vendredi 30 juin 2006
Voyage en Egypte (3) : Comment les frères musulmans ont t-ils infiltrés le système éducatif égyptien ?
Présent en Egypte depuis 1927, date de la fondation de leur organisation, les frères musulmans auront à leurs débuts une influence minime et des partisans réduits à quelques radicaux islamistes, l’organisation devient depuis une incontournable force d’opposition dont le poids ne cesse de s’accentuer jour après jour (voir Islamiqua du 23 juin 2006) et pourrait même prendre le pouvoir en Egypte si le jeux démocratique est respecté dans les prochaines élections !
Comment cette organisation a pu réussir là ou des dizaines de partis politiques ont échoués ?
Les spécialistes de l’islamisme évoquent plusieurs raisons dont surtout l’échec des politiques étatiques entamées le lendemain des indépendances. Un échec qui va pousser les populations arabes souffrantes de misère, de chômage et d’analphabétisme à recourir au religieux afin de trouver un remède spirituel à leurs maux. D’où la résurgence du sentiment religieux.
Mais ce facteur n’explique pas tout à lui seul et il faudra ajouter d’autres pour que l’image soit claire.
En préparant ce dossier sur l’Egypte j’ai découvert une des caractéristiques des organisations islamistes en générale et des Frères en particulier : un grand nombre des cadres de l’organisation sont des enseignants et des professeurs.
Et en dressant un tableau non trop exhaustif on découvre que les personnalités islamistes les plus influentes en Egypte sont des enseignants :
*Saiid Kootb : Célèbre islamiste radical, un des théoriciens de l’islamisme djihadiste, cadre aux frères musulmans depuis 1952. Il était un professeur de langue arabe et fut candidat au poste de ministre de l’éducation.
Ces écrits fondamentalistes furent enseignés en Egypte jusqu’en 1965.
*Mohamed Hassan Achmawi : L’un des membres des frères musulmans, partisan de l’enseignement religieux dans les écoles civiles. Fut ministre de l’éducation et participa au développement des écoles islamistes des frères.
*Ahmed Assoukari : L’un des fondateurs de l’organisation, fut cadre dans le ministère des Maaref (éducation).
*Mohamed Mehdi Akef : « secrétaire » général des frères depuis 2004, fut un enseignant.
Et la liste et très langue : Mohamed Farid Abd Kalek, Mohamed Ali Bechr, Mohammed Habib, Salah Abou Ismail, Hafedh Salema, Youssef El Badri…
Et il s’agit là des cadres de l’organisation seulement et la tendance se confirme pour « la base ».
Une situation qui va permettre aux frères d’islamiser de plus en plus le système éducatif, de former les esprits de leurs étudiants selon leur vision et de se constituer une base de fidèles.
Cette infiltration donnera plus de résultats avec la construction des écoles et des mosquées financés par l’argent des enseignants égyptiens expatriés dans les pays du golf dans les années 1970… les mêmes enseignants islamistes !
Et depuis personne n’a pu les arrêter.
Et le résultat de tout ce qui précède c’est la situation actuelle en Egypte telle que nous vous l’avons présentés dans ce dossier Voyage en Egypte. Une situation très délicate à laquelle nous aurons l’occasion d’y revenir à plusieurs reprises.
lundi 26 juin 2006
Voyage en Egypte (2) : Ces artistes qui détestent l’art !
Nous sommes en Egypte, et plus exactement au quartier Zamelek, l’un des quartiers les plus chic de la capitale égyptienne.
Il y a plus de 100 ans, ce quartier a vu la naissance de l’école des beaux-arts. Une institution qui va fonctionner normalement jusqu’aux débuts des années 1970 date à laquelle le courant islamiste égyptien décide de lui mener « la guerre ».
Sur fonds de Fatwas interdisant les sculptures, les clichés photographiques et les images de tout ce qui est humain et vivant, l’école égyptienne des beaux-arts se trouvera bientôt inondée d’étudiants religieux intransigeants :
Ce que pratique cette école est haram et complètement interdit par la charia musulmane.
Amoureux de l’art alors qu’ils étaient bacheliers et ayant choisit pour cela une institution capable de les former à ses techniques et procédures, certains des étudiants se sont transformés en de véritable policiers et conseillers pour interdire à celui-ci la sculpture et conseiller à celle là de ne plus prendre de photos d’êtres humains.
Ce que nous raconte, l’hebdomadaire égyptien Rosa El Yossef sur la situation de l’art en Egypte est étonnant par ses détails et très inquiétant par ses résultats.
En visite à l’école des beaux-arts, le magazine nous raconte la situation très délicate de cette institution qui se trouve de plus en plus fustigée et « malmenée » par ces propres étudiants.
Les témoignages sont époustouflants !
* selon quelques étudiants, il y a avait à l’entrée de l’école 5 sculptures importées de France et d’Italie afin de décorer l’école et « d’inspirer les étudiants ». Seulement, à cause de la nudité de ces œuvres et suite aux nombreuses pressions du courant islamiste, la direction de l’école à fini par « obéir » aux injonctions islamistes de déplacer ces « catastrophes » et de les installer dans une zone exclut de la faculté.
* Plusieurs étudiants, qui avaient choisit l’école des beaux-arts, ont décider après avoir été influencer par « les barbus » de choisir une branche d’étude qui ne se trouverait pas contraire à l’islam !
C’est ainsi que la majorité à choisit de joindre la branche architectural qui se trouve à l’école afin d’échapper à la branche : sculpture, ou celle : photographie.
En revanche pour celles est ceux qui avaient « moins de chances » et qui ont choisit ces deux branches « maudites », ils essayent de se rattraper :
Désertification des travaux appliqués (T.A) et substitution des objets vivants par des corps de la nature (arbre, fleur, rivière … remplacent l’homme et de l’animal) dans une facultés ou le nombre des étudiant sculpteurs ne dépasse plus la vingtaine !
vendredi 23 juin 2006
Voyage en Egypte (1) : Les frères musulmans ; islamistes "made in" Egypte
Depuis très longtemps, les islamistes jouent un rôle très important en Egypte. Leurs partisans se content par millions et on dit même qu’ils sont la première force politique du pays.
Suite aux dernières élections législatives ils étaient sur le point d’avoir la majorité absolue au Parlement égyptien s’il n’y avait pas eu, comme ils le disent, interventions et falsifications des résultats de la part du ministère de l’intérieur égyptien qui a ordonné l’arrestation de plusieurs centaines de leurs partisans.
Ils se réunissent depuis 1928 sous la bannière des « Frères musulmans » étant donné que toutes les autres organisations islamistes (dont la Jamaa Islamiaa) sont en perte de vitesse.
Puissante confrérie avec des liens et des partisans dans la majorité des Etats arabes, les frères musulmans prônent la création de républiques islamiques non seulement en Egypte mais aussi dans le reste du monde arabe et en particulier en Jordanie et en Syrie ou ils représentent la plus importante force d’opposition.
En Egypte, les Frères musulmans ont réussit a gagnés cette année 88 sièges sur les 454 que compte le parlement et sont devenu la principale force d’opposition.
Mais il faudrait signaler qu’une « guerre » intense oppose depuis des décennies le pouvoir égyptien à la confrérie islamiste. Une guerre qui a conduit d’une part à l’interdiction de l’organisation (toujours interdite mais tolérée) et d’autre part à l’arrestation de milliers de ses partisans et de ses cadres, sans pour autant venir à bout de la confrérie qui influence toujours de plus en plus de jeunes.
Pour vérifier l’influence des islamistes sur les jeunes en Egypte nous sommes parti en visite à certains campus ou on dit que le courant islamiste est très influent. Le récit étonnant de cette visite vous attend Lundi 26 juin sur Islamiqua.
Soyez au rendez-vous !
lundi 19 juin 2006
Islamiqua on line vous donne rendez-vous des le vendredi 23 juin pour un voyage exceptionnel en Egypte. nous decouvrirons les différents aspects de l'islamisme egyptien et ceux qui s'opposent à la propagande islamiste.
soyez au rendez-vous !!
lundi 12 juin 2006
Ainsi va l’islamisme…
A partir de ce numéro, Islamiqua consacrera de temps à autre un Journal réservé aux actualités brèves des islamistes vu l’importance de ces informations qu’on n’arrive plus à suivre.
Voici la première livraison :
… Nous avons appris que « les tribunaux charaique » (islamistes) qui ont pris le pouvoir en Somalie ont décidés d’interdire le visionnage des matches de la coupe du monde 2006. Les milices armées des tribunaux islamiques ont attaqués plusieurs salles de cinéma qui assuraient la diffusion des matches de football aux habitants de la capitale Mogadiscio…
… polémique en Jordanie après les condoléances de certains députés islamistes à la famille du terroriste Abou Moussab Al-Zarkaoui L'ex-chef d'Al-Qaida en Irak. Les députés qui avaient en plus considérés que Zarkaoui était « un martyre » ont été arrêtés par la police jordanienne et l’un d’eux devrait être jugé pour des déclarations faites dans ce sens à une chaîne de télévision arabe …
… la fièvre des produits islamique halel (conforme aux préceptes religieux) ne semble pas prête de s’arrêter. Apres Mecca Cola, Al Quds Jeans… certains ont compris le profit qu’ils ont a tirer de l’exploitation du sentiment religieux dans leur affaires. C’est ainsi qu’on Malaisie, 100 nouveau produits halel ont été présentés au cours d’une foire spéciale réservée exclusivement aux produits halel : on trouvait des ordinateurs halel, des vitamines halel, la médecine halel … Il est vrai que le marché des produits halel se facture à plus de 500 Milliards de dollars …
… Nous venons d’apprendre qu’un député marocain vient de déposer une plainte contre un Iman d’une mosquée au Maroc pour « exploitation politique de la mosquée ». Le député accuse l’Imam de prêcher la haine et le terrorisme au cours de la prière du vendredi …
vendredi 9 juin 2006
Le « Djihad »
C’est l’un des mots que l’on entend le plus à la télévision à l’occasion d’un reportage sur le monde musulman ou de l’évocation des attentats terroristes. Mais c’est l’un des mots les plus ambigus et les moins connus par les présentateurs des JT et leurs invités.
Certes, le mot Djihad renferme un coté guerrier, celui de « la guerre sainte » que tout le monde évoque à tort et à travers mais il renferme aussi plusieurs autres sens qui sont plus importants que son coté guerrier.
A plusieurs reprises, le Prophète Mohammed avait considéré que le grand djihad est celui d’un guerrier qui préfère s’occuper de ses parents et satisfaire leurs besoins plutôt que de participer à la guerre.
Malgré qu’Alain Gresh ne décrit pas assez clairement les différents sens du djihad dans son livre « L’islam, la république et le monde », il a le mérite de s’attarder sur la définition du djihad et de présenter certains de ses traits.
Extraits…
« Sonnant comme un « cri de guerre » contre l’Occident, le terme « djihad » a pris une résonance terrible depuis une décennie. Dans le Coran, d’autres mots désignent aussi bien le « combat dans la voie d’Allah ». « Toutefois, souligne l’islamologue Alfred Morabia, dans l’élaboration de la doctrine islamique et dans la formulation de la loi divine, c’est le mot djihad qui l’emporte et tendit à recouvrir, sans partage, le champ de cette activité militante. » Le terme peut être rendu par « guerre sainte » ou « combat pour le triomphe de la foi » dans une triple valeur guerrière, idéologique et éthico sociale. La racine arabe dj-h-d, qui signifie « faire son possible », « connote l’idée d’effort assidu et tendu vers un but précis et difficilement accessible, une valeur d’application, d’épreuve, de souffrance ». Le terme djihad (ou ses dérivés) apparaît dans trente-cinq versets ; vingt-deux fois il s’applique à un effort d’ordre général non militaire, dix à une activité guerrière, trois à un effort spirituel. « En définitive, poursuit Morabia , les disciplines traditionnelles : Sira (vie du prophète) et Hadith, sources bien plus riches que la Révélation, mais beaucoup moins sures, servirent davantage que le Livre de support et de caution à la doctrine du « combat dans la voie d’Allah », telle qu’elle fut élaborée au cours des premiers siècles de l’Islam. La vie militante de l’Envoyé d’Allah traçait la voie, et offrait un cadre doctrinal à l’activité ultérieure de ses adeptes sur les champs de bataille. » Il ajoute : « Le djihad offensif, belliciste, celui qu’ont codifié docteurs et théologiens n’a cessé d’éveiller des échos dans la conscience musulmane, tant individuelle que collective. C’est lui qui, spontanément, surgit à l’esprit du Fidèle, lorsqu’il évoque ce terme, en son for intérieur ». Même s’il fut, à partir du XIXe siècle, un djihad défensif contre les empiètements de plus en plus agressifs du colonialisme occidental.
Tariq ramadan, dans un texte intitulé Jihad, violence, guerre et paix en islam, ou il esquisse la notion de djihad social, explique que l’on peut souvent tordre le sens des textes. « Il existe d’autres versets dans le Coran – et ils sont nombreux, notamment dans la sourate IX (Le Repentir) (…) – qui pourraient donner l’impression d’une légitimation de la violence et de la guerre. S’ils sont lus littéralement, il deviendrait possible de combattre et de tuer tous ceux qui ne pensent pas comme nous ou qui ne sont pas musulmans. Dès l’origine, les savants qui codifiaient les prescriptions islamiques ont mis en évidence le fait que la Révélation s’est élaborée sur vingt-trois années et que le sens de nombreux versets est à contextualiser. » Et d’ajouter plus loin : « Un verset révélé, ou une tradition prophétique rapportée, concernant un cas de légitime défense face à l’agression au temps du Prophète, ne peut être utilisé aujourd’hui pour légitimer une agression, une offensive, ou tout simplement le meurtre de juifs, chrétiens ou athées. » (p.72-74)
Rendez-vous Lundi prochain pour de nouveaux extraits de « L’islam, la République et le monde » sur un autre sujet.
lundi 5 juin 2006
Islamophobie ?!
Dans son livre « L’islam, la République et le monde », Alain Gresh nous présente des extraits de livres et d’ articles de certains auteurs occidentaux qui se sont illustrés par leur islamophobie en faisant l’amalgame entre l’islam et le terrorisme. Plusieurs français figurent sur le liste.
Morceaux choisis…
« Il y a une xénophobie généralisée chez les Irakiens, comme dans tous les pays arabes. Elle vise tous les Occidentaux et les organisations internationales. (…) Nous nous trouvons devant un peuple incapable de se gouverner lui-même et qui, en même temps, ne veut pas que les autres s’occupent de lui : la situation est quasi insoluble. Cette contradiction est typiquement arabo-musulmane, c’est un trait de civilisation. » Un peuple incapable de se gouverner lui-même ? Qui le décrète ? Jean-François Revel pense sans doute qu’il existe des « peuples mineurs » (de grands enfants qu’il faudrait mettre sous tutelle), et il ne lui viendrait pas à l’esprit de penser que c’est un trait commun à tous les peuples de résister aux armées étrangères. » (p.21-22)
« En 2002, reprenant des thèses similaires à celles de Péroncel-Hugoz et Barreau, Jeanne-Hélène Kaltenbach et Michèle Tribalat publient La République et l’islam. Ce livre, lit-on dans la préface, « n’a d’autre ambition que de nous dégriser d’un engouement exagéré de l’islam ». Nous vivons le temps de la « surdité volontaire » ; « s’agissant de l’islam, il suffit de lire les grands organes de presse nationaux et les titres des colloques subventionnés pour constater l’engouement qu’il suscite ».
Présentant cet ouvrage en une, L’Express titre : « Un an après le 11 septembre. Islam. Ce que l’on ose pas dire »
Pur argument publicitaire ? Aveuglement sur le changement du paysage politique et intellectuel français ? « Ce que l’on n’ose pas dire sur l’islam » trouvera le soutien d’une presse quasi unanime, aussi bien à gauche qu’à droite, et les auteurs seront invités à exprimer régulièrement dans les médias un point de vue largement partagé par les journalistes qui les interrogent. On imagine la Pravda publiant un texte de Leonid Brejnev, avec l’appui de toute la propagande officielle soviétique, et titrant : « Ce que l’on n’ose pas dire ». Peu de spécialistes de l’islam pourrant – ou oseront – répondre, car l’époque a changé, et il est difficile désormais de défendre une conception complexe de l’islam et des musulmans sans se voir accuser d’être un fourrier de l’islamisme. » (p.26-27)
« Robert Misrahi, professeur de philosophie de gauche (sic!), pourra écrire dans Charlie Hebdo une tribune intitulée « Courage intellectuel » (resic!) :
« Oriana Fallaci n’est pas raciste. Elle ne combat nulle part une race arabe ou une race musulmane. » et il ajoute, sur l’opinion européenne : « On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c’est l’islam qui part en croisade contre l’Occident et non l’inverse ». Quant à Pierre André Taquieff, pourfendeur de la « nouvelle judéophobie », il explique : « Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules » Simplement « choquer » quand elle écrit que « les fils d’Allah (…) se multiplient comme les rats », ou qu’ils envahissent l’Italie et que les militaires chargés de défendre les cotes « ne protègent rien. Selon les dispositions de nos gouvernements sans couilles, ils se laissent investir par les hordes avec une résignation étonnante » ?
Pierre- André Taquieff se déclarerait-il simplement « choqué » par les Protocoles des sages de Sion ? » (p.29-30)
« Cette haine, insiste Bernard Lewis, va au-delà de l’hostilité à certains intérêts ou actions spécifiques ou même à des pays donnés, mais devient un rejet de la civilisation occidentale comme telle, non pas seulement pour ce qu’elle fait mais pour ce qu’elle est et les principes et les valeurs qu’elle pratique et qu’elle professe. » Les Iraniens ne se sont pas révoltés contre la dictature du chah imposée par un coup d’Etat fomenté par la CIA en 1953 ; les Palestiniens ne se battent pas contre une interminable occupation ; et si les Arabes haïssent les Etats-Unis, ce n’est pas à cause de l’appui qu’offrent ces derniers à Ariel Sharon ou de leur occupation de l’Irak : en réalité, ce que rejettent les musulmans, ce sont la liberté et la démocratie. Comment expliquer le conflit du Kosovo ou de l’Ethiopie-Erythrée ? Par le refus des musulmans d’être gouvernés par des infidèles, explique Bernard Lewis. (…)
Bernard Lewis juge notre civilisation judéo-chrétienne menacée. Il a sans doute oublié que, longtemps, les juifs ont été à peine tolérés par l’Europe ou les Etats-Unis, et qu’ils auraient été bien surpris, au début du XXe siècle, par cette expression. (…)
Ce qui frappe dans un essai comme Que s’est-il passé ? , c’est le recours permanent aux généralisations, l’absence de références ou de faits concrets. « Pendant des siècles, la réalité sembla confirmer la vision que les musulmans avaient du monde et d’eux-mêmes. L’islam représentait le plus grande puissance militaire. » Bernard Lewis poursuit : « La Renaissance, la Réforme, la révolution technique passèrent pour ainsi dire inaperçues en terres d’islam, les musulmans continuant à tenir les habitants des pays s’étendant de l’autre coté de leurs frontières occidentales pour des barbares plongés dans l’ignorance (…) »
Un peu plus loin, évoquant le XVIIe siècle, il affirme : « Quoique n’éprouvant en général que mépris à son égard, les musulmans se rendaient compte que l’Occident infidèle possédait d’indéniables talents en matières d’armements et de conduite de la guerre ».
En quelques pages, l’auteur couvre près de dix siècles d’histoires, marqués dans le monde musulman par les changements des centres de pouvoir, par des schismes et par des alliances (y compris avec des puissances chrétiennes), et il est capable de résumer ce que pensaient « les musulmans », élites et peuples… Toute sa construction est fondée sur le présupposé de l’existence d’une « entité » close, nommée islam, qui s’oppose à une autre aussi délimitée, l’Occident – affirmation jamais démontrée, sinon à coups d’ « exemples » que l’on n’accepterait pas venant d’un étudiant en première année d’histoire.
Lewis évoque ainsi, à trois reprises, le « rejet sélectif de la musique occidentale » comme preuve de la résistance du monde musulman à la modernité. Le touriste pressé qui s’est promené dans les rues du Caire n’a sans doute pas capté quelques notes de Mozart ou de Brahms s’élevant des boutiques des souks. Mais les a-t-il entendues dans les cafés de Paris ou de Londres ? » (p. 34-35-36)
« L’integrisme n’est pas la maladie de l’islam. Il est l’intégralité de l’islam. Il en est la lecture littérale, globale et totale des textes fondateurs. L’islam des intégristes, des islamistes, c’est tout simplement l’islam juridique qui colle à la norme. » (Anne-Marie Decambre, L’Islam des interdits)
On se limitera à ces quelques exemples d’islamophobie qu’exposent Allain Gresh. Si vous désirez avoir le reste des exemples, n’hésitez pas à consulter directement ce prestigieux essai.
Si non, je vous donne rendez-vous vendredi prochain pour de nouveaux extraits du livre sur un autre sujet.





