Islamiqua | Blog-journal du réformisme

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mercredi 28 mars 2007

Les femmes et les fatwas

discrimination

libertesDans l’ensemble du monde arabe, et plus précisément au Machrek, les femmes continuent de subir les foudres des islamistes et de leurs fatwas. Ces « avis autorisés sur un point de droit » sont de plus en plus nombreux et de plus en plus radicaux.

En effet, toutes les chaînes de télévisions arabes diffusent ces émissions où par téléphone ou par mail, les téléspectateurs posent leurs questions à Ahl al thikr (les gens du savoir) qui n’hésitent pas à répondre à toutes ces questions : des plus ridicules au plus sérieuses.

Non seulement les chaînes satellitaires arabes se sont adonnées à cette pratique mais aussi les différents sites web ou on recense des dizaines de milliers de questions par jour !

Résultat : les musulmans de ce 21ème siècle s’interrogent sur tout ; ils sont mêmes incapables d’auto-gérer leur vie quotidienne.

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Il est vrai que la plupart des questions posées à nos oulémas satellitaires sont d’une médiocrité insupportable. Mais dans l’ensemble, se sont toujours la femme et ses obligations qui occupent une place de choix dans ce système.

Pour vous illustrer comment nous sommes entrain de régresser sur le plan des droits des femmes et de leur émancipation, je vous est choisi quelques unes des dernières fatwas émises devant des millions de téléspectateurs du monde entier à propos des femmes, leur auteurs n’ont jamais étaient punis :

1- L’un des téléspectateur volait savoir s’il pouvait consulté sa femme dans la gestion du foyer familial.

Coran et hadiths à l’appui, le cheikh lui ordonna de ne pas la consulter et de ne jamais suivre ses idées.

2- Un autre téléspectateur posa une question à propos d’une récente fatwas qu’il avait entendue et qui interdisait aux hommes d’acheter des chaussures à leurs femmes. Le cheikh n’a pas trouvé du mal à confirmer cette fatwas en faisant savoir à son interlocuteur que l’achat de chaussures pour les femmes n’entre pas dans les dépenses obligatoires de l’homme. En se référant à certains religieux, ce cheikh est allé même jusqu’à considéré que la femme ne doit sortir de sa maison que pour… sa tombe. Et à partir de ce moment elle n’a nul besoin d’avoir des chaussures.

3- un troisième cheikh a considéré qu’une femme qui sort de sa maison sans voile « est une femme nue ».

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Apparemment, les télévisions du Machrek et les pétrodollars de leurs hommes d’affaires n’en finissent pas de nous étonner. Et le pire est que beaucoup de femmes acceptent cette situation et considèrent même cette discrimination comme une volonté divine.

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samedi 24 mars 2007

Islamiqua fête sa 1ère année : Beaucoup reste à faire

1_an

Ce blog a vu le jour le 24 mars 2006. Aujourd’hui il fête donc sa première année.

7 mois après son lancement, le nombre de ses visiteurs ne dépassait pas les 1000 personnes et les commentaires…1 seul.

Aujourd’hui, avec plus de 80 articles, nous nous approchons de la barre de 10.000 visiteurs et j’ai été très heureux d’avoir de plus en plus de commentaires.

Je sais bien, qu’étant donné que ce blog est spécialisé -il ne traite que d’un seul sujet ; l’islam en général et l’islamisme en particulier- il intéresserait un nombre moins élevé d’internautes que les blog généralistes et moins sérieux.

Ce qui ne m’empêche pas pour autant d’être fier de ce qui a été réalisé jusque là.

Bilan

En effet, lors du dernier point sur le blog qui avait coïncidé avec les 6 mois de son lancement, j’avais déploré le peu de visiteurs, le peu de commentaires, le caractère accidentel et éphémère des visites et les commentaires très agressifs qui ne visaient pas le vif du sujet abordé mais au contraire ma personne…

En l’espace de 6 mois nous avons réussis à dépasser beaucoup de ces problèmes : le nombre des visiteurs a été multiplié par 10 (mais reste inférieurs à mes espérances), les commentaires ont suivis, et surtout la qualité des réactions des internautes s’est beaucoup améliorée : la colère et les insultes ont laissés place à l’analyse et l’interrogation. Seul problème qui persiste, et alors que la plupart des visiteurs passent plusieurs minutes sur le blog et que de plus en plus de fidèles le consulte régulièrement, les visites reste accidentelles, occasionnées généralement par des recherches sur les différents moteurs de recherche. (Certes je n’oublie pas aussi ceux qui y parviennent à travers les sites et blogs qui ont insérés un lien pour Islamiqua sur leurs pages et que je remercie vivement au passage.)

Pourquoi je m’intéresse à tous ces détails ?

Parce que, comme je l’avais dit auparavant, dans un premier temps, mes buts à travers ce blog sont :

1 - Diffuser la culture réformiste auprès de mes concitoyens d’abord et de tous les musulmans ensuite.

2 – Démontrer que dans le monde musulman il n’y a pas seulement ceux qui diffusent l’intolérance et qui ventent les pratiques obscurantistes.

3 – Avoir une interactivité avec tous les visiteurs de ce blog autour de toutes les questions qui y sont soulevés afin d’approfondir réciproquement nos connaissances.

Donc, pour pouvoir réaliser ces objectifs, ce blog doit pouvoir capter le plus grand nombre d’internautes intéressés, débattre avec eux et leur faire parvenir son message.

Beaucoup de travail reste à faire

Il est évident qu’en une année, on ne peu ni tout faire ni beaucoup faire. C’est pour cette raison que je vais continuer ce travail en essayant de l’améliorer encore plus et de vous présenter des articles plus développés et des analyses plus riches.

Ce développement intéressera aussi bien le fond que la forme.

* Coté forme, vous pouvez déjà voir les quelques améliorations que j’ai apporté à la présentation du blog (en attendant le résultat du travail de l’un de mes amis qui s’acharne actuellement sur la conception d’une nouvelle présentation professionnelle de tout le blog). 

Nouveauté de taille, notre credo évoluera à son tour : de combattre l’islamisme et défendre le réformisme, il deviendra : le blog de référence sur le réformisme et l’islamisme. Une évolution que j’ai voulu pour témoigner peut être de la sagesse que le blog a gagnée en l’espace d’un an. Rien a voir en effet entre les premiers posts enflammés et les derniers articles approfondis et neutres. 

* Pour ce qui concerne le fond, je vous annonce d’abord qu’à partir du mercredi 28 mars la publication des articles sur Islamiqua ne sera plus bihebdomadaire mais seulement hebdomadaire : chaque mercredi vous aurez droit à un article plus fouillé et mieux écrit. Et cela parce que j’ai trouvé que deux articles par semaine me faisaient perdre beaucoup de temps que je ferais mieux d’utiliser pour un seul article qui gagnera certainement en qualité.

D’autre part, je me penche actuellement sur l’étude du lancement d’un magazine électronique (bimensuel ou trimestriel) qui sera en téléchargement libre à partir de Islamiqua et qui a pour but de regrouper un nombre important d’articles (en français ou en arabe) écris par d’imminents spécialistes et islamologues.

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Enfin, et pour fêter cet anniversaire, j’ai réalisé un livre comprenant les plus importants articles que j’ai écris sur ce blog depuis un an ainsi que des articles inédits.

Vous pouvez le télécharger. Il est en version Word, contient 125 pages et je lui est choisi comme titre : Pour un islam meilleur.

Pour l’avoir, il vous suffit de m’adresser votre adresse mail sur laquelle je pourrais vous l’expédier.

En attendant vos réactions, à l’occasion de l’anniversaire de Islamiqua, je vous donne rendez-vous mercredi 28 mars pour continuer l’aventure.

Hamza Belloumi

                                                                                                                                                                                     

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samedi 17 mars 2007

Ayaan Hirsi Ali

l_infidele

« Infidèle », c’est le titre qu’a choisie Ayaan Hirsi Ali pour son livre qui vient de sortir aux Etats-Unis d’Amérique ou elle vit depuis septembre 2006 date à laquelle elle a été invitée à rejoindre l’un des plus importants institut conservateur américain : The Américain Enterprise.

Aane_Hersi_AliAyaan se définie dans son livre comme une femme qui « milite pour les droits des femmes, la réforme de l’islam et la sécurité de l’Occident. »

Seulement, l’islam elle l’a abjuré depuis les attentats du 11 septembre (d’où le titre de son livre) et ce qu’elle dit à son propos est d’une violence impressionnante.

Mais si je vous parle aujourd’hui de Ayaan Hirsi Ali se n’est pas parce que je partage ses idées mais tout simplement parce que c’est une contestatrice qui -malgré qu’elle ne dit pas beaucoup de vérité- a beaucoup de succès en Occident en général et en amérique en particulier (son livre est classé sixième aux E.U).

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Ayaan Hirsi Ali, 38 ans, somalienne d’origine, elle a résidé en Arabie Saoudite, en Ethiopie, au Kenya avant de s’établir aux Pays Bas ou elle sera promue membre du parlement après son combat contre… l’immigration.

Dans son livre, Hirsi parle d’une enfance très difficile dans une société traditionaliste et pauvre. Mais d’après une interview qu’elle vient d’accorder au magazine américain Newsweek, et contrairement a ce que disent ses détracteurs, son apostasie n’aurait pas de rapport avec sa pénible jeunesse. Elle n’abjura l’Islam qu’après les attentats du 11 septembre : « j’ai commencé [alors] a étudié l’agenda de Ben Laden et a en faire la comparaison avec ce qui est écrit au Coran, et j’ai vérifier qu’elle s’y trouvée. »

C’est peu être ce qui a motivé sa collaboration avec le réalisatuer Théo Van Gogh pour la réalisation d’un court métrage de 10 minutes intitulé Soumission qui critiqua la situation de la femme musulmane.

Ce film sera à l’origine de l’assassinat du réalisateur par un jeune marocain de 26 ans en 2004.

 

Depuis, Hirsi bénéficie d’une protection policière rapprochée, suite aux nombreuses fatwas et menaces de morts qu’elle a reçue.   

Mais, ne lui dite surtout pas que ce n’est pas comme ça qu’on réforme l’islam !

Parce qu’elle vous répondra que ce n’est pas a elle de reformer cette religion. Elle ne fait que dire les ‘‘vérités’’ et elle laisse aux autres le soin d’apporter les  réformes !

Les vérités de Hirsi ?

Voici quelques exemples :

« Le vrai Islam conduit à la rigidité »

« Ceux qui ont portés ce sentiment [de haine] pour l’amérique et l’Occident, ne représentent pas un groupe de fou extrémistes. J’ai appris que l’écrasante majorité des musulmans considère que ses attaques sont une légitime vengeance contre les ennemis apostats de l’islam. »

« Chaque musulman religieux, qui souhaite pratiquer le vrai islam est un sympathisant des Frères Musulmans. »

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Il est claire que ce ton polémique de Hirsi Ali ne servira point le réformisme dans le monde musulman, mais peut être que nous avons besoin de ce genre de discours pour se réveiller une bonne foi pour toute et ouvrir les yeux sur notre situation, certes pas aussi cauchemardesque que celle que décrie Hirsi mais non moins préoccupante.

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Ce ton de Hirsi Ali a fait récemment l’objet d’une polémique qui a opposé sur les pages du Monde deux auteurs : Pascal Bruckner et Ian Burma.

Je vous rapporte quelques extraits de leurs articles parce que l’opposition de leur point de vue reflète parfaitement l’opposition qui existe entre pro et anti- Ayaan Hirsi aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du monde musulman.

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Dans une tribune intitulée « En finir avec le multiculturalisme » (Le Monde du 20.02.2007), Pascal Bruckner attaque le livre d’Ian Burma (On a tué Théo Van Gogh) et se lance dans la défense de Hirsi :

« La différence entre elle et Mohammed Bouyeri, le meurtrier de theo Van Gogh, c’est qu’elle n’a jamais préconisé le meurtre pour faire triompher ses idées. Les seules armes dont elle use sont la persuasion, la réfutation, le discours. (…)

Isolée, promise à l’égorgement par les radicaux, contrainte de vivre entourée de gardes du corps, Ayaan Hirsi Ali doit en plus subir, comme Robert Redeker, ce professeur de philosophie français menacé de mort par des sites islamistes, les sarcasmes des grands esprits et des donneurs de leçon. Les défenseurs de la liberté seraient donc des fascistes, tandis que les fanatiques sont dépeints comme des victimes ! (…)

Ayaan Hirsi Ali, il est vrai, déjoue les stéréotypes du politiquement correct en cours : Somalienne, elle proclame la supériorité de l’Europe sur cette région de l’Afrique ; femme, elle échappe au destin d’épouse et de mère ; musulmane, elle dénonce ouvertement l’arriération du Coran. Autant de clichés bafoués qui font d’elle une insoumise et non une de ces insurgées en toc comme nos sociétés en produisent à la pelle. (…) »

L’intéressé, l’essayiste Ian Buruma répliquera à cette attaque dans l’édition du 28 février 2007 du Monde dans un article intitulé « Combattre l’intégrisme, mais sana alarmisme »:

« S‘il a eu l'amabilité de lire mon livre, On a tué Théo Van Gogh, (Flammarion, 2006), je ne comprends pas comment Pascal Bruckner, dans sa tribune publiée dans Le Monde du 20 février, en a tiré la conclusion que celui-ci constituait une attaque contre Ayaan Hirsi Ali. Les deux dernières phrases d'On a tué Théo Van Gogh sont : "Et Ayaan Hirsi Ali a dû quitter la scène (les Pays-Bas). Mon pays paraît plus petit sans elle."

Je suis d'accord avec Ayaan Hirsi Ali pour affirmer que la démocratie libérale doit être défendue contre la violence extrémiste, et que l'on doit protéger les femmes contre toute maltraitance. Les seules différences entre elle et moi portent sur les priorités. Etant passée de l'islamisme dévot à l'athéisme, elle a tendance à voir dans la religion en général, et l'islam en particulier, la racine de tous les maux, notamment celui des violences faites aux femmes. Elle réduit à une seule menace monolithique la diversité des traditions culturelles, des coutumes tribales et des antécédents historiques, même à l'intérieur du monde musulman. L'islam tel qu'il est pratiqué à Java n'est pas le même que celui observé dans un village marocain, au Soudan ou à Rotterdam.

Etre tolérant ne signifie nullement être aveugle aux différences. (…)

Ayaan Hirsi Ali a parfaitement le droit de traiter le prophète Mahomet de "pervers", tout comme M. Bruckner a le droit de traiter les musulmans de "brutes" (dans la version intégrale du texte de Pascal Bruckner, consultable sur le site : signandsight.com). Mais si le projet est de réformer l'islam, alors de telles dénonciations ne sont peut-être pas le meilleur moyen d'y parvenir. Isoler les djihadistes et combattre leurs dogmes dangereux est chose trop importante pour céder aux polémiques grossières. (…) »

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mercredi 14 mars 2007

La situation de la femme en Arabie Saoudite : Le comble du ridicule !

Halte____Je viens de lire deux jugements récemment rendus en Arabie Saoudite.

Dans les deux cas, les femmes sont présentes comme des victimes mais ce qui n’empêchera pas de les…punir.

Et oui, dans ce pays, non seulement les victimes (lorsqu’elles sont de sexe féminin) n’ont pas droit à des réparations mais aussi elles sont punies !

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Commençant par la première affaire :

Le journal saoudien libéral Al-watan vient de rapporter qu’un homme accompagné d’une femme -qui lui est « étrangère »- a été kidnappé et a fait l’objet ainsi que la fille d’un viol  collectif de la par de leur kidnappeurs.

Le juge n’a pas hésité à punir tout le monde !

D’abord, les quatre kidnappeurs qui ont étés punis respectivement par 5 ans d’emprisonnement et 1000 coups de fouet, 4 ans et 800 coups de fouet, 4 ans et 350 coups de fouet, un an et 80 coups de fouet.

Ensuite, les victimes ont eu droit chacune à …90 coups de fouet !!

Le pourquoi ?

Ces deux n’avaient pas à être ensemble à ce moment là, rien ne les lie sur le plan charaique et donc ils doivent être punis pour avoir été ensemble.

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Passant maintenant au deuxième jugement, encore plus ridicule que celui-ci :

Le site web de la chaîne d’infos arabe Al-Arabyia vient de présenter aux internautes le mari qui a été forcé par la justice de quitter sa femme. Il s’agit de Mansour Taimeny, un saoudien qui a été obligé par la justice de son pays de quitter sa femme parce que -les deux- n’appartiennent pas à la même tribu !

En effet, les frères de cette femme avaient portés plainte pour invalider le mariage de leur sœur avec M. Taimeny parce que ce dernier aurait menti à leur père à propos de ses origines.

Après avoir déclarer l’invalidité du contrat de mariage pour « absence d’un élément déterminant de sa formation », le juge le légitima par un recours aux savants hanbalites (l’un des quatre mathheb des sunnites) qui ont considérés qu’il était des coutumes de l’Arabie Saoudite d’interdire le mariage entre un homme et une femme appartenant à deux tribus différentes !

Les deux époux, se sont -légitimement- opposés à cette décision et ont quittés leur maison pour se réfugiés dans la ville de Djedda. Mais là, il seront arrêtés et emprisonnés, puisqu’ils sont désormais considérés l’un pour l’autre comme des étrangers.

L’homme regagnera sa liberté après avoir payer une amende alors que la femme préférera la prison au retour à sa famille qui envisagerait de la remarier à un autre homme, cette fois de sa tribu !

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Ces deux jugements suffisent à eux seuls d’illustrer la situation dramatique de la femme en Arabie Saoudite, un pays qui prétend pourtant que ces lois sont issues de la charia.

Mais messieurs les juges, ou avez-vous trouver dans la charia que la femme violée doit être punie ?

Ou avez-vous trouvez que l’appartenance à la même tribune est une condition de validité du mariage en islam ?

Ou avez vous trouvez ce comble du ridicule ?   

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samedi 10 mars 2007

Sondages

lorsque_les_musulmans_se_radicalisentDepuis qu’en 2001 les Etats-Unis ont déclarés la guerre au terrorisme, le monde musulman s’est radicalisé et le nombre des fondamentalistes et des antiaméricains a augmenté d’une manière impressionnante.

C’est ce qui ressort de la plus grande enquête jamais réalisée jusqu’à nos jours dans les pays musulmans par le « centre d’étude islamique » de l’institut Gallup de New York et qui vient d’être publiée par le quotidien britannique Times.

Le centre d’étude islamique a interviewé entre 2005 et 2006 plus de 10.000 musulmans dans des pays à majorité islamique. Tous les résultats sont effrayants :

- 7% des personnes interrogées affirment que les événements du 11 septembre 2001 sont « parfaitement justifiés ».

- 79 % des saoudiens, 65 % des jordaniens, 65 % des pakistanais, 52 % des iraniens et 49 % des marocains se déclarent antiaméricains.

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Plusieurs sondages avaient déjà montrés le développement de   l’antiaméricanisme dans les pays musulmans, un développement certes regrettable mais qui devient habituel lorsqu’on sait que pour de plus en plus de musulmans les Etats-Unis se résument dans l’administration Bush.

Par contre, ce qui doit nous interpeller le plus dans cette enquête c’est sans doute les nouvelles conclusions qui émergents :

1- Radicaux = modérés : 

« Les fondamentalistes musulmans ont beaucoup de choses en communs avec leur frères modérés ». En effet, selon Dalia Mogahed, la directrice du centre, « il n’y a pas beaucoup de différences dans la religiosité entre les modérés et les radicaux » : ils font tous presque les mêmes interprétations des textes sacrés. Et de poursuivre : « Ce n’est pas juste de dire que les radicaux pratiquent, avec plus d’assiduité que les modérés, les obligations religieuses. »

2- Les riches plus extrémistes que les pauvres :

Celle-là aussi est une nouveauté de taille. Selon la directrice : « ce n’est pas un secret que beaucoup, dans le monde musulman, souffrent d’une extrême pauvreté et d’une instruction médiocre. Mais peut être les radicaux sont plus pauvres que le reste des musulmans ? Nous avons trouvés le contraire : dans la société musulmane les radicaux sont ceux qui gagnent le plus et ceux qui ont passés le plus d’années aux écoles ».

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Ces résultats témoignent sans l’ombre d’un doute que les musulmans s’engouffrent de plus en plus et d’une année à l’autre dans l’extrémisme religieux. Et la situation ne concerne malheureusement pas seulement ceux  vivants dans des pays musulmans mais aussi -et peut être surtout- ceux qui vivent dans les pays occidentaux, surtout en Europe et plus précisément  en Grande Bretagne.

En effet, selon un sondage publié le 29 janvier par l’institut britannique indépendant Policy Exchange et réalisé auprès de 1003 personnes de tous ages, de plus en plus de musulmans se prononcent en faveur d’un islam radical. Et ce sont les jeunes qui sont les plus radicaux… :

- 74 % des jeunes interrogés souhaitent que les jeunes filles et femmes portent le voile en public.

- 30 % des personnes interrogés préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles musulmanes.

- Plus de 33 % des 16-24 ans souhaitent vivre selon la Charia (la loi islamique).

- 13 % des 16-24 ans déclarent « admirer des organisations qui, telle Al-Qaida, sont prêtes à combattre l’Occident ».

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Il est donc claire que la radicalisation et l’extrémisme ne concernent ni une catégorie donnée, ni une classe donnée, ni même une zone géographique donnée : le monde entier est concerné et par conséquent le monde entier doit coordonner ses actions en vue de combattre ces phénomènes… Et le plus tôt serait le mieux.

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mercredi 7 mars 2007

Différences entre sunnites et chiites

differences_entres_sunnites_et_chiitesComme nous l’avons exposé dans « l’introduction à l’histoire du chiisme », la différenciation entre sunnites et chiites ne se fera que des années (voir même des siècles) après la naissance du chiisme. Au début il n’y avait qu’un seul point de rupture : les uns étaient pour le Califat de Ali, les autres pour celui de Mouawya.

Petit à petit, chacun des imams successifs des chiites apportera son lot de règles, d’interprétations et de vérités qui finiront par faire du chiisme -ce qu’on pourrait appeler- une véritable religion dans la religion. Certes, comme nous le verrons, les chiites partagent avec les sunnites les principaux Piliers de l’islam. Mais, ils ajoutent d’autres et ils ignorent certains.   

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Nous pouvons dire que les principales lignes de discordes entre sunnites et chiites se situent aux plans suivants :

1-  Le plan théorique.

2-  Le plan pratique.

3-  Le plan théologique.

Sur le plan théorique :

Nous pouvons observés ici trois principaux points de discorde :

- d’abord, et alors que les chiites s’accordent avec les sunnites sur les trois premières sources juridiques en islam : le Coran, la Sunna, l’analogie (al kiyas). Ils s’en distinguent au niveau de la quatrième : le consensus (al ijmaa).

Pour les sunnites, le consensus est établi par les oulémas musulmans, alors que les chiites considèrent qu’il ne peut être valable que s’il a été élaboré en compagnie de l’imam.

- Ensuite, au niveau de la chaheda (la déclaration de la foi nécessaire pour tout musulman et toute personne désirant embrasser l’islam), la formule chiite est différente de celle sunnite.

Pour les sunnites, la formule de la chaheda est la suivante : Achhadou ana la illah ila Allah wa ana Mouhamadon rasoulo Allah (je déclare que Dieu est Unique et que Mohamed est son Prophète).

Les chiites ajoutent à cette formule ce qui suit : … wa Ali Walio Allah (…et Ali est l’imam d’Allah).

- Enfin, la majorité des chiites érigent comme principe fondamental du chiisme l’excommunication régulière et renouvelée de tous ceux qui n’ont pas soutenu Ali et à leur tête : Aicha -l’épouse du Prophète-, Abou Bak, Oumar et Othman -les trois califes bien guidés (selon les sunnites)-, et tous les compagnons du Prophète qui n’ont pas eu le courage de soutenir l’imam Ali : c’est le rite du sabb (l’injure) qui est occulté aujourd’hui sur le plan publique et médiatique mais qui reste l’une des plus importante déclaration de foi chiite et l’un des plus importants points de rupture avec les sunnites qui considèrent l’injure de l’épouse du Prophète ou de n’importe lequel de ses compagnons comme une Kabira (une hérésie) qui nécessité la tawba (demande de pardon à Dieu + une volonté de ne plus y revenir à l’acte incriminé)

Sur le plan pratique :

Par pratique nous visons le coté rituel ou nous pouvons relever aussi trois principaux points de discorde :

- D’abord, en ce qui concerne les prières, les sunnites et les chiites sont d’accord pour dire qu’elle sont au nombre de cinq par jour, mais les chiites sont autorisés à ne prier que trois fois par jour.

- Ensuite, les chiites sont universellement connus aujourd’hui par le rite de Achoura : une commémoration annuelle de leur passion envers le petit fils du Prophète et le troisième imam Al Hussein, martyrisé à Karbala (comme nous l’avons exposés dans l’introduction).

Au cours de ce rite, la majorité des chiites s’auto-torturent en se frappant par des chaînes et même par des épées.

- Enfin, le chiisme reconnaît -et impose- à ces partisans la visite des tombes des imams (ziyara) et même à remplacer par ces ‘‘petits pèlerinages’’ le Haj (le grand pèlerinages) à la Mecque qui est l’un des Cinq Piliers de l’Islam.

Une pratique qui est considérée par les sunnites, là aussi, comme une forme d’hérésie.

Sur le plan théologique:

Ici nous pouvons relevés deux points de discorde :

- D’abord, l’adaptation par les chiites et les sunnites de deux théologies différentes si non opposées : la majorité des chiites suivent une forme de mutazilisme (car leur imams ont étés beaucoup influencés par ce courant) alors que les sunnites, eux, sont majoritairement considérés comme des acharites (vous pouvez revenir sur la différence entre mutazilites et acharites ici).

- Ensuite, la théologie chiite reconnaît la pratique de la takiya (la dissimulation légale) qui signifie qu’il est permis à un chiite se trouvant dans un milieu hostile de ne pas déclarer sa foi, d’en déclarer le contraire et même de l’abjurer.

Une pratique qui a été reprise par une partie des sunnites et qui est considéré comme l’un des obstacles majeurs du rapprochement entre les deux frères ennemis : les sunnites ayants peur que si jamais ils entrent en discussion ou en compromis avec les chiites, rien n’empêche ces derniers de recourir à cette pratique pour ne rien céder de leur dogme.

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Avant de conclure, il faudrait signaler que quelques tentatives de rapprochement entre sunnites et chiites en vue de minimiser leur différences ont eux lieu, la plus importante à cet égard fut celle faite en Iran, au XVIIIe siècle, par le dirigeant chiite imami Nader Chah qui essaya, sans succès, de transformer le chiisme imami en une cinquième école légale sunnite appelée al mathhab al jafaari.

Et avec les événements quotidiens qui se déroulent de nos jours en Irak et la haine partagée que les uns ressentent envers les autres, on ne peut s’empêcher

de conclure que le rapprochement entre les deux n’est plus à l’ordre du jour.

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Posté par Hamza Belloumi à 23:32 - Histoire du Chiisme - Commentaires [138] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 3 mars 2007

Introduction à l’histoire du Chiisme (5)

                                                                                                                                                   Cinquieme_partie

L’imam Jaafar al Sedik avaient deux garçons : Ismaël et Moussa al Khadim.

A sa mort en 148 de l’Hégire, les chiites connaîtront la plus grande scission de leur histoire.

Pour certains, c’est l’aîné des fils de al Sedik qui doit être désigné Imam alors que pour la majorité, l’Imamat doit revenir au cadet Moussa al Khadim.

Jusqu’à aujourd’hui, on ne sait pas si Ismaël avait était écarté par son père ou s’il est mort avant ce dernier. Les duodécimains penchent pour cette dernière explication pour légitimer l’imamat de al Khadim, alors que les Ismaéliens penchent pour la première hypothèse en l’expliquant ainsi :

L’imam Jaafar al Sedik n’avait pas écarté son fils aîné Ismaël parce qu’il été incompétent pour occuper la fonction de l’imamat mais tout simplement pour crée une confusion au sein du pouvoir abbasside qui ne saurait plus qui est l’imam des chiites. Cette thèse a été inventée par Meimoun al Kaddah, l’un des plus proches compagnons du 6ème imam Jaafar al Sedik. Ce dernier aurait ordonné la création après sa mort d’un mouvement chiite clandestin et secret qui aurait un imam non seulement caché mais aussi ignoré même par les chiites eux-mêmes.

En faisant ainsi, les abbassides ne pourront jamais trouver l’imam et le chiisme sera sauvé.

Une partie des chiites (les Ismaéliens plus tard) adhéreront à cette thèse surtout après que Meimoun al Kaddah déclara l’illégitimité du septième imam Moussa al Khadim.

Seulement, la grande majorité des chiites n’adhérera pas à ce mouvement et considérera qu’étant donné que Ismaël est mort avant son père, c’est au fils cadet d’al Sedik, Moussa al Khadim que revient l’imam. 

La aussi il faut relever, comme nous l’avons déjà fait lorsqu’on a parlé du début de la scission des chiites du reste des musulmans, qu’entre ces deux factions du chiisme (Duodécimains et Ismaéliens) il n’y avait pas de divergences doctrinales, ils étaient opposés seulement sur la personne de l’imam. Et tout le travail doctrinal ne se fera –comme d’habitude- que par la suite.

C’est ainsi que les Ismaéliens élèveront, à partir de ces événements, la dissimulation, le culte du secret et même la clandestinité au rang de principes fondamentaux.

Ils seront aussi à l’origine d’une thèse défendue aujourd’hui par tous les chiites selon laquelle il y aurait une différence entre un savoir exotérique accessible à tout le monde et un savoir ésotérique (comme celui des Prophète) qui n’est accessible qu’aux Imams et qui leur est inspiré, non pas par la Révélation comme se fut le cas pour les Prophètes, mais par ‘‘illumination’’.

A part ces grands principes et le fait que l’Ismaélisme fut gouverné par le principe de l’équité et la justice d’une part  et l’indignation face au luxe exorbitant des Califes d’autres part, on ne sait pas beaucoup de choses sur son évolution postérieur jusqu'à la fin du troisième siècle de l’Hégire date à laquelle ses partisans institueront en Tunisie l’Etat Fatimide (par référence à Fatima fille du Prophète, épouse de Ali et mère d’al Hassan et al Hussein). Mais une fois au pouvoir, l’Ismaélisme connaîtra à son tour sa plus grande scission…

Quant à la doctrine des Duodécimains, qui représentent aujourd’hui plus de 75% des chiites, elle est basée sur les principes suivants :

1 - l’Imamat est la continuation de la Prophétie. Sans imamat, la mission des Prophètes sur terre serait incomplète. Et de là, les duodécimains n’auront pas du mal à théoriser leur deuxième principe.

2 - ‘‘L’infaillibilité de l’imam’’ : l’imam ne se trompe point.

3 - Les duodécimains croient que leur 12ème imam, l’imam Mohamed, est al Mahdi (le messie). Et ils sont même confortés dans cette idée par les… sunnites.

En effet, dans les livres sunnites de Hadiths ‘‘authentiques’’ du Prophète, il est dit à plusieurs reprises que al Mehdi al montathar est un descendant du prophète et qu’il s’appel Mohammed (ce qui cadre parfaitement avec le 12ème imam chiites).

Ainsi donc, est à partir du moment ou les chiites n’ont savent pas trop ce qu’est advenue Mohamed fils de Hassan al Askari, ils émettent l’hypothèse de son absence, une « grande absence » suite à laquelle Mohammed al Mehdi reviendra pour sauver l’humanité.

4 - Ainsi on arrive à un autre fondement du chiisme : l’absence de l’imam ; l’imam n’est pas mort, il vie parmi nous -depuis des siècles- et il se montrera le jour venu.

***

Ainsi nous arrivons à la fin de cette « introduction à l’histoire du chiisme ». J’espère que vous en avez trouvé des éléments de réponses à certaines de vos questions sur les chiites. Il n’y a évidemment pas toutes les réponses à toutes les questions. Ce n’était pas le but de cette introduction. Son but était de vous présenter sommairement les chiites afin de permettre aux musulmans sunnites d’entres vous de faire la connaissance de leur « frères » d’une part et de permettre aux non musulmans de cerner les différences entre les Sunnites et les Chiites d’autre part. (une différence sur laquelle je reviendrai plus longuement le mercredi prochain).

Le tout avait un seul objectif : vous montrez que l’islam est depuis les premiers siècles de l’Hégire multiple, différemment apprécié et différemment interprété. Sa force réside peut être dans sa diversité. Une diversité qui devrait permettre à tous les musulmans de vivre ensemble sans que certains s’arrogent le droit d’en exclure d’autres. Une règle que les musulmans d’Irak devraient mettre en œuvre le plus rapidement possible.

***

Enfin, et suite aux demandes de certains fidèles lecteurs de ce blog je vous présente -par ordre d’importance- les sources qui ont étés utilisées pour la réalisation de cette introduction :

1-  Une série de 6 articles de Zyed Krichen publiée dans le magazine Réalités entre décembre 2006 et janvier 2007.

2- Le deuxième tome de l’encyclopédie « L’islam et sa civilisation » (quatre tomes) de André Miquel, publiée par les éditions Cérès en 1996.

3- L’encyclopédie libre wikipedia.

4- L’encyclopédie Encarta (édition 2006).

5- L’encyclopédie Britannica.

Fin

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Posté par Hamza Belloumi à 22:06 - Histoire du Chiisme - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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