akef_le_secretaire_general_des_freres_et_le_reste_des_cadres_de_l_organisation1                                                                                                                                 Présent en Egypte depuis 1927, date de la fondation de leur organisation, les frères musulmans auront à leurs débuts une influence minime et des partisans réduits à quelques radicaux islamistes, l’organisation devient depuis une incontournable force d’opposition dont le poids ne cesse de s’accentuer jour après jour (voir Islamiqua du 23 juin 2006) et pourrait même prendre le pouvoir en Egypte si le jeux démocratique est respecté dans les prochaines élections !

Comment cette organisation a pu réussir là ou des dizaines de partis politiques ont échoués ?

Les spécialistes de l’islamisme évoquent plusieurs raisons dont surtout l’échec des politiques étatiques entamées le lendemain des indépendances. Un échec qui va pousser les populations arabes souffrantes de misère, de chômage et d’analphabétisme à recourir au religieux afin de trouver un remède spirituel à leurs maux. D’où la résurgence du sentiment religieux.

Mais ce facteur n’explique pas tout à lui seul et il faudra ajouter d’autres pour que l’image soit claire.

En préparant ce dossier sur l’Egypte j’ai découvert une des caractéristiques des organisations islamistes en générale et des Frères en particulier : un grand nombre des cadres de l’organisation sont des enseignants et des professeurs.

Et en dressant un tableau non trop exhaustif on découvre que les personnalités islamistes les plus influentes en Egypte sont des enseignants :

*Saiid Kootb : Célèbre islamiste radical, un des théoriciens de l’islamisme djihadiste, cadre aux frères musulmans depuis 1952. Il était un professeur de langue arabe et fut candidat au poste de ministre de l’éducation.

Ces écrits fondamentalistes furent enseignés en Egypte jusqu’en 1965.

*Mohamed Hassan Achmawi : L’un des membres des frères musulmans, partisan de l’enseignement religieux dans les écoles civiles. Fut ministre de l’éducation et participa au développement des écoles islamistes des frères.

*Ahmed Assoukari : L’un des fondateurs de l’organisation, fut cadre dans le ministère des Maaref (éducation).

*Mohamed Mehdi Akef : « secrétaire » général des frères depuis 2004, fut un enseignant.

Et la liste et très langue : Mohamed Farid Abd Kalek, Mohamed Ali Bechr, Mohammed Habib, Salah Abou Ismail, Hafedh Salema, Youssef El Badri…

Et il s’agit là des cadres de l’organisation seulement et la tendance se confirme pour « la base ».

Une situation qui va permettre aux frères d’islamiser de plus en plus le système éducatif, de former les esprits de leurs étudiants selon leur vision et de se constituer une base de fidèles.

Cette infiltration donnera plus de résultats avec la construction des écoles et des mosquées financés par l’argent des enseignants égyptiens expatriés dans les pays du golf dans les années 1970… les mêmes enseignants islamistes ! 

Et depuis personne n’a pu les arrêter.

Et le résultat de tout ce qui précède c’est la situation actuelle en Egypte telle que nous vous l’avons présentés dans ce dossier Voyage en Egypte. Une situation très délicate à laquelle nous aurons l’occasion d’y revenir à plusieurs reprises.