polemique_en_egypteEn 2006, Farouk Houssni, ministre égyptien de la culture fut l’objet d’une grande compagne de dénigrassions à l’intérieur des cercles islamistes lorsqu’il s’est indigné de l’explosion du nombre d’égyptiennes portant le voile intégrale (le niqab).

En cette année 2009, son collègue, Mahmoud Hamdi Zaqzouq, ministre des Waqf (affaires religieuses) s’apprête a faire publier par son ministère un ouvrage dont le titre est révélateur : Al-niquab ada wa laysa ibada (« le niqab est une tradition, non une obligation ») dans lequel il y aura la participation des plus hautes autorités de l’islam en Egypte : le fameux recteur d’Al Azhar, Sayyed Tantaoui, le mufti de la République, Ali Jomaa ainsi que le ministre des affaires religieuses lui même.

Cette prise de position officielle est inédite en Egypte et témoigne du malaise du pouvoir égyptien face à l’influence des chaînes satellitaires des pays du golf et surtout les chaînes religieuses où les imams se succèdent aux prédicateurs souvent avec des visions conservatrices si non extrémistes. Ainsi, le célèbre cheikh Al Qaradaoui, présent régulièrement sur la chaîne d’information la plus regardée du Monde arabe, Al Jazerra, soutient que la remise en cause de l’avis des anciens quant à la nécessité du niqab relève de l’ignorance de la charia, ajoutant qu’ « il ne faut pas dénoncer la femme qui se couvre le visage, de même que celle-ci ne doit dénoncer la femme qui le découvre ».

A signaler enfin, que depuis quelques années, l’Egypte, comme la plupart des pays de l’Afrique du nord, connaît un regain de religiosité extrêmement fort qui a profité aux Frères Musulmans (mouvement interdit mais toléré et qui constitue aujourd’hui la principale force d’opposition au régime de Houssni Moubarak) lors des dernières élections législatives.

© Islamiqua avec Jeune Afrique