Islamiqua | Blog-journal du réformisme

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mercredi 25 mars 2009

Notre crédo, notre manière de voir les choses

Je_le_dis_comme_je_le_pense_2

Pour ce troisième anniversaire d’Islamiqua, je commence par saluer mes amis lecteurs du blog. Grâce à vous, l’un des objectifs que je me suis fixé en commençant à écrire des posts à savoir le développement d’une interactivité au sein du blog, semble se confirmer de jour en jour. Mais je veux aussi remercier la majorité silencieuse d’entre vous, à savoir ceux qui sont entrain de nous lire mais sans pour autant réagir.

A vous tous un grand merci et continuez à nous lire et à nous écrire, cela est notre plus grande source de motivation.

Au-delà des remerciements, venant en au plus important : chaque année, a cette même date, je m’emploi à vous présenter ce que devrait être les grandes lignes des publications du blog durant toute une année. Pour cette année, j’aimerai vous présenter avec beaucoup plus de détails les nouveaux penseurs en islam : ainsi, nous continuerons de publier des articles de la professeure Ikbal Gharbi, pour bientôt il y aura une série d’article sur le dernier livre de Mohamed Talbi, des articles de Mohammed Charfi ainsi qu’une lecture de ces derniers livres, une série d’article sur le dernier livre d’Olfa Youssef... Beaucoup de tunisiens donc mais pas seulement. Durant les prochains mois, un intérêt beaucoup plus important sera réservé aux différents penseurs maghrébins. Je fais parti de ceux qui pensent que les thèses des penseurs maghrébins n’ont pas l’écho qu’il méritent a l’intérieur comme à l’extérieur du Maghreb et durant notre 3ème année nous essayerons de faire plein feux sur ces penseurs ainsi que sur les idées qu’ils défendent.     

Encore une fois j’insiste pour dire que beaucoup de travail reste à faire. La tache de diffuser les idées réformatrices et de critiquer l’extrémisme de tout genre n’est pas facile. Mais malgré cela, nous continuerons à vous présenter un point de vue aussi objectif que possible sans hésiter à appuyer là où sa fait mal mais sans négliger non plus ce que mon professeur Yadh Ben Achour m’a appris, à savoir que « Les sociétés ne sont pas des machines, il ne suffit pas d’appuyer sur des boutons pour que les choses changent ». Effectivement, nous sommes pour l’évolution des mentalités dans nos sociétés, pour le développement des principes démocratiques et pour l’enracinement de la culture de l’acceptation de l’autre, de ses idées ainsi que de son droit d’être différent. Mais nous sommes aussi conscient qu’il ne faut pas trop forcer et qu’à force de ‘‘pousser’’ on fini par provoquer des réactions exactement opposées à celles espérées. C’est notre crédo et c’est notre manière de voir les choses.

                                                                                                                                                         

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dimanche 22 mars 2009

Femmes et Politique en Islam

ikbel_al_gharbi

L'islam est-il une religion pro féministe, prône-t-il une vision égalitaire comme se le demandent beaucoup de musulmanes et de musulmanes ? Ou bien, au contraire, est-il la religion misogyne par excellence comme le présente souvent de façon caricaturale les extrémistes de tout bord. Avant de répondre à ces questionnements légitimes, il faut souligner que Islam et Féminisme sont des concepts clés qui demandent à être retravaillés pour dépasser les usages polémiques qui tendent à opposer deux forces antagonistes hors de toute analyse historiciste. Cela n'est possible que si la raison critique dispose de nouveaux outils conceptuels qui nous aide à dépasser et à nous libérer des dualismes réducteurs du Bien et du Mal, du Civilisé et du Barbare, des Lumières et des Ténèbres. Dans cette perspective, le concept ISLAM doit être manié avec prudence. Effectivement une approche multidimensionnelle  s’avère adéquate. Or comme le fait remarquer l'islamologue Edward Saïd, « quand on parle de l'Islam, on élimine plus ou moins l'espace et le temps. » Or, faut-il rappeler que le monde musulman couvre un milliard d'individus et comprend des dizaines de pays, de sociétés, de traditions, de cultures, de langues. Il inclut, aussi, des nombreuses expériences distinctes qui résultent de différentes lectures de l'Islam. Ce relativisme nous dévoilera que le statut de la femme musulmane diffère selon les pays, les époques historiques, les sociétés, les législations en vigueur. En outre, la ségrégation dont souffrent certaines femmes musulmane est une création du fiqh. Elle résulte en grande partie d'une manipulation du texte sacré ainsi que d'une mystification de l'histoire féminine en islam.

A ce propos, il faut mentionner que le texte sacré a toujours été manipulé et sa manipulation est une caractéristique structurelle de la pratique du pouvoir dans les sociétés musulmanes. « Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle de l'avenir. Or, celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. » Écrit George Orwell en analysant les techniques de la manipulation et en expliquant comment le mensonge passe dans l'Histoire. Il faut se remémorer que depuis les anciens, et selon Saint Augustin, le mensonge n'est pas une simple absence de la vérité, il est le contraire de la vérité. Il est une falsification et non seulement une privation de la vérité. Il existe dans le mensonge un élément d'activisme et d'agressivité ; puisque mentir ne revient pas simplement à percevoir la réalité d'une façon erronée, mais à affirmer l'existence de ce qui n'est pas ou à nier l'existence de ce qui est. Le mensonge relève ainsi du mode d'action volontaire. Au sein de cette construction fictive de l’histoire, l'infériorité de la femme est présentée comme un fait naturel, enraciné dans la différence des sexes sur la base de spécificités physiologiques constatées. C'est en déconstruisant cette « archéologie objective de notre inconscient » dont parle Pierre Bourdieu et en se réappropriant son histoire que la femme musulmane pourra disposer des armes théoriques nécessaires à ses luttes historiques.

C’est aussi en reparcourant à rebours tout le chemin tracé, marqué, imposé par la tradition qui est passé du Coran au corpus officiel clos des textes sacrés, au corpus interprété, c’est-à-dire aux exégèses et commentaires de la communauté savante des Oulémas que nous dévoilerons les mystifications dont a été victime la femme musulmane.

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La problématique des rapports entre  la femme et la politique en islam est au cœur de cette réflexion qui tentera de présenter une sorte d’état des lieux portant sur des débats qui ont marqué ces dernières années et qu’une actualité brûlante ne cesse de remettre sur le tapis.

L'implication des femmes dans l'histoire musulmane a souvent été occultée. Pourtant l'impact des femmes dans l'avènement de l’islam, dans sa propagation, dans ses luttes est primordial.

Certaines femmes comme Khadija, Umm Salama, Aicha etc.… ont joué un rôle décisif.

Khadija, première épouse du prophète (et pendant qu'elle vécut son unique femme) était fille de Kuwaylid, du clan mekkois des Assad de Kuraych.

Avant son mariage avec le prophète, elle avait eu deux maris : Abu Hala al Tamimi dont elle divorça, et Abdallah Ben Utayyik qui l'a laissée veuve.

Khadija possédait une fortune personnelle qu’elle gérait seule. Cela est peut-être du aux structures matriarcales qui subsistait en Arabie. Les historiens relatent que la sœur de Khadija avait une fille qui portait le nom de sa mère : Umayma bent Rokayya ce qui voulait dire que la descendance se faisait encore par la mère en ce temps là. Cette pratique était courante et certains rois portaient le nom de leur mère comme le roi Omar ibn Hind. Le prophète lui-même était fier de descendre des femmes de sa tribu et avait coutume de dire : « Je suis le fils des El Awatek de la tribu de Solayman (Atika bent Hilal , Atika bent Mora et Atika bent El Awkass , toute femmes de cette tribu) ».

Femme d’affaire, héritière d'une grosse fortune léguée par son précédent mari, elle la faisait fructifier en investissant dans des opérations de commerce international.

Femme de caractère, elle se réservait la liberté de choisir librement son époux. C'est ce qu'elle fit lorsqu'elle décida d'épouser le prophète. Elle envoya auprès de lui une émissaire, Nefissa pour le demander en mariage.  L'historien Ibn Saad a rapporté les paroles de Nefissa « elle me dépêcha en secret auprès de lui avec une proposition de mariage. Et il accepta ». Le prophète vécut vingt cinq années avec Kadhija sous le régime de la monogamie

Le contrat de mariage de Khadija et du prophète avait été établi pour elle par son oncle Amor Ben assad.

Son mariage avec le Prophète marqua un tournant important dans l’histoire de l’islam.

Khadija aida le prophète, l’encouragea en lui donnant confiance en lui-même et en sa mission. Après l’appel à la prophétie, elle fit part de l’événement à son parent, Waraka ibn Nawfel qui était chrétien. Ce dernier lui déclara que cette expérience était semblable à celle de Moise recevant la Loi.

Aicha, la mère des croyants, rapporte ces événement graves : « la Révélation se manifesta d'abord au Prophète sous la forme de visions pieuses qu'il avait dans son sommeil …L'ange lui apparut…et lui dit : "Lis au nom de ton Seigneur qui a crée, crée l'homme d'une adhérence ; lis et ton Seigneur est le Très-Généreux ».

Le prophète revint chez lui avec ces versets, le cœur palpitant ; il entra chez Khadija bint Khouwaylid et s'exclama : « enveloppez moi, enveloppez moi ». On l'enveloppa jusqu'à ce que son effroi se dissipe. Il annonça alors la nouvelle à Khadija, lui disant « J'ai cru que j'en mourrais ! » Khadija répondit : « Non, par Dieu, jamais Dieu ne t'infligera d'affront; tu préserve les liens de parenté, tu soutiens les faibles, tu donnes aux pauvres, tu héberges les hôtes, et tu aides à parer les coups du sort. » Khadija emmena alors le prophète chez Waraqa ibn Nawfel ibn asad ibn abd al Ouzza, un cousin à elle. C'était un homme qui avait embrassé le christianisme à l'époque préislamique. Il savait écrire l'écriture hébraïque, et écrivait en hébreu ce que Dieu avait voulu qu'il écrive de l'évangile. C'était un vieillard âgé, devenu aveugle. Khadija lui dit : « Mon cousin, écoute le fils de ton frère. » Waraqua lui demanda : « Qu’as-tu fils de mon frère ? » Le Prophète lui raconta ce qu'il avait vu. Waraqua lui dit alors : « Cet ange est celui que Dieu a envoyé à Möise. Que ne suis jeune et vigoureux ! Comme je voudrais être encore en vie, quand ton peuple te chassera ! » Le Prophète demanda : « Mon peuple va-t-il donc me chasser ? ». Il lui répondit : « Oui, jamais un homme n'a apporté ce que tu apportes sans être persécuté. Si je vis encore ce jour là, je t'aiderai de toutes mes forces. » Waraqua mourut peu après, et la Révélation marqua une pause. (Rapporté par al Boukhari et Mouslim dans Livre du début de la Révélation au Prophète). 

Par ailleurs, Khadija a su apporter au Prophète tout l’appui psychologique et tout le soutien logistique dont il avait besoin. Adepte de la nouvelle religion alors même qu’elle était encore secrète, Khadija a participé à la lutte clandestine en territoire ennemi.

Aussi bien sur le plan objectif des rapports de forces que sur le plan subjectif de la psychologie individuelle, la personnalité de Khadija, mère des croyants, a été une donnée incontournable de la destinée de la religion musulmane.

_______________

* Ikbal al Gharbi est professeure de psychologie et des sciences de l’éducation à L’Institut supérieur des sciences religieuses, ainsi que directrice du Centre de l’innovation pédagogique à l’université Ezzeytouna en Tunisie. Elle est aussi psychologue, docteur en anthropologie, consultante auprès des Nations Unies et elle s’occupe de la réforme dans le monde arabe.

ahikbal@yahoo.fr

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jeudi 19 mars 2009

L’autre extrémisme

Je_le_dis_comme_je_le_pense

Mon troisième et dernier post relatif au colloque « droit, pouvoir et religion » ne sera pas consacré aux différentes communications présentées dans cette rencontre mais plutôt aux débats parallèles que j’ai pu avoir avec beaucoup de mes amis étudiants (en majorité étudiantes et étudiants de la faculté des Sciences juridiques, politiques et Sociales de Tunis) et qui m’ont permis d’apprendre beaucoup de choses et surtout de découvrir de plus près certaines tendances que je considérais minoritaires, mais qui semblent avoir plus d’importance que ce que je pensais.

Au cours des différents repas et du diner qui nous ont été offerts par les organisateurs du colloque, j’ai eu le plaisir de participer à de passionnants débats sur des questions en relation plus ou moins directe avec le sujet du colloque. Ainsi, on a discuté des rapports hommes-femmes dans les sociétés arabo-musulmanes (et plus précisément en Tunisie), de la place de la religion dans l’Etat, des droits des femmes (en réactions à la fameuse affaire de rupture du mariage en France pour « erreur sur les qualités essentielle de la mariée » a savoir le fait qu’elle n’était pas vierge au moment du mariage), du port du voile… et ce qui a attiré mon attention au cours de ces discussions fut le degré d’intolérance que j’ai pu relever. Intolérance pas dans le sens qu’on croit tous mais bien au contraire ; la majorité de ceux avec qui j’ai eu le plaisir de discuter avaient des positions très fermes sur la religion. J’ai senti de leur part une véritable suspicion (pour ne pas dire haine) de la religion. Ainsi, aucun poids n’est accordé a cette dernière, tout ce qu’elle peut représenter n’est autre qu’un ensemble de « traditions culturelles ». Aucune différence n’est faite entre les islamistes et « les autres ». Pire, il y avait certains qui témoignaient d’un refus catégorique de toute discussion avec des gens qui utiliseraient un discours religieux !

Ce genre de prise de position est dangereux. Je le dis parce qu’il me semble qu’on est face à un extrémisme qui ne dit pas son nom. Il n’y a pas que les tenants du discours islamistes qui peuvent avoir un comportement et des envies d’exclusions pour tous ceux qui ne sont pas d’accords avec eux, il y a aussi ce courant là. Or, le malheur c’est qu’une société ne peut pas continuer à vivre dans la paix si jamais ces deux courants deviennent majoritaires. Nous avons besoin de plus d’objectivité, de moins de crispation, d’accepter l’autre avec ses différences, de ne pas permettre que l’on nous viole nos droits mais de ne pas encourager qu’on viole les droits des autres.

Je pensais que ceux qui n’avaient pas qu’une culture exclusivement religieuse étaient beaucoup plus tolérants. Je continue à le penser (ou du moins à l’espérer) et à souhaiter que l’intolérance que j’ai cru apercevoir dans ces différentes discussions ne soit que trop minoritaire dans nos sociétés. Nous avons déjà un extrémisme à combattre : c’est celui islamiste. Et pour le moment nous n’avons ni les forces ni l’envie de combattre un autre extrémisme. Mais on doit au moins avoir le courage de dire que cet extrémisme existe et que nous refusons toute sorte d’extrémistes.

Sur ce sujet, voir aussi :

- C’est quoi une religion ?

- Droit, pouvoir et religion

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lundi 16 mars 2009

C'est quoi une religion ?

C’est avec cette question que le Doyen Sadek Belaid a commencé son rapport de synthèse du colloque « Droit, pouvoir et religion » organisé du 5 au 7 mars dernier à Gammarth par l’Association Tunisienne de Droit Constitutionnel.

A cette question, notre Doyen donnera la réponse suivante : une religion c’est l’addition d’un ensemble d’éléments : une communauté + un dogme + une transcendance + un rituel + une finalité (l’au-delà). 

Mais selon Mr Belaid, ce qui importe ce n’est pas la religion telle qu’il définit mais la relation de cette dernière avec le droit et le pouvoir. Dans ce sens, en supposant l’existence de liens entre ces trois entités, la religion se transforme en une idéologie de pouvoir.

La religion telle que nous la connaissons aujourd’hui est elle à l’état pure (sans aucune relation avec le pouvoir ou le droit) ou bien s’est elle effectivement transformée en un phénomène politique à partir du moment où elle est entrée en concurrence avec le droit et le pouvoir afin d’asseoir sa notoriété ?

C’est cette question, en d’autres termes, qui fut posée par la professeure Sana Ben Achour lors des débats au cours du colloque. En se limitant à l’exemple de l’islam, Mme Ben Achour avait posé une question sur le moment historique de ce qu’elle a appelé la crispation entre droit, pouvoir et religion : quant est ce que ces trois entités sont elles devenues concurrentes ou même antagoniques ?

Nous trouverons les réponses à toutes ces questions dans la brillante communication du professeur Mohamed Haddad qui nous a présenté -entre autres choses- sous le titre « Pour une critique de la raison juridique dans la pensée islamique » l’évolution du rôle des fouquahas en islam qui se trouverait à l’origine de la création de cette crispation entre religion, pouvoir et droit et qui a fait que l’islam pur a laissé sa place à un islam idéologie de pouvoir.

Selon Mr Haddad, au départ, le travail du Faqih se limitait à l’explication du texte (coranique) et la grammaire du discours. Mais à partir de la constitution des cités dans l’empire islamique, le pouvoir en place avait besoin de personnes pour juger les problèmes sociaux : ce fut alors la création de l’institution de khada (justice) qui sera très vite laissée aux fouquaha qui n’appliqueront dans leurs jugements que ce qu’ils connaissent par cœur : le texte coranique. Se posera très rapidement alors le problème des questions qui ne trouvent pas de réponses dans le Coran. La solution qui sera proposée s’appelle « le raisonnement par analogie » qui n’admet pas la rupture et qui considère qu’il existe toujours un cas auquel il faut se référer. Or, ce raisonnement qui ne permet pas de distinguer le moderne de l’ancien et qui n’accepte aucune évolution est selon Mr Haddad la cause de la crispation entre religion, pouvoir et droit.

Cette crispation sera développé au fur et à mesure du développement et de l’extension du religieux et ce jusqu’à nos jours où les fouquahas continuent à vouloir voir la religion s’appliquer à tous les aspects de la vie du croyant. Un but qu’ils poursuivent depuis les mosquées où ils prêchent hebdomadairement devant des millions de croyants jusqu’aux chaînes de télévisions religieuses inspirées des évangélistes.

Que faut-il faire alors ?

Deux solutions sont proposées ; l’une par le professeur Haddad et l’autre par le professeur Hamadi Redissi. Pour ce qui est de Mr Haddad, il demande aux juristes de réagir face aux imams de toute part et ce en travaillant sur la vulgarisation des termes juridiques et en se réappropriant le Droit confisqué par ces cheikhs (Une entreprise qui s’avère difficile selon les dires même du professeur car si un juriste fait une conférence pour quelques dizaines d’intéressés, des milliers d’imams font des milliers de prêches hebdomadaire pour des millions de croyants…).

La deuxième solution est un peu plus radicale et elle est proposée par le professeur Hamadi Redissi qui ne trouve d’issue que dans la sécularisation de la société, considérant que « la sécularisation est une décontamination de ce qui a été contaminé par le sacré ».

Voir aussi sur ce sujet : droit, pouvoir et religion

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vendredi 13 mars 2009

Droit, pouvoir et religion

Je_le_dis_comme_je_le_pense

J’ai eu le grand plaisir d'assister au colloque « Droit, pouvoir et religion » organisé à Gammarth par l’association tunisienne de droit constitutionnel. Durant 3 jours, du 5 au 7 mars dernier, j’ai beaucoup appris non seulement des différentes communications présentées par d’imminents spécialistes mais aussi des rencontres parallèles faites à l’occasion de ce colloque avec plusieurs personnes et en particulier plusieurs étudiants tunisiens.

« Dire que l’islam est une religion qui régit toute la vie du musulman est une idée moderne »

Parmi les premières communications qui ont retenu mon attention, il y avait celle de M. Zied Krichen, rédacteur en chef de la revue Réalités, connu pour son opposition farouche (sur les colonnes de son journal) aux mouvances islamistes et qui, sous le titre « Le fondement du pouvoir dans le discours de l’islam, approche historique » nous a présenté une description des deux thèses existantes actuellement en terre d’islam : celle qui s’oppose à toute séparation entre la religion et l’Etat et qui milite pour que le spirituel gouverne le temporel, tout le temporel. Et la deuxième, nettement minoritaire, développée par Ali Abd Razek et qui proclame que le temporel et le religieux sont deux choses totalement séparées. Mais ce n’est pas cette description de la séparation qui est intéressante dans les propos de M. Krichen mais plutôt le fait qu’il considère la première thèse (celle de la séparation) comme une idée moderne dans le sens ou elle n’existait pas du temps du Prophète. Pour le conférencier « dire que l’islam est une religion qui régit toute la vie est une idée moderne ». Afin de prouver cette thèse, il nous rappelle que la compilation du Coran, qui n’est intervenue que très longtemps après la mort de Mohammed, a radicalement changé la perception des musulmans d’eux-mêmes : l’islam « primitif » (celui du Prophète) n’a rien à voir avec l’islam du IIème et IIIème siècle après l’Hégire. Avant ces dates, l’islam ne prétendait pas régir toute la vie des musulmans, il n’y avait que des fragments d’islam ici et la et tout le monde ne connaissait pas le Coran. Mais la donne changera dès que la politique se saisira de la question : compilation du Coran, reconnaissance d’une seule version du Coran, compilation de la Sunna, sacralisation de la Sunna … Ainsi l’islam primitif a disparu laissant la place à un islam moderne conçu en grande partie par les fouquahas.

Conclusion : l’islam auquel les islamistes d’aujourd’hui nous invitent à revenir n’est pas l’islam du Prophète mais celui que les fouquahas ont élaborés des siècles après la mort de ce dernier ; un islam qui réglemente toute la vie du musulman de A jusqu’à Z et ne lui laisse aucun libre choix et aucun arbitrage à faire.

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dimanche 8 mars 2009

Arabie Saoudite : début des réformes ?

Le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a annoncé il y a quelques semaines des réformes jugées « historiques » par certains. Premier haut poste pour une femme saoudienne, intégration de toutes les écoles sunnites dans le Conseil des grands oulémas, limogeage de certaines personnalités radicales du régime. Pour Le Monde, ces réformes témoignent de la volonté du roi de faire reculer le conservatisme.

Affaire à suivre...

Le roi Abdallah veut réformer l’éducation

et la justice saoudiennes

Un gouvernement remanié, des institutions religieuses renouvelées, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a repris l’initiative en s’attaquant au conservatisme dans deux secteurs stratégiques : l’éducation et la justice, dotés de nouveaux ministres le 14 février. Après la longue régence provoquée par la maladie de son prédécesseur, son demi-frère Fahd, à partir de 1995, l’accession au trône, en 2005, de ce prince héritier longtemps considéré comme un conservateur avait été marquée par une indéniable volonté de réforme et d’ouverture. La nomination d’une universitaire aguerrie, formée en Arabie saoudite et aux Etats-Unis, Noura Al-Fayez, à un poste de vice-ministre de l’éducation montre que le roi n’a pas renoncé à forcer son royaume, A commencer par ses cadres religieux, à un peu plus d’audace. Certes, la vice-ministre n’aura pour domaine de compétence que l’enseignement féminin (qui emploie l’écrasante majorité des femmes actuellement actives), mais cette promotion n’en est pas moins historique dans un pays où les femmes ne disposent toujours pas du droit de conduire et où la séparation des hommes et des femmes, dans les lieux publics reste la règle. Cette nomination s’ajoute à des signes plus discrets, comme la possibilité pour les femmes de s’affranchir pour les déplacements à l’intérieur du royaume de la présence obligatoire du tuteur (mahram) qui doit les accompagner ordinairement. La vice-ministre aura pour supérieur hiérarchique le prince Fayçal Bin Abdallah Bin Mohammed, mari d’une fille du roi, Adilah (très engagée dans la Question des droits des femmes) et ancien haut responsable des services de renseignement, ce qui témoigne de l’attention portée par le royaume à l’éducation. Il s’agit en effet d’un secteur stratégique en Arabie saoudite pour les femmes qui peuvent espérer gagner une relative liberté en intégrant une économie en mal de personnel qualifié. Il est tout aussi important pour les hommes, généralement mal formés, même si la « saoudisation » de l’emploi reste officiellement une priorité.

Alors que le roi d’Arabie saoudite s’est montré très volontariste dans le domaine du dialogue interreligieux, vis-à-vis des chiites vilipendés par les cheikhs saoudiens les plus radicaux comme à l’égard des catholiques (visite au Vatican en novembre 2007) ou des juifs (conférence de Madrid en juillet 2008), il a décidé que les quatre écoles sunnites (hanafite, malékite, chaféite et hanbalite) seront désormais représentées dans le Conseil des grands oulémas alors que, jusqu’à présent, ce Conseil était le domaine réservé du hanbalisme, école traditionaliste dont se Réclament aujourd’hui les courants radicaux wahhabite et salafiste. Les nominations auxquelles il a procédé en marge du remaniement ministériel de samedi témoignent également de sa volonté d’aller de l’avant dans le domaine judiciaire. C’est ainsi que Ibrahim Al-Gaith chef de la police religieuse (moutawa), très redoutée mais dont la presse saoudienne a dénoncé de plus en plus ouvertement les excès en 2008, a été évincé. Le chef du Conseil supérieur de la magistrature, Saleh Al Louhaidan, a été également limogé. En poste depuis quatre décennies, il était considéré par les militants des droits de l’homme saoudiens comme hostile à toute évolution du système judiciaire.  

© Extraits Le Monde daté 20 février 2009

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jeudi 5 mars 2009

Réveillons nous : nous sommes aussi responsables !

Je_le_dis_comme_je_le_pense

Je pense que je devrais m’excuser d’avance pour la cruauté de ce que je vous propose de lire ci-dessous. Non, il ne s’agit ni de guerre, ni de sang mais –peut être plus cruel encore- de civilisation à la dérive comme disent les plus optimistes et même de civilisation agonisante comme jugent les moins pessimistes. J’ai nommé la civilisation arabe, ou si vous voulez la Nation arabe. Cet espace de 23 Etats depuis lequel nous ne recevons que des mauvaises nouvelles. Des Etats toujours à la traine, des Etats qui nous déçoivent de plus en plus et d’un jour à un autre. Nous autre arabes, fiers d’un passé glorieux, nous ne savons que penser de notre présent et qu’attendre de notre avenir. Mais pour une fois, je ne parlerai pas de la responsabilité des gouvernants. Soyons honnêtes et assumons nos responsabilités. Ayons le courage de dire qu’au bout du compte, il semble que nous aussi, nous ne sommes pas si différents de ses dirigeants que nous décrions. Nous refusons de regarder les vérités en face. Nous refusons de prendre de sérieuses résolutions pour que les choses changent.

Savez-vous combien lit un citoyen arabe par an ?

Un livre ? Non, Une page ? Non plus. Selon une étude internationale, un citoyen arabe lirait en moyenne un quart de page par an !

Et combien lit un américain ? 1, 2, 3 livres par an ? Non, un américain lit en moyenne 11 livres par an ! 7 livres pour un britannique. Et ne me sortez pas svp le cout du temps qu’on n’arrive pas à trouver. Je me limiterai pour vous répondre à vous rappeler que notre premier centre culturel se trouve être … le café. Pour des gens qui n’ont pas beaucoup de temps, je vous avoue que passez 2 à 3 heures par jour à siroter un café en regardant les passants est un peu étrange.

Savez-vous combien de Yéménites consultent internet ?

20 % ? Non, 4 % seulement des 22 millions de Yéménites consultent internet. Ah vous avez raison. Cette situation n’est peut être pas à attribuer aux pauvres yéménites mais plutôt à leurs dirigeants. D’accord avec vous sur ce point. Mais savez-vous quels sont les sites les plus consultés par ces 4 % ? Comme la majorité de leurs confrères arabes, les 4 % des yéménites qui surfent sur internet le font principalement afin de consulter des sites pornographiques et des sites de rencontres. Vous pensez toujours que cela aussi est de la responsabilité des gouvernants ?

Savez-vous combien dépensent les tunisiens pour la culture ?

D’après les chiffres de l’Institut National des Statistiques de 2005, les dépenses consacrées à la culture ne représentent qu’une part infime dans le budget des ménages tunisiens qui dépasse à peine 8 %. Prenons l’exemple de la lecture. Combien pensez vous qu’un tunisien dépense par an pour l’achat de livres et de magazines ?

30, 20, 10 dinars ? Pas du tout. Un tunisien dépense très exactement 3, 574 d par an pour l’achat de livres et de magazines. Quelle performance ! 

Savez-vous combien dépensent les arabes pour les produits de beautés ?

Applaudissez svp. Nous sommes ceux qui dépensent le plus au monde pour les produits de beautés ! La facture s’élève à 2,1 milliards de dollars par an. Et dire que nous n’avons pas les moyens d’acheter des livres.

Je n’ai pas tiré de conclusion à cet article, je vous laisse le soin de le faire.

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

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lundi 2 mars 2009

Autriche : 22 % des professeurs de religion musulmane rejettent la démocratie

Le contenu d’une thèse doctorale sur l’enseignement de la religion islamique ébranle l’Autriche. Sur les quelque 400 enseignants de l’islam, 22% rejetteraient la démocratie. Ce n’est certes que le travail d’un étudiant, mais la presse s’enflamme, le personnel politique monte au créneau, on demande la tête du président de la communauté islamique. Après cinq jours de tempête, la ministre de l’enseignement, Claudia Schmied, calme le jeu en passant un pacte avec la communauté : l’enseignement de la religion islamique sera désormais contrôlé par l’Etat autrichien.

L’islam est une des treize religions reconnues depuis l’annexion de la Bosnie par l’Empire austro-hongrois en 1912. A ce titre, elle est enseignée depuis 1982 à environ 40 000 élèves de secondaire de confession musulmane. Les enseignants rétribués par l’Etat sont nommés par la Communauté islamique autrichienne, responsable du programme et de l’élaboration du matériel pédagogique. L’Etat autrichien a-t-il fait preuve d’un trop grand laxisme en accordant à cette religion les mêmes prérogatives qu’à d’autres ? La thèse de cet étudiant à l’institut de pédagogie de l’université de Vienne, Mouhanad Khorchide, lui-même de confession musulmane et enseignant de religion, a mis le feu aux poudres. Sur les 210 enseignants ayant répondu à son questionnaire, 22 % rejetteraient la démocratie, jugée incompatible avec l’islam, 29 % tiendraient pour impossible de s’intégrer dans la société autrichienne sans perdre son identité religieuse, 28 % considéreraient qu’être européen et musulman est une contradiction.

Les données dont la presse autrichienne s’est emparée et repue sont explosives, aptes à fourbir une guerre de religion. Pourtant les résultats de l’étude sont plus contrastés, voire contradictoires : malgré les craintes de perte d’identité, 77 % des interrogés se considèrent comme partie intégrante de la société autrichienne, 86 % ne pensent pas que les musulmans devraient rester entre eux pour conserver leur identité et 73 % seraient partisans du développement d’une identité musulmane européenne, selon le magazine Falter, à l’origine de la diffusion de l’étude. (…)

Pour apaiser le débat, le ministère de l’éducation a passé un pacte avec la communauté islamique, le 2 février. Il institue un contrôle nouveau sur l’enseignement de la religion islamique et met celle-ci au défi de se rénover. Dix jours, plus tard, il est suivi d’effets. Un enseignant accusé d’avoir diffusé un appel au boycottage de magasins juifs a été radié.

La polémique a fait resurgir un débat enterré : celui du remplacement de l’enseignement religieux communautaire par un cours d’éthique pour tous. L’église catholique autrichienne n’y voit aucune urgence.

© Islamiqua d’après Le Monde

Posté par Hamza Belloumi à 08:00 - Islamiqua infos - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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