Islamiqua | Blog-journal du réformisme

Blog-journal du réformisme

mercredi 20 juin 2007

de l'islamisme au terrorisme

dans_la_tete_des_kamikazes

Pour expliquer ce qui pousse de jeunes gens à se donner la mort, il y a ceux qui estiment que cela revient au fanatisme religieux et à l’endoctrinement de ces jeunes par des groupes et des organisations terroristes, alors que d’autres estiment que la cause réside principalement dans la misère, l’ignorance et la désespérance dont souffre ces hommes (et femmes).

Les deux ont sans doute raison, mais aucune des deux causes à elle seule n’en serait expliquée ce phénomène. Je dirais même que les deux causes à la fois ne seraient expliqués à elles seules ce phénomène qui est très complexe et dans lequel entre en jeux plus d’un facteur.

Les exemples que je citerai vont nous montrer clairement le difficulté de la détermination de la cause principale de l’existence des kamikazes mais ils pourront aussi nous montrer que le facteur religieux n’est pas aussi déterminant pour les candidats aux suicides qui l’utilise comme une simple couverture.

Les causes réelles

Commençant d’abord par une étude réalisée par l’universitaire israélien Ami Pedahzur et qui a révélée que sur les cent quatre-vingts auteurs d’attentats suicides étudiés, plus de la moitié des auteurs étaient passés à l’acte après la perte d’un proche, ami, parent ou fiancé(e).

Nous voyons donc que dans cet exemple, le facteur religieux ne joue point. Le kamikaze est dirigé par le seul désir de vengeance.

Prenons maintenant l’exemple de Youssef Khoudri, un adolescent de 17 ans qui a essayé le 11 mars dernier de se faire exploser avec son complice à l’intérieur d’un cybercafé après que leur plan fut découvert. Heureusement, ce garçon n’a pas pu activer la ceinture d’explosif qu’il portait et après une courte fuite la police marocaine a réussie à l’interpeller.

Et bien, selon son oncle, « il lui arriver de sniffer de la colle, mais il n’a jamais été associé à des malfaiteurs et encore moins à des terroristes. »

La aussi, on voit bien comment cet adolescent fut quelques mois avant de se convertir au terrorisme islamiste : un délinquant.

Là intervient « les spécialistes » pour nous dire que la cause revient non pas à l’endoctrinement (ou pas seulement) mais à la misère dans laquelle vit ce jeune homme. La misère est la cause de tous les maux, éradiquer là et tout rentrera dans l’ordre, semble dire ces spécialistes.

Mais que dire alors de notre troisième exemple qui lui ne connaît pas la misère :

Il s’agit du tunisien Rabee Bacha, numéro deux du groupe salafiste-djihadiste neutralisé le 3 janvier dernier près de Tunis et qui appartenait à une famille tunisienne moyenne.

Selon Jeune Afrique, âgé de 22 ans « Rabee Bacha était un beau garçon, qui sortait avec des filles, buvait et dansait. A 18 ans, raconte un de ses anciens copains d’école, sa petite amie a ramené de la maison une grosse somme d’argent. Sur-le-champ, ils sont partis faire la fête pendant deux semaines.

Après le baccalauréat, sa vie bascule. On ne le voyait plus que très rarement ici, raconte un voisin. On nous disait qu’il faisait des études d’agriculture à Sidi Bouzid. Quand nous l’avons revu, il y a trois ans, c’est à peine si nous avons reconnu le bon vivant d’antan. Il était devenu pieux, renfermé sur lui même. »

Là aussi, nous voyons que l’élément religieux ne figure que comme un prétexte et que même celui social (misère, pauvreté, chômage…) n’est pas plus pertinent.

Comment et pourquoi alors on devient terroristes ?

L’enroulement

Certes, l’ensemble de ces éléments : vengeance, misère, endoctrinement…  peuvent conduire au fanatisme et au terrorisme, mais il y a un autre maillons essentiel et sans lequel nous ne verrons jamais autant d’attentats : il s’agit de l’embrigadement de ces jeunes.

Là vient le rôle de la mosquée, car, malheureusement, le plus souvent tout commence dans les mosquées. Un jeune, qui veut réparer les péchés commis envers Dieux (le cas de Youssef et de Rabee), se dirige à la mosquée et pratique assidûment sa prière. Là il est repéré par un fanatique dont le travail consiste à rallier les jeunes à la cause qu’il défend : le djihad en Palestine, en Irak, en Tchétchénie…

Il commence alors par aborder certains sujets avec les jeunes qu’il a repérés. S’il constate que ces derniers sont favorables à ses thèses, il passe à l’étape suivante mais s’il voit que son interlocuteur est hostile ou simplement hésitant, le contacte s’arrête à cette étape.

L’étape suivante consiste à inviter le jeune à suivre plus assidûment sa religion, à lire la « vrai » littérature islamique et à écouter les prêches et autres leçons de cheikhs fanatiques.

Là aussi, si le jeune suit ces recommandations, on passera avec lui à l’étape suivante, si non, il sera jugé trop faible pour continuer « la mission ».

L’étape suivante consiste à aborder carrément avec l’endoctriné la nécessité du Djihad. Maintenant il est radicalisé, il a lu et entendu ce qu’il lui faut pour accepter le djihad.

Reste quand même un problème : comment expliquer à ces jeunes que se faire exploser n’est pas du tout le suicide interdit par le Coran ?

Il semblerait que la faible culture religieuse de ces endoctrinés permet à leurs maîtres de leur faire croire qu’il ne s’agit là que de la nouvelle forme du djihad, celle qui va leur permettre d’entrer au paradis sans passer par le Jugement et de vivre éternellement  avec les hour el Ayen.

Si le candidat accepte cette interprétation, cela vaut dire qu’il est désormais prêt à partir pour le djihad et que le processus d’endoctrinement a réussit.

Dernière étape : le candidat est envoyé dans un camps d’entraînement qu’il ne quittera qu’une fois sa mission déterminée.

Le danger est qu’il semble qu’aujourd’hui, les groupes terroristes ont énormément de candidats, ce qui leur permet de ne choisir que les plus éduquer et qui ont généralement des études ou des diplômes universitaires.

Comme quoi même les opérations terroristes réclament des gens compétents !

Et la religion dans tout ça ?

Quel est alors le rôle de la religion dans ce processus ?

Toutes les parties n’utilisent la religion que comme un prétexte :

Le maître l’utilise pour faire admettre par ses disciples la licité des attentats suicides.

            

Quant au kamikaze, il utilise la religion pour atteindre deux buts :

1- se laver des péchés qu’il a commis … par le sang des innocents !

2- faire croire à sa famille, sa société et au monde qu’il a agit au nom de l’islam afin d’avoir la sympathie d’autres potentiels terroristes (ce qui les encouragera à franchir le pas) et d’être sacré Moudjahid ! 

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Posté par Hamza Belloumi à 16:49 - L'islamisme au Maghreb - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=121945&pid=5365898

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :