la_relation_de_Bourguiba_avec_l_islam

Le 6 avril 2007, on commémorera le 7 anniversaire de la mort du premier président de la Tunisie indépendante Habib Bourguiba.

Le Combattant Suprême, qui régna sur son pays à partir de l’indépendance et jusqu’en 1987, fut l’un des plus importants leaders arabes du 20ème siècle et ce parce qu’il fut l’un des rares qui avaient une vision et un projet pour leurs pays.

Pour Bourguiba, tout devait être mis en œuvre pour sortir la Tunisie du sous-développement et bâtir une société moderne. Un objectif qui poussera le leader tunisien à déclencher les hostilités envers tout ce qui est archaïque, décadent ou participant de près ou de loin au sous-développement de son pays. Et l’islam -ou plutôt une certaine vision- ne sera pas épargné des critiques d’abord et puis des réformes de Bourguiba : contrairement à ses paires arabes, en matière de réformes religieuses et culturelles, Bourguiba joignit l’action à la parole et fut par conséquence l’unique qui entrepris la difficile tache de désacraliser plusieurs institutions -que les siècles et les fouquahas ont rendus- sacrés.

Mais l’œuvre de Bourguiba dans ce domaine ne s’arrêtera pas à ce stade mais le dépassera pour réformer mêmes des institutions aussi délicates que la polygamie, la justice, l’enseignement religieux… et il n’hésitera pas à heurter les musulmans avec ses idées sur le jeûne ou le Djihad.

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Mais pourquoi revenir aujourd’hui sur la relation de Bourguiba avec l’islam ?

Une partie de la réponse a été déjà donnée : parce que Bourguiba fut l’unique président arabe qui a osé critiquer et réformer l’institution religieuse.

Mais plusieurs autres raisons expliquent mon choix de revenir -20 ans après la fin du règne de Bourguiba- sur sa relation avec l’islam :

1- Malgré qu’il fût le premier président arabe qui osa critiquer certaines institutions musulmanes archaïques, Bourguiba reste jusqu’à nos jours l’unique à avoir entrepris cette tache.

C’est pour savoir les raisons du non engouement des dirigeants arabes pour la méthode Bourguiba que nous avons entrepris de revenir sur la relation qu’il avait avec l’islam.

2- Tous les problèmes que Bourguiba avait entrepris de résoudre il y a 50 ans sont toujours d’actualités dans toutes les sociétés arabo-musulmanes : de la question de l’émancipation de la femme à celle de la réforme de l’enseignement religieux.

50 ans après, et alors que Bourguiba avait depuis présenté certaines réponses à ces problèmes, les sociétés arabes continuent à se poser les mêmes questions.

C’est pour essayer de comprendre les raisons de la réussite des réformes bourguibiennes en Tunisie et les causes du peu d’échos dont elles bénéficient dans le monde arabes que nous avons entrepris de revenir sur la relation de Bourguiba avec l’islam.

3- Bourguiba est présenté aujourd’hui par la majorité des arabes et beaucoup de ses concitoyens comme étant -au mieux- un laïc et -au pire- un incroyant.

Une vision certes réductrice et simpliste d’un homme qui consacra beaucoup de son temps et de son énergie à vouloir réformer l’islam et non pas l’abolir.

C’est donc pour présenter d’une part le travail effectué par Bourguiba dans la modernisation et la sécularisation de la société tunisienne et d’autre part pour répondre à la question de l’incroyance de Bourguiba que nous avons entrepris de revenir sur la relation de Bourguiba avec l’islam.

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Pour pouvoir répondre à toutes ces questions, nous allons essayer -à partir de la semaine prochaine- d’analyser les propos de Bourguiba sur l’islam, ses actes, ainsi que les points de vues des oulémas à son propos. Et nous allons aussi essayer de vérifier les résultats de ses idées et de ses réformes en comparant entre celles-ci et la situation dans le reste des pays arabes.

Un travail dans lequel nous chercherons l’objectivité ; loin de l’apologie politique d’une part et des clichés islamistes d’autre part.

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