vie, sont mobilisés derrière la jeunesse iranienne.

* Fariba Hachtroudi est écrivaine

Source : Le Monde

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vendredi 3 juillet 2009

Iran : volonté de changement ou manipulations extérieures ?

Iran_cartoon

Pour le régime iranien, les contestations seraient conduites de l’étranger par la CIA qui financerait plusieurs des participants aux manifestations.

 Cette prise de position vous semble elle réaliste ?

 Est-ce vrai -selon vous- que les Etats-Unis se trouvent derrières toutes les perturbations que connaît l’Iran depuis les élections du 12 juin ?

 Ou bien il s’agit de l’éternel recours à la « théorie du complot » d’un régime en perte de légitimité ?

Pour répondre à ces questions, merci de laisser vos commentaires et / ou de participer au sondage ci-dessous : 

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samedi 14 février 2009

Les grandes dates de la république islamique

16 janvier 1979 : Après plusieurs mois de manifestations, le chah d’Iran part en exil.

1er février : L’ayatollah Khomeyni fait un retour triomphal en Iran. Des millions de personnes l’accueillent à l’aéroport de Téhéran.

11 février : La victoire de la révolution islamique est proclamée, le 22 bahman du calendrier iranien.

4 novembre : Un groupe d’“étudiants” islamistes occupe l’ambassade des Etats-Unis et prend en otages 63 diplomates américains.

7 avril 1980 : Les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec la République islamique et imposent des sanctions économiques.

22 septembre : L’Irak ouvre les hostilités en envahissant le sud de l’Iran. Le conflit durera huit ans, faisant 1 million de morts.

20 janvier 1981 : 52 diplomates américains, qui ont été retenus en otages 444 jours, sont libérés.

21 juin 1981 : Khomeyni destitue le premier président de la République islamique, Abolhassan Bani Sadr.

28 juin 1981 : Attentat dit “du 7 tir”, selon le calendrier iranien, au siège du Parti de la République islamique. L’ayatollah Behesti, un des théoriciens du régime, est tué.

2 octobre 1981 : Ali Khamenei devient président.

4 mai 1982 : Le parti communiste Tudeh est dissous. A partir de là, et jusqu’en 1985-1986, les anciens révolutionnaires de gauche sont persécutés.

18 juillet 1988 : L’ayatollah Khomeyni accepte de boire “la coupe de poison”, selon ses termes, c’està- dire la résolution 598 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui met fin à la guerre Iran-Irak.

4 juin 1989 : Mort de Khomeyni. Ali Khamenei devient guide suprême, au détriment de l’ayatollah Ali Montazeri. Celui-ci avait été élu en 1985 par l’Assemblée des experts pour succéder à Khomeyni. Mais le leader de la révolution islamique avait rejeté ce choix, dans une lettre de 1988, Montazeri s’étant montré critique à l’égard du pouvoir.

28 juillet 1989 : Ali Akbar Hachemi Rafsandjani devient président de la République. Il adopte une politique pragmatique d’ouverture économique, mais, sur le plan politique, il multiplie les assassinats d’opposants, notamment à l’étranger.

23 mai 1997 : Le réformateur Mohammad Khatami est élu président, sur un programme de réformes. La date de son élection, le 2 khordad, est le nom du mouvement qui rassemble encore aujourd’hui ses partisans.

1998 : Série de meurtres visant des intellectuels critiques du régime. Selon les autorités, un élément “isolé” des services de renseignements, Saïd Emami, est à l’origine de ces meurtres.

9 juillet 1999 : Les manifestations d’étudiants commencent le 18 tir du calendrier iranien, à la suite de la fermeture du journal réformiste Salaam. Ces manifestations sont durement réprimées.

Août 2002 : L’existence du programme nucléaire iranien est révélée par les Moudjahidin du peuple, groupe d’opposants en exil. L’Agence internationale de l’énergie atomique cherche à déterminer si ce programme a des fins civiles – comme l’affirment les autorités – ou militaires.

24 juin 2005 : Le maire de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad, gagne la présidentielle, en promettant de “mettre l’argent du pétrole sur la table des Iraniens”.

27 septembre 2008 : Le Conseil de sécurité de l’ONU vote une quatrième résolution contre l’Iran, qui refuse de suspendre l’enrichissement de l’uranium.

31 janvier 2009 : le président iranien Ahmadinejad déclare lors des célébrations du 30ème anniversaire de la révolution islamique que « La révolution n’est plus circonscrites aux limites des frontières iraniennes ». 

© Islamiqua d’après Courrier International

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vendredi 13 février 2009

Réformistes ou conservateurs… tous des islamistes ?

Iran_2Depuis le début de la présidence d’Ahmadi Nejad, nombreux sont ceux qui regrettent l’ère Khatemi (1997-2005)  durant laquelle les réformistes avaient leurs mots à dire sur la politique aussi bien intérieure qu’extérieure de leur pays. Seulement, ce qu’on oublie souvent, c’est qu’on Iran, plusieurs des réformistes sont des islamistes. Il s’agit principalement de religieux transformés en politiciens.

Ce mélange du religieux et du politique remonte aux premières années de la révolution islamique. Avant 1979, les mollahs refusaient d’avoir des postes dans l’exécutif afin de préserver leur indépendance et d’échapper aux influences politiques.

Mais depuis, les choses ont changés et les religieux iraniens sont devenus de véritables politiciens.

La première formation officielle qui regroupait des religieux était le parti de Joumhouri Eslami [République Islamique] qui regroupait plusieurs personnalités religieuses telles que Khamenei ou Rafsanjani.

Aussi bien, le radical Khamenei que le réformateur Rafsanjani était donc dans un seul parti politique. Mais la connivence ne durera pas longtemps. Car les élections se succèdent et les favoris du Guide Khomeiny (les conservateurs) étaient toujours gagnants dans les élections.

Une situation qui poussera le courant réformiste à sortir du lot et à fonder son propre parti. Et depuis l’Iran connait deux grands partis religieux : le parti des conservateurs de Rouhaniyat [Spiritualité], dite Association des clercs combattants, et le parti des réformateurs de Rouhaniyoun [Religieux spirituels], dite Association des religieux combattants.

Cette situation va pousser certains spécialistes à dire qu’en Iran il n’existe aucune différence entre les conservateurs et les réformateurs à partir du moment où tous sont issus de la même formation religieuse. Selon ces auteurs dont Ramine Kamrane et Frédéric Tellier (dans leur livre : « Iran : les coulisses d’un totalitarisme »), cette succession de réformateurs et de conservateurs et la soi-disant guerre qu’ils se livrent n’est autre qu’une mise en scène faite par le régime iranien afin de cacher les réalités du régime, pour le faire apparaître comme démocratique. Analysant l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad, les auteurs affirment :

« Tant que le monde croit à un tournant majeur de la vie politique iranienne, tant qu’il voit dans l’avènement de cet ultra dont il prend systématiquement soin de souligner la fidélité aux idéaux de la révolution – comme si cette fidélité était en soi une exception au sein du personnel de la république islamique, la source de tous les problèmes rencontrés par le communauté internationale avec Téhéran-, alors toute la vigilance porte sur un homme plutôt que sur ce qu’elle juge être une politique individuelle au détriment de la logique collective de la république islamique (…).

Croire en effet qu’en juin 2005 [arrivée au pouvoir de Nejad] a eu lieu quelque chose de comparable à un tournant fasciste du régime islamique revient à penser que tout ce qui précède ne l’était pas. Il suffirait qu’Ahmadi Nejad disparaisse de la scène au profit d’une figure ‘‘réformiste’’ pour que, dans un élan de soulagement à la mesure de ses peurs, le monde célèbre ici comme sur tous les autres dossiers le « retour à la normale », voire la victoire de la démocratie, alors même qu’aucun cap parmi ceux suivis par Téhéran ne serait modifié » 

© Islamiqua d’après Courrier International et « Iran : dans les coulisses d’un totalitarisme »

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jeudi 12 février 2009

Si l’ayatollah Ali Montazeri était le Guide de la révolution ?

Ali_KhameneiL’actuel Guide de la révolution islamique, Ali Khamenei, n’aurait jamais du être là où il se trouve s’il n’avait un discours radical. En effet, en 1985, l’Assemblée des experts (la plus haute autorité religieuse de l’Iran) avait désigné l’ayatollah Ali Montazeri au poste de successeur du Guide suprême. Montazeri, qui était sans aucun doute le numéro deux du régime à partir du moment ou il était le dirigeant de la révolution à l’intérieur du pays au moment ou Khomeyni vivait en exil, sera déchu de ce titre au profit de Ali Khamenei et par la volonté de Khomeyni qui à rejeté le choix de l’Assemblée des experts dans une lettre de 1988, Montazeri s’étant montré critique à l’égard du pouvoir.

Une attitude qu’il continu d’avoir jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, pour protester contre l’arrestation de l’un de ses proches, Gholamhossein Gheysari, imam à Nadjafabad, qui avait critiqué la gestion actuelle des affaires lors d’un de ses prêches du vendredi, Montazeri a prononcé un discours… révolutionnaire :

« Nous voici presque au trentième anniversaire de la révolution. On s’aperçoit que les gens qui sont responsables dans ce pays ont oublié les slogans de la révolution. Si c’était pour vendre le pétrole et dépenser l’argent dans des grands travaux sans intérêt, alors le chah pouvait faire la même chose. L’ancien régime vendait chaque jour 6 millions de barils de pétrole. Au moment de la révolution, le peuple disait ‘indépendance, liberté, et République islamique’. Aujourd’hui, comment répondre à ce peuple ? Un des mots clés était liberté. A présent, des imams – à Nadjafabad ou ailleurs – sont mis en prison au lieu d’être remerciés de leurs efforts. Est-ce que c’est ça, la liberté ? Que quelques-uns décident et que les autres se taisent ? La République islamique, ça veut dire que le peuple est le fondateur et le gérant, en conformité avec les fondements de l’islam. Il est important que les dirigeants fassent attention à la volonté du peuple, qui a le devoir, de son côté, de contester chaque cas. Sinon, cette révolution a été faite pour rien. C’est parce que le peuple est propriétaire du pays que la révolution a été faite. Dans la Constitution, de nombreux articles parlent des droits de l’homme, et on ne peut les ignorer. On ne peut continuer à gouverner avec les organisations hors la loi [comme les gardiens de la révolution]. »

Si l’ayatollah Ali Montazeri était le Guide de la révolution ? Avec une telle prise de position, cela ne risque pas d’arriver.

© Islamiqua d’après Courrier International

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mercredi 11 février 2009

Lorsque la gauche s’alliait avec Khomeyni

KhomeyniLes derniers jours du règne du Shah d’Iran ont été riches en débats à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur de l’Iran entre différents intellectuels iraniens de différentes tendances politiques et idéologiques. La question principale fut alors la suivante : faut-il se rallier à Khomeyni ?

La gauche iranienne fut alors divisé entre partisans du ‘‘Guide’’ qui voyaient en lui un nouveau Ghandi et d’autres ne lui faisant pas confiance en raison de son programme « théo-démocratique ».

Mais à vrai dire, à l’époque, le discours de Khomeyni aurait pu convaincre plus d’un retissant des bonnes intentions du guide. En effet, lors de ses nombreuses interviews accordées aux journalistes occidentaux depuis son exil de Paris, le Guide de la Révolution islamique parlait pour la première fois du vote du peuple, des droits de l’homme, et des libertés sociales et politiques. Un vrai islamiste libéral.

Seulement, comme il s’est avéré quelques années plus tard (mai 1982) avec la dissolution du parti communiste Tudeh et la persécution des anciens révolutionnaires de gauche, ce discours n’était qu’une simple propagande visant à tranquilliser une gauche puissante à l’époque et très présente en particulier dans les rangs des étudiants iraniens. Des étudiants qui seront surpris par une révolution à laquelle ils ont massivement participés mais dans laquelle ils ne se reconnaitront plus, à l’image de l’intellectuel iranien Massoud Golsorkhi racontant son expérience de révolutionnaire de gauche au service de la révolution islamique : « Je passais la plus grande partie de mon temps à traîner sur le campus de l’université de Téhéran, pas très loin de chez mes grands-parents. Le campus central de ce qui est la plus vieille université de la ville s’était transformée en un gigantesque centre de débats. Entre deux “marches”, nous écoutions des discours et participions à des groupes de discussion et des engueulades de toutes les couleurs politiques imaginables, du féminisme radical au marxisme.

Avec le recul, le tournant s’est produit lors d’une autre marche à laquelle je m’étais joint sans trop savoir où elle allait. Je m’étais dit que je marcherais en criant des slogans et en discutant avec les autres tant qu’ils iraient dans ma direction. Au bout d’un moment, j’ai remarqué que les manifestants ne ressemblaient guère à ceux que je voyais habituellement à l’université. Il n’y avait pas beaucoup d’étudiants mais des gens de tout âge, peu de moustaches gauchistes et beaucoup de barbes islamistes. Ces gens étaient plus pauvres, le genre de ceux qu’on voit traîner sur les places du sud de Téhéran à la recherche de travail. »       

© Islamiqua d’après Courrier International

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mardi 10 février 2009

Au delà des clichés : journée spéciale sur Arte consacrée au 30ème anniversaire de la révolution islamique en Iran

journee_speciale_arte

Arte consacre toute la journée du mercredi 11 février à la célébration du 30ème anniversaire de la révolution islamique. Une programmation très riche nous attend. Voici ce que je vous conseille absolument de voir…

10.15 | L’Iran, une révolution cinématographique (France, 2006, 98mn)

Comment, du shah à la République islamique, s'est construit un cinéma novateur qui a révélé au monde les vrais visages de la société iranienne. Voyage en terre d'images, célèbres et inconnues, en compagnie d'une génération de pionniers.

12.30 | Le dessous des cartes

L’état de l’Iran

À quelques mois des élections présidentielles iraniennes - prévues pour juin 2009 -, où en est l'Iran ?

14.05 | Le footballeur, sa femme et sa maitresse

Enquête sur un fait divers qui a défrayé la chronique.

Nasser Khani est l'un des plus grands sportifs iraniens, une star du football et un entraîneur respecté. Mais lorsque sa maîtresse, Shahla Jahed, est accusée d'avoir assassiné sa femme, le héros national tombe brutalement de son piédestal. Enquête sur un fait divers qui a défrayé la chronique.

15.10 | Ma famille à Téhéran

Dans une famille de Téhéran, trois générations de femmes se racontent : vie de couple, aspirations amoureuses, conditions d'existence... des paroles fortes qui montrent comment les Iraniennes parviennent peu à peu à se libérer de l'ordre patriarcal traditionnel.

16.40 | Meurtries, meurtrières

Certaines femmes iraniennes n'ont pas trouvé d'autre recours que le meurtre pour échapper à leur condition.

Maltraitées, abusées, exploitées par leur mari ou leur père, ces femmes iraniennes n'ont pas trouvé d'autre recours que le meurtre pour échapper à leur condition.

17.15  | Lettres au président

Petr Lom est le seul réalisateur étranger qui a été autorisé à suivre Mahmoud Ahmadinejad dans ses déplacements.

Un document exceptionnel : Petr Lom est le seul réalisateur étranger qui a été autorisé à suivre Mahmoud Ahmadinejad dans ses déplacements à travers le pays. Son film donne la parole aussi bien aux partisans du président dans les campagnes qu'aux jeunes étudiants de Téhéran, et montre les difficultés économiques auxquelles doivent faire face de nombreux Iraniens.

19.00 | Toutes les télés du monde

La télévision des iraniens

Pour les Iraniens, il y a deux télés : la télévision nationale, où les cours de morale côtoient les leçons de décoration florale ; et les chaînes iraniennes diffusées depuis l'étranger, captées par des millions de paraboles cachées, qui montrent tout ce que les autorités religieuses interdisent.

A ne pas manquer

20.45 | Iran : une puissance dévoilée

Du début du siècle à nos jours, le récit de cent ans d'histoire mouvementée de l'Iran. Un documentaire inédit pour revenir aux sources des tensions avec l'Occident.

De la découverte de réserves pétrolières au début du XXe siècle à la crise du nucléaire actuelle en passant par le coup d'État américain de 1953 qui réinstalla le shah au pouvoir et la révolution islamique de 1979, le documentaire retrace cent ans d'histoire d'un pays partagé entre religion et révolution moderniste, soumission et indépendance. Une fresque passionnante, une histoire vivante et tragique qui s'appuie sur des archives et des documents d'époque, mais aussi et surtout sur les récits de témoins éloquents : Hachemi Rafsandjani, ancien président de la République islamique, d'anciens chefs religieux, d'ex-membres de gouvernements iraniens et étrangers, des responsables de la CIA et du Mossad, des ambassadeurs, des Iraniens ordinaires...

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