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mercredi 28 février 2007

Introduction à l’histoire du Chiisme (4)

Quatrieme_partieLe général Omeyyade Al Hajjaj, gouverneur de l’Irak à partir de 75 de l’Hégire, achèvera l’ensemble des opposants du Calife Omeyyade : il mettra un terme au jeune Califat de Ibn Zoubayr, matera les Chiites et les Kharidjites et ira même jusqu’à détruire la Kaaba.

Et voila que les Chiites se retrouvent encore une fois sans chef.

J’avais évoqué auparavant le fait que l’exclusion de Ibn Hanafya de l’Imamat en tant que quatrième Imam ne se fera pas de son vivant mais seulement après sa mort et pour des raisons politiques et même vitales pour la continuation du mouvement Chiite.

Je reviens maintenant, alors que Ibn Hanafya est mort, sur l’explication :

D’abord, il est possible de penser que si jamais Ibn Hanafya aurait atteint le pouvoir il aurait sans doute était considéré comme le quatrième Imam. Seulement son échec dans cette entreprise et le fait qu’après sa mort les Chiites ont dus revenir à la « lignée pure » de Ali et de Fatima pour choisir leur Imam expliquent son exclusion.

En effet, après sa défaite, les Chiites vont proposer la direction du mouvement à Mohamed Al Baqer le fils de Ali Zine Al Abidine. Or, si jamais les Chiites considèrent Ibn Hanafya comme le quatrième Imam, il n’y aurait pas une explication pour que Mohamed Al Baqer prenne le direction du mouvement.

Partant de ce constat, et du fait qu’une solution diverse portera confusion à l’organisation de l’institution de l’Imamat, les oulémas Chiites opéreront ainsi :

1- Ali Zine al Abidine (surnommé le ‘‘prosterné’’, as sajed) -qui n’avait joué qu’un rôle minime dans l’histoire du Chiisme et qui fut allié des Omeyyades à une certaine époque- sera rebaptisé quatrième Imam.

2- Ibn Al Hanafya ne sera considéré que comme le dépositaire du dépositaire : une sorte de « gardien de la révolution ».

3- Ainsi, d’une part, Mohamed Al Baqer –fils de Ali Zine Al Abidine- devint le cinquième Imam et, d’autre part, on sauva les fondements théoriques du Chiisme.     

Avant de voir l’évolution du Chiisme au temps de Mohammed Al Baqer, il est indispensable de s’attarder sur la première importante scission que le schisme connaîtra.

En effet, malgré le fait que Ibn Hanafya fut considéré pendant un laps de temps comme le légitime successeur d’Al Hussein, sa ‘‘disqualification’’ par la suite n’engendrera pas de problèmes pour les chiites car ils se mettront tous d’accords sur le fait que, non pas Ibn Hanafya mais, Ali Zine Al Abidine qui est le véritable quatrième Imam. Seulement, cette unité ne survivra pas à la mort de ce dernier et sa succession posera problème.

Car Ali Zine Al Abidine avait deux fils : Mohammed Al Baqer et Zayed Ibn Ali et le deux se disputèrent l’Imamat.

Les sources historiques nous parlent d’une divergence doctrinale qui les opposa : Zayd considérait que, son frère doit se déclarer publiquement en tant qu’Imam alors que Ali Zine Al Abidine refusa en avançant le fait que leur père fut le quatrième Imam sans avoir à le déclarer publiquement.

La majorité des oulémas chiites de cette époque pencheront vers Ali, n’ont pas pour la justesse de son argumentation, mais parce que lui, contrairement à son frère, accepta d’injurier Abou Baker et Omar. 

Cette divergence portera Zayed à la rébellion, qui sera très vite réprimée par le pouvoir Omeyyade. Seulement, malgré sa courte carrière –et pour avoir contesté l’Imamat de son frère-  Zayed sera à l’origine de la naissance du mouvement Zaydite. Car ses partisans le considèrent comme le véritable cinquième Imam.

Mais nous n’allons pas nous attarder outre mesure sur les zaydites parce qu’ils n’étaient à cette époque que très minoritaire à l’intérieur du chiisme.

 

***

Les_principaux_imams_chiites

Cela dit, voyant maintenant la suite de l’histoire avec le cinquième Imam : Mohamed Al Baqer.

En effet, c’est en l’an 101 de l’Hégire que les chefs chiites d’Irak envoyèrent une délégation à Mohammed Al Baqer, installé en Syrie, lui proposant  la direction du mouvement chiite. Mais comme nous l’avons dit, il ne se déclara pas et conseilla à ses partisans de garder le silence.

Avec la désignation de Mohamed Al Baqer comme Imam, ce sont les Abbassides, les plus importants avec les Alaouites (partisans de Ali) dans le clan Hachémite, qui prendront pour la première fois la direction du Chiisme.

A cet époque, trois frères abbassides jouaient un rôle très important dans leur communauté : Ibrahim, Abou al Abbas Assafah et Abou Jaafar al Mansour. Et tous ont prêtés allégeance à al Baqer.

Avec toutes ces évolutions, la situation se présenta ainsi :

Les chiites ont réussis à se réorganiser sous l’autorité de Mohamed al Baqer, ce dernier avait comme bras droit l’exceptionnel Abou Muslim al Khorasani (un chef militaire avec des milliers de combattants prêts à se sacrifier pour remettre le Califat au main de l’Imam), et les trois frères abbassides (qui se montrèrent de formidables organisateurs).

Si l’on ajoute à cela le fait qu’à cette époque le Califat Omeyyade connaissait les pires moments de son histoire du fait d’être gouverné par l’incompétent Al himar (littéralement : l’âne), on se dit que tous les ingrédients d’une énième révolte chiite étaient présents.

Et c’est précisément ce qui va se passer :

En l’an 129, le mouvement sorta de sa clandestinité et commença par conquérir  la ville de Marw (en Iran) avant de contrôler, en 131, tout Khorasan.

Après la chute de Khorasan, les omeyyades n’opposaient plus de résistance…

Mais, contre toute attente, Mohammed al Baqer ne sera pas proclamé Calife et Imam des musulmans et Assafah, par un ‘‘coup d’Etat’’, sera proclamé nouveau Calife au détriment de Mohamed al Baqer, qui entrera aussitôt en clandestinité.

Les abbassides n’avaient donc prêter allégeance à al Baqer qu’on application de l’adage : « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ».

Mais une fois l’ennemi (Omeyyade) éliminé, l’ami (Alaouite) redeviendra ennemi !

Car, il faut le signaler, les abbassides ne se sont jamais intéressés à l’aspect doctrinal et théologique du mouvement chiite. Ils étaient intéressés seulement par le pouvoir.

La preuve ?

Dès leur prise du pouvoir ils exerceront une répression sans précèdent contre les chiites. En effet, durant le premier quart du siècle abbasside, une véritable politique ‘‘d’extermination’’ des descendants de Ali aura lieu et le bilan sera très lourd pour les chiites qui ont vu l’assassinat, pendant cette courte période, de 19 descendants de Ali.

Mais, apparemment, les chiites se sont habitués à ce genre de retournement de situation et font désormais avec. C’est ainsi qu’ils choisiront -après la mort de Mohamed al Baqer- l’illustre Jaafar al Sedik comme sixième Imam.

Al Sedik est connu pour sa contribution incommensurable sur le plan doctrinal (chiite et sunnite) mais aussi pour son refus de toute action politico-militaire contre les abbassides.

Sa sagesse et son savoir permettront le maintien de l’unité des Chiites mais avec sa mort en 148 de l’Hégire, le chiisme connaîtra sa plus grande scission (entre Imâmites et Ismaéliens) à laquelle nous consacrerons le dernier volet de cette introduction.

À suivre …    

Une critique, une suggestion, un complément d’information ? … merci de poser vos commentaires

Posté par Hamza Belloumi à 20:57 - Histoire du Chiisme - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je suis en attente de la suite....C'est super interessant...ça me rappelle un dossier de realité de Zyed Krichene sur le sujet...

Posté par Mr-bien, mercredi 28 février 2007 à 23:34

Re: Mr-bien

le dossier de Zyed Krichen est effectivement l'une des sources de cette introduction, mais je reviendrai samedi prochain sur l'ensemble des soucres que j'ai utilisé.

Posté par Hamza Belloumi, jeudi 1 mars 2007 à 13:30

ca commence a etre interessant

Posté par TUNISIENDOCTOR, jeudi 1 mars 2007 à 14:05

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