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samedi 13 janvier 2007

Magdi Allam et les islamistes (6)

Avec l’article de Magdi Allam que je vous présente aujourd’hui nous arrivons à la fin de cette série dans laquelle je pense vous avoir présenté les plus importants et les plus pertinents des articles écrits par Allam entre 2004 et 2006 dans le journal italien Corriere della sera.

Je suis d’accord pour dire qu’il s’agit dans l’ensemble d’articles polémistes. Mais cela ne doit pas nous faire oublier la pertinence d’un nombre important d’idées développées par l’auteur dans ces écrits.

Bonne lecture..

Magdi_Allam_6

Comment ne pas nous préoccuper du fait que 35 % des musulmans en France, 25 % en Espagne, 24 % en Grande-Bretagne et 13 % en Allemagne légitiment les attentats terroristes suicides contre les civils pour défendre l’islam ?

Le récent sondage mené par « Pew global attitudes project » fait émerger l’image d’une Europe toujours à la merci des extrémistes islamistes.

Le pays qui connaît le plus grand risque est indéniablement la Grande-Bretagne.

A un an du massacre perpétré par quatre terroristes suicides britanniques dans le centre de Londres (56 morts), la Grande-Bretagne découvre que « la fabrique de la terreur » sur son propre sol et de plus en plus radicale et dangereuse.

L’MI5 estime qu’environ 8 mille musulmans, le 0,5% du million et demi ayant la citoyenneté britannique, soutiennent Al-Qaida.

Mais dans le sondage du Pew, 14 % des musulmans britanniques affirment avoir beaucoup ou un peu de confiance envers Al-Qaida. Un chiffre qui est de 16% en Espagne, 7% en Allemagne et 5% en France.

Egalement, 12 % des musulmans en Grande-Bretagne, en Espagne, en Allemagne et 9 % des musulmans en France pensent que la majorité des musulmans dans les respectifs pays soutiennent Al-Qaida.

Eh bien, en confrontant ces deux premières données, émerge que l’idéologie de la terreur et du ‘‘martyr’’ islamiste dépasse Al-Qaida et appartient à un domaine beaucoup plus grand, celui de Hamas et des Frères Musulmans qui légitiment les attentats suicides dans les territoires palestiniens, en Irak, Afghanistan et en Tchétchénie.

Cette idéologie de la violence et de la mort se base sur l’anti-américanisme, l’anti-hébraïsme et plus généralement l’anti-occidentalisme qui se manifeste dans le négationnisme et « la théorie du complot » historique.

A la question « les attentats du 11 septembre ont-ils étés réalisés par des arabes ? », disent « non » 56 % des musulmans en Grande-Bretagne, 46% en France, 44% en Allemagne et 35% en Espagne.

Le négationnisme des musulmans britanniques se trouve même à un niveau supérieur à celui des pakistanais (41%) des nigérians (47%) et des jordaniens (53%).

Alors que la majorité des musulmans européens manifeste une opinion favorable vis-à-vis des chrétiens (91% en France, 82% en Espagne, 71% en Grande-Bretagne, 69% en Allemagne), ces pourcentages se réduisent drastiquement vis-à-vis des hébreux (71% en France, 38 % en Allemagne, 32% en Grande-Bretagne et 28 % en Espagne).

Et si nous prenons en considération les pays musulmans couverts par le sondage, nous interpelle le fait que le plus ‘‘anti-hébraique’’ se trouve être la Jordanie (seulement 1% ont une opinion favorable sur les hébreux), suivit par l’Egypte (2%), le Pakistan (6%), la Turquie (15%) et l’Indonésie (17%).

La plupart des musulmans britanniques (62%) sont convaincus que les relations entre l’Occident et l’Islam sont mauvaises et pour 48% d’entre eux, la responsabilité de cette situation revient à l’Occident.

Pourcentages semblables en Allemagne (60% et 46%) et en France (58% et 52%), alors qu’en Espagne 23% des musulmans donnent une évaluation négative et seulement 28 % attribuent la responsabilité à l’Occident.

D’un autre coté, pour ce qui est des caricatures satiriques de Mahomet, les musulmans espagnoles sont en tête (80%) dans la condamnation du manque du respect de la part  de l’Occident, par contre 5% attribuent la responsabilité aux islamistes intolérants. Pensent de la même manière 79% des musulmans en France, 73 % en Grande-Bretagne et 71% en Allemagne. (…)

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mercredi 10 janvier 2007

Magdi Allam et les islamistes (5)

Magdi_Allam5« Grâce seulement à Allah, la prière et la paix au dernier des prophètes. Sache misérable, apostat du nom Sayyid Al-Qimni, que cinq frères monothéistes, lions du Djihad, ont été engagés pour te tuer. Ils ont jurés à Dieu d’acquérir sa grâce en te coupant la tête. Ils sont déterminés à se faire remettre leurs péchés faisant couler ton sang. Et cela conformément à l’ordre du suprême prophète : Qui change sa religion tuez-le. »

Signé : le groupe du Djihad, Egypte.

La condamnation à mort est arrivée par courrier électronique à son adresse e-mail personnelle elqemany@yahoo.com. Lui, Al-Qimni, 58 ans, docteur en philosophie, est un intellectuel laïc engagé dans la réforme modérée de l’islam. Mais la vraie nouvelle est qu’Al-Qimni, l’auteur de dizaines d’articles prestigieux dans l’hebdomadaire gouvernemental Rosa El Youssef, a à peine annoncé sa propre « repentance et dissociation de tous les blasphèmes écrits », ainsi que la décision de « renoncer à l’écriture définitivement ». « J’admet que la mort, en cassant ma plume, sera une longue agonie parce que ma plume est la plus grande aspiration de ma vie –a t-il dit au site libéral www.elaph.com - mais avec cette décision j’aurais encore du temps pour s’occuper de mes enfants. »

Dans leur communiqué, les terroristes du Groupe du Djihad lui avaient donné un ultimatum d’une semaine pour se repentir.

Cela se passe aujourd’hui en Egypte. Dirigée par un régime formellement laïc. La décision d’Al-Qimni n’est pas seulement la reconnaissance de son impuissance à faire face au terrorisme islamiste. C’est aussi une dénonciation d’un Etat qui n’est pas en grade de défendre la vie d’un libre penseur.

Ce fut ainsi le 8 juin 1992 lorsque les terroristes de la Gamaa Al-Islamiya assassinèrent au Caire l’intellectuel Farag Fouda.

A cette occasion, le plus important des théologiens musulmans, Mohammad Al-Ghazali, membre du mouvement des Frères Musulmans, légitimait au tribunal l’attentat terroriste : « L’exécution de Farag Fouda a été en fait l’exécution de la punition, à l’encontre d’un apostat, que l’Etat n’avait pas effectuée .»

Le même Al-Ghazali avait condamné d’apostasie en 1959 le prix Nobel pour la littérature Naguib Mahfouz à cause de l’un de ses romans, une condamnation qui avait inspirée la tentative d’assassinat de Mahfouz en 1994.

Mais cela se passe même en France ou l’intellectuel laïc tunisien Lafif Lakhdar a été condamné à mort par Rached Al-Ghanouchi, leader d’un mouvement hors la loi Al Nahda, qui se trouve être la sigle qui représente les Frères Musulmans en Tunisie. Juriste et éditorialiste, Lakhdar est l’un des initiateurs d’un Appel au secrétaire général de l’ONU pour l’institution d’un Tribunal International contre le terrorisme.

Depuis des années, Lakhdar répète qu’il faut « poursuivre les sources de la culture du martyre, c'est-à-dire du suicide et des décapitations, en vidant les programmes scolaires des concepts de la guerre sainte et du martyre, en enseignant la philosophie, les droits de l’homme, l’histoire comparé des religions, la psychologie. »

Eh bien savez vous d’où est ce que Al-Ghannouchi a émis la condamnation à mort de Lakhdar ?

Allam_5De Londres, qui lui a concédée l’asile politique à l’instar de dizaines de prédicateurs de la haine qui ont incités des milliers de militants islamistes du monde entier à la guerre sainte contre l’occident et contre les musulmans modérés. Et le résultat tragique nous l’avons vu le 7 juillet (2005) avec les quatre kamikazes, citoyens britanniques, qui se sont fait explosés à Londres.

Une culture de la mort qui a été dénoncée dans le dernier commentaire écrit par Al-Qimni dans le numéro de Rosa El Youssef du 2 juillet passé « Lorsque les israéliens tuent même un seul combattant palestinien, explose la rage et la protestation. Mais personne ne se déplace face au bain de sang de milliers d’innocents en Irak. Nos jeunes n’ont jamais protestés contre la bande d’Al-Zarqawi et qui la soutient, pendant qu’elle décapite des innocents. Nous continuons à répéter qu’il s’agit d’un complot américain et quelques uns parmi nous définissent le tout comme ‘‘résistance’’. Mais ou est passé l’intellectuel arabe ? »

On pourrait dire qu’il finit dans la peur.

Peur du terrorisme islamiste qui massacre aveuglement. Mais aussi peur des gouvernements musulmans et occidentaux qui laissent aux prédicateurs de la haine main libre et ne défendent pas les musulmans laïcs et modérés qui se battent pour le respect de la vie de tous.                      

 

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samedi 6 janvier 2007

Magdi Allam et les islamistes (4)

Magdi_Allam_4Aux origines des massacres des musulmans en Algérie, Irak, Egypte, Arabie Saoudite et Maroc se trouve la condamnation d’apostasie infligée par les terroristes islamistes. Eh bien cela se passe aujourd’hui même en Italie. Sans nous rendre compte qu’il s’agit du commencement d’une catastrophe pré annoncée.

La dénonciation des musulmans, arbitrairement déclarés apostats est évolué dans une dimension individuelle, parfois dans un mode superflus et fourvoyant, sans cueillir la réalité d’un phénomène qui met ses racines dans notre pays.

Le 7 mai, Souad Sbai, présidente de la Confédération des Associations de la CommunautéMagdi_Allam_4 Marocaine en Italie, s’est vue déclarée apostate méritant la condamnation à mort par décapitation et ce avec une série d’e-mails envoyés de l’adresse h.akrane@vigili.it, qui résulte être du marocain Hassan Akrane, résident à Bologne.

Dans un italien approximatif mixé à l’arabe, voila ce qu’on pouvait lire : «  Tu n’as rien à faire avec l’islam, tu ne sait rien du Fiqh (jurisprudence islamique), tu as des cheveux découverts, devant Allah la femme qui ne couvre pas la tété arrive mouallaka (accrochée) des cheveux (…) Allah te punira pour tout le mal que tu fait aux gens. »

Dans un autre message, envoyé en copie même à certains journalistes, Sbai est accusée d’être chrétienne, donc apostate : « Tu es une très mauvaise femme, de la vie tu n’as encore rien compris, met toi à prier Allah c’est beaucoup mieux, laisse le travail des hommes aux hommes (…) Tu es sorti à découvert toute seule comme une massihia (chrétienne). »

Hier, à Saluzzo un autre marocain, Mostapha Kordoni, gardien de la décharge de Busca et président de l’Association des Marocains, a été directement menacé de mort par un groupe d’extrémistes islamistes qui l’avaient déjà agressés verbalement et physiquement. (…)

Il est accusé d’être un traître de l’islam, d’être un espion de la police italienne et d’avoir permis l’expulsion de l’Italie de son compatriote Roudhouan Serhane, qui en décembre dernier tenait dans son habitation à Turin les matériaux nécessaires pour la construction d’une bombe.

« Ils arriveront directement du Maroc apostat pour te tuer. Tu payeras pour ce que tu as fait ». Kordoni s’est défendu ainsi : « Je ne suis pas un espion. Mais je suis contre le terrorisme. S’il se passait quelque chose en Italie, nous tous, immigrés, payerons les conséquences. Mois je n’est pas peur. S’ils veulent me tuer qu’ils viennent. »

Magdi_Allam4Plus généralement, l’Europe est remplie de tribunaux d’inquisitions islamiques qui prononces des sentences de morts sans qu’il y ait une adéquate perception de la gravite du phénomène.

Pierre Akel, qui gère depuis Paris le site des libéraux arabes Middle East Transparent (www.metransparent.com), après avoir donné sa disponibilité pour se faire interviewer dans l’émission Orient Express International s’est excusé : « Deux de nos collaborateurs ont été condamnés d’apostasie et risquent la mort. C’est mieux de calmer les eaux ».

L’un de ses deux condamnés et même un théologien musulman, le cheikh Nehru Tantawi, qui fut dénoncé comme apostat par un autre théologien, le cheikh Abdel Mohsen Al-Abikan, sur les pages du quotidien Asharq Al Awsat du 4 mai, parce qu’il aurait nié que la Sunna, les dictons et les fiats attribués à Mohammed, doivent être considérés comme une source de la loi islamique en compagnie du Coran.

Pensez que la fatwa, la réponse islamique, qui légitimait le massacre de la population algérienne et qui a débouchée sur le massacre de plus de 150 mille personnes fut émise par Abou Qotada, un prédicateur de la haine réfugié à Londres.

En jugement en Grande Bretagne, ses avocats s’opposent à son expulsion à son pays (Jordanie) parce qu’il risquerait la torture. Quelqu’un qui a sur la conscience 150 mille mort !

C’est évident que nous n’avons pas appris la leçon. Si non nous ne serions pas les mains liées pendant que d’autres prédicateurs de la haine s’apprêtent à faire couler le sang d’autres musulmans, citoyens ou résidents en Europe.

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mercredi 3 janvier 2007

Magdi Allam et les islamistes (3)

Magdi_Allam3« Les oppresseurs », les mutakabirun, de l’islam sont dans l’ordre « les orientalistes, les autorités d’autres religions que l’islam, les journalistes et tous ceux qui participent à la campagne diffamatoire contre l’islam et les musulmans. Ces gens auront un châtiment sévère, et il est possible que Allah dans sa miséricorde infinie pardonne les oppresseurs. »

C’est le commentaires de la surate IV, 98 du Coran dans « l’interprétation et la traduction de Hamza Roberto Piccardo », avec « la révision et le contrôle doctrinal de l’Union des Communautés et Organisations Islamique en Italie » (UCOII).

Dépassant le fait qu’on ne comprend pas comment Piccardo puisse avoir traduit le texte sacré de l’islam sans connaître l’arabe classique antique, la langue originale de la révélation, reste le fait que son Coran est le plus diffuser en Italie. Avec plus de 100 milles copies imprimées, il est distribué dans la majorité des mosquées affilées à l’UCOII en Italie. Et bien, une lecture attentive de cette traduction, met en évidence une forte hostilité idéologique contre la civilisation occidentale, les hébreux, les chrétiens, la femme émancipée. Ce qui annonce une interprétation révolutionnaire et militante de l’islam difficilement compatible avec le respect de l’état du droit. Tout cela signifie que la connaissance de l’islam parmi les italiens et la culture religieuse des musulmans dans notre pays sont très conditionnés par une lecture du Coran qui ne favorise pas une convivialité pacifique basée sur la tolérance réciproque et la partition d’un système de valeurs commun.

Dans son commentaire de la surate XVI (p.230) on explique la condamnation de la civilisation occidentale : « dans la séculaire société contemporaine s’est diffusé la dangereuse tendance de considérer tous les chemins et toutes les hypothèses de réalisations spirituelles égales à conditions qu’elles s’intègrent dans un cadre éthique cohérant et respectueux de la pensée des autres. Tendance malheureuse annonciatrice de la catastrophe morale et spirituelle que nous observons dans les ‘‘civilisations occidentales développées’’ dans laquelle l’homme est devenu une bete assoiffée de pouvoir et de richesse, prêt à piétiner toute chose pour les obtenir ou bien un producteur passif de marchandises et services avec la seule aspiration d’en consommer le plus possible. (…) »

La vision d’une religion militante qui doit mener une dure « guerre de pouvoir » lancée par lesMagdi_Allam_3 juifs, et les chrétiens contre l’islam, émerge dans le commentaire de la sourate II, 109 (p.39). On lit : « Allah nous préannonce que la lutte sans limite que quelques chrétiens et beaucoup de juifs feront aux musulmans. Il ne s’agit pas –et cela doit être claire- d’une guerre pour des raisons religieuses, mais plutôt pour des raisons de pouvoir. L’islam, avec son intransigeance éthique, traditionnellement appuyée, s’impose jusqu’à nos jours comme l’unique espoir de libération de l’homme de toutes les formes de domination humaine. Quant on se reconnaît serviteur d’Allah, on ne peut pas être serviteur de l’homme et de ses idéologies, de ses marchandises, de ses passions et de ses illusions ».

Le conflit de religion et de civilisation est formulé dans le commentaire de la sourate II, 120 (p.40). il commence ainsi : « L’unique bon musulman est un ex-musulman. Cette phrase pourrait être celle qui résume le comportement de beaucoup de juifs et de chrétiens vis-à-vis des musulmans. Il n’est pas bon le musulman qui prétend être fidèle à sa pratique (…) qui ne s’excite pas pour une diva du cinéma, qui ne crée pas une catastrophe pour une pénalité non accordée, qui se rebelle quant une loi des hommes est contradictoire à celle d’Allah ». A la fin, il nous rédige une liste des « ennemis » de l’islam : « de ce musulman rare seront les satisfaits parmi les chrétiens et les hébreux, les capitalistes et les marxistes, les libéraux et les radicaux, les féministes et les homosexuels. De lui, Inchallah, sera satisfait son seigneur… et ça suffit ».

La dimension messianique, révolutionnaire et belligérante de l’islam est manifeste dans la 3ème partie dédiée à la Zakat (l’aumône légale) : « Parmi les destinataires de la zakat sont prévus ‘‘ceux dont on a besoin de conquérir les cœurs’’ ». Ces derniers « peuvent appartenir à des différentes catégories de personnes : Les néo-convertis, auxquels il est bien de donner un signe tangible de la solidarité à l’intérieur de la communauté islamique ; les non musulmans qui peuvent être utiles à la cause islamique pour leur positions politico-sociales ou professionnelles, les dites ‘‘dépenses secrètes’’ effectuées pour obtenir quelque chose qu’il ne faut divulguer immédiatement, les activités de Dawa (appel à l’islam) adressées aux non musulmans, etc.… (…) Enfin,  viennent les dépensent militaires destinées à la consolidation et la défense de l’état, et non seulement à la lutte contre l’incroyance (…) ».

Précisément, dans le commentaire au titre « les incroyants » de la sourate CIX (p.564), on affirme « l’impossibilité absolue de marchander sur les préceptes du Tout Puissant (gloire à lui), l’improbabilité de n’importe quel syncrétisme religieux, de la conciliation doctrinale entre les religions, et les spécificités conséquentes  de notre rite qui empêchent toute co-célébration religieuse ».

Ainsi, comme dans le commentaire à la sourate V, 14 (p.111), on parle de la punition divine des chrétiens et on conteste la légitimité de l’église catholique : « Les divisions qui frappent le monde chrétien sont un châtiment voulu de Dieu pour les chrétiens dans cette vie. En ce qui concerne les catholiques, on ne peut pas oublier de signaler la perte de leurs propres droits canoniques traditionnels  (qui sont continuellement ‘‘adaptés au temps’’), de leurs rites, de l’autorité de leur ministres, de la légitimité même de l’église qui, prise entre une rénovation -qui n’a que des étiquettes sociales- et un conservatisme stérile et rouillé sur des positions archaïques, chercher à prouver son influence sur les hommes en recourant au prestige médiatique de son chef charismatique ».

Magdi_AllamDans ce contexte, le Coran de Piccardo et de l’UCOII invite à la prudence dans les mariages mixtes. Dans le commentaire à la sourate V, 5 (p.109) on lit : «  La structure familiale islamique permet aux musulmans d’épouser des femmes des ‘‘gens du Livre’’ (chrétiens et hébreux) à condition qu’elles soient ‘‘muhasanat’’ terme qui signifie ‘‘fortifiées’’, auquel on donne l’interprétation de ‘‘honnêtes, chastes, vertueuses’’. L’épouse du musulman a le droit d’exercer son culte et de consommer des repas que sa religion lui permet. Elle n’a pas le droit de transmettre sa religion à ses enfants et ne peut hériter du mari. On ne peut renoncer à la première interdiction, elle fait partie du pacte matrimoniale auquel la femme a souscrit et son respect ne conduirait pas irrévocablement au divorce (…) ».

Dans le commentaire à la sourate XXVIII, 25 (p. 338) s’éclaircit l’idéal de la femme musulmane : « (…) ainsi se présente dans l’islam la femme idéale, qui dans l’arabe parlé de l’Afrique du Nord est synthétisée par l’expression : ‘‘hashma wa-sabra’’ (pudique et patiente) : consciente de sa fonction inégale dans la société et dans la famille, calme et sereine et si différente de la femme en carrière, agressive et téméraire, sans pudeur et névrotique qui nous est proposée comme ‘‘femme libérée’’.

A ce point, l’apologie de l’institution de la polygamie ne nous surprend pas. Dans le commentaire à la sourate IV, 129 (p. 103) on explique : « Beaucoup d’orientalistes, voir même quelques musulmans occidentalisés ont voulu lire dans ce verset une ‘‘interdiction implicite’’ de la polygamie. Ils argumentent qu’Allah affirme l’impossibilité pour le mari polygame de se comporter équitablement avec ses èpouses, et que, la justice étant une condition à laquelle on ne peut renoncer dans le rapport matrimonial, la polygamie est permise mais impossible.

Il s’agit en réalité d’un pénible effort fait pour être accepté par ceux qui (nous le dit le Seigneur) ‘‘ne seront jamais satisfait de toi’’ (voir II, 120 et la note).

La Sunna de l’envoyé d’Allah, la pratique de ses compagnons, le droit musulman affirment nettement le contraire (…). Le verset nous éclaircit sur le fait que nous devons être équitables et qu’elles doivent être éviter toutes les situations limites comme celles qui consiste à ne pas répudier sa femme, mais au contraire l’ignorer ».

***

En conclusion, s’impose la présente question : comment est-il possible que dans les mosquées et dans la société italienne se diffuse et s’impose une image obscurantiste, intolérante, et agressive du Coran et de l’islam ?

L’interrogation est encore plus pressante puisque, pour quelques uns en Italie, l’UCOII représenterait la majorité des musulmans ;un mouvement de base modérée et légalitaire ; l’interlocuteur le plus important de l’Etat et de l’Eglise.

La leçon que nous devrions tirer est que, dans cette époque historique difficile imprégnée par la guerre globalisée du terrorisme islamiste à l’Occident et à la civilisation commune de l’Homme, nous devons aller au-delà des affirmations génériques et politiques conviviales. L’Italie a le droit et le devoir d’assurer que l’islam qu’on propage sur son propre sol  soit respectueux des lois et compatibles avec les valeurs fondamentales de la Constitution partagées par la société.

Le problème de fond est que le commentaire du Coran de Piccardo est de l’UCOII est une paraphrase idéologiquement motivée et basée sur une interprétation littérale et absolue du texte sacré. Par contre d’autres corans, entre autres celui d'Alexandre Bausan, le plus illustre islamologue italien, sont, d’abord, les plus objectifs et les plus fidèles sur le plan de la traduction et, ensuite, essayent d’élaborer un commentaire qui tend à inscrire le texte coranique dans la période historique dans laquelle il a était révélé.

Par exemple, dans la sourate XI, 60 dans le Coran de Piccardo, on affirme que parmi les destinataires de la zakat on prévoit « ceux dont on a besoin de conquérir les cœurs ». Interpréter par lui librement comme diverses « catégories de personnes : Les néo-convertis, auxquels il est bien de donner un signe tangible de la solidarité à l’intérieur de la communauté islamique ; les non musulmans qui peuvent être utiles à la cause islamique ».

Par contre, Bausani traduit « ceux dont nous avons conquit les cœurs » comme « certaines notables d’une certaine influence, afin de les exhorter au dons ».

Cette méthode scientifique est tout à fait similaire à celle enseignée par des intellectuels contemporains comme l’égyptien Naser Hamed Abou Zeid et le soudanais Mohammed Mahmoud Taha qui enseignent ‘‘l’historisation’’ du Texte coranique. Ainsi, ils arrivent à dépasser certaines de ses parties relatives par exemple aux peines corporelles, à la polygamie, au Djihad entendu comme guerre sainte, qui résultent être parfaitement anachroniques à l’an 2000. 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

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(Je remercie mon ami Moez d’avoir eu la gentillesse de me traduire ce texte de l’italien au français)

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mercredi 27 décembre 2006

Magdi Allam et les islamistes (2)

Magdi_Allam_et_les_islamistes__2_Aujourd’hui plus que jamais, il ne doit plus avoir de doute sur le fait que nous affrontons une guerre globalisée du terrorisme de matrice islamique. Il n’y a pas de relation entre les attentats de Londres et l’assassinat du chargé des affaires égyptiennes à Bagdad Iheb Shérif.

Toutefois, les deux ont étés revendiqués par Al-Qaida, ils s’inspirent d’une idéologie islamique qui légitime le massacre des « hébreux, croisés, infidèles et apostas », ils visent l’assassinat d’une civilisation humaine commune qui trouve son fondement dans les valeurs de la sacralité de la vie.

Et pourtant, ils sont encore trop nombreux ceux qui, en Occident, continuent à ne pas vouloir voir la réalité agressive de cette offensive planétaire de la terreur, en imaginant qu’il s’agit d’un phénomène réactif, justifié s’il n’est légitimé. Et qui attribuent la faute à l’Occident, à Israël et aux pays musulmans.

Magdi_Allam__2_Plus généralement, l’Occident paye l’erreur d’avoir sous-estimé la réalité d’une structure organique du radicalisme islamique qui s’est installée sur son propre territoire, et qui alimente une culture de la haine confessionnelle et du séparatisme communautaire.

Dans ce contexte, la Grande-Bretagne a la responsabilité majeure.

En effet, dire que le massacre du 7 juillet fut pré-annoncé c’est dire une certitude qui ne nécessite aucune démonstration.

Le vrai miracle c’est que jusqu’à ce jour là, Londres avait échappé à l’offensive du terrorisme islamiste. Pour lequel elle représente un solide rempart non seulement au niveau européen mais aussi au niveau mondial.

C’est dans la capitale britannique qu’ont trouvés refuge quelques uns des plus tristement célèbres bouchers de l’extrémisme islamistes, responsables d’horribles massacres d’innocents en Algérie, Egypte, Arabie Saoudite et Yémen. Ou s’est enracinée une très dangereuse filière, qui en partant de la prédiction du Djihad (entendu comme guerre sainte), et en opérant un endoctrinement qui inculque la foi du « martyr »  islamique, aboutit à la « production » de combattants et d’aspirants terroristes.

Londres s’est transformée en fait en un lieu de transite depuis lequel des milliers de Mudjahidines ont passés avant d’aller combattre en Afghanistan, Tchétchénie, Bosnie et Irak.

Et bien, le 7 juillet passera à l’histoire comme la fin de la logique absolument naïve selon laquelle, en matière d’extrémisme islamique « celui qui aboie ne morde pas ».

Maintenant, il doit être claire qu’aucune équivoque ne doit être faite entre la légitimation de la violence et la liberté d’expression.

Rappelez vous qu’on janvier dernier, le syrien Omar Bakri, président du mouvement Al-Magi_Allam_2Muhajiroun (les émigrants) affirmait dans une interview au Times que « toute la Grande-Bretagne est devenue Dar Al-Harb (Maison de la guerre) », que « la vie et les propriétés des infidèles ne sont plus sacrés », que les musulmans britanniques « ont l’obligation de s’unir à Al-Qaida, à ses filiales et à ses organisations dans le monde » !

Abu Qatada aussi agissait impunément à Londres. Ce sanguinaire mufti (jurisconsulte musulman) qui avait émit la fatwas demandée par le GIA (le groupe islamique armé) pour légitimer le massacre des civiles en Algérie.

Et ce n’est que récemment qu’Abou Hamza Al Massri a été arrêté. Citadin britannique d’origine égyptienne, leader de Ansar Al Sharia, il est accusé d’avoir organisé des attentats terroristes au Yémen.

Et l’énumération des extrémistes islamistes qui ont jouis à Londres de la liberté et de l’impunité est encore longue.

***

On avait l’illusion qu’en les laissant parler, les faits ne suivraient pas les paroles.

On a confondu les bourreaux de la terreur avec les « agités » qui s’exhibent au Speaker’s Corner de Hayde Park.

Maintenant, nous savons tous qu’il ne s’agit pas de bavardage mais d’une prédication, d’un endoctrinement et d’un enroulement qui est une partie intégrante d’une véritable guerre qui ne connaît pas de règles, qui renie les valeurs et qui exclut les compromis.

Nous devons ouvrir les yeux. Nous rendre compte que les terroristes ne sont que la pointe de l’iceberg d’une plus vaste et plus profonde structure du radicalisme islamique dédiée à la transformation des personnes en bombes humaines.

Et nous ne pourrons gagner cette guerre globalisée qu’en liquidant ce processus dès sa naissance.                    

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samedi 23 décembre 2006

Magdi Allam et les islamistes (1)

J’ai lu (et relu) plus de 60 articles du journaliste italien, d’origine égyptienne, le musulman, Magdi Allam.

Des articles écrits entre 2004 et 2006 dans lesquels l’auteur critique l’islamisme en général et celui qui se propage en Italie en particulier.

Pour la pertinence de ce qu’il dit, j’ai choisit de vous traduire ceux de ses articles qui m’ont le plus interpellés.

Première livraison …

Magdi_Allam_et_les_islamiste__1_

« Sait-tu enfant musulman que les hébreux ont assassinés 25 prophètes de Dieu et que leur histoire noire est remplie de crimes, homicides et corruptions ? »

Ainsi commence la rubrique « Sait-tu ? », dans le site Awladouna, « nos enfants », dirigé par les Frères Musulmans (www.awladnaa.net).

Le logo du site rappel l’image stéréotypé de l’hébreu boucher avec la kippa à la tête, et un coteau à la main duquel coule une mare de sang.

Ca se passe aujourd’hui, au même moment ou l’Occident s’efforce d’aider les Frères Musulmans en Egypte, dans les territoires palestiniens et même en Italie avec l’illusion qu’ils seront un antidote au terrorisme de Ben Laden.

« Le Quiz », en langue arabe, continu ainsi : « Sait-tu que les hébreux sont ceux qui, plus que les autres, ont offensés et outragés notre Seigneur, Elevé et Puissant ? »

« Sait-tu que les hébreux ont tentés plusieurs fois de tuer notre cher Prophète, mais Dieu l’a protégé de leur complots ? »

« Sait-tu que le mal et la perversion diffus aujourd’hui dans le monde sont le fruit des actions des hébreux qui veulent éloignés les gens de la voie de Dieu ? »,

Allam« Sait-tu que les hébreux qui occupent notre terre et nos lieu sacrés dans notre bien aimée Palestine ont projetés d’occuper d’autres territoires musulmans, et ont planifiés d’étendre le Grand Israël du Nil à l’Euphrate et de profaner la tombe de notre cher Prophète ? » ; « Sait-tu que les hébreux remontent tout le monde contre l’islam et les musulmans, avec le prétexte de combattre le terrorisme, et qu’ils ont organisés des complots contre d’autres pays musulmans comme ils l’ont fait en Irak et en Afghanistan ? »

Dans la rubrique « La science et l’information » ont peut lire ce titre :

« L’assassinat des enfants est une partie intégrante de la foi hébraïque ».

Dans l’espace réservé aux « jeux et concours », il y a un jeu vidéo intitulé ; « La route pour Al-Quds ». A l’arrière plan figure la mosquée d’Al Aqsa, le troisième lieu saint en Islam, à gauche un avion de chasse sur lequel on pouvait lire « Allah est grand ». En cliquant sur l’avion, on fait tomber des symboles avec l’étoile de David qui entourent la mosquée. Plus vous frappez ces symboles et plus vous gagnez des points, ce qui vous rapproche de la victoire : la destruction d’Israël.

De plus, dans un poster intitulé : « notre fête sera le jour de la libération de notre terre », on aperçoit la carte d’un état palestinien qui s’étend même sur la superficie d’Israël qui a été littéralement arraché.

Dans un autre poster au titre « Je jure de me venger, mais pour Dieu et la religion » on voit un petit garçon de quatre ou cinq ans tenant à la main un Kalachnikov.

Dans la rubrique « Ma grande Patrie », on nous apprend que l’Andalousie (l’Espagne) fait partie de la terre musulmane.

Dans la rubrique « Culture général », on peut apercevoir un arbre dont les branches représentent las batailles gagnées par le Prophète Mohammed contre les hébreux et les païens, avec ce titre :

« Le Prophète a mené le Jihad contre les infidèles et les hypocrites et les a battus. L’enfer sera leur refuge. »

Dans un commentaire publié sur le site libéral www.metransparent.com, l’intellectuelle suisse d’origine yéménite Elham Manea a écrit : « Mon Dieu, ne devrait-on pas avoir honte de nous même ? Quelles informations inculquent-ils dans la tête de nos enfants ? De quelle haine remplissent-ils leur tête ? ». Et l’auteur de continuer que ces discours ont un seul nom : c’est du « fanatisme explicite contre quiconque de religion juive » et de l’ « hostilité totale contre les hébreux ».

Manea souligne ainsi sa stupéfaction : « Je ne sais pourquoi les Frères Musulmans continu de répéter qu’ils ne haïssent personne et que selon leur interprétation, la religion musulmane serait une religion de paix, qu’ils n’ont de problème ni avec les hébreux ni avec leur religion juive. Mais seulement avec l’Etat d’Israël et ses actions répressives contre le peuple palestinien ». (…)    

 

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Posté par Hamza Belloumi à 18:37 - Ils ont la parole - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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