Suite à l’article de Ikbel Gharbi publié sur Islamiqua, un débat (un peu) houleux à vu le jour entre certains lecteurs et l’administrateur du blog.

L’objet du débat portait sur la position de ce blog sur la réforme en Islam et « le manque de clarté de ses prises de position ».

Nous avons décidé de publier les commentaires les plus pertinents de nos lecteurs sans aucune modification.

Dans le commentaire que nous publions aujourd’hui, Bader reproche à Islamiqua un projet qui ne vise pas à rectifier l’islam… mais à produire un autre islam.

Ci-dessous l’intégralité de son commentaire :

Le projet d’Islamiqua n'est pas de rectifier l'Islam…mais de produire un autre Islam

[Sur Islamiqua] vous n'avez à aucun moment, aucun je dis bien, critiquer l'institution religieuse et la forme que la religion prend actuellement dans la société. Ce que vous critiquez ce sont les croyants. Vous critiquez des personnes et pour vous il n'y a pas de sexisme préalable à la religion, pas d'autoritarisme préalable à la religion, pas de problèmes sociaux hors la religion et des facteurs ethniques. Comme s'il suffisait de tenir un discours non-religieux pour être émancipateur. Comme si les sociétés que vous critiquez ne sont pas patriarcale, autoritaire, dans tous leurs mécanismes y compris ceux échappant à l'Etat et à la religion.

D'ailleurs vous ne vous cachez pas de remettre en cause l'Islam tel qu'il existe, et votre projet n'est pas de rectifier l'Islam, de le remettre sur pieds comme l'ont voulu les réformateurs, mais bien de produire un autre Islam, celui compatible avec vos exigences d'après un Islam abstrait en dehors de toute réalité de la communauté des croyants. Ce nouvel Islam, de toute façon n'est que la projection du désir d'une telle religion.

Vous pourriez vous contenter de critiquer la religion et uniquement elle d'un point de vue musulman si vous employez dans vos propos des concepts islamiques, une réflexion orientée vers l'Islam, vers la soumission exclusive à Dieu, celle qui libère de la soumission des choses de ce monde et qui promet un au-delà. Or ce n'est absolument pas le cas, vous semblez défendre une ligne Humaniste en la renommant "Islam des lumières" parce que vous savez que l'Islam est un fondement de nos sociétés et qu'il n'est pas possible de s'y attaquer frontalement. C'est ce que je comprends avec votre volonté de produire un "islam capable de faire face aux exigences de tout temps". Les exigences en question, à mon sens, vous les fabriquez vous-mêmes en vue de produire un Islam compatible avec elles...


Je pense que la critique de Mohamed Talbi est ici suffisante par elle-même. La condamnation des éradicateurs Charfi, du pantin Meddeb, sont des nécessités si on se situe du côté des croyants et du coté de l'Islam.

Car on peut également s'opposer à l'Islam tout court, et vous devriez à mon sens, ça clarifierait la position. Là où Talbi manque un peu d'indulgence, c'est que peut-être qu'il ne voit pas que vous êtes forcé d'employer un vernis Islam parce qu'autrement votre projet de société et de critique n'aura aucune chance d'être acceptée par elle. Parce qu'il n'y a pas de liberté de culte dans des sociétés qui se définissent normativement comme arabo-islamique, et qu'il n'y a pas de distinction claire entre musulmans culturels et musulmans par la foi. Vous même n'effectuez aucune distinction. Et c'est pourquoi vous êtes offusqué si je remets en cause votre foi.


Dans les pays arabo-musulmans (telle que la Tunisie) il est ainsi très mal venu de demander à un compatriote s'il est musulman ou non mais j'espère qu'un jour les gens puissent répondre non sans crainte de telle façon à ce que la critique des religieux se fassent entre croyants qui n'auront pas honte de proclamer sans cesse et avec ardeur leur foi.

Commentaire adressé par Bader à Islamiqua