mercredi 29 novembre 2006
Du discours salafiste dans les chaînes satellitaires arabes (2) : Amr Khaled, la star des prédicateurs musulmans

Nous avons vu dans le dernier blog avec le livre de Khemais Khayati que c’est « à coups de millions de dollars de capitaux privés et de pactoles de la Zakat, (que) les salafistes tissèrent en moins d'une décennie une véritable toile d'araignée autour de toute velléité de libéralisme dans la région. »
C’est ainsi que naîtra une véritable industrie de prédication : Il y aura la création de la première chaîne arabe dédiée à la diffusion de l’islam (Iqrra) et toutes les chaînes privées ou publiques suivront par des émissions phares réservées aux fatwas et autres interrogations des musulmans.
Le succès de ses programmes depuis les années 1990 combiné avec la réislamisation massive des sociétés musulmanes après le 11 septembre 2001 pousseront les hommes d’affaires musulmans à investir massivement dans « l’industrie islamique » : c’est ainsi qu’on aura droit d’abord à un nombre de plus en plus important de chaînes religieuses : Al Risala, Al Fajr, Al Majd, Al Ness … (l’une plus conservatrice que l’autre) suivit du lancement -relativement récent- de sites web encore plus conservateurs et fanatiques que ses chaînes.
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Dans cette foulée, un jeune prédicateur égyptien se distingue. Il s’appel Amr Khaled.
Amro (pour les ‘‘fidèles) est un homme moderne. Il ne porte ni tunique ni turban (comme le reste des prédicateurs classiques) mais un parfait costume-cravate.
Pas de barbe, il lui préfère une moustache impeccablement taillée frapper d’un sourire innocent.
En un mot comme en mille, Amr Khaled incarne aux yeux de ses fidèles « le musulman du 21ème siècle ».
Et pourtant, la star des prédicateurs musulmans (ses émissions battent tous les recours d’audiences) était un parfait inconnu jusqu’aux années 1990.
Après ses études universitaires, il ouvre en 1988 un cabinet de comptabilité. Soudain, on le retrouve prédicateur à la mosquée du Club de la Chasse fréquenté par la bourgeoisie cairote et dont il était membre.
En 1998, il lance le premier talk-show religieux -emprunté aux télévangélistes américains- sur Iqrra, l’une des chaînes du richissime homme d’affaire saoudien, Salah Kamel. Ainsi commença sa success story…
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Et pourtant, Amro Khaled n’échappe pas à la critique.
Depuis ses débuts, il est la cible des attaques des cheikhs d’une part et des politiques d’autre part.
Pour les cheikhs, l’homme est désormais un wanted. Au point que le site sunna.info décrétera l’apostasie de Amro. (!)
Les politiques, par contre, le considère comme un islamiste pur et dur et comme un sympathisant des Frères Musulmans d’Egypte.
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Malgré tout, Amro continu son business sur tout un réseau médiatique (3 chaînes religieuses et un site web), un business qui lui rapporterait plus de 10 mille dollars par mois et des millions de dollars pour les chaînes qui lui offre leurs primes times.




