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mercredi 31 janvier 2007

Orient – Occident (1)

nouvelles_approchesDepuis le 11 septembre 2001, et afin d’apaiser les esprits des musulmans (et autres) choqués par l’assimilation faite entre l’islam et le terrorisme, certains auteurs se sont penchés sur l’étude des relations historiques reliant l’Occident à l’Orient pour arriver en fin de compte à la conclusion, que nous aurions deviner même avant la fin de la lecture du livre ou de l’article, selon laquelle les deux civilisations sont interdépendantes et complémentaires. Seulement, pour dire les choses d’une manière édulcorée, la civilisation Islamique a eu son heure de gloire et celle Occidentale l’a évincée à un certain moment pour prendre une place que la première n’arrivait plus à honorer. Etc.  

Qantara_n_62J’ai tout de suite pensé à ce cliché en voyant la couverture du 62ème numéro de Qantara (le magazine des cultures arabe et méditerranéenne édité par l’Institut du Monde Arabe à Paris).

Et ni le titre de l’introduction du dossier (« loin des clichés »), ni l’avertissement de François Pouillon et François Zabbal (auteurs de l’introduction) selon lesquels, « il ne s’agit pas de remettre en service un discours œcuménique sur l’héritage commun, les emprunts et les dettes qui ont caractérisé au fil du temps les rapports entre les civilisations du pourtour méditerranéen » mais plutôt d’« ouvrir la voie à une lecture renouvelée des rapports entre Occident et Orient » ne m’ont fait changer d’avis.

 

Seulement, une agréable surprise m’attendait dans le dossier de 30 pages intitulé : « Orient – Occident, relectures ».

En effet, Tout au long des huit articles qui composent cet agréable dossier, on apprend beaucoup de choses nouvelles sur cette relation Orient – Occident.

Tout en vous invitant à la lecture intégrale de ce dossier, j’ai choisit de vous présenter les points les plus importants qui ont été évoqués par les divers spécialistes.

Orient et Orientaux :

Commençant par l’article de François Zabbal  L’Orient de l’Orient  dans lequel l’auteur  parle de cet Orient ou il n’y a pas un seul groupe homogène d’Orientaux comme peuvent le croire les Occidentaux, mais plusieurs communautés, plusieurs groupes et plusieurs ethnies. Un Orient qui, avant d’être en conflit avec l’Occident, est en rupture avec lui même.

L’auteur va même jusqu’à considèré qu’aujourd’hui, l’Orient n’est plus en conflit avec l’Occident et que par conséquence, la priorité doit être accordée à l’étude non du rapport conflictuel entre les deux civilisations mais à celui qui existe au sein même de la civilisation orientale.

Cela semble étonnent, mais les explications de l’auteur sont plus que convaincantes.

Zabbal écrit « Le ‘‘choc des civilisations’’ s’est déjà produit, il appartient désormais au passé. Et il n’est pas excessif de dire qu’aujourd’hui, nous vivons tous au sein d’une seule et même civilisation, comme le rappelle le philosophe iranien Daryush Shayegan. Et sous l’aile d’un empire mondial… il n’en reste pas moins que le débat résiduel qui surgit par moments remplit de multiples fonctions, notamment celle d’éviter de dire ce que sont les Orientaux. Car il y a longtemps que ceux-ci ont tourné le dos à l’Orient !… pour s’accrocher à l’image qui a été forgée d’eux. »

Mais quel était le point de départ de cette rupture et quelles sont ses manifestations ?

Pour répondre à la première partie de la question, l’auteur remonte aux premiers ‘‘chocs’’ subis par les sociétés musulmanes. « Ainsi, dit-il, a-t-on placé le premier traumatisme en 1798, année de l’expédition de Bonaparte en Egypte » qui « n’était certes pas la première fois que des puissances chrétiennes annexaient des territoires de l’Empire ottoman, mais jamais depuis les croisades celles-ci n’avaient repris pied dans une province aussi centrale pour l’Islam que l’Egypte. »

Une intrusion qui « a été perçue dans l’ensemble du monde musulman comme un acte de pénétration violente, cela même qui définit cliniquement le viol. » diront Corinne Cauvin Verner et Temmam Abou Jiser dans leur article intitulé  La guerre du sexe.

A partir de cette annexion, de cet intrusion, de ce ‘‘viol’’, les différences et les ruptures surgiront au sein des pays musulmans et entres les musulmans eux même. Ainsi, « Induits par les réformes entreprises par des dirigeants gagnés à la modernité occidentale, les changements introduits dans l’administration, le droit, l’enseignement, etc., provoquèrent une crise essentielle et culturelle sans précédent. Pour les générations qui vécurent ces bouleversements, c’est tout un univers qui sombrait avec ses normes, ses hiérarchies, ses valeurs. La question lancinante qui devait hanter désormais les clercs de toutes tendances fut de trouver les raisons du déclin et à l’inverse, celles du triomphe de l’Occident. (…)

Rattraper le retard pris sur l’Europe fut aussi l’obsession des auteurs arabes du début du XXe siècle à qui l’explication s’imposait d’elle-même au moment ou les Turcs découvraient le touranisme et rompaient avec le principe du pluralisme ethnique et confessionnel qui avait fait l’empire. Empruntant le concept aux penseurs européens, ils accusèrent les Turcs d’avoir instauré le despotisme depuis près de mille ans, provoquant un déclin irréversible de la civilisation arabe. »

Là réside le point de départ de la première rupture au sein du monde musulman : la rupture entre les Turcs et les Arabes qui aura plusieurs manifestations.

« Politiques d’abord avec l’antagonisme violent qui culmine au moment de la Révolte arabe du chérif Hussein de la Mecque secondé par Lawrence d’Arabie ; politiques et culturels ensuite avec les mesures adoptés par Ataturk, notamment l’abolition du califat musulman en 1924, une mesure symbolique qui fit l’effet d’un tremblement de terre dans tout le monde musulman. Le divorce sera consommé avec l’adoption de l’alphabet latin et le ‘‘nettoyage’’ de la langue turque des mots arabes qui le peuplaient depuis plus d’un millénaire. Désormais, un historien turc devait faire l’apprentissage de la graphie arabe pour pouvoir déchiffrer des documents antérieurs à 1920, et les arabes se voyaient interdits d’accès à quatre siècles de leur propre histoire (depuis les années 1850, les chercheurs arabes désireux de consulter les archives ottomanes ses sont constamment heurtés à des obstacles bureaucratiques). »

Et l’auteur remontera encore plus loin pour nous parler d’une plus ancienne rupture, celle entre sunnites et chiites :

« En réalité, une première rupture avait déjà eu lieu au sein de l’Islam au XVIe siècle : les luttes entre l’Empire ottoman sunnite et l’Empire safavide chiite aboutiront à une cristallisation territoriale et politique des deux grands courants théologico-politiques de l’Islam. » Ainsi, « En persécutant les populations chiites arabes du Liban et d’Irak en représailles aux menées des shahs (en Perse), le pouvoir ottoman maintenait celles-ci dans l’orbite de ses ennemis de l’Est. »

C’est ainsi que la plus part des populations composants l’Orient se trouvent depuis en rupture, une « double rupture donc, à la fois avec le monde turc et le monde iranien, qui entraîne une véritable lobotomie de la mémoire arabe et une incapacité foncière à appréhender le passé dans toute son épaisseur. Seul comptera l’age d’or imaginaire de la première communauté. »

***

C’est ainsi donc que l’auteur nous présente une explication originale du recours incessant de la majorité des musulmans à cet « age d’or imaginaire de la première communauté » : nous occultants les espaces temporels pendants lesquels ont gouvernés les Turcs (ottomans) d’une part et les Chiites d’autre part pour nous retrouver au temps des Califes biens guidés et du Prophète de l’islam sous prétexte que ces périodes avaient connues la décadence du monde musulman.

Or, le renouveau arabe ne peut se faire tant que nous occultant ces tranches de notre histoire.

Et la nous trouvons une réponse originale (encore !) de l’auteur à la question :

Pourquoi, depuis la prise de conscience de notre décadence, nous n’avons pas réussit à dépasser cet état des lieux et à rejoindre le monde Occidental ?

En effet, « À l’orée des Temps modernes, la Renaissance européenne s’était appuyées sur une relecture de l’héritage gréco-romain, oublié en partie au Moyen Age. De la même manière, le renouveau arabe de la fin du XIXe siècle semblait engagé dans l’exhumation d’un legs enfoui sous la poussière des siècles. Mais cette redécouverte, qui se réalisait dans le sillage de la science européenne, lui empruntant ses méthodes (la philologie) et ses concepts, se trouva handicapée d’avance par la quête obsessionnelle de l’authentique et de l’originel dans la religion, la langue, la culture…

Alors que la grandeur d’une civilisation se fonde sur sa capacité à fusionner des héritages multiples et à proposer une synthèse originale, on s’est évertué à extraire et à isoler de l’islam l’élément arabe. »

***

Ainsi, grâce à cet article de François Zabbal nous avons eu droit à deux nouvelles thèses relatives à l’explication de la situation actuelle du monde musulman :

1- Si les musulmans sont dans une telle situation se n’est peut être pas à cause de l’Occident, mais en premier lieur en raison des conflits internes qui les opposent entre eux. (Arabes/Turcs ; Arabes/Chiites …)

2- Malgré la prise de conscience qui aura lieu au XIXe siècle, les musulmans ne réussiront jamais à sortir de la décadence et ce en raison de l’occultation d’une partie (très large) de leur histoire au profit de la quête de l’original et de l’authentique.

Occultant des espaces temporels qui s’étalent sur des siècles, les musulmans préféreront se réfugiés dans les premiers siècles de l’Islam, tenus pour être l’age d’or de leur civilisation.

Ainsi, toute la thèse de Zabbal est fondée sur, ce qu’on pourrait appelé, un présupposé ou un cliché : Le monde musulman a connu depuis plusieurs siècles une décadence de laquelle il n’arrive pas à s’en sortir.

Mais, historiquement, peut on dire que le monde musulman a connu une disgrâce ou qu’il est passé par une décadence ?

***

A la réponse évidente sur laquelle je pense que vous allez sauter, je vous opposerai dans la prochaine livraison une énième originalité -de ce remarquable dossier de Qantara- présentée par l’éminent Bernard Lewis.

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Posté par Hamza Belloumi à 00:12 - Horizons - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 24 janvier 2007

Entre chiites et sunnites :

ces_musulmans_qui_se_detestentOn ne peut employer un autre mot pour qualifier la nature de la relation entre les musulmans sunnites et ceux chiites. Les uns détestent fortement les autres. Les événements quotidiens en Irak nous le montre très bien. Le pays est sur le point de connaître une guerre civile qui déboucherait -si jamais elle aura lieu- sur le massacre de milliers d’irakiens et la division (qui s’annonce) irréversible de l’Irak.

Peut on croire que ce qui se passe aujourd’hui en Irak est une confrontation entre des musulmans ?

Les uns apostasient les autres par Oulémas interposés avant de légitimer et même d’appeler à les tuer en application de la fameuse règles charaique : qui change de religion tuer le ! 

L’origine de cette haine que portent les uns envers les autres est toujours mystérieuse. Je n’ai pas rencontré jusqu’à aujourd’hui une étude scientifique consacrée aux causes de ce phénomène. Il est vrai que même la nature de la relation entre les sunnites et les chiites est considérée comme un véritable tabou dans les pays musulmans. En exagérant un peu je dirai même que dans la plupart des pays musulmans sunnites vous trouverez la Bible, le Torah, les écrits de certains théologiens chrétiens ou autres … mais vous ne trouverez jamais les livres des fouquahas ou Oulémas chiites. Dans le meilleur des cas vous aurez droit à un ouvrage (ou plutôt un pamphlet) écrit par un sunnite qui dénonce la ‘‘déviation’’ des chiites du droit chemin, critique leur conception de l’islam et annonce, implicitement ou explicitement, leur apostasie. 

Le même phénomène est observable dans les pays chiites.

***

J’ai eu l’occasion d’observer ce phénomène à deux reprises :

La première était au cours d’une série d’émissions télévisées diffusées par la chaîne Al-Mustakillah au mois de Ramadan. La chaîne avait invitée des représentants de l’islam sunnite et d’autres de l’islam chiite pour discuter des différences entre les deux conceptions.

Le concept était intéressant mais le fond était très médiocre.

En effet, sur le plateau de l’émission, les invités ne faisaient que s’insulter (pour ne pas dire autre chose). Et je vous épargne les propos de certains téléspectateurs qui ont eux la possibilité d’intervenir en direct.

Au lieu d’alimenter le débat et de permettre le rapprochement entre les deux communautés, la chaîne n’a fait qu’empirer le problème en démontrant définitivement que le dialogue entre les deux ne peut être qu’un dialogue des sourds !

La deuxième sera la conséquence de la curiosité qui m’a pris après le visionnage de cette émission.

En effet, intéressé par la question, j’ai demandé à l’un de mes amis de me fournir ce qu’il pouvait avoir comme livres ou documents sur les chiites.

Et là aussi ma déception sera grande !

Le seul document qu’il avait, relate l’histoire des chiites.  Dates à l’appuis, ce ‘‘papier’’ -sans référence ni même auteur- parle de l’histoire « noire » des chiites ; comment ont-ils détournés l’islam ; comment ont-ils tués des milliers de sunnites ; combien détestent-ils les sunnites… et mon ami m’avait même annoncé l’existence d’un film documentaire (amateur) qui relatait ces évènements images et ‘‘preuves’’ à l’appuis !

***

Afin de dépasser ces clivages et de dissiper la haine et les malentendus, les « frères ennemis » doivent savoir, qu’ils le veuillent ou non, ils sont tous des Musulmans.

Chacun d’eux doit partir à la découverte de l’autre. Nous devons pouvoir accéder aux références et aux sources du chiisme et les chiites doivent suivre le même cheminement dans leur relation avec les sunnites.

C’est dans ce cadre que je vous proposerai bientôt une « introduction à l’étude du chiisme ».

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Posté par Hamza Belloumi à 21:56 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 20 janvier 2007

Le terrorisme islamiste au Maghreb

Le_chef_du_GSPC_alg_rien__Abou_Moussab_Abdelouadoud____droite_Le récent démantèlement d’un groupe salafiste terroriste en Tunisie montre bien que le Maghreb est entrain de devenir de plus en plus un terrain d’action voir même l’une des bases arrières du terrorisme islamiste conduit par Al-Qaida.

Le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) est considéré comme étant le responsable de cette nouvelle situation. Ce groupe avait été « admis » officiellement sous la bannière d’Al-Qaida depuis que Aymen Zawahiri, l’a officiellement ‘‘intronisé’’ à l’occasion du 5ème anniversaire des attentas du 11 septembre 2001.

Pour pouvoir comprendre le récent développement dans le Maghreb Arabe de l’islamisme en général et du djihadisme en particulier, je vous propose de revenir sur l’histoire du GSPC depuis ses début jusqu’aux récentes évolutions qu’il a connu.

Le GSPC : Du terrorisme national à celui international

Le groupe pour la prédication est le combat a vu le jour en 1998 en dissidence du groupe islamique armé (GIA). Abou Qotada al-falestini, le mufti des GIA résident à Londres, chargea alors Hassan Hattab de créer une nouvelle organisation salafiste et ce pour le désaccord qui l’avait opposé aux chefs du GIA à cause des pratiques barbares de ses derniers.

Dès le début, le GSPC affichera donc une nette différence du GIA : interdiction de tuer les civils et attaques autorisés seulement contre les objectifs militaires.

Mais tout cela, ne fut que théorique. Sur le plan pratique, très vite, le GSPC se transformera en un véritable GIA bis : faux barrages et expéditions punitives pour les villageois qui refusent d’acquitter la « dîme révolutionnaire ».

Le groupe serait actuellement composé de 300 à 600 membres au maximum et avait connu entre 1998 et 2003 ses pires moments. En effet, il était entrain de perdre du terrain et n’arrivait plus à recruter parmi les jeunes algériens surtout après que la plupart des groupes armés en Algérie déposèrent leurs armes suite à l’entrée en vigueur de la Concorde civile en janvier 2000.

Le GSPC est depuis l’unique organisation islamiste armée qui reste active en Algérie.

Le premier contact entre le groupe salafiste et Al-Qaida, remonte aussi à l’an 2000 lorsque Ben Laden, intéressé par ‘‘le potentiel’’ du groupe qui risque de disparaître, dépêcha en Algérie le Yéménite Abdelwahab Alwani.

Ce dernier sera abattu en septembre 2000, mais le message qu’il portait au GSPC est passé : Ben Laden veut que le groupe favorise l’émergence de deux organisations distinctes : Al-Qaida fi biled al-berbar (Al-Qaida au pays des Berbères) et Al-Qaida fi biled as-soudan (Al-Qaida au pays des Noirs). Par cette demande, Ben Laden veut à terme la substitution du GSPC par ces deux organisations. 

C’est alors que les Etats-Unis d’Amérique déclenchèrent d’abord la guerre contre l’Afghanistan et ensuite celle contre l’Irak qui seront de ce point de vue de véritables aubaines pour le GSPC.

En effet, pour survivre, le groupe transformera sa stratégie : son orientation ne sera plus nationale mais de plus en plus international. Il ouvre alors la candidature au Djihad en Irak et en Afghanistan et recrute des djihadistes de l’ensemble des pays du Maghreb ainsi que du Mali, du Niger et du Tchad.

Suite à plusieurs stages de formation de 45 jours chacun dans les maquis algériens, les djihadistes sont ‘‘exportés’’ surtout vers l’Irak et l’Afghanistan.

A partir de cette date et jusqu’au 11 septembre 2006, le rapprochement entre Al-Qaida et le groupe s’accentuera de plus en plus.

Mathieu Guidere raconte dans le Monde Diplomatique de novembre 2006  le détail de ce rapprochement et comment le GSPC est devenu une véritable filiale d’Al-Qaida :

« En juillet 2005, le GSPC a de son côté félicité Al-Qaida en Irak pour avoir capturé des diplomates algériens, Ali Belaroussi et Izzedine Belkadi. Dans son communiqué, il appelait même à « appliquer le jugement de Dieu sur eux », c’est-à-dire à les exécuter. Le mois suivant, l’émir Wadoud réitérait son soutien à l’assassinat de ses compatriotes.

Depuis, les deux organisations terroristes semblent être sur la même longueur d’onde. A la mi-août 2005, un communiqué d’Al-Qaida était repris par le GSPC et adressé aux « jeunes de la nation » pour rejoindre « le djihad contre les renégats en Algérie ». Et, fin août 2005, Al-Qaida fustigeait dans un message de rappel l’« opposition de la France croisée au voile musulman ». Dans la foulée, le GSPC publiait, en français et en arabe, sur tous les forums et sites Internet islamistes, un appel incitant les Algériens vivant sur le territoire français à « apporter leur soutien à leurs frères moudjahidins en Algérie ». La France y était dénoncée pour son aide au régime du président Abdelaziz Bouteflika, et le GSPC appelait ses sympathisants à la « vengeance ».

L’année 2006 voit le renforcement des liens entre les deux organisations. Des communiqués concordants ou concomitants concernent divers événements internationaux (Tchétchénie, Afghanistan, Soudan, Liban). La mort d’Abou Moussab Al-Zarkaoui en Irak, le 7 juin 2006, donne lieu à un long communiqué de condoléances de la part de l’émir du GSPC. En retour, dans une lettre de remerciement, M. Al-Iraki félicite M. Wadoud pour sa « communication efficace pour la mobilisation de la nation en faveur du djihad ».

Ce message renvoyait à une recommandation faite par Al-Qaida début 2006 aux responsables du GSPC, leur rappelant l’importance de la propagande. Le développement des moyens de communication adéquats s’est révélé, par la suite, l’aspect le plus flagrant d’un alignement du GSPC sur les pratiques d’Al-Qaida. Plusieurs innovations majeures méritent d’être signalées.

Au cours des derniers mois, le GSPC a d’abord mis en place une liste de diffusion régulière et sécurisée sur laquelle il fournissait le relevé de ses opérations, ses communiqués de revendication, ainsi que ses documents officiels audio et vidéo. D’abord mensuelle, cette liste est rapidement devenue hebdomadaire. Son contenu est repris intégralement par les autres listes de diffusion islamistes, preuve que le GSPC a intégré le cercle très fermé des groupes djihadistes reconnus à l’échelle du monde musulman et non plus seulement à l’échelle locale.

De plus, imitant les publications de l’insurrection irakienne et en particulier celles d’Al-Qaida en Irak, le GSPC a relancé dans la foulée son magazine intitulé Al-Jamaa (« Le groupe »). Il s’agit d’un mensuel d’une trentaine de pages, qui s’inspire désormais des rubriques et de la mise en forme des magazines d’Al-Qaida en Irak et du groupe Ansar Al-Sunna. Le n° 6 d’Al-Jamaa, par exemple, compte trente-six pages et traite aussi bien des opérations internes du GSPC que des événements en Irak, au Maroc ou en Tchétchénie. Le magazine publie de larges extraits d’avis des maîtres à penser du salafisme (doctrine rigoriste et passéiste de l’islam dont est dérivé le djihadisme). Largement diffusé sur les forums d’Internet, il possède des relais efficaces qui permettent de le retrouver sur plusieurs sites du réseau mondial aussi bien en Europe que dans le monde musulman.

Depuis janvier 2006, le groupe algérien a également fait de gros efforts pour proposer aux internautes un site complet et mis à jour. En raison des attaques continues des services de sécurité, ce site a changé plusieurs fois d’adresse et n’est plus accessible que par intermittence. A la date du 10 septembre 2006, le compteur du site affichait quatre-vingt-cinq mille visiteurs, avec une moyenne de plus de dix mille visiteurs par mois. »

Ces changements de stratégies et cette alliance avec Al-Qaida se traduiront aussi par un changement au niveau de la direction du groupe.

C’est ainsi que Hattab fut écarté en août 2003 par ses lieutenants et remplacé par Nabil Sahraoui qui sera le premier à introduire des nouvelles technologies de propagande contre le régime algérien. Seulement, en juin 2004 Sahraoui est abattu par l’armée et Abdelmalek Droukel, alias Abou Moussab Abdelwadoud prend sa place.

C’est lui actuellement l’homme fort de l’islamisme djihadiste maghrébin. Celui qui ne comprend que l’usage de la force et celui que les services de sécurités de l’ensemble des pays du Maghreb cherchent inlassablement.

 

                                                

   

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Posté par Hamza Belloumi à 01:15 - L'islamisme au Maghreb - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 18 janvier 2007

La Tunisie face au terrorisme

Terrorisme_islamiste_en_Tunisie

La Tunisie est passée tout prés d’une catastrophe !

C’est la conclusion que nous pouvons tirer des récents événements qui ont eu  lieu dans le sud de la capitale tunisienne. En effet, à 30 Kilomètres au sud de Tunis, dans une petite ville de 20.000 habitants, la Tunisie a connue l’un des moments les plus « chauds » depuis son indépendance : une confrontation armée entre les forces de sécurités tunisiennes et un groupe de terroristes salafistes.

Les confrontations avaient commencées dans la nuit du 23 décembre 2006 et se sont achevées le 3 janvier 2007. Pendant dix jours, police, garde nationale et armée étaient mobilisés pour venir à bout d’un groupe terroriste qui a réussit à s’infiltrer en Tunisie et à s’approcher de sa capitale.

Pendant toutes cette période et jusqu'à aujourd’hui, les médias nationaux et étrangers ainsi que les tunisiens se sont posés (et continuent de le faire) plusieurs questions : Qui sont ces terroristes ? D’où viennent-ils ? Comment sont-ils parvenus à se procurer des armes ? Que visaient-ils ? …

Pendant toute la durée de « l’affaire », la presse tunisienne et surtout plusieurs médias internationaux ont essayés de fournir des éléments de réponse à toutes ces questions.

***

15 jours après, j’ai décidé de revenir sur l’affaire depuis ses débuts.

Je vous propose d’abord une reconstitution de ce qui s’est passé avant d’aborder la réponse à certaines questions sensibles de l’affaire.

Reconstitution..

Le 11 novembre 2006, le numéro deux d’Al-Qaida, l’égyptien Aymen Zawahiri annonce le ralliement du GSPC (groupe salafiste pour la prédication et le combat) à Al-Qaida. Un ralliement qui se traduira très vite par une redéfinition des objectifs du djihad ; désormais, le GSPC se chargera de toutes les opérations d’Al-Qaida au Maghreb.

Aussitôt, Abou Moussab Abdelwadoud, le chef du GSPC donnera ses ordres à plusieurs de ses combattants pour organiser des attentats terroristes dans 4 des 5 pays du Maghreb : Algérie, Maroc, Tunisie et Mauritanie.

* C’est ainsi, qu’un groupe s’est dirigé vers Bouchaoui en Algérie et à réussit le 10 décembre l’organisation d’un attentat terroriste contre un bus transportant des employés étrangers de Brown Roots and Condor (BRC).

* Alors qu’une trentaine d’individus appartenants au GSPC ont étés interpellés en route vers Tlemcen, à l’ouest de l’Algérie avant de rejoindre le Maroc.

* Un nombre indéterminé de terroristes du même groupe s’est dirigé à son tour vers les frontières mauritaniennes et trois membres seulement ont étés arrêtés le 15 janvier 2007 par les forces de sécurités mauritaniennes.

* A coté de ces groupes, une colonne du GSPC composée d’une centaine de membres de plusieurs nationalités (mauritaniens, maliens, nigérians, tchadiens, marocains et tunisiens) s’est dirigée vers les frontières tunisiennes. Le groupe a été repéré par l’armée algérienne entre les villes de Biskra et El-oued. Et suites aux affrontements, les djihadistes ont réussit à abattre un hélicoptère de reconnaissance de l’armée, alors que cette dernière à réussie à les scinder en plusieurs groupes et à arrêter plusieurs d’entre eux dont des tunisiens.

Seulement, malgré l’encerclement de la zone, une partie du groupe (6 personnes d’abord et 21 ensuite) a probablement réussie à passer la frontière tunisienne.

De la ville de Tozeur, d’ou les terroristes ont probablement transités, ils se sont dirigés vers le sud de la capitale, à Hammam-Lif, où ils ont loués une maison et se sont installés.

Plusieurs médias tunisiens affirment que la découverte du groupe s’est faite par l’intermédiaire d’un boulanger. En effet, ce dernier aurait alerté la police après avoir constaté que l’un de ses clients achetait chaque jour une quarantaine de pains (!) alors qu’il été un jeune homme probablement chômeur et célibataire.

Aussitôt, le poste de police de la région a dépêché une patrouille des forces de l’ordre à l’adresse indiquée par le boulanger en croyant qu’il s’agissait d’un « groupe criminel » de vente de drogue ou de prostitution.

Effrayés, les terroristes ont tout de suite utilisés leur armes face aux policiers venus les interrogés.

Bilan : deux morts parmi le groupe (dont le chef, un certain Lassaad Sassi ancien fonctionnaire tunisien ayant transité par les camps d’entraînement d’Al-Qaida en Afghanistan avant de rejoindre l’Algérie), deux arrestations et deux blessés du coté des forces de l’ordre.

Le reste des membres ont pris la fuite, en raison du fait que la patrouille de la police n’était pas destinée à faire face à ce genre d’attaque.

Le ministère de l’intérieur et celui de la défense sont tout de suite alertés. Policiers, gardes nationales et militaires ont été mobilisés dans la soirée du 23 décembre pour la traque des terroristes.

C’est ainsi que les barrages routiers ont été instaurés sur l’ensemble du territoire tunisien, que les voitures et leurs passagers ont été étroitement contrôlés et que la région montagneuse proche de Grombalia (à 40K de Tunis) a été encerclée.

Ces recherches intensifiées donneront lieu à de nouveaux affrontements qui auront lieu à SlimenLa_villa_en_construction_ou_se_sont_abrites_les_terroristes (une petite ville à 30 Kilomètres de Tunis) les 2 et 3 janvier dernier.

En effet, Selon des témoins oculaires, cités par la presse tunisienne, l’affrontement armé avec les forces de l’ordre a eu lieu en deux temps. Le premier a eu lieu dans la Cité du 1er juin à Slimen  le 2 janvier, le second s’est poursuivi le lendemain dans une maison abandonnée d’un quartier voisin (photo), de 4 heures du matin jusqu’à 22 heures de la journée du 3 janvier.

Durant ces échanges, les armes utilisées par les terroristes seraient des kalachnikovs, des fusils, des grenades et même des lances grenades RPG. En plus, une certaine quantité d’explosifs a été saisie après les affrontements.

Bilan de ses affrontements :

Parmi les terroristes : 12 membres abattus, et 15 autre arrêtés.

Parmi les forces de l’ordre : 2 morts et 2 blessés.

RafiK Haj Kacem, le ministre tunisien de l’intérieur et du développement local, qui a annoncé ce bilan, a déclaré le 12 janvier que les criminels étaient en possession de plans détaillés de certaines ambassades ainsi que des documents comportant les noms de quelques diplomates. Ce qui nous donne une idée sur les objectifs qui étaient visés par le groupe : institutions politiques et installations touristiques en Tunisie.                      

                                                                                                                                                 

GSPC_au_Maghreb

Questions ?     


Avec cette reconstitution, nous sommes en mesure de répondre au plus importantes des questions que tout le monde se pose :

Qui sont-ils ?

Comme je l’ai déjà dit, il semble que ce groupe est constitué de plusieurs nationalités. Les membres que nous connaissons jusqu’à aujourd’hui sont deux tunisiens et un étranger (le chef du groupe Lassaad Sassi et un jeune étudiant de 22 ans du nom de Rabîi Bacha, qui avait une bonne réputation chez ses voisins, ainsi qu’un mauritanien dont on ne connaît pas le sort et qui aurait donner les ordres à Sassi).

Mais partant du fait que les groupes du GSPC sont composés de maghrébins, il n’est pas à exclure que parmi les 27 terroristes il y avait des algériens, des marocains, des mauritaniens…


Depuis quand ce groupe se trouve-il sur le territoire tunisien ?

Plusieurs médias internationaux parlent de l’existence de ce groupe en Tunisie depuis une longue période (un an et demi) or d’après la reconstitution que nous venons de faire, il est claire qu’il n’a résidé en Tunisie que quelques jours.

                                                                                  

Quelle est la réalité de l’effectif du groupe ?

La aussi, certains médias ont avancés des chiffres incroyables (des milliers) alors que cela doit être exclu pour deux raisons :

1- Le GSPC, dont font partie ces terroristes, n’a en Algérie que    

‘‘quelques centaines’’ de combattants. Il est donc insensé de  

prétendre que ce groupe ait pu envoyer en Tunisie un nombre de djihadistes supérieur au nombre de ses combattants !

2- Si nous pouvons envisager l’entrée sur le territoire tunisien d’une

trentaine de personne sans que les autorités tunisiennes ne s’en

aperçoivent, cela est peu envisageable et même impossible

dans le cas de l’entrer de milliers de personnes !

Les choses sont elles finies ?

La présence particulièrement élevée des forces de l’ordre, les barrages routiers ainsi que les contrôles de sécurité dans les villes et sur les routes peuvent nous faire croire que le danger est toujours là.

Il est vrai qu’officiellement la Tunisie a annoncée « la fin des opérations de neutralisation d’un groupe de dangereux criminels ». Mais pour avoir un voisin comme l’Algérie qui continu d’abriter dans son maquis des centaines de terroristes du GSPC, il est compréhensible que la vigilance soit de mise.      

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samedi 13 janvier 2007

Magdi Allam et les islamistes (6)

Avec l’article de Magdi Allam que je vous présente aujourd’hui nous arrivons à la fin de cette série dans laquelle je pense vous avoir présenté les plus importants et les plus pertinents des articles écrits par Allam entre 2004 et 2006 dans le journal italien Corriere della sera.

Je suis d’accord pour dire qu’il s’agit dans l’ensemble d’articles polémistes. Mais cela ne doit pas nous faire oublier la pertinence d’un nombre important d’idées développées par l’auteur dans ces écrits.

Bonne lecture..

Magdi_Allam_6

Comment ne pas nous préoccuper du fait que 35 % des musulmans en France, 25 % en Espagne, 24 % en Grande-Bretagne et 13 % en Allemagne légitiment les attentats terroristes suicides contre les civils pour défendre l’islam ?

Le récent sondage mené par « Pew global attitudes project » fait émerger l’image d’une Europe toujours à la merci des extrémistes islamistes.

Le pays qui connaît le plus grand risque est indéniablement la Grande-Bretagne.

A un an du massacre perpétré par quatre terroristes suicides britanniques dans le centre de Londres (56 morts), la Grande-Bretagne découvre que « la fabrique de la terreur » sur son propre sol et de plus en plus radicale et dangereuse.

L’MI5 estime qu’environ 8 mille musulmans, le 0,5% du million et demi ayant la citoyenneté britannique, soutiennent Al-Qaida.

Mais dans le sondage du Pew, 14 % des musulmans britanniques affirment avoir beaucoup ou un peu de confiance envers Al-Qaida. Un chiffre qui est de 16% en Espagne, 7% en Allemagne et 5% en France.

Egalement, 12 % des musulmans en Grande-Bretagne, en Espagne, en Allemagne et 9 % des musulmans en France pensent que la majorité des musulmans dans les respectifs pays soutiennent Al-Qaida.

Eh bien, en confrontant ces deux premières données, émerge que l’idéologie de la terreur et du ‘‘martyr’’ islamiste dépasse Al-Qaida et appartient à un domaine beaucoup plus grand, celui de Hamas et des Frères Musulmans qui légitiment les attentats suicides dans les territoires palestiniens, en Irak, Afghanistan et en Tchétchénie.

Cette idéologie de la violence et de la mort se base sur l’anti-américanisme, l’anti-hébraïsme et plus généralement l’anti-occidentalisme qui se manifeste dans le négationnisme et « la théorie du complot » historique.

A la question « les attentats du 11 septembre ont-ils étés réalisés par des arabes ? », disent « non » 56 % des musulmans en Grande-Bretagne, 46% en France, 44% en Allemagne et 35% en Espagne.

Le négationnisme des musulmans britanniques se trouve même à un niveau supérieur à celui des pakistanais (41%) des nigérians (47%) et des jordaniens (53%).

Alors que la majorité des musulmans européens manifeste une opinion favorable vis-à-vis des chrétiens (91% en France, 82% en Espagne, 71% en Grande-Bretagne, 69% en Allemagne), ces pourcentages se réduisent drastiquement vis-à-vis des hébreux (71% en France, 38 % en Allemagne, 32% en Grande-Bretagne et 28 % en Espagne).

Et si nous prenons en considération les pays musulmans couverts par le sondage, nous interpelle le fait que le plus ‘‘anti-hébraique’’ se trouve être la Jordanie (seulement 1% ont une opinion favorable sur les hébreux), suivit par l’Egypte (2%), le Pakistan (6%), la Turquie (15%) et l’Indonésie (17%).

La plupart des musulmans britanniques (62%) sont convaincus que les relations entre l’Occident et l’Islam sont mauvaises et pour 48% d’entre eux, la responsabilité de cette situation revient à l’Occident.

Pourcentages semblables en Allemagne (60% et 46%) et en France (58% et 52%), alors qu’en Espagne 23% des musulmans donnent une évaluation négative et seulement 28 % attribuent la responsabilité à l’Occident.

D’un autre coté, pour ce qui est des caricatures satiriques de Mahomet, les musulmans espagnoles sont en tête (80%) dans la condamnation du manque du respect de la part  de l’Occident, par contre 5% attribuent la responsabilité aux islamistes intolérants. Pensent de la même manière 79% des musulmans en France, 73 % en Grande-Bretagne et 71% en Allemagne. (…)

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mercredi 10 janvier 2007

Magdi Allam et les islamistes (5)

Magdi_Allam5« Grâce seulement à Allah, la prière et la paix au dernier des prophètes. Sache misérable, apostat du nom Sayyid Al-Qimni, que cinq frères monothéistes, lions du Djihad, ont été engagés pour te tuer. Ils ont jurés à Dieu d’acquérir sa grâce en te coupant la tête. Ils sont déterminés à se faire remettre leurs péchés faisant couler ton sang. Et cela conformément à l’ordre du suprême prophète : Qui change sa religion tuez-le. »

Signé : le groupe du Djihad, Egypte.

La condamnation à mort est arrivée par courrier électronique à son adresse e-mail personnelle elqemany@yahoo.com. Lui, Al-Qimni, 58 ans, docteur en philosophie, est un intellectuel laïc engagé dans la réforme modérée de l’islam. Mais la vraie nouvelle est qu’Al-Qimni, l’auteur de dizaines d’articles prestigieux dans l’hebdomadaire gouvernemental Rosa El Youssef, a à peine annoncé sa propre « repentance et dissociation de tous les blasphèmes écrits », ainsi que la décision de « renoncer à l’écriture définitivement ». « J’admet que la mort, en cassant ma plume, sera une longue agonie parce que ma plume est la plus grande aspiration de ma vie –a t-il dit au site libéral www.elaph.com - mais avec cette décision j’aurais encore du temps pour s’occuper de mes enfants. »

Dans leur communiqué, les terroristes du Groupe du Djihad lui avaient donné un ultimatum d’une semaine pour se repentir.

Cela se passe aujourd’hui en Egypte. Dirigée par un régime formellement laïc. La décision d’Al-Qimni n’est pas seulement la reconnaissance de son impuissance à faire face au terrorisme islamiste. C’est aussi une dénonciation d’un Etat qui n’est pas en grade de défendre la vie d’un libre penseur.

Ce fut ainsi le 8 juin 1992 lorsque les terroristes de la Gamaa Al-Islamiya assassinèrent au Caire l’intellectuel Farag Fouda.

A cette occasion, le plus important des théologiens musulmans, Mohammad Al-Ghazali, membre du mouvement des Frères Musulmans, légitimait au tribunal l’attentat terroriste : « L’exécution de Farag Fouda a été en fait l’exécution de la punition, à l’encontre d’un apostat, que l’Etat n’avait pas effectuée .»

Le même Al-Ghazali avait condamné d’apostasie en 1959 le prix Nobel pour la littérature Naguib Mahfouz à cause de l’un de ses romans, une condamnation qui avait inspirée la tentative d’assassinat de Mahfouz en 1994.

Mais cela se passe même en France ou l’intellectuel laïc tunisien Lafif Lakhdar a été condamné à mort par Rached Al-Ghanouchi, leader d’un mouvement hors la loi Al Nahda, qui se trouve être la sigle qui représente les Frères Musulmans en Tunisie. Juriste et éditorialiste, Lakhdar est l’un des initiateurs d’un Appel au secrétaire général de l’ONU pour l’institution d’un Tribunal International contre le terrorisme.

Depuis des années, Lakhdar répète qu’il faut « poursuivre les sources de la culture du martyre, c'est-à-dire du suicide et des décapitations, en vidant les programmes scolaires des concepts de la guerre sainte et du martyre, en enseignant la philosophie, les droits de l’homme, l’histoire comparé des religions, la psychologie. »

Eh bien savez vous d’où est ce que Al-Ghannouchi a émis la condamnation à mort de Lakhdar ?

Allam_5De Londres, qui lui a concédée l’asile politique à l’instar de dizaines de prédicateurs de la haine qui ont incités des milliers de militants islamistes du monde entier à la guerre sainte contre l’occident et contre les musulmans modérés. Et le résultat tragique nous l’avons vu le 7 juillet (2005) avec les quatre kamikazes, citoyens britanniques, qui se sont fait explosés à Londres.

Une culture de la mort qui a été dénoncée dans le dernier commentaire écrit par Al-Qimni dans le numéro de Rosa El Youssef du 2 juillet passé « Lorsque les israéliens tuent même un seul combattant palestinien, explose la rage et la protestation. Mais personne ne se déplace face au bain de sang de milliers d’innocents en Irak. Nos jeunes n’ont jamais protestés contre la bande d’Al-Zarqawi et qui la soutient, pendant qu’elle décapite des innocents. Nous continuons à répéter qu’il s’agit d’un complot américain et quelques uns parmi nous définissent le tout comme ‘‘résistance’’. Mais ou est passé l’intellectuel arabe ? »

On pourrait dire qu’il finit dans la peur.

Peur du terrorisme islamiste qui massacre aveuglement. Mais aussi peur des gouvernements musulmans et occidentaux qui laissent aux prédicateurs de la haine main libre et ne défendent pas les musulmans laïcs et modérés qui se battent pour le respect de la vie de tous.                      

 

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Posté par Hamza Belloumi à 20:27 - Ils ont la parole - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 6 janvier 2007

Magdi Allam et les islamistes (4)

Magdi_Allam_4Aux origines des massacres des musulmans en Algérie, Irak, Egypte, Arabie Saoudite et Maroc se trouve la condamnation d’apostasie infligée par les terroristes islamistes. Eh bien cela se passe aujourd’hui même en Italie. Sans nous rendre compte qu’il s’agit du commencement d’une catastrophe pré annoncée.

La dénonciation des musulmans, arbitrairement déclarés apostats est évolué dans une dimension individuelle, parfois dans un mode superflus et fourvoyant, sans cueillir la réalité d’un phénomène qui met ses racines dans notre pays.

Le 7 mai, Souad Sbai, présidente de la Confédération des Associations de la CommunautéMagdi_Allam_4 Marocaine en Italie, s’est vue déclarée apostate méritant la condamnation à mort par décapitation et ce avec une série d’e-mails envoyés de l’adresse h.akrane@vigili.it, qui résulte être du marocain Hassan Akrane, résident à Bologne.

Dans un italien approximatif mixé à l’arabe, voila ce qu’on pouvait lire : «  Tu n’as rien à faire avec l’islam, tu ne sait rien du Fiqh (jurisprudence islamique), tu as des cheveux découverts, devant Allah la femme qui ne couvre pas la tété arrive mouallaka (accrochée) des cheveux (…) Allah te punira pour tout le mal que tu fait aux gens. »

Dans un autre message, envoyé en copie même à certains journalistes, Sbai est accusée d’être chrétienne, donc apostate : « Tu es une très mauvaise femme, de la vie tu n’as encore rien compris, met toi à prier Allah c’est beaucoup mieux, laisse le travail des hommes aux hommes (…) Tu es sorti à découvert toute seule comme une massihia (chrétienne). »

Hier, à Saluzzo un autre marocain, Mostapha Kordoni, gardien de la décharge de Busca et président de l’Association des Marocains, a été directement menacé de mort par un groupe d’extrémistes islamistes qui l’avaient déjà agressés verbalement et physiquement. (…)

Il est accusé d’être un traître de l’islam, d’être un espion de la police italienne et d’avoir permis l’expulsion de l’Italie de son compatriote Roudhouan Serhane, qui en décembre dernier tenait dans son habitation à Turin les matériaux nécessaires pour la construction d’une bombe.

« Ils arriveront directement du Maroc apostat pour te tuer. Tu payeras pour ce que tu as fait ». Kordoni s’est défendu ainsi : « Je ne suis pas un espion. Mais je suis contre le terrorisme. S’il se passait quelque chose en Italie, nous tous, immigrés, payerons les conséquences. Mois je n’est pas peur. S’ils veulent me tuer qu’ils viennent. »

Magdi_Allam4Plus généralement, l’Europe est remplie de tribunaux d’inquisitions islamiques qui prononces des sentences de morts sans qu’il y ait une adéquate perception de la gravite du phénomène.

Pierre Akel, qui gère depuis Paris le site des libéraux arabes Middle East Transparent (www.metransparent.com), après avoir donné sa disponibilité pour se faire interviewer dans l’émission Orient Express International s’est excusé : « Deux de nos collaborateurs ont été condamnés d’apostasie et risquent la mort. C’est mieux de calmer les eaux ».

L’un de ses deux condamnés et même un théologien musulman, le cheikh Nehru Tantawi, qui fut dénoncé comme apostat par un autre théologien, le cheikh Abdel Mohsen Al-Abikan, sur les pages du quotidien Asharq Al Awsat du 4 mai, parce qu’il aurait nié que la Sunna, les dictons et les fiats attribués à Mohammed, doivent être considérés comme une source de la loi islamique en compagnie du Coran.

Pensez que la fatwa, la réponse islamique, qui légitimait le massacre de la population algérienne et qui a débouchée sur le massacre de plus de 150 mille personnes fut émise par Abou Qotada, un prédicateur de la haine réfugié à Londres.

En jugement en Grande Bretagne, ses avocats s’opposent à son expulsion à son pays (Jordanie) parce qu’il risquerait la torture. Quelqu’un qui a sur la conscience 150 mille mort !

C’est évident que nous n’avons pas appris la leçon. Si non nous ne serions pas les mains liées pendant que d’autres prédicateurs de la haine s’apprêtent à faire couler le sang d’autres musulmans, citoyens ou résidents en Europe.

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